Le Jardin du Hamma et la Société générale algérienne

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impr. de E. Donnaud (Paris). 1872. In-8° , 19 p., plans.
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Publié le : lundi 1 janvier 1872
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1872
LE
ET LA
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE ALGÉRIENNE
PARIS
IMPRIMERIE HORTICOLE DE E. DONNAUD
9, — RUE CASSETTE, — 9
LE
ET LA
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE ALGÉRIENNE
PARIS
IMPRIMERIE HORTICOLE DE E. DONNAUD
9, RUE CASSETTE, 9
1872
Plan du Jardin Au Hamma. Parti inférieure [1872]
LEGENDE
N.— Noria.
1-2-3-18.— Plantes fourragéres.
5.— Plantes industrielles.
6-29-37.— Plantes alimentaires.
7-8-9-12.— Arbres fruitiers à feuilles caduques.
10.— Plantes annuelles pour graines.
Boutures.
a. — Parc aux autruches.
m.— Maison du gardien.
11.— Plantes économiques.
13.— Oliviers. Ficus. Caroubiers.
14.— Collection de Maïs.
Plantes cultivées en vue de la récolte des graines.
15.— Pépinière d'Orangers.
16.— Pépinière d'Arbres d'ornement.
17.— Arbres et Arbrisseaux d'ornement.
19.— Collection d'Orties de Chine.
a.— Parc aux autruches.
20.— Ecole et multiplication des Rosiers.
21. — Arbrisseaux et Arbustes d'ornement.
Eucalyptus globulus.
22.— Collection de Fraisiers.
Collection de Palmiers.
23.— Orangers.
24.— Culture de Palmiers en pot sous les brise-vent
de Cyprès.
Néfliers du Japon.
25.— Semis d'Arbres forestiers, fruitiers, d'ornement.
Semis d'Arbustes pour les haies.
26 — Culture et multiplication de la collection des
Bambous.
27.— Palmiers en pleine terre.
28-32.— Palmiers en pot, sur couche et sous claie.
30-34.— Bananiers.
Palmiers en pleine terre.
31.— Plantes variées en pot.
33.— Plantes bulbeuses.
35.— Ateliers. Hangars. Habitation.
Grands Arbres exotiques naturalisés.
Plantes en pot.
36.— Grands Arbres exotiques naturalisés.
Plantes en pot.
38.— Goyaviers. Chérimoliers. Orangers.
39.— Multiplications en serres et sous châssis.
40.— Serres chaudes.
Plantes exotiques en pot.
Plantes grasses.
41.— Lac.
42.— Ecole de naturalisation.
Palmiers. Cycadées. Myrtacées, etc.
43.— Maison d'habitation.
44.— Brise-vent. Abris, etc.
45.— Agave. Opuntier.
46,_ station du chemin de fer.
47.— Plantation de Nopals à cochenille.
48.— Voie ferrée.
49.— Jardin du surveillant de la voie.
50.— Ancienne batterie de Charles-Quint,
51. — Plage.
52.— Mer Méditerranée.
LÉGENDE
53. — Café maure.
54.— Café français.
55.— Fontaine publique.
56.— Ecole d'Orangers et de Vignes.
87.— Mûriers.
58.— Figuiers.
59.— Pins.
60. — Collection d'Acacia de la Nouvelle-
Hollande et de Podocarpus.
61.— Collection de Myrtacées.
Eucalyptus.
62-68.—Collection d'Arbustes de la
Nouvelle-Hollande.
63. — Collection d'Araucaria et autres
Arbustes.
64.— Collection de Conifères.
65.— Orangers et Grenadiers.
66.— Maison mauresque.
67.— Collection de Casuarina.
69.— Collection de Vignes.
70.— Pins des Canaries.
71-72-78-79.— Broussailles.
73.— Cyprès.
74. — Friche. (Parcelle revendiquée
par le Génie).
75.— Chênes d'Europe.
76.— Friche.
77.— Vignes.
30.— Culture du Ricin.
81. — Pâturage.
82. — Jardin potager.
Gourbi.
