Le Gigot conspirateur, ou Prétendue conspiration à propos d'un gigot de mouton à Bourges en 1821. [Signé : Colonel J. Marnier.]

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impr. de P.-A. Manceron (Bourges). 1852. In-8° , 12 p..
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Publié le : jeudi 1 janvier 1852
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LE GIGOT CONSPIRATEUR,
OU
PRÉTENDUE CONSPIRATION A PROPOS D'UN GIGOT DE MOUTON,
A Bourges, en 1813.
BOURGES,
IMPRIMERIE DE P.-A. MANCERON.
1852.
LE GIGOT CONSPIRATEUR,
ou
Prétendus conspiration à propos d'un gigot de mouton
A BOURGES, EN 182I.
En 1821, je partageais le sort de mes nombreux camarades
mis à l'index, pour avoir servi pendant les cent jours; comme eux
j'étais à la demi-solde. Pendant le mois de mars de cette même
année, je me trouvais à Bourges au sein de ma famille ; je passais
mon temps entre les miens et les autorités militaires parmi les-
quels se trouvaient quelques vieux camarades de guerre.
Un matin ( c'était le 17 mars) le colonel Castille , directeur
d'artillerie à Bourges, entre chez moi : — Je reçois à l'instant un
magnifique gigot de Présalé, me dit-il ; ma ménagère l'apprête :
— 4 —
je compte sur vous, n'est-ce pas ? — Impossible, j'ai un engage-
ment. — Eh bien, à demain. — Pas davantage, je dîne chez
notre maire. — Diable....,, alors le dîner aura lieu le jour sui-
vant. — Attendez, fis-je, après demain... c'est.... le jour de
réunion de la famille, je ne saurais y. manquer; mais si le gigot
peut attendre 24 heures de plus., alors, mon brave, je serai
tout à vous... et à lui. — Soit donc ainsi. alors le gigot sera
mariné. — Je viens vous prendre, ajouta le colonel, pour aller
complimenter le général sur l'heureux accouchement de sa fille.
Arrivés chez le général Rey , nous y trouvons le maréchal-de-
camp Blanmont, commandant le département ; le lieutenant-co-
lonel de Marquessac, chef d'état-major; le chef de bataillon
Mabru, sous-directeur d'artillerie , et M. Batiste, directeur des
subsistances de la division, tous venus pour offrir également
leurs compliments.
Je ne me rappelle plus comment il se fit qu'on vint à pronon-
cer le mot de gigot de mouton. Parbleu, dit le colonel
Castille, j'en ai reçu un des plus beaux que l'on puisse voir
Plusieurs contestaient la supériorité de celui du colonel. Un
moyen de vous confondre , dit le joyeux colonel. c'est de venir
en juger mardi prochain, jour fixé pour lui faire fête.
La proposition est acceptée avec joie, et chacun fut exact au
rendez-vous.
Je me rappelle que la femme de notre brave amphitrion, étant
absente, lui-même se préoccupa pendant 48 heures des apprêts
— 5 —
de son dîner, et que le capitaine d'artillerie Guyon passa toute
la journée à diriger l'ordonnance du dessert, mettant à ce soin
une haute importance.
Chacun ayant voulu concourir au festival du colonel, il reçut,
en grande abondance, du gibier, du poisson et des fruits.
Notre dîner se passa fort gaiement, et chaque pièce qui appa-
raissait sur la table devenait l'objet d'une dissertation gastrono-
mique , car dans le nombre des convives, trois ou quatre avaient
la réputation de gastronomes émérites.
Après le dîner eurent lieu quelques parties de wist ou d'é-
carté, et vers dix heures chacun s'était retiré heureux d'avoir
passé une bonne soirée de camarades.
A quelques jours de là, je reçus du général Rapp, dont j'étais
l'aide-de-camp, une lettre ainsi conçue :
« Latour-Maubourg , ministre de la guerre , me prévient
» qu'une conspiration, dans laquelle lu es signalé comme l'un
)> des chefs, vient d'être découverte à Bourges.... Arrive de
» suite pour l'expliquer sur ce mensonge infernal, je pense. »
Je cours aussitôt chez le général Rey, qui ne comprend pas
plus que moi ce que signifie cette lettre , et 24 heures après
j'étais chez mon général, qui me fit lire le renseignement sui-
vant que lui avait remis le ministre :
« Le 20 mars, le colonel Castille a réuni chez lui, dans un

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