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Le Jardin

De
148 pages
Jeanne apprend que Luis a été retrouvé mort sur une plage. Cette disparition, cette absence seront pour elle le commencement d'une quête : comment accepter le vide que laisse cet homme qu'elle n'avait jamais vraiment rencontré. Elle va avancer dans cette recherche, tendue, inquiète, égarée, brisée par une violence longtemps contenue, et, sur son chemin, la révélation de ce qu'elle avait pressenti : cet amour ne lui était pas destiné.
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@P.O.L éditeur,1987 ISBN2-86744-099-8
AMargueriteDuras
Jeanneimaginaitsouventunefemmequiregardait la mer.Cettefemmeavaitcertainementtoujoursvécu auborddela mer.Elleétaitassisecommesiellene devaitjamaisbouger.Jeannenevoyaitquelapartie supérieuredesoncorps,sonbusteàcontre-jouretson visageaperçudetroisquarts.Sescheveuxlongsétaient ramassésversl'arrièreenunesortedetorsadequ'elle roulaitmachinalementdèsqu'ellelasentaitsedéfaire etquesescheveuxs'éparpillaientsursesépaules.Elle reconnaissaitleurchaleuret,gênéeparcetteenveloppe tropdouce,tropcaressante,ellelaréduisaitd'ungeste approximatifqu'ellerépétaitrégulièrement.Lateinte decettescèneétaitd'ungrisnisombrenimélancolique, elleétaitpleinederefletsquisedéplaçaient,etéclairée parlaviequiluiarrivaitdel'extérieurdelapièce, commesiluiparvenaitl'éclatdesvaguesavecle mouvementdelamer,etcesdéplacementsdel'ombre etdelalumièreprenaientl'animationjoyeusedes
marchésoulavivacitédelafouledudehors.Ilsavaient lemêmerythmequel'émotiondeJeannequandelle pensaitdemanièretrèsvague,auxévénementsqui allaientseproduiredanssavie,inévitablement.Jeanne alorsétaitheureuse,chaquefoisqu'elleretrouvaitla certitudetrèsmodestequesavieavaitunmouvement. L'apparitionduvisagedecettefemmerendaitàJeanne samobilité,mêmesielleétaitinactiveàcemoment-là ellevivait,elleretrouvaitsavieetsouvent,ensuite,elle semettaitàfairequelquechose,ellesortaitouelle faisaitsonménage,envahieparlesentimentdouxd'une réconciliation,d'unaccompagnementamicalquiaurait succédéàunebrouilleouàunetensionprolongéedont laraisonseraitrestéefloue.Cettescènepresqueimmo-bileétaitunbaindanslequelelleseplongeaitmaiselle serendaitàpeinecomptequecetteimagel'apaisait. Ellelalaissaits'installerenelleunmoment,ellenela définissaitpas,ellen'osaitpasenpréciserlescouleurs, leslignesdecettefemmequ'ellevoyait,auxlongs cheveuxblondsfoncésquelesoleil avaitpatinésenles caressanttroplongtemps,Jeannesavaitseulement qu'elleétaittriste. Parfoisceportraitsetransformaitenunautre visagedefemmequielleaussifixaitlecielmaiscelle-là setrouvaitdansuneforteresseet laviesemblaitlui arriverdetrèsloin.Cettefemme,àladifférencede l'autre,étaitenferméeaumilieudessables.Jeanne voyaitalorsunescènelumineuseetdoréeet lafemme devenaitunefemmedepierre,encoreplusimmobile quel'autre,cellequeJeanneimaginaitleplussouvent, avecsurlefrontlerefletdesvaguesetdelafoule.Celle dudésert,presque blanche,attendait,attendaitlong-
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