Le grenadier patriote, ou Le despotisme détruit en France : avec les détails les plus exacts sur la Révolution présente ; Une remarque patriotique ([Reprod.])

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[chez Garnery, & Volland] (Paris). 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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LE PATRIOTE,
j ̃ ̃ ̃ .,1 OU
DÉTRUIT EN FRANCE,
Avec les détails les plus exacts fur < la
Révolution préfente
Suivi' d'une, hiflorique.
̃ I J )
Ui GRENADIER
LE DE&POTJSM E
É T R U J T EN FRANCE;
les détails Ils plus fur U
Révolution préfente.
Suivi d'une remarque hijîorique,
JPareiJ au cèdre il portoit dans les Cieujie
1 y Sçn front audacieux:
̃- lî'fembloit à ion gré gouverner le tonnerre,
Fouler aux pieds fes ennemis vaincus,
Je n'ai fiiit que paflcr il n'cjtôit'dcjà plus.
Sw/N conçoit aflTez que les maux 4ont nous
avons été f long temps acca|>!és ne font patp
venus au dernier période que .par un enç^aîni: r
ment de circonfiinces, dont,les nuances qui h g
carailénfoient, n'ont pas toutes étç icnfiblc;
La France, plongée dans l'efçlavage,
autrefois £b«s la tyrannie des ^çj^neurs quL jjp
Sa pattageoient. Sans cefle en guerre les uns
contre les sucres c'étoit avec le fang. du Peuple
qu'ils cimentoient leur" puiflance. Combien dé
fois ô Nation généreufe n'avez-vous pas été
\i<5time des «uerres injuftes que vos tyrans ont
déclarées à leurs Souverains légitimes ? Com-
bien de fois Miis tirons .lé rideau fur les
onze premiers fiede de la Monarchie.
En divifant adroitement les intérêcs des Sei-
gneurs, la politique de Louis XI accrut l'auto-
thé; royale. Ses Succeflcurs l'augmentèrent en-
core pc-u-à -pe.ii > jul'qu'à Louis XIII. Le Cardi-
nal de Richelieu, pendant l'on ministère, abattit
la puiflance féodale. Louvois fous Louis XIV,
attira les Grands à la Cour, les y retint par des
emplois, & mit la derniere main an travail
conurencé par le Prélat. Depuis ce temps il eft
vrai les Seigneurs n'obligent plus les Françdis
cb s'entr'égorger pour coopérer â leur agrandi f-
fement; mais ils-confervent leur caractère, le r
ambition & leur orgueil.
A l'égard du Clergé en général il ne cède
en tie-n aux Nobles. Il femble des fon origine
̃avoir forme avec eux le pafte de s'approprier
jofqu'à la fubftance du Peuple.
En effet, depuis Conftantin jurqu'à nous, la
force, la rufe, la fuperftition ne font -elles as
1-ss armes avec lesquelles il a envahi la me 1-
de nos propriétés ? Ne Ta-t-on pas
i i )
A3
vu, non content de fomenter dans tous les Etats
la difcorde & le fanatifme imptjWr la terteci
fur le front des Rois, & les faite descendre du
Trône? • .'̃
o Prêtres ceCCez vos
ceflez de vouloir nous opprimer. Les temps où
le fort des Rois & des Peuples étoiertt entre vôs
mains, ne font plus votre grandeur n'a pour
bafe que votre hypocryfîe & l'ignorance de nos
percs puifque nous fomn~.es éclaires l'édifice
de votre empile doit s'écrouler. Craignez que
nous ne réprimions avec juftice votre ̃arrogance;
& votre ambition craignez que bientôt nous
ne reprenions nos biens que vous nous avez;
honteufement ufurpes en nous trompant fous,
le. mafque de la dévotion craignez enfin que;
nous ne vous apprenions que l'Autel point
l'appui du Ttône & qu'un Etat peut devenir
fioriflant, ïans le fecours de la fuperttnion. &
celui de la 'politique eccléf.âftique. • »-
Une troifieme puidance s'eft élevée en France,
depuis cent foixànte ans; ce font les Parlements.