Plan du Jardin dis Hamma. Parti supérieure [1872]
LE
ET LA
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE ALGÉRIENNE
L'Administration du Jardin du Hamma a été, dans ces derniers temps,
l'objet de critiques sévères, que la passion, la légèreté et l'ignorance
des faits peuvent à peine expliquer. On a reproché à la Société algé-
rienne, rendue concessionnaire de cet important domaine par le décret
du 11 décembre 1867, d'avoir oublié les engagements qu'elle avait con-
tractés envers l'État, méconnu les besoins de la colonisation, et négligé
les recherches scientifiques, dont la préoccupation devait naturellement
s'imposer à un établissement revêtu d'un véritable caractère d'utilité
publique. «
C'est notre devoir de répondre à ces attaques et de montrer, par des
faits et des chiffres irrécusables, non-seulement que l'Administration
nouvelle a rempli les conditions de son contrat, mais encore qu'elle
s'est appliquée par tous les moyens en son pouvoir, et non sans succès,
à donner satisfaction aux intérêts généraux de la colonisation et de la
science.
ETAT ANTÉRIEUR DU JARDIN DU HAMMA
Qu'il nous soit permis, avant d'exposer les travaux de la Société, de
jeter un coup d'oeil sur le passé et de rappeler l'état dans lequel elle
a reçu l'établissement qu'elle avait la tâche de régénérer non moins
que de développer.
4 LE JARDIN DU HAMMA.
Les promeneurs, qu'attirait à l'ancien Hamma la beauté d'un mer-
veilleux paysage, n'ont point perdu le souvenir de l'état dans lequel
était tombé le jardin domanial. Sauf les grandes allées des Platanes, des
Dattiers, des Bambous et des Chamaerops excelsa, dont la magnifique
végétation faisait contraste avec les cultures, sauf l'École d'acclimatation
avec ses groupes de Palmiers et de Ficus et les deux carrés qui entou-
raient les serres, le reste du Jardin présentait un triste spectacle.
La partie basse, qui constitue la pépinière et qui présente une super-
ficie de trente hectares, se compose de quarante carrés. La plupart
étaient improductifs, un certain nombre même en friche. Ceux qui
étaient plantés, vides aux trois quarts, offraient un. mélange bizarre des
espèces les plus hétérogènes : essences fruitières, forestières, exotiques
et indigènes, végétaux à feuilles persistantes et à feuilles caduques, s'y
rencontraient pêle-mêle. Des arbres de huit à neuf ans, à l'aspect souf-
freteux, et trop grands pour pouvoir être transplantés ou livrés au
commerce, semblaient y avoir été oubliés.
Diverses causes avaient contribué à cet état de choses.
Des défoncements inexplicables avaient rejeté à plus d'un mètre de
profondeur la terre végétale, formée par les détritus de l'ancien marais,
et fait arriver à la surface un mélange stérile de tuf, d'argile et de débris
de cailloux. Engrais et fumiers avaient été supprimés depuis quinze
ans, et le niveau de certains carrés avait été relevé par un remblai de
sable de mer.
Les eaux 'arrosage étaient devenues chaque jour plus rares. Sur
14 norias, que possédait le Jardin, fonctionnaient à peine; les autres,
faute d'entretien, étaient démolies ou hors de service. L'unique noria,
destinée aux plantations de la montagne, s'était depuis longtemps arrêtée.
Les bassins de réserve, lézardés de. toutes parts, étaient à sec, et les
canaux de conduite, creusés dans la terre, sans pente régulière, sur
une largeur parfois de 0m 80 , s'étaient transformés en mares sta-
gnantes, d'où s'écoulaient à grand'peine vers quelques carrés de
maigres filets d'eau.
Le matériel ne présentait guère un aspect plus satisfaisant : les ate-
liers, les magasins, les locaux d'habitation appelaient d'urgentes répa-
LE JARDIN DU HAMMA. 5
rations, et les thermosiphons mêmes avaient depuis longtemps cessé de
fonctionner.
