Le Jour de la fin des temps Tome 1 - Connaissance

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Paris, 2127. Après les grands bouleversements mondiaux, l'humanité se voit dans l'obligation de vivre dans des bulles de verre, de pédaler pour obtenir de l’électricité, d'utiliser du jus de betterave modifié pour créer des objets, et de construire des « camps pour vieux » afin de recycler les retraités qui serviront de nourriture aux vivants. Le pouvoir en place, avide de puissance, ne fait que détruire un peu plus ce monde déchu. Aaron, la trentaine, héros malgré lui, rejoindra la résistance et participera aux changements de ce monde. Mais les « grands anciens » surveillent et regardent notre monde, envieux, jusqu'à décider de reprendre leur place sur Terre.


Un roman en hommage à H.P.Lovecraft et Bernard Werber.


Publié le : mardi 21 avril 2015
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EAN13 : 9782332887757
Nombre de pages : 226
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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-88773-3

 

© Edilivre, 2015

Première partie

L’humanité en bulle

Chapitre 1
La vie reprend ses droits

1

– Mon Dieu, qu’est-ce que nous avons fait…

Il regarde autour de lui et cherche un repère ou quelque chose qui pourrait le rassurer.

Rien.

Plus rien n’existe. Tout est soufflé, exterminé.

Il est seul.

Il est le dernier être humain vivant sur Terre.

Chapitre 2
La vie en boite

1

Avril 2127, trois ans plus tôt.

Une journée de plus à Paris.

Ce matin, le soleil ne brille pas. En réalité, cela fait déjà 45 ans qu’il ne brille plus. Les nuages couvrent sans arrêt le ciel et ne laissent jamais échapper un rayon de lumière. Le monde est devenu un décor où les couleurs n’existent plus, les teints ternes et fades sont réunis partout. Le paysage, sombre, triste et sans saveur règne désormais dans le cœur de chacun.

La société telle que nous la connaissions n’est plus qu’un lointain souvenir présent dans la mémoire des plus âgés.

Les habitants de la planète sont désormais entassés dans des grandes villes préservées par des bulles géantes, sortent de voûtes en verres protégés elles-mêmes par une fine pellicule à refroidissement – afin que la chaleur extérieure ne soit pas amplifiée par le verre – et créées de manière à ne plus subir physiquement une pollution extérieure dangereuse et des perturbations climatiques de plus en plus violentes.

Depuis la construction des voûtes en 2099 suite à l’approbation d’un vote réalisé à l’échelle mondiale, les maladies inconnues qui dévastaient les populations sont devenues de plus en plus rares, jusqu’à devenir inexistantes.

Une maladie terrible, « la lèpre dégénérative accélérée », maladie inconnue qui faisait fondre la peau et les tissus musculaires des malades en 2 heures, a également complètement disparu. Cette maladie était la pire chose qui soit arrivée à l’humanité. Bien plus vicieuse que le SIDA et la peste, elle provoquait une souffrance inhumaine et insupportable. Dans la plupart des cas identifiés, les malades atteints de la LDA mourraient d’un arrêt cardiaque, car la douleur était tellement intolérable que le cœur lâchait rapidement.

Quelques mois seulement après la construction des voûtes géantes, l’hygiène s’est améliorée d’une manière surprenante et la vie « bullienne » est devenue plus facile à supporter.

Pour ne pas étouffer d’un manque d’oxygène, les voûtes sont équipées de ventilateurs électriques, qui utilisent la fraîcheur de la pellicule à refroidissement, et qui permet d’envoyer de l’air pour renouveler l’oxygène, sans quoi le peuple bullien s’étoufferait en quelques semaines.

L’utilisation des dômes ne s’arrête pas à cette fonction. Ils sont également conçus afin de reproduire les effets du soleil lors d’un zénith d’été grâce à un système électrique, fixé également sur la structure en verre, qui émet une lumière et une chaleur similaire à l’astre disparu. Reproduction complètement loupée et inefficace. Au début, les effets de simulation solaire étaient si forts que les radiations et la chaleur produite par le système brûlaient la peau des passants et provoquaient des cancers accélérés et fulgurants en masse.

