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Catherine Dufour Le Jardin de Charlith (Nouvelle extraite du recueilL’Accroissement mathématique du plaisir)
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Catherine Dufour — Le Jardin de Charlith
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Catherine Dufour — Le Jardin de Charlith
Retrouvez tous nos livres numériques sur e.belial.fr Discuter de ce livre, signaler un bug ou une coquille, rendez-vous sur les forums du Bélial’ forums.belial.fr ISBN : 978-2-84344-316-9 Parution : janvier 2011 Version : 1.0 — 26/01/2011 © 2011, le Bélial’, pour la présente édition
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Catherine Dufour — Le Jardin de Charlith
« CE JARDIN NEST PLUSentretenu depuis des années. » André Matten effleura de sa main sèche le tronc d’un poirier mort. « Des années… – C’est dommage », dit Alexis en regardant autour de lui. Une Pomone noire de mousse était nichée dans un buis, au-dessus d’un banc de pierre. On devinait, sous l’invasion des ronces, quelques souvenirs de fraisiers. L’herbe avait mangé les allées dont les longs fantômes pâles serpentaient sous des arceaux brisés. « Là il y avait un verger, et là une roseraie », reprit André. Il s’arrêta au bord d’une flaque de boue sur laquelle pleurait un saule jaune. « Là, il y avait des poissons rouges et des bateaux en bois. Nous les repeignions chaque année. » André se retourna : « Là, sous le tilleul, on goûtait. Et là-bas, dans le bouquet de bouleaux près du grand noisetier, c’était l’endroit le plus frais de la région, en été. » Les peupliers tremblaient, versant à leurs pieds des poignées de feuilles d’or. Alexis ins-pira profondément une odeur de terre en deuil et de champignons mouillés. « C’est triste, ici. » Le vent descendit du haut des arbres, fit tourner entre les jambes des deux hommes des roues do-rées de feuilles mortes, leur souffla au visage un présage de neige. « Il y avait beaucoup de papillons, à cause des roses. » André leva ses yeux très bleus vers le ciel gris. À soixante ans passés, il gardait un beau visage marqué d’innombrables rides. Le désordre de ses cheveux blancs le rajeunissait. Alexis lui ressemblait, à presque un demi-siècle de distance. Il s’assit sur le banc, posa ses coudes sur ses genoux et leva la tête vers André: « J’ai du mal à imaginer que ce cimetière ait été un endroit gai.» André s’assit à côté de lui : « C’était un endroit gai. Et c’est devenu un cimetière, il y a… je devais être un peu plus jeune que toi. On t’a déjà parlé de Charlotte Berg ? – Non. Elle est de la famille de Christine ? – Charlotte Berg est née la même année que moi. C’est… c’était la grand-tante de ta petite amie Christine. À l’époque, nous nous voyions chaque été, comme tu retrouves chaque été Christine et ta bande de copains. Vous passez vos après-midi à la plage, nous passions les nôtres ici. Nous étions un peu moins nombreux que vous. Il y avait ton grand-père, l’oncle François qu’on appelait Lancelot de la Flaque, Charlotte Berg, sa cousine Adrienne Villers, et puis la vieille tante Rose qui n’était alors ni tante ni vieille. Et d’autres, quelquefois mon frère Adrien, celui qui est mort à la guerre d’une rougeole, un Benoît, aussi, le père de celui qui a foutu le camp avec mon beau-frère, je crois, enfin nous étions une quinzaine. Et puis
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Dieter Saulx, surnommé « Le plus beau des enfants du monde » par les vieilles du coin. On se retrouvait parfois entre garçons, quand les filles jouaient à essayer les robes de leurs mères. Nous faisions voguer nos bateaux en discutant toujours de la même chose : les femmes en général, ces demoiselles en particulier. Et nous arrivions toujours à la même conclusion: Adrienne était la plus belle, mais nous étions tous amoureux de Charlotte. » André chassa de son épaule un duvet tombé d’un nid abandon-né. « Si si, crois-moi, Adrienne a été très belle. Un joli visage, avec de beaux cheveux blonds et des yeux clairs. Elle était toute fine et ne riait qu’une fois par an, mais son sourire était adorable. Charlotte, elle, était une grande fille bien en chair avec d’immenses cheveux noirs. Rien, je veux dire rien physiquement, ne peut expliquer pourquoi elle dégageait un tel charme ni comment. Disons que son esprit était inquiet, qu’il