On comprend qu'ému, d'une situation , dont les vices s'accusaient
chaque jour davantage, et préoccupé d'un déficit annuel considérable,
le Gouvernement, qui sentait cette dispendieuse création lui échapper
comme les autres pépinières (1), se soit décidé à la confier à l'industrie
privée. Ce qui a plus lieu de surprendre, c'est que l'inventaire, dressé
en vertu de la clause du traité qui porte qu'à l'expiration de la concession
l'État reprendra possession de l'Etablissement après constatation d'une
valeur au moins égale à celle déterminée par le procès-verbal de remise,
ait fait ressortir, pour le matériel du jardin que nous venons de décrire,
une valeur capitale de un million huit cent mille francs (1,800,000 fr.),
estimation fantastique, que la Société algérienne ne prit pas la peine de
discuter. Elle avait devant elle du temps, de l'argent et le ferme désir
d'attacher son nom à cette grande oeuvre; elle savait qu'elle rendrait un
jour à l'État une valeur supérieure et bien autrement réelle. ,
TRAVAUX DE PREMIER ÉTABLISSEMENT ET TRANSFORMATION
DU MODE DE CULTURE
L'Etablissement fut remis à la Société le 1er février 1868. Elle se mit
aussitôt à l'oeuvre et, sans s'inquiéter dé la dépense, elle entreprit de
faire subir au Jardin, au mode d'administration et de culture, une trans-
formation radicale.
Trente-cinq carrés furent entièrement défoncés : plusieurs fournirent
jusqu'à trois et quatre cents tombereaux de pierres, qu'il fallut rempla-
cer par de la bonne terre. Un seul carré, le n° 28, reçut plus de
500 mètres cubes de terre végétale. Le n° 9, consacré aux Orangers,
était tellement envahi par les débris rocailleux que la levée en motte des
arbres, chaque jour plus languissants, était devenue impossible ; il fal-
(1) Les grandes pépinières du gouvernement à Bône, Philippeville, Oran, Médéah, etc.,
ont été abandonnées, vendues par lots, ou achetées par les villes comme promenades
publiques.
6 LE JARDIN DU HAMMA.
lut en faire le sacrifice et tout abattre pour refaire le sol de la pépinière.
Chaque carré nécessita en outre une opération particulière de nivel-,
lement, pour permettre l'écoulement facile et régulier des eaux d'ar-
rosage. Toutes les allées de séparation durent en même temps être re-
chaussées et remises à niveau.
Ce premier travail ne coûta pas moins de 93,000 francs.
Les travaux d'irrigation présentaient une égale urgence. Les puits
des norias furent déblayés, creusés plus profondément, et les machines
remontées avec de nouveaux systèmes, fabriqués dans les ateliers de
l'Etablissement. Le puits de celle de la montagne fut poussé en plein
dans le roc jusqu'à 45 mètres de profondeur.
Des recherches patientes amenèrent la découverte d'une nouvelle
source, dont le débit est d'environ 9 mètres cubes à l'heure.
Les bassins de réserve furent refaits en entier, de nouveaux canaux en
maçonnerie revêtue de ciment furent ouverts, et trois grandes divisions
d'irrigation, correspondant aux trois sources, furent établies de manière
à conduire; sans arrêt et sans perte, l'eau jusqu'aux parties les plus éloi-
gnées du Jardin.
La dépense de ces travaux s'éleva à la somme de 14.253 francs.
Les anciennes serres furent l'objet de réparations importantes, La
Société entreprit en même temps d'en construire deux nouvelles de
35 mètres de long, l'une pour la multiplication, l'autre pour le sevrage,
et pourvues d'appareils puissants de chauffage. Des coffres mobiles, mu-
nis de 200 châssis vitrés, y furent établis.
Une des questions principales qui s'imposaient à l'attention de l'Ad-
ministration nouvelle était relative aux soins à prendre pour la conser-
vation des plantes exotiques. Abandonnées jusqu'alors au grand air, sans
défense contre le vent, la pluie, le soleil et la grêle, elles offraient si peu
de chances de vitalité que le commerce avait fini par les abandonner et
interrompre ses commandes. Il était indispensable de leur assurer dé-
sormais des conditions plus favorables. Après divers essais, la Société
s'arrêta à un mode d'abri, formé de charpentes légères en bambou,
supportées par des piliers de 2 mètres de hauteur et recouvertes
de claies en roseaux, formant une vaste serre de plus d'un hectare d'un

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