Les 12 premiers jours d’utilisation du système étaient catastrophiques. 756 personnes atteintes de cancer sont décédées sans explications.

Les réglages étant trop complexes à réaliser, le projet « soleil de zénith » a été abandonné.

Les bulles se voient à des kilomètres, car la structure qui supporte le verre est de couleur grise et étincelle comme si elle était plongée dans une lumière magnifique. Le verre est épais de plus d’un mètre, ce qui permet de le protéger au maximum si un débris venait le percuter.

Pour faciliter leur construction, les voûtes épousent la forme architecturale des immeubles des quartiers et laissent admirer, à certains endroits, une belle forme arrondie qui suit la rondeur d’un jardin.

Aujourd’hui, aucun être vivant ne peut vivre en dehors de la protection des grandes villes sous peine d’étouffement instantané, causé par une radiation très élevée et en constante augmentation.

Les lieux-dits, villages et petites villes du monde entier sont complètement désertés. La loi en vigueur, « tous unis pour la vie », mentionne que les villes sont plus faciles à gérer lorsque la population est rassemblée au même endroit. Un additif a été rajouté sur l’alinéa 7, paragraphe 2 de cette loi qui stipule qu’il est interdit de construire des voûtes pour les petites communautés. Si une personne n’est pas en accord avec cette décision, elle est immédiatement abandonnée à l’extérieure et meure rapidement, car aucune aide ne lui est apportée.

Les grandes villes sont protégées par 3 voûtes géantes qui séparent les quartiers entre eux. Chaque voûte contient un regroupement de plusieurs quartiers. Les endroits des villes qui ne sont pas protégés sont complètement laissés à l’abandon. Il est possible de voir des rues entières sans aucune protection à quelques mètres des voûtes. Chaque fois que le regard d’un habitant perçoit une partie de ces quartiers abandonnés, une sensation d’horreur l’envahit. Juste à côté de lui, des immeubles ravagés, des véhicules détruits et toujours en mouvements à cause des vents violents qui les déplacent, et des squelettes d’habitants chassés des bulles qui jonchent le sol. Partout une vision de dégout et de tristesse se présente, même si chacun essaie, par n’importe quel moyen, de l’oublier.

Pour se rendre d’un quartier à un autre, il suffit de passer par un tunnel de verre protégé par la police locale.

Le « quartier administratif », qui comprend les institutions du gouvernement, de la science et les bureaux, est le plus petit quartier des trois. Il est le mieux protégé, car considéré comme le plus important. Pour y accéder, il est obligatoire d’avoir un rendez-vous officiel. Aucun habitant ne peut s’y rendre sans raison.

Il y a deux façons d’accéder au quartier administratif. Le premier accès se situe au quartier des volontaires et le deuxième au quartier d’habitation. Les 3 quartiers sont reliés entre eux afin de faciliter les déplacements.

Le « quartier des volontaires » est quant à lui quatre fois plus grand. Dans ce secteur, des volontaires sont appelés afin de réaliser des tâches importantes pour le fonctionnement général de la ville.

Le « quartier d’habitation », qui est trente-huit fois plus grand que le premier. Il contient les habitations des bulliens, mais également des hôpitaux, des médecins, ainsi que les entreprises qui emploient la plupart des bulliens.

Vu le nombre très élevé d’habitants présents dans le monde, qui se situe aujourd’hui aux alentours de 76 milliards d’êtres humains, chaque ville doit recourir à de nouvelle technique de construction afin de permettre à ses habitants de trouver un abri.

Étant donné l’augmentation dramatique de bulliens présents dans les villes, et vu qu’il est de plus en plus difficile de se loger, une solution, qui doit aider à changer ce problème de plus en plus complexe à gérer, a été proposée, approuvée et votée immédiatement : interdiction de concevoir plus d’une enfant par famille.