troublait son sang, que ce sang affolé affleurait sa peau et que ça se voyait. Charlotte était d’une blancheur parfaite, un peu mate, et ses lèvres étaient d’un rouge de rose noire. Jamais elle ne faisait un geste brusque, jamais elle n’élevait la voix… sa voix ! Je l’aurais écoutée des heures. Pourtant, on sentait en elle je ne sais quelle agitation… parfois elle était livide, cinq minutes après une émotion in-connue versait à l’envers de ses joues un vin épais, faisait trembler sa bouche et briller ses yeux. Je ne pourrais pas te dire de quelle couleur ils étaient, mais je n’arrive pas à oublier son regard. Tantôt vague, tantôt luisant, il devenait soudain obscur et fuyant… Charlotte nous inquiétait. Elle nous faisait peur. On aurait dit un beau paravent derrière lequel un monstre accroupi passait parfois ses griffes. Charlotte avait des absences, des rêveries et des sursauts, des es-soufflements, des rires inattendus et de longs silences… et puis tout d’un coup elle devenait causante, amène et d’une gentillesse qu’on n’aurait pas attendu d’un caractère aussi compli-qué. Elle bougeait de façon lente et onctueuse, avec une grâce érotique de geisha élevée chez les bonnes sœurs. Ses tresses tordues en chignon étaient d’un noir presque bleu, un noir de chat porte-malheur. Quand je pense à elle, je vois encore des mandragores, des tubéreuses, des bouquets de belladone éclos sous la pleine lune. Je ne l’ai jamais vue se comporter autre-ment que comme une brave fille bien élevée mais elle portait le diadème invisible desroussal-kas, ces fées russes qui se balancent en riant dans les arbres et jouent à égarer les hommes dans les marécages. François, ce gros prétentieux, l’appelait “flacon d’ivresse mortelle”. Un autre, je ne sais plus qui, parlait de “morbidezza”, la séduction empoisonnée des belles tuber-culeuses. » André soupira : « J’ai connu des femmes qui employaient ce… cet argument, toussant, s’évanouissant, allant jusqu’à utiliser des fards verts. Mais aucune n’a jamais eu l’inquiétante étrangeté de Charlotte. Elle rayonnait d’un éclat d’obsidienne, de jais, d’escarboucle, tout ce que tu veux pourvu que ce soit précieux et obscur. Tout en restant une brave fille bien élevée. Nous n’avions d’yeux que pour elle. Elle nous inspirait des envies peu avouables, des désirs de mordre ses joues changeantes, de défaire et de répandre le nœud infernal de sa chevelure pour l’étrangler ou se pendre avec, des désirs de mourir à ses pieds en l’écoutant chanter je ne sais quelle incantation païenne… une enfant de chœur tombée de la lune rousse avec un tricot entre les doigts et des étoiles dans les cheveux. Une fleur d’oranger poussée au pied d’une po-tence. »
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André toussa, sourit : « Nous l’appelions Charlith. Les parents croyaient que c’était juste une américanisa-tion un peu snob de son prénom. Elle aussi devait le croire. Mais c’était la contraction de Charlotte et Lilith. Ce sobriquet lui allait à la perfection… Ça doit te paraître bizarre de la part de jeunes gens ignares, tous ces fantasmes alambiqués. Je ne quittais mon pensionnat que pour passer les vacances chez mes parents. Mais justement j’étais, nous étions tous nour-ris d’ignorance, de pulsions pubères et de poètes maudits, toute une littérature perverse et inhibée ou hallucinée et noirâtre. En clair, nous ennuyant ferme d’un bout à l’autre de l’année et ne connaissant rien à rien, un rien nous faisait divaguer. Pauvre Charlith… elle était cardiaque, voilà tout, et elle le savait. Elle aimait probablement fuir dans un monde imaginaire et nous la trouvions aussi capricieuse qu’un enchantement alors qu’elle n’était qu’anxieuse. Cette flamme variable dans son regard, qui nous semblait si étrange, c’était la peur de mourir et sa gravité de chat, la maturité des enfants malades. J’y ai beaucoup réfléchi, je crois que ce n’était que ça. Elle était si jeune ! Et nous aussi. Nous mourions d’amour chaque après-midi, avec de grands rires. Je me rappelle que nous riions de n’importe quoi, une guêpe, une tasse renversée. Nous passions des heures à rire simplement en faisant flotter nos ba-teaux. Je me souviens de nous tous comme d’une bonne humeur qui montait depuis la terre chaude, qui tombait du ciel bleu, qui coulait de source depuis notre jeunesse et l’été. Char-lith