Leur deflein étoit de diminuer l'autorité fuprême
de s'ériger en fcnar, tel qd'ort vc autrefois cela;:
de Rome, ou fcmblable au Tribunal des Ephore
à Lacédémone. Le droit d'enregiftter les impôt
qu'ils s'étoient arrogé fous les deux règnes pré
cédents les rendoiç redoutables au Peuple 8:
au Roi. Toutes les fois que la création de quel-
fi
fnti tiâtiviiMt fubfides n'a point têgaf'Jé les'
tëtands, Ils n'ont, pas craint de fouler* par leut
écquièfcenient,- la claïTe la plus indigente dé l'État
îfistls comme l'ifnpofîtion territoriale atfaquoit
letrfs propriétés & celles'dè ta Hauré-^oBleffe on
lés vus s'oppofe.r à la demarïde du Souverain»
is colorer leur refus du beau nom de PatnoJ
tifrne. La Nation n'i-fà? été long temps dupe'
de 1eùt téfiftancé; elle s'eft bientôt apperçue'
Qu'ils h'agirtbierit que pour fôùrenit leurs inte-
éêta & ceux des- Gtarfds/ Ce ne fut pàs aîhfîque
Sully (e comporta vfs-à-vis de Henfï IV il lui'
.remit Fargent qui provenoit de la vefïté de fe»
trois i pour' fubvenîr aux fraix de' la guerre. Il'
fctt'c efpérer que le? Etats-Générau^ eii tepre-j
riant toute leur autorité renfermeront les Par-
ni leur îaifleront déFormais que le foin d'admi"
ahîftfer là Juftice.'
Monfé? fur les marches dù Trôné, ^s Mi-
èïftrés chercholent à l'ébranler les lettres d
éàtfiét en main ils fotçoient là Nation au fitencer
0 d'Amboifei fi Golbert! ô Sully î idoles de'
vous qui n'eûtes jamais en vue qtié la'
gloire & lé bonheur dé vos Souvétaifts » Vos
trîêiVeff fé fouleVoictit en Voyant Louis
ffSmp-'ê {?at dû Priais, à
A 4
QUi i^aît fi dans la fuite ils ne fe feroîent patf
partagé nos Provinces Ci l'un d'eux, nouveau-
Pépin n'aurait pas détrôné fon Rôi, après'
l'avoir fait rafet & renfermer dans un cloître?
Ces quatre partis foutenug par les gens inté-^
reffês à- la confervatibn des abus formoient la4
plus puiflanre cabale. Le Peuple qui d'evoit thf
être la- vî&ime n'avoir à lui opposer que
Chambre Nationale » dont on gêhoit continuel-
lement les opérations. La R. te
dont le Peuple pleure encore les plaiiîrs les-
C. les B. les Cent. les corrupteurs-
Pot. le fanatiqu^. de J». Içs Foulon, les^,
Benhiet,qni ont bu notre fang dans descoupes,
d'or ,· les d'Aut. les Bez. les Bro, les
Defp. les Bar. les Brct. à jamais l'hor-
reur de la Nation Françoife étoient l'ame de la
funefte confpiration qu'on tramoit contre nous
Que n'ont-ils pas fait pour furprendre là religion
du meilleur des Rois Ils ont mis tout en ufage,
Ce font eux qui ont femé la divifion dans Je;-
trois Ordres, ce font eux qui ont engagé,;
Roi à tenir le 13 de Juin,- ce lit de juftice qui
a. plongé la France dans la, plus profonde conf
terr-ation. Le foulevemènt géncr*l qui cr a été
la Pute, mettoit en défaut la, politique des con-
jures. Les Nobles Se les Prêtres ont feint de Ct
réunie au Tiers mais perfonne n'en a été dupe
ce ii'étoit que poür donner le temps aux Mi--
nâftres d'environner de Troupes Verfailles & fa
'Capitale pout afiçfvir la Chambre Nationale,
$r;forcer par jla crainte les Parijîens au flence.
Tel étQit l'état des choses, quand le Comte
de Mirabeau après une motion, a fupplié le
Roi,, de faire retirer feç Troupes. Les Minières
qtit fait rejeter, cette fage proportion.