Au moment où il atteint l’âge adulte, l’enfant unique obtient le « droit de conception » à ses 32 ans, autorisation qu’il reçoit lors d’un rendez-vous administratif dans sa ville. Par ce moyen, la population mondiale, déjà trop élevée, est complètement maîtrisée et prévisible. Si par hasard, l’adulte qui utilise son droit de conception met au monde des jumeaux, l’un des deux est automatiquement brûlé pour ne pas dépasser les quotas.

Lorsqu’une famille est découverte en possession de plusieurs enfants déjà éduqués, ces derniers sont immédiatement utilisés comme « transporteurs à usage unique ».

Les transporteurs sont forcés à conduire des véhicules en dehors des villes afin d’apporter de la nourriture ou des missives politiques urgentes à des endroits importants qui en ont besoin. Tout le monde connaît la finalité d’un tel transport, car aucun véhicule ne revient jamais à cause des éléments déchaînés présents à l’extérieur.

Lorsque la proposition de loi pour la création des transporteurs à usage uniques avait été proposée, une révolte générale est survenue à travers la population. Indignation rapidement calmée lorsque le gouvernement, voyant la réaction des familles, avait proposé de sélectionner, par un système aléatoire, les habitants qui deviendraient les futurs transporteurs. Le jour où cette dernière proposition a été exposée au public, la loi qui demandait à utiliser les enfants illégaux pour en faire des transporteurs à usage unique a été très rapidement acceptée. Les parents, qui avaient un ou plusieurs enfants illégaux, préféraient se séparer de leurs propres chairs pour les voir servir une cause pseudo humaniste plutôt que de devenir eux-mêmes des transporteurs.

Le gouvernement, par un système démoniaque, avait réussi le coup du siècle. Désormais, plus aucune compassion n’existe, même à l’intérieur des familles.

2

Lundi 7 avril 2127, 8 h 30 du matin.

La famille Gronjean, découverte en flagrant délit d’enfants illégaux il y a trois jours à cause de la déclaration officieuse d’un délateur, est réunie sur la place centrale et entourée de la police locale dans le quartier administratif.

– Monsieur Gronjean Hector, vous avez, malgré le fait qu’il est interdit d’avoir plus d’un enfant, décidé de votre propre initiative, de concevoir deux enfants supplémentaires. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ? demande avec autorité le représentant de l’Assemblée en charge des opérations judiciaires tout en se curant le nez comme si ce qu’il est en train de faire ne l’intéressait pas.

– Pourquoi ?

Hector est consterné par la question qu’il entend.

– C’est ce que je vous demande.

– Tout simplement parce qu’il est impossible de demander à un être vivant, lorsqu’il aime sa femme, de ne pas partager cet amour en donnant la vie.

Hector, complètement anéanti, pose son regard au sol en se demandant ce qu’il fou dans cette vie de dingue.

– Ceci n’est pas une raison valable. C’est une excuse égoïste et sans fondement. Donc, juste pour un plaisir personnel auquel vous avez décidé de donner de l’importance, vous effacez toutes ces années de sauvegarde de notre espèce ? En posant cette question, le représentant de l’Assemblée laisse paraître un sourire dans le coin droit de sa lèvre, comme s’il allait gagner une main au poker.

– Oui, c’est exactement ça ! Nous ne sommes pas une espèce, nous sommes des êtres humains aimants et intelligents !

– Si vous étiez intelligent, vous n’auriez pas ce genre de comportement, surtout devant moi. Par ce fait, je donne le titre de transporteur à usage unique à vos deux enfants illégaux. Ils seront, dès ce jour, en charge d’apporter une missive politique à Bordeaux, car les connexions de vidéoconférence ne fonctionnent plus. Lorsqu’ils auront terminé cette mission, ils reviendront à Paris.

– Bordeaux ? Mais vous êtes fou ? Ils vont mourir ! hurle Hector qui commence à voir rouge.

– Mourir ? Mais, monsieur, il ne fallait pas les faire vivre, tout simplement, dit le représentant avec une voix sadique.

– Assassin !

Pris d’une colère très violente, Hector, complètement dépassé par la situation, saute sur le représentant de l’Assemblée et commence à le battre avec rage.

– Arrêtez-le ! hurle le représentant.

A côté d’eux, les habitants ne réagissent pas. Ils regardent comme si la situation était normale.

