Le Millénaire. Extrait des deux ouvrages du docteur Zimpel : 1. "La XIe heure avec l'Antéchrist, ou Dévoilement du XIe chapitre de Daniel"... 2. "Explication populaire de l'Apocalypse de saint Jean"... par l'auteur... 7e édition

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C. Winter (Francfort-sur-Main). 1866. In-8° , VIII-124 p., couv. ill..
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Publié le : lundi 1 janvier 1866
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1871.
Résurrection de Napoléon I.
comme Antéchrist.
Bataille.
d'Harmageddon,
1878.
Retour de notre Seigneur
Jésus-Christ.
LE MILLÉNAIRE.
Septième Edition.
1866.
1871.
Résurrection de Napoléon I.
comme Antéchrist.
Bataille.
d'Harmageddon,
1875.
Retour de notre Seigneur
Jésus-Christ.
LE MILLENAIRE.
Extrait
des deux ouvrages du Docteur Zimpel:
1. La XIe heure avec l'Antéchrist, ou Dévoilement
du XIe chapitre de Daniel, (allemand) chez J. Fr. Schalch
à Schaf house 1859, prix : 3 francs, et
2. Explication populaire de l'Apocalypse de Saint-
Jean, (allemand.) chez Chr. Winter, ci-devant H. L. Brönner,
libraire-éditeur Francfort - s. - M., prix: 6 francs.
par
l'auteur.
En allemand, français, (en anglais, et en hollandais cette matière a été suffisamment
traitée), italien, danois, suédois, russe, polonais, slave, hongrois, valaque, (roman), grec;
arménien, arabe. espagnol, etc. etc.
Septième Edition.
Depôt général de l'auteur chez H. L. Brönner, imprimeur
à Francfort-sur-M.
et pour la librairie chez Chr. Winter.
Francfort-sur-Main.
1866.
Au nom de notre Seignenr Jésus-Christ,
je prie de la manière la plus pressante tous les rédacteurs de
feuilles périodiques et particulièrement chaque chef d'une com-
munauté chrétienne quelconque, de quelque confession qu'elle soit,
lequel désire du fond de son coeur, et non pas du bout des lè-
vres seulement, le salut de tous, et qui est ainsi un fidèle ouvrier
dans la vigne du Seigneur, ainsi que tous ceux qui songent à
leur propre salut, de m'aider de toutes leurs forces à répandre le
plus possible ce petit livre, comme étant un appel des plus séri-
eux adressé au peuple, et de m'indiquer les moyens les plus
propres à atteindre ce but. Vu l'impossibilité où je me trouve
de mettre ce dessein à exécution à mes frais, le Seigneur bénira
certainement à tous égards la moindre obole, donnée volon-
tairement et de bon coeur dans ce but, ce qui est surtout
facile à ceux qui sont comblés des dons de la fortune par le
Seigneur, le vrai maître et dispensateur de tous les biens.
Chas. F. Zimpel,
Docteur en philosophie et médecine.
Adresse : H. L. BROENNER, imprimeur,
à Francfort-sur-Main.
AVANT-PROPOS.
„Fils de l'homme, parle aux enfants de ton peuple, et dis-leur : Lorsque je
ferai venir l'épée sur quelque pays, et que le peuple de ce pays aura choisi
quelqu'un d'entre eux, et l'aura établi pour leur servir de sentinelle ; et que
cet homme voyant venir l'épée sur le pays, aura sonné du cor, et aura averti
le peuple ; si le peuple, ayant bien ouï le son du cor, ne se tient pas sur ses
gardes, et qu'ensuite l'épée vienne, et le surprenne, son sang sera sur sa tête ;
car il a ouï le son du cor, et il ne s'est point tenu sur ses gardes: son sang
donc sera sur lui-même ; mais s'il se tient sur ses gardes, il sauvera sa vie. Que
si la sentinelle voit venir l'épée, et qu'elle ne sonne pas du cor, en sorte que le
peuple ne se tienne pas sur ses gardes, et qu'ensuite l'épée vienne, et ôte la
vie à quelqu'un d'entre eux, celui-ci aura bien été surpris dans son iniquité;
mais je redemanderai son sang de la main de la sentinelle." (Ezéch. XXXIII, 2 — 6.)