,.Dir,7a'nche
Le Dimanche après midi la nouvelle fe ré-
pand au Palais-Royal-, que MM. de Montmorin
de la Luzerne & M. Nrckcr font difgraciés;
que ce dernier cxilé hors du Royaume, eft parti
de Saint-Ouen avec fon époufe à trois heure?
du matin. Audi-tôt tous les coeurs font faifis
d'effroi on fe regarde en filence, chacun dan'
M Necker regrette fon pere. Tout -à -coup 1
trifterte fait place à la fureur les plus aïïe&é
mentent fur des tuiles fur des chaifes haran-
guent, dénoncent les Auteurs des malheurs pu.
blics dépeignent pathétiquement ce que l'on
doit craindre des e;ïetv du defpotifmc. Ce>dif..
cbirs en.limmenc tous les cœurs aux armes
à la liberté Voilà le cri général. Les uns cou.
rem fermer les Soecbclcs les autres volent chez;
Curtius y prennent la figure de M. Necke)
& celle de M le Duc d'Orléans (;). Ils pofenl:
On croyoit alors que ce Prince était exilé quç
( 9 )
ttne couronne de Heurs fur la dertacre, cV les
couvrent toutes deux d'un crêpe en figne de
leur aftliftion. Sur les fept heures du foir ils les
amènent au Palais-Royal escortées par une ef
eouade du Guet pied, qu'ils avoient forcée de
les accompagner depuis la porte Saint-Martin (r).
Ce fpeciacle contribue à rendre TerTcrvefcence gé-
nérale. Chacun attache à fon chapeau une Co«-
carde verte comme une marque de l'cfpérance
qu'on a de Secouer le joug de la tyrannie.
On apprend, fur les huit heures, que les Huf-
fards, les Dragons & les Soldats du Régiment
Comte de Mirabeau avoit pendant la nuit:
svèc-plcfSeurs entres Dt'putés on difoit même que,
M.-Necker avoir été aïïbfiînd à ci eu: portes' de Saint-
Ouen tons ces bruits ne fervoient qu'à irriter davan-
tage, les efp:i;s.
(<) Le Peuple avoit amené ces figures par le Boule-
vard du'Temple par les rues Saint-Martin Grënetât,
Seint-Dirnis 1a Ferronnerie jusqu'au Palais-Royal-
En fortant de là, il a continué la rue Saint-Honore;
arrivé fur la place Vendôme il a été rencontré pat quel-
ques Dragons & par un detacliement.de Royal-Al-
manii. On er. cfc venu aux les Soidats ontbrifé
la figure de M. Neckcr; celle de M. le J)nc d'Crltans
a étévivement pourfuivie à coups de fabre par un Dra-
gon, mais il n'a pu l'atteindre. Un Sol'ht aux Car-
des a perdu la vie dans certe aflion & plurieurs Par-»
ticuliers ont été dangereufement Jjkfll's,
f «•
(ont aux Chàmp's-Eiyfées; Dans»
h crainte qu'il3 n'entrent dans la Ville, qu'us ne
pillent, qu'ilsn'affaiïînent le» Citoyens, ori Prince
l leur rencontre fur la place Louis XV. Le Prince
de Lambefc, Colonel du Régiment Royal-Aile--1
friand* occupoif le pont-tournant ) il ordonne à:
fes Soldats de tirer fut le Peuple, menace de faire
fiifiHer à 1a tête de (on Régiment, le premier qui!
trinfgreficra fes ordres un foible vieillard qui Cs-
trouve fes côtés, lui dit, à mains, jointes: «De
»pices Monfieur épargnez le fang des Ci-
v foyens!» Tu gênes mon partage, répord ce fté--
lérat, & fur-lc-champ fans rerped pour (on âge,.
il lui décharge deux coups de fabre fur la tête
&.lfinunol2'à à fx fureur. Tel cft le fîgnal du maf4-
{acre. On tire le canon Ie Peuple frémit de rage
il manque de fufils mais il s'arme de cailloux. Hé-
las que peuvent ces arines de la Nature contr
celjes que l'art inventa pour la deftruG^ion du
genre humaim Les Soldats font une décharge,
tuent plulieurs Particuliers des femmes, des gou
venantes avec les enfants qu'elles conduifent, trou-
vent la rftôft dans ces lieux confacrés au plaifir,'
"Une partie de ceux qui font piéfents Ce (auvent'
les uns par le Boulevard les autres par le jardin
des Tuileries. Cependant les Mu/Tards, en vou-
lant fondre fur le Peuple s'erofeam/Tetit eux-mêmev
dans les çl'ttes de taille, préparées pouf la conf-
*ruétion du nouveau pont. Cinq d'êntreux f*#-
(•'«̃>
Wtnbent fous les coups qu'on leur porte; tes Vaîrw
queurs arrachent leurs dépouilles, fe parent de
leurs armes montent leurs chevaux, & font cort-1
duits en triomphe au palais dri Prince Citoyen,
Ce premier danger engage à ré tenir fut (et
gardes. On dittribue au Peuple des fufilscaÊhés dan*
Paris. On donne uni écu. ceux qui font dans la
nécefïké 8c qui s'offrent de défendre la Ville; de»
jieunîs gens aifés arment chacun quatre ou cinq
hommes, & les prennent à leur folde.