riait aussi, montrant sa petite langue rose et ses petites dents glacées. Peu à peu, il est devenu évident qu’elle avait le béguin pour Dieter. Pas plus que les autres filles ne s’étonnaient de l’attraction que Charlith exerçait sur nous, probablement parce qu’elle l’exerçait aussi sur elles, nous ne nous sommes étonnés de cette préférence. Dieter était le plus beau d’entre nous. Il avait un de ces caractères peu expansifs qu’on qualifie de mystérieux et qui fascinent comme les loups de carnaval, inexpressifs et élé-gants. Le masque ôté, Dieter était un crétin. Mais cet été-là, il est devenu le chevalier ser-vant de Charlith, c’est-à-dire qu’il s’asseyait près d’elle, qu’il cueillait des roses et les lui of-frait après en avoir enlevé les épines, que lorsque Charlith perdait une épingle de son chi-gnon, Dieter la ramassait. Ça semble idiot, mais quand une plume ou une graine de pissenlit volante se prenait dans les cheveux de Charlith, Dieter et Dieter seul avait le droit de l’ôter. Il avait le droit de toucher ce pelage, le droit de se pencher sur elle et de la respirer. Il avait le droit, lui et lui seul, de vivre dans son cercle, le droit d’observer de près le grain de sa peau, d’approcher sa bouche de son oreille sous prétexte de lui faire une confidence, de voir tout près de ses lèvres s’entrouvrir celles, très rouges, de Charlith, de respirer son haleine. Il n’y a rien d’aussi atroce ! Je voyais les veines de Dieter gonfler sur ses tempes quand, levant le bras pour arranger une mèche, Charlith lui envoyait en pleine figure l’odeur de son aisselle et dans l’œil le mouvement d’un sein. Il avait le droit d’être proche. Très proche. Et pas davan-tage : Charlith n’était vraiment qu’une brave fille bien élevée. Ce pauvre type virait comme une toupie dans l’orbite de Charlith. Je l’ai surpris essoufflé sans un geste, le regard mé-chant : la joue de Charlith était à vingt centimètres de ses dents, une merveilleuse plage de marbre vermillon arrondie depuis le renflement humide de la bouche jusqu’au velouté mouillé des yeux… je ne sais pas comment il faisait pour résister. D’assister à ça, nous étions tous et toutes de plus en plus nerveux, saisis nous aussi par des rougeurs, des rages contenues
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et une mélancolie tenace. Les doigts agacés, nous avons discuté des journées entières sur un ton hystérique, avec des voix plus graves que de coutume et des disputes sans rimes et des pleurs sans raisons. Assis sur l’herbe, nous jouions aux devinettes tandis qu’une chaleur d’enfer tombait du ciel, décuplait l’odeur des roses et, au moindre geste, s’élargissait au-tour de nous en cercles concentriques. Les cheveux collaient aux fronts, les cotonnades mouillées adhéraient à nos peaux en longs fuseaux, nous buvions des fleuves de thé. Ces de-moiselles agitaient des éventails de feuilles. Il m’est arrivé de rester pétrifié par le rut, une demi-minute durant, parce que je venais de respirer une bouffée de Charlith et d’Adrienne mélangées. Parfois, Dieter se levait, allait tremper dans l’eau le mouchoir de Charlith et le déposait au creux de sa main. Ses doigts touchaient les doigts de Charlith… La conversation s’arrêtait, nous regar-dions sans mot dire leurs deux mains s’effleurer, puis la conversation reprenait tout naturel-lement là où nous l’avions laissée. » André se redressa, grimaça, fit jouer ses épaules raidies : « Ça devenait malsain. Ce jardin de paradis était devenu un enfer de roses, un… un damnoir. Un encensoir de chair frustrée, un four à combustion parfumée. Nous y cuisions à l’étouffée, de chaleur et d’envie. Même la sage Adrienne gloussait, renversant son cou dans son petit col en soupirant. À la fin, nous n’osions même plus nous regarder. Le soir, seul dans ma chambre, j’étais effaré quand je me rappelais les pensées qui me lézardaient le-cerveau à la vue du corsage de Charlith, de la jupe de Rose, de la nuque d’Adrienne. À l’époque, se soulager soi-même était un péché. J’ai péché comme un fou, cet été-là. Et je n’étais pas tant désolé de pécher que terrifié par le peu de soulagement que j’en tirais, même dix fois de suite. » André toussa à nouveau : « Et puis, il y a eu la pluie. Elle est tombée comme un mur deux jours durant. Quand nous sommes retournés au jardin, toutes les roses étaient tombées. L’air était