„Et il confirmera l'alliance à plusieurs, dans une semaine; et à la moitié
de cette semaine-là, il fera cesser le sacrifice et l'oblation ; puis, par le moyen
des ailes abominables, qui causeront la désolation, jusqu'à l'entière ruine qui
a été déterminée, la désolation fondra sur le désolé." (Dan. IX, 27.)
„Et le matin vous dites: Il y aura aujourd'hui de Forage, le ciel est
sombre et rouge. Hypocrites ! vous savez bien discerner l'apparence du ciel,
et vous ne pouvez pas discerner les signes des temps." (Matth. XVI, 3.)
Le jour a fui 1). — La nuit la plus complète règne2). —
Il n'y a plus ni lune ni étoiles qui viennent les adoucir3).
— L'orage gronde, les vents fouettent la pluie qui tombe par
torrents; tous les éléments semblent déchaînés4). — Tous les
hommes, depuis les membres de la famille royale jusqu'à
1) Le temps de prêter l'oreille aux révélations de Dieu est passé.
2) Les ténèbres spirituelles règnent.
3) Le Saint-Esprit a cessé de se manifester comme autrefois dans l'Eglise.
4) Le mécontentement et les idées révolutionnaires règnent parmi toutes les
nations, qui toutes se préparent à une grande lutte.
IV
l'artisan, cherchent à s'accommoder dans leurs demeures 1), et
les éclairent, à défaut de la clarté du jour, de leurs propres
lumières 2) grandes et petites, de gaz, d'huile, etc. Chacun,
sans s'inquiéter de ce qui se passe au dehors, vaque à ses
occupations habituelles, prend ses aises autant que possible
et s'adonne à la convoitise de la chair et des yeux3).
Après ces événements, le matin naissant qui, pour beau-
coup, est le dernier dans ce monde, les trouve tous profon-
dément endormis, leur réveil a donc lieu dans une tout autre
sphère. Un petit nombre d'entre eux cependant, qui ont passé
la nuit dans les angoisses, dans une profonde inquiétude au
sujet de leur prochain, adressent au gardien 4) vigilant qui
veille sur la haute tour, cette question: „Gardien ! Quelle
heure est-il? Et que vois-tu?" Celui-ci répond aussitôt d'une
voix ferme: „L'aiguille annonce l'approche du matin, quoi-
qu'on n'en aperçoive encore aucune trace à l'horizon. Au
contraire, la tempête à l'occident amoncelle toujours plus les
nuages, et les éclairs faibles encore, à la vérité, et le ton-
nerre lointain, annoncent l'approche de la tempête la plus
terrible, à en juger d'après l'apparence, que j'aie jamais vue
de cette tour." Ces sages prennent alors immédiatement tou-
tes les mesures 3) nécessaires pour être à l'abri dans des
maisons solides 6) contre l'orage qui s'approche, et ils y réus-
sissent entièrement.
Lecteur, comprends-tu ce langage figuré? En as-tu un
pressentiment? Bien t'en prend, s'il en est ainsi. Mais hélas
qu'il est petit le nombre de ceux qui seront dans ce cas!
1) Maisons qui, d'après Matthieu VII, 26 et 27, sont bâties sur le sable.
2) Motifs de tranquillité basés sur la sagesse humaine, qu'on s'est créés soi-
même et qui, par conséquent, n'ont aucun fondement.
3) Rom. VIII, 5—1-1, I Saint-Jean II, 15 et 16, II Saint-Pierre I, 4. et Saint-
Jacques IV, 4.
4) Les docteurs des Ecritures qui ont une connaissance intime de la partie
prophétique de la Bible et qui, par leurs avertissements à ce sujet, ainsi que par
les signes des temps, prouvent que le Saint-Esprit habite en eux.