t A neuf heures on fe porte en foule aux Cazernes
des Gardes Francoifes. Ces braves Soldars s'empre<*
fent> snaigré la réfflance de leurs Officiers, Jeté
réunit aux Citoyens; ils leur donnent des rufïls, j
de la poudre, du ploftib & font le généreux fer-
ment de plutôt mouris! que d'abandonner les Pa-
rifiers.
La nuit eft troublée pat une décharge conti-
nnclle de coups de canons & de fufils, ce qui ré*
pand l'alarme dans tous les efptits. Mais le jour difr
fipe entièrement les craintes on apprend que les
coups finiftresqu'ona entendus ont été tirés par les
Gardes-Françoifes, pour intimider nos .ennemis
cbmrminss
II eft des gens qui s'accbrnrhodrnt de routes les
MOkri: pour la défenfe de leur liberté
f r*)
sVmoîent pour voler dans les maifons.Oh a vu te
lundi une Foule de brigands qui vouioient fe mettre
en devoir de foiixt les p-ïfons, afin d'en faire fortir
les malheureux Qu'elles renferment.
La maison des Pères de Saint-Lazare efl pillée,
faccagée; vingt.cinq voitures de bled qu'ils gar-
doient pour leur provifons font conduites à la
Halle, & l'on contraint vingt-cinq d'entr'eux de
monter chacun fur une voiture ( l ), On boit leur
vin, leurs liqueurs, on vole leur argent on in-
cendie leur Couvent; (i) le feu dure: j'ufqu'au;
(1) On n'a pas. rt'fiJchi que ces Religieux, dont
les charités fe font également Rendues fur tes Ha-
birants de Ia Capicde & fur ceux de la campagne
donnoient à marier deux ou trois fois la lernaine
à tous les indi^euis qui fe picferroir/u chez eux on
n'a pas ri'Mdn ces Pcres n'avoient pss plus de
provifons qu'il n'en feiloit pour leur confôir.niation.
11s ne pofiedoitnt que' vingt-cinq voitures de grains,
& ron pas quarante, ni foixante comme quelques
perfcmnes l'ont avancé, fans dont. pour jaiiifier les
incendiaires..
(2) On aceufe tes l'eres de Saint -Lazare d'avoir
mis le feu aux granges de leur Couvent, pour en
éloigner, dit-en, la populace. Le moyen n'ttoit pas
rarfonné*, ce qui prouve qu'ils n'en font pas venus
à cette Si les Lavandes Soient
coupables, il ne f,ieit pas pour cela brûler quan-
tire d'effets précieux on su voit pu en employr le
produit à fecourir l'indigence.
( M )
lendemain matin. Parmi le nombre prodigieux
d'effets qui ont'été la proie des flammes, on a
comptéque, rien qu'en linge, ces Religieux avoient
éprouvé une perte de vingr mille livres. Une pauvre
femme a eu la tête tranchée par l'un des incen-
diaires, pour avoir voulu s'approprier e fauver du
foyer une chemife d'homme.
Vers les dix heures du matin, les Gardes-Fran-
çoifes font allés s'emparer de duatre pièces de
canon déposes à leur Hôpital de Santé. Ils étaient
t'uivis de près de iîx'cents perfonnes; ils les ont
laiiT-îes fur !e bord de la rivière font partes du
côte des Invalides. Au même ir.fhnt, le Duc du
Châtelet traverfoit le bac. Audi- tôt Ic Peuple
s'c:i mis à crier, au on le jette à f eau qu'on le jztiç
à l'eau! Cinq Grenàdiels des Gardes ont couru
vers lui. La crainte dans l'ame, la pâleur fur lis
front mes enfants leur c-t-il dit > je fuis de votre
parti, jamais je vous le protcfie je n'ai cherche
à vous nuire laiflei-moi ferons promets de veul
foutenir. Les Grenadiers, oubliant leur reilenti-
ment, ont eu la genérofue de lui répondre
Colonel 'vous n' ave rien ci de nous;
mais fauve^vous vous n'avc{ pas de temps à
perdre. Le Duc a piqué fon cheval, & a évité la
mort,. grand regret du Peuple.