En voyant la scène, un membre de la police locale attrape les bras d’Hector et le frappe au visage avec une batte en bois.

– C’est bon, j’ai réussi à le calmer !

– Vous avez fait plus que de le calmer, murmure le représentant qui essaie tant bien que mal de se lever.

Le visage du représentant est marqué, son œil gauche laisse apparaître une tache noire, et un filet de sang coule lentement de sa narine droite.

Il s’essuie avec le tissu de sa robe noire qui désigne son rang social.

– Bien ! Le problème est réglé. Madame Gronjean, puisque votre mari ne pourra plus le faire, vous devez signer les papiers administratifs qui stipulent que vous étiez présente lors du transfert des transporteurs Ax-27 et Ax-28.

Sans un mot, elle signe le document.

– Bien, essayons de faire les choses dans l’ordre. Emmenez les enfants pour les équiper.

– Maman !!! cri l’un des enfants désespéré.

Aucun mot. Pas un regard.

Le cœur qui saigne, complètement effondrée, Madame Gronjean n’ose même pas regarder ses enfants. Comme si de rien n’était, elle rentre chez elle totalement anéantie à l’intérieur.

Son corps est retrouvé sans vie, quelques jours plus tard lorsqu’un voisin avait prévenu la police à cause d’une odeur désagréable provenant de l’appartement voisin. Madame Gronjean s’était pendue.

14 h 37. La porte qui mène à l’extérieure de Paris s’ouvre.

Un véhicule à pédale s’avance, avec à l’intérieur, les deux enfants de Madame Gronjean, Ax-27 et Ax-28.

Lorsque la porte s’ouvre totalement, et que le sas de sécurité arrière se ferme, les deux enfants, apeurés, commencent à pédaler vers Bordeaux en suivant un plan donné spécialement pour eux.

14 h 52. Un orage grandiose éclate. Un vent violent se lève et assombrit encore plus le paysage. Le véhicule, trop léger pour rester au sol, se retourne lors d’une rafale de vent.

Le pare-brise se fend, puis éclate lorsqu’une branche vient le traverser. En quelques instants, Ax-27 et Ax-28 meurent, étouffé à cause des radiations pour le premier, et décapité par la branche pour le second.

Une nouvelle épave de transporteurs est présente dans ce décor triste avec, à l’intérieur, deux enfants morts âgés de 12 et 15 ans.

Puisque les industries de productions n’existent plus depuis longtemps, des changements importants ont été réalisés. Les véhicules ont été les premiers à changer complètement. Les moteurs à essence ou à gasoil ont été remplacés par des moteurs à pédale. Il s’agit d’un système beaucoup plus léger qui, pour fonctionner, demande un simple effort de pédalage comme sur un vélo.

Les véhicules, après modifications, se sont considérablement allégés. Ils sont passés d’environ 800 kilos à une vingtaine de kilos. La structure en métal a été remplacée par une structure en plastique. Les sièges sont désormais devenus des selles de vélo, le volant est changé en guidon. Les vitres sont également en plastique. Le pot d’échappement, les rétroviseurs extérieurs, ainsi que tous les éléments et pièces qui ne sont plus utiles ont disparu. Le système de pédale est directement relié aux roues, ce qui permet d’avancer rapidement lorsque les transporteurs pédalent plus vite.

Aujourd’hui, tous les véhicules sont équipés d’un système de pédalage. Le pétrole n’existant plus, il fallait trouver un moyen rapide et efficace pour se déplacer. Moyen largement utilisé dans la vie de tous les jours.

En constatant les effets utiles du système de pédalage, toutes les formes de transports en ont été équipées. Les bus et métros, tramways et camions ont également vu leurs systèmes changer. Désormais, toutes les villes ne s’activent plus que pour créer de nouveaux systèmes de pédalage performant.

Le matin, lorsque le climat présent en dehors des bulles n’est pas déchaîné, le bruit léger des pédales en mouvement se fait entendre en continu.

Il y a très longtemps, il était possible d’entendre le chant des oiseaux lorsque le jour se levait mais aujourd’hui, ce chant a été remplacé par celui des pédales en mouvement qui siffle en continu jour et nuit.

