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Le Long de la côte - Poésies

De
114 pages

Juillet étincelant, chaud comme une fournaise,
Allume son soleil, dans les cieux aveuglants,
Et quand sonne midi, sous ses rayons ardents,
Le sol incandescent fume comme une braise.

C’est alors, quand on est prisonnier des cités,
Qu’on songe aux bois chargés de senteurs amoureuses,
A la calme fraîcheur de leurs sentes ombreuses,
Aux longs soirs pleins de charme et de tranquillités.

On rêve une maison, à l’ombre des futaies,
Simple à l’intérieur, mais ayant, pour décor,
Des champs riches d’épis, des prés émaillés d’or,
Si gaiement encadrés dans la verdeur des haies.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

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Charles Canivet

Le Long de la côte

Poésies

A M.H. JOSSE

CE PETIT LIVRE EST DÉDIÉ

EN TÉMOIGNAGE

D’UNE AFFECTUEUSE RECONNAISSANCE

LE LONG DE LA COTE

A François Coppée

Juillet étincelant, chaud comme une fournaise,
Allume son soleil, dans les cieux aveuglants,
Et quand sonne midi, sous ses rayons ardents,
Le sol incandescent fume comme une braise.

 

C’est alors, quand on est prisonnier des cités,
Qu’on songe aux bois chargés de senteurs amoureuses,
A la calme fraîcheur de leurs sentes ombreuses,
Aux longs soirs pleins de charme et de tranquillités.

 

On rêve une maison, à l’ombre des futaies,
Simple à l’intérieur, mais ayant, pour décor,
Des champs riches d’épis, des prés émaillés d’or,
Si gaiement encadrés dans la verdeur des haies.

 

On entend, répondant aux chants des moissonneurs,
Les bêlements lassés d’un troupeau qui sommeille,
A l’heure fraîche où, dans l’atmosphère vermeille,
Le soleil couché met ses dernières rougeurs.

 

C’est l’heure désirée, où la brise tardive
Se lève et vient troubler le calme lourd des eaux,
Et, passant sur la mer, ainsi qu’un vol d’oiseaux,
Se rapproche et fait signe à la barque attentive.

 

Les pêcheurs, ennemis des soleils trop brûlants,
Dont les feux endormants alourdissent leur voile,
Mettent le cap au large, en se chargeant de toile,
Et traînent leurs filets dans les flots somnolents.

 

Et l’on entend alors, dans la nuit transparente,
Mille bruits répétés par les échos naissants ;
Le flot calmé roulant sur les varechs glissants,
Les pas des promeneurs sur la grève odorante ;

 

Les mugissements sourds, venant des profondeurs
Des pacages lointains où le bétail s’allonge
Dans l’herbe, et le clapot d’un goëland qui plonge,
Au large, énervé par les nocturnes tiédeurs ;

 

Le murmure du flux, dont les assauts vivaces
Rongent les rocs, témoins des siècles éloignés,
Lavés par la bourrasque, et toujours imprégnés
De l’eau de mer qui roule, à flots, dans leurs crevasses.

 

Et plus le tard se fait sur le rivage clair,
Plus l’air est saturé de senteurs infinies,
Plus on s’enivre aussi des larges harmonies
De cet incomparable orchestre de la mer.

 

Des hiboux, dans les trous d’un vieux mur qui s’écroule,
Jettent leur cri de chasse aux échos alarmés,
A l’heure plus sombre, où les phares allumés
Lancent leurs grands fuseaux de flamme sur la houle.

 

Ainsi, tout se remplit de rumeurs et d’accents,
Dans la chaude clarté des soirs caniculaires,
Quand la mer, assoupie et veuve de colères,
Se brise indolemment, en longs flots languissants.

 

Alors, sous la splendeur des ciels d’été sans voiles,
Du crépuscule à l’aube, éclairés, grands ouverts,
On écoute, on admire, on rêve... on fait des vers,
Sous l’œil inspirateur des divines étoiles.

SOUS LES POMMIERS

A Charles Frémine

Sous le doux ciel de Normandie,
Au temps des rayons printaniers,
On voit, sur leur tête arrondie,
Fleurir la neige des pommiers.

 

Chassant les froidures glacées,
Les premiers souffles moins frileux,
De leurs branches entrelacées,
Font des bouquets miraculeux.

 

Mai, le tailleur qui les habille,
Leur passe un manteau sans pareil,
Fait de fleurs qu’un rien éparpille
Et qui neigent sous le soleil.

 

C’est la saison trop tôt finie
Des parfums, des nids babillards,
Où la nature rajeunie
Veut redresser jusqu’aux vieillards.

 

Sous un souffle qui ressuscite,
Les arbres, mornes, épuisés,
Sentent la sève monter vite,
Dans leurs rameaux les plus usés.

 

Que de fois, jeudis et dimanches,
Aux ardents midis des beaux jours,
Je me suis couché sous leurs branches,
Rêvant à de jeunes amours !

 

Le bétail, sous les cieux torrides,
Beuglait, irrité par les taons....
C’est quand, au front, viennent les rides,
Qu’on se souvient de ces doux temps ;

 

De ces beaux jours de la jeunesse,
Emportés au gré des saisons,
Comme un souvenir de caresse,
Par delà tous les horizons.

 

N’importe, c’est là qu’on aspire
Tous ces souvenirs accourus,
Qu’on entend, quand le vent soupire,
La voix des amis disparus !