frais, les feuilles lavées. Une sorte d’innocence printanière avait remplacé le souffle du plein été. Je crois que nous avons eu honte, rétrospectivement. Il s’est alors passé une chose étrange : nous nous promenions par petits groupes entre les flaques de boue et certains râlaient en voyant l’état lamentable de notre flottille. Près des bateaux, il y avait une poignée de marguerites. Dieter les a cueillies, une à une… et il les a offertes à Adrienne. Adrienne les a acceptées avec sim-plicité. C’était comme la reconnaissance de l’ange après latentation du démon. Le triomphe de la pâquerette après l’agonie tumultueuse des roses. Adrienne portait ce jour-là une robe bleue à fleurettes, elle était plus sainte nitouche que jamais. Charlith, vêtue de vio-let, montrait un visage blême dans l’auréole noire de ses cheveux. Un essoufflement maladif, un de ces « retours-de-sang » qui lui étaient habituels, lui faisait des lèvres enflées, presque cyanosées, et deux barres pourpres sur les joues. Le maquillage violent et l’indécente lassitude d’une putain de Babylone. Elle a regardé la scène, elle est devenue tout à fait cramoisie puis très pâle. Très, très pâle. Je ne sais pas comment t’expliquer… tout ça a duré moins d’une mi-nute. Nous nous sommes détournés d’elle. Dieter et Adrienne ont repris leur promenade, côte à côte, à pas lents. Nous les avons suivis. Charlith est restée en arrière. Elle est restée seule sous un rosier en arceau, un rosier sans roses. Je me suis retourné : comme quelqu’un qui cherche une contenance, elle cassait des épines au rosier. C’était une distraction idiote,
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nerveuse et un peu cruelle. Pas le genre d’Adrienne, en somme. Alors j’ai suivi les autres. Tu sais ce que c’est, une piqûre d’épingle ? Ce n’est rien, mais ça porte au cœur, comme on dit. Ça ne fait pas mal, ça met mal à l’aise, comme si l’aiguille était remontée au cœur en deux battements. Il arrive d’ailleurs que le bout de l’aiguille ou de l’épine casse et remonte réelle-ment au cœur le long d’une veine. On en meurt, paraît-il. J’ai entendu derrière-moi le bruit d’un corps qui tombe. Nous nous sommes précipités. Charlotte était étendue sur l’herbe. Dans sa chute, ses cheveux s’étaient dénoués et son visage était d’une blancheur stupéfiante contre ce tapis noir. Nous avons ouvert sa chemise, nous lui avons donné des claques, puis des secours sont arrivés. Mais elle était déjà morte. » André passa la main sur ses yeux : « Que s’est-il passé ? La fatigue de cet été trop chaud trop brutalement rafraîchi ? Une épine de rosier lui est-elle remontée au cœur ? Elle avait du sang au bout des doigts. Ou s’est-elle tuée en tombant ? Il y avait aussi du sang sur ses beaux cheveux. Du sang rouge sur sa chevelure noire, et les pétales rouges des roses mortes autour d’elle. Une épingle de sa coif-fure lui a peut-être crevé le crâne. Adrien a toujours été certain qu’elle était morte d’amour et François, de la rupture brutale du flux d’adoration qui allait de nous à elle. “Ce beau vam-pire est mort de faim”, m’a-t-il un jour confié. Je pense qu’il y croyait. Et c’est vrai qu’elle est tombée comme un pantin dont on coupe les fils… Je n’ai jamais vu spectacle si beau ni si triste que cette longue Ophélie morte dans les rets de sa chevelure, une main en sang posée sur sa poitrine. On a parlé de rupture d’anévrisme, de crise cardiaque. Aucune importance. De ce jour-là, nous ne sommes plus jamais retournés dans ce jardin. L’année d’après, j’étais enfin un grand, j’ai commencé à passer mes vacances ailleurs. Aucun d’entre nous n’a racon-té aux parents ce qui s’était passé au jardin des roses avant la pluie. Pour dire quoi ? Que Charlith était une sorcière, un avatar de Lilith ? Ou que Dieter ramassait son mouchoir ? Il n’y avait rien à racon-ter mais nous nous sentions tous un peu complices, d’un meurtre rituel, un sacrifice expia-toire pour nos pensées troublées. Ça fait un demi-siècle qu’on a enterré Charlith. Sa tombe est au village. Nous sommes encore quelques-uns à la fleurir. » André se tut. Lui et Alexis restèrent longtemps assis sur le banc, les cheveux soulevés par le vent d’automne, à suivre l’ombre ardente et triste qui se promène depuis cinquante ans parmi les décombres du jardin des roses.
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