5) En s'affermissant dans la foi en la nécessité du retour personnel du Sei-
gneur pour l'établissement de son règne de mille ans, et en se préparant digne-
ment à ce temps, par le désir que rien n'égale de le voir bientôt se réaliser.
6) Maisons qui, d'après Matthieu VII, 24 et 25, sont bâties sur le roc, le Sei-
gneur, qui est aussi la pierre de l'angle.
V
Il me faut donc, pour l'amour de ces derniers, parler une
langue plus compréhensible à tous.
Près de 6000 longues, longues années se sont écoulées,
pendant lesquelles l'humanité, depuis la chute du premier
homme, s'est trouvée au pouvoir du diable, où la plupart sont
devenus ses instruments serviles, et se sont aliénés ainsi les
bénédictions qui, dans le cas contraire, leur auraient été ré-
servées dans l'éternité. Un bien petit nombre seulement
(Matthieu XX, 16.) se sont appliqués dans tous les temps à
se bien convaincre du but de leur existence et à s'y con-
former par leurs paroles et leurs actions. C'est ainsi que se
sont distingués les enfants des ténèbres des enfants de la lu-
mière. Mais l'appréciation de cette différence a été peu à
peu reléguée au dernier plan par la soi-disant civilisation,
les arts et les sciences, joints à un désir, poussé à un point
inconnu jusqu'à ce jour, d'entière indépendance ou, pour
mieux dire, d'anarchie, afin de pouvoir courir sans entraves
après les plaisirs de la chair, les richesses et les honneurs,
etc. ; tellement que ceux qui font exception ne recueillent que
moquerie et dédain, à cause de leur prétendue imbécillité,
surtout lorsque, pour le salut de leur prochain, ils veulent
faire luire leur lampe dans les ténèbres. Mais tout cela ne
fera jamais que la vérité soit un mensonge et vice-versâ.
Or, je le demande, où est maintenant, sur toute la surface
du globe, la nation qui, comme cela avait lieu de temps à
autres précédemment, jouisse d'une tranquillité et d'un conten-
tement complets? Et en est-il autrement dans la vie de fa-
mille en général? „Nulle part", „non" telle est la ré-
ponse qui se trouve dans toutes les bouches, ainsi que le
prouvent des écrits sans nombre. Dans un pareil état de
choses il n'est donc sans doute pas superflu de demander : Com-
bien de temps cet état doit-il encore durer et où doit-il con-
duire à la fin? Il n'y a que la religion chrétienne seule qui
soit en état d'y donner une réponse complète de entière-
ment infaillible, par le moyen des maximes sur lesquelles elle
se fonde — la Bible — cette parole révélée par Dieu, et
confirmée, depuis près de 4000 ans, comme telle, c'est-à-
VI
(lire, comme véritable, par l'histoire universelle. Cette ré-
ponse la voici: D'après tous les signes des temps, l'époque
est arrivée, où auront lieu le dénouement et la purification
de tout ce qui a existé jusqu'à ce jour, concernant ce globe
avec toutes ses créatures et principalement les hommes. Mais
de même qu'aucun linge ne peut être blanchi sans lessive et
sans savon, et qu'aucune viande ne peut être rendue man-
geable sans feu, de même aussi le Seigneur devra employer
et emploiera, pour mettre à exécution ses desseins relative-
ment à celte terre et à ses habitants, des moyens extraordi-
naires de purification. Ils consisteront dans l'emploi des élé-
ments, et tout particulièrement des instruments humains, à la
tête desquels se trouvera un haut personnage, qui est désigné
dans les Saintes-Ecritures, dans la Bible, par le nom d'An-
téchrist, avec son parti. Or, comme son instrument prin-
cipal vit déjà, et qu'il a commencé à agir, un amour sincère
pour mon prochain, surtout pour les hommes qui n'ont pas
connaissance de toutes ces choses, ou n'en ont qu'une con-