Lé même jour, les Electeurs, le Procureur du
Roi de la "Ville & les Echevins fe font raflemblcs
à l'I-lôtel de Ville pour remédier au défordre e
( H
'la Capitale te afin de prendre les meures les plus
/âges pour afliiret la liberté & la tranquillité des-
Citoyens; ils ont établi un Comité, & ont élu
four leur Président M- de FlcflelJes Prévôt des
.Marchands.
Jla première -Ordonnance du Comité eft de
former foixante Diftri&s dans Paris & de les étar
i>Jir dans les différentes Eglifes, Les Parifïens fe
.rendent au fon du radin, chacun dans fon Diftriifc
ierpr<itif; or y forme une Garde Bourgeoifc de
fix cents hommes en foc te .que dès le preniier jour
il y avoir quarante-huit mille hommes fur pied,
Jans compter un nombre, pour ainfi dire égal,
.qui Cervoit volontairement pour la défende de h
Patrie ( r ). Dès le même foir, les patrouilles cortv
mencent i entrer eu exercice ejles arrêtent beaL
.coup de voleurs & les renferment dans les prifoJs.
On s'empare, au Port Saint:Nicolas d'un bL
teau chargé de poudre à canon ce convoi ctoiç
Jeftiné pour les Troupes.
:(j) L'exempte de patriotifme qu'a donné le Curé de-
ancien Dragon, eft digne des
plus grands éloges. Il marchoit à la tête des patrouilla
de -{on Diffrift .ençourageoit fes & ne
,ce.-Toit de leur infpirer l'amour de h Ciùerté. Puiffent t
tous les Prêtres-, abjurant l'égoïfme & !'ambition,
prendre ce digne Curé pour modèle foul.ger comrr s
il Je -fait, .J'bumâtiké; ils deviendraient alors rfffp»c-
t M )
•«uriefok, oü conduit à 1» Ville plufieuts <rol-
turcs de bled qui croient attendues par les Solda»
campés au Champ-de-Mats.
laa nuit a été fort tranquille feulement. Vexac-
titube des Bourgeois qui faifoient la patrouille,
leur fait découvrir une quarantaine de brigands
qui avoient volé tes Lazatiftes. elles s'en fora ÙkU
fies & les ont livrés à la Juflice.
Mardi jour de la Saint Bonaventure.
'Le Comité communique l'ordre dans tous
les Diflrifts de changer la cocarde, & d'adopcet le
rouge & le bleu qui font les couleurs de la Ville.
les Citoyens s'empreint de icjcttct le-verd; on
twnstque que cette couleur fert à diftioguer la
livrée du Corjué d'A qtti s'attife la haine
des François.
La Garde Citoyenne, accompagnée des Gardes.
Prançoifcs .des Soldats du Guet à pied & à chc-
ni, fc fait avec le plus grand ordre. Rieta
échappe à *fa vigilance; fa vifite cxaûe lui^&U
découvrir un cabriolet ( i.) appartenant au Prince
(1) On vifite également toutes les voitcres quelcon.