3

Malgré toutes ces décisions gouvernementales votées d’une manière intelligente et précise par un groupe d’homme très évolué, des problèmes techniques imprévus surviennent de temps à autre. Dans l’optique ou une bulle laisserait passer des radiations extérieures, le gouvernement a distribué à l’échelle mondiale des respirateurs de poche, sorte de tube rechargeable rempli d’oxygène avec une autonomie de quatre heures environ, devenue obligatoire si jamais une fuite rendait l’air irrespirable.

Il y a plusieurs années, une tempête infernale avait arraché un arbre – un chêne de 18 mètres de haut – pour l’envoyer directement sur un des dômes qui protégeaient la ville. Le choc avait été si violent qu’un trou de quatre mètres sur cinq était apparu.

La catastrophe était considérable. 662 personnes avaient trouvé la mort en quelques minutes. Aucun humain présent lorsque la voûte a été brisée n’avait de respirateur de poche puisque la distribution n’avait pas encore eu lieu. Il s’agit du drame le plus important depuis des décennies.

En 4 heures seulement, l’équipe de réparation avait réussi à combler le trou en rajoutant des plaques de verre d’urgence collées les unes aux autres. Il aura fallu attendre 22 jours après la catastrophe pour que les radiations diffusées dans la ville redescendent à un taux non dangereux pour l’être humain.

Le moral de la population est de plus en plus critique et ne peut se décrire avec de simples mots. Il est donc facile de comprendre qu’une envie générale de sauter d’un pont de soixante mètres de haut pour en finir avec cette vie fade et sans intérêt est présente dans tous les esprits.

Pour remédier à cela, le gouvernement a trouvé une solution intéressante, très chère, mais réalisable dans l’instant : installer des écrans géants dans tous les endroits des villes afin de passer des documentaires à la Nicolas Hulot qui permettent de voir chaque jour des paysages, des montagnes, des rivières ainsi que des vidéos contenant de superbes levers de soleil.

Cette solution, coûteuse, consommatrice d’énergie et difficile à installer, n’a pas eu l’effet attendu sur le moral des habitants, bien au contraire. Chaque jour, chacun doit se farcir la vision d’un monde coloré que par des écrans passant les mêmes vidéos en boucle, car les images réelles manquent pour en passer de nouvelles.

Ces paysages, que chaque personne regarde tous les matins à travers ces écrans, donnent envie de pleurer. Plus personne ne pourra voir de ses propres yeux ces endroits merveilleux. Les enfants ne savent même pas ce qu’est une prairie ensoleillée, remplie d’herbe verte et de fleurs de toutes les couleurs, avec cette petite brise qui vient caresser le visage. Ils ne la connaîtront d’ailleurs jamais. Pour les plus âgés, l’expérience de cette prairie n’est plus qu’un souvenir qui avait été raconté de père en fils, devenant de plus en plus flou, jusqu’à disparaître complètement de leurs mémoires.

Depuis les évènements qui ont forcé l’espèce humaine à changer sa façon d’être, tant envers elle-même qu’envers la nature, une action globale et obligatoire a été votée en masse. Tous les gouvernements, lors de la Réunion Internationale d’Humanité organisée en 2038, se sont entendus sur un même point : réorganiser le monde. Depuis toujours, les humains se prenaient pour Dieu, et aujourd’hui, ils implorent Dieu de les sauver de cette catastrophe créée par des années de menfoustisme international.

Lors de la RIH (Réunion Internationale d’Humanité), toute l’organisation de la société a été changée, transformée et remodelée dans les moindres détails.

Alors que tout espoir avait disparu, un nouveau document, « LE » document, a été créé afin d’améliorer le monde : la charte d’obligation mondiale. Désormais, tout ce qui peut permettre à un être humain d’organiser des activités, de réfléchir par lui-même et de prendre des décisions a été effacé. Les formes de religions, de mouvements indépendants, de courants de pensée ou d’associations sont également interdites. En réalité, tout ce qui pourrait permettre à un humain de créer, de partager ou d’inventer quelque chose a complètement été occulté de la surface de la planète. Le but ultime de ces interdictions est de pouvoir effacer toute émotion de l’être humain afin de le maîtriser totalement.