ques, les gens à cheval; on fouille par-tout. Cette
pnkautiorfdévoile les traitres on en pend plufieur«fi«
la Place de Grève, convaincus de trahifer»; on trouve
dans quelques voitures des armes des femmes confi-
déwblç»; on furprend w».«P»Yoi pour le Ro», deux
(̃)
/>e Lambefe, que le conducteur menoît dîToît-il
dv.'z le Doreur elle y trouve une certaine' quan-*
tire de poudre elle s'en empare Oh conduit le
cabrioJer à la place de Grève il y devient la proie
des flammes. Oh"! fi pïiitôt l'on eût pu jetrer âd
milieu du foyer le fcélérat qui ofa trempeur fe;
mains dans le fang d'un vieillard, généreux qui
ce craignit point d'ordonner la morc des enfants
ce ia Patrie, notre vengeance eût été (atisfaite
1 On spprend fur les dix' heures du matin, que
les Troupes campées aux Champs-Elyfées', &'au
Champ de Mars, fe font hâtées de fuir au milieu
ce la nuit cette nouvelle: di/fipe un peu la
crainte; on conçoit, au palais du Duc'd'Orléans,
le projet de délatmer les Invalides tous parlent
de l'exécuter, ce n'efr qu'un cri qu'un vW
unanime. Un Officier de cette Maifcfh Rbyjl'e
s'empre/îe d'y* courir le premier.. il vole à l'iip»
partement de M. de Sombreuil, Gouverneur de
l'Hôtel: « Les Parilîens, lui dit il 'viennent
pour s'emparer de no: armes, de nos canons;
» ne leur re.fufez rien il y va de votre -vie
» ne pouvant refifter au nombre, cor.Jervcz. du
moins l'exiftsnce à ces braves Officiers & à
cliariots. portant les armes de la Reine, Se charges d'ha-
bits d'nnifbrr.ie l'on arrête quantité de Nobles, zélés
d^fenfeurs du defpmifme; qui partoient pour leur cam-
pagne «.-i'pirtant avec eux leurs aimes leur or.
« es
r »7)
B
ces vaillants Soldats qui ont vieilli dans les
» combats, que le fort des armes a recèdes
J'entends le Peuple Il eft à nos portes
» hâtez-vous de lui montrer cette cocarde, %nal
» de la liberté, & accordez -lui tout ce qu'il
vous demandera Déjà les Citoyens te pré.
parent à l'attaque ils tranchant les fo/Tés
dU arment les premiers Soldats. ( i ). Tout-à-coup
M. de Scmbreuil paroît il fe Préfente à la
multitude. « Mes amis leur dit-il vous voulez
» des armes ? Celles qui font ici font les vôtres,
"prenez-les vous-mêmes Le Peuple fie
hâte d'entrer dans les magafins de fouiller par-
tout. Il eft de marquer le nombre
fufls qu'on n'a ceffé d'enlever jufqu'au foir. La
poudre les boulets les canons ont été. tranfj.
poitcs à la Ville à l'exception d'un canon de
48 que Louis XIV prit au de Tournay.
(1; Le premier Invalide à qui l'on a demandé fon"
fufi- a répondu à votre rour, j.y confent
àepms quarante ans que je le porte, il m'a, Dieu merci
bras.
(:) Le Gouvernement a fait enlever h nuhpaffîe des
Invalides, fix voitures chargées d'armes il n'y en
auroit point laifîo, fi l'on eût pu tout emporter; il a fait
cacher une partie de celles qui reftoient, entre le toit &
ia voûte; elles Soient couvertes de paille malgré ce
Jes à découvertes.
(i8,)
Bravés Parlent où vous emportent votre
courtage & l'amour de la liberté ? t Hélas 'de
quelle utilité penfez^yoùs que vous' feront ce»
srmesJ Craigniez d,é les tourner bientôt contre
vous-mêmes quand vous connoînez kur impuif-
fance contre la foudre & la r«gc de vos bourreaux
Déjà la craia fatale dévoue vos têtes à la fureur du
defpotifme! cachez que la nuit prochaine doit être
pour vous une nouvelle Saint- Barthélémy; que
vous devez trouver la mort dans ces lieux où vojh
cherchez à. vous défendre; fachez que les troupes
ennemies doivent vous attaquer par quatre endroits
différents; que des canons braqués fur la plate-
forme de Montmartre ( i ) de cette montagne
cui vous fut tant de fois fi funefte dôivp:
foudroyer votre Vilk que tandis que la Baf-
tille répondra à cette artillerie par un feu rcu-
lant, les fouterreins de cet affreux château vo-
miront des Soldats effrénés armés pour mafla-
crer vos peres, égorger vos enfants, violer Vos
femmes & piller vos maifons de
(1) Sous prétexte d'occupe! les ouvriers indigents à
Montmartre, on leur a?oit irait applanir une terrafle
pour braquer des canons; les terres rapportées à l' x-
trémité de la plate-forme du côté delà Ville devoi ,nt
Servir de retranchemeat aux Canonniers contre et
efforts des Parifiens.

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