Un humain obéissant est toujours plus facile à contrôler qu’un humain qui réfléchit. Pour le gouvernement en place, l’être humain est une gangrène à stopper. Il est donc préférable de diriger une masse sans réflexion, avec à sa tête, un groupement intelligent qui décide tout.

La seule et unique institution qui est autorisée dans ce monde déchu est l’Assemblée des Nations. Chaque pays possède un « assembleur » officiel, fonction qui remplace celle des présidents qui existaient à l’époque où la société violait chaque jour la nature dans les années 2000, et qui dirige tout d’une main de fer. L’Assemblé des Nations réunie les assembleurs de tous les Pays et décide chaque jour, à huit clos, quelle décision prendre pour améliorer le monde.

Personne ne connaît l’endroit exact où se trouvent les assembleurs. Ils sont chacun dans un endroit secret, et se réunissent tous les matins à 6 h 30 via vidéo-conférence afin de décider les nouvelles obligations du jour. Lorsqu’une décision est prise, la secrétaire transmet immédiatement l’information aux médias – par l’intermédiaire d’un pigeon voyageur, car le téléphone n’existe plus – et qui la diffuse en masse grâce aux écrans géants et journaux de chaque ville.

Pour une fois, le monde entier s’entend sur une même chose : chaque décision prise lors de ces assemblées devra être appliquée dans chaque pays du monde le plus rapidement possible.

Dans cette assemblée, qui est aujourd’hui devenue un lieu ou les esprits les plus fous, les plus vicieux et les plus déjantés se réunissent, a été voté des lois présentent pour aider l’humanité à s’améliorer. En réalité, ces obligations ne font bien souvent qu’aggraver ce qui reste d’humilité dans cette société devenue folle. La pensée d’un homme et la réalisation de cette pensée étant deux choses différentes, la plupart des lois votées finissent par s’évanouir dans le flot quotidien de la vie ou leurs pratiques sont quasiment irréalisables.

Pourtant, malgré les idées tordues que l’assemblée arrive à produire chaque jour, une loi, intéressante et utile, a vu le jour. Elle a pour nom la « loi RUE ». Aucun habitant n’en connaît la définition exacte, car elle n’a jamais été présentée sous sa forme réelle.

En réalité, la loi RUE apporte une solution qui a changé la face du monde. Dans une humanité ou tout est tordu, ou les humains sont obligés de vivre comme des poules en cage et ou les déplacements extérieurs sont très rares, arrive rapidement le manque critique d’un élément des plus important.

L’eau. Sans eau, pas de vie. Et sans vie, pas d’humanité.

Vu qu’il n’y a plus de centre de traitement, d’usine pour collecter de l’eau, ni la possibilité d’utiliser l’eau des lacs, des rivières ou des mers pour en faire de l’eau potable, la loi RUE est arrivée comme une héroïne venant sauver le monde.

« Recycler l’Urine en Eau ». Ce secret, si bien gardé, démontre avec simplicité que l’humain, sans le savoir et sans se poser de question, boit son urine recyclée.

Lorsqu’un des habitants se rend aux toilettes, l’urine est récupérée par un filtre. Ce filtre, qui joue le rôle d’une éponge, est compressé lorsque la chasse est tirée. L’urine est ainsi déversée vers le centre de recyclage présent dans le quartier administratif grâce à un réseau de tube aspirant présent sous terre.

Le centre de recyclage est officiellement l’endroit où les ordures ménagères sont transformées, mais la partie occulte démontre une tout autre face. Les déjections humaines, l’urine, ainsi que la nourriture jetée, sont transformées et recyclées en produit comestible. L’urine devient de l’eau, la nourriture et les déjections humaines deviennent de nouveaux aliments à consommer.

Le centre de recyclage est dirigé par des scientifiques. Après des années de tests, d’échecs et d’erreurs, le centre a enfin réussi à recycler à la perfection...

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