naissance incomplète, me pousse à leur donner dans ces feuil-
les les explications nécessaires. La preuve que j'établis à
l'avance et à laquelle chacun peut reconnaître la vérité de
mes déclarations, est la suivante. C'est que je me soumets
sans réserve à la risée publique, si Napoléon III ne con-
clut pas, dans l'espace de trois ans, à dater de ce jour, une
alliance avec les Juifs, et ne les met pas en état de rentrer,
sous sa protection, dans la terre que Dieu leur promet de-
puis des milliers d'années, la Palestine, avec sa capitale Jé-
rusalem*). — Si cela doit arriver, ce dont je suis aussi
moralement persuadé que de mon existence actuelle, je con-
jure ici tout homme, par tout ce qu'il a ou a eu de plus
sacré, tout particulièrement en vue de sa propre délivrance
*) Peu importe de quelle manière et à quelle occasion cela aura lieu. Proba-
blement, Napoléon III réalisera pourtant enfin à Paris le congrès souvent proposé,
y mettra en première ligne à exécution, outre l'entière transformation de la carte
politique de l'Europe, la délivrance de la Palestine avec Jérusalem du joug turc,
en suivant son ancien principe des nationalités, et, par cela môme, le rétablisse
ment en question de la nation juive dans ce pays, sous sa protection, comme Na-
poléon I en avait déjà l'intention. Et il fera tout cela, et tout cela doit arriver et
arrivera, parce que cela a été prédit dans le livre de Dieu.
VII
de la condamnation et de l'éternité, de ne pas laisser ina-
perçus mes conseils et mes avis bien intentionnés, mais de
les prendre en considération avec tout le sérieux possible,
de changer entièrement de genre de vie afin d'arriver par ce
moyen à la régénération (Saint-Jean III, 3 à 8.) et de se
préparer par la repentance et par la pénitence à des temps
qui seront si terribles qu'il n'y en a pas eu de pareils de-
puis que les hommes existent sur la terre (Daniel, XII, I.,
Matthieu XXIV, 21.).
J'offre donc ces feuilles au public, dans l'espérance que
quelques-uns au moins feront usage de leur raison et en ti-
reront, avec la bénédiction du Seigneur et pour leur bien, le
profit que je me suis proposé.
Que chacun agisse maintenant comme il lui semble bon,
et devienne ainsi lui-même l'auteur de son avenir, qui porte
dans son sein la vie ou la mort.
Quant aux moqueurs, je leur réplique seulement:
Rira bien qui rira le dernier!
Florence, dans la nuit du Jeudi au Vendredi saint, du
29 au 30 mars, 1866.
Chas. F. Zimpel,
F. M. D.
OBSERVATION.
On est prié de rétablir le texte avant de le lire, d'après
la liste suivante des errata.
ERRATA
Page ligne au lieu de: lisez:
1 15 Millennium Millénaire
2 25 le firent lui firent
6 41 Philipator Philopator
7 31 des gentils hellénique
8 22 Machabée Maccabée
„ 33 le fit lui fit
13 31 Angletterre Angleterre
28 24 des signes les signes
29 15 font fassent
35 43 & 44 Leur récompense leur est Sa récompense lui est
37 3 a être à être
„ 23 en égard eu égard
41 29 viellards vieillards
42 6 Isaïe Esaïe
47 13 id. id.
58 24 deux myriades deux myriades de myriades
67 23 Isaïe Esaïe
68 28 ascencion ascension
70 42 devrait devait
108 14 Retirezvous Retirez-vous
DANIEL.
CHAPITRE XI.
Uaniel, de la tribu de Juda, rejeton de la famille royale de
David, fut emmené, encore enfant, en captivité à Babylone avec
le peuple Juif, et y fut élevé comme page à la cour du grand
roi Nabucodonozor. Ayant atteint l'âge mûr, il occupa, même
sous les successeurs de ce prince jusqu'à Darius I,*) la plus haute
place de l'Etat, savoir celle de premier ministre. Malgré cette
vie séduisante et luxurieuse au milieu d'une cour païenne, malgré
toutes les intrigues de ses rivaux et les persécutions de ses enne-
mis, lesquelles le conduisirent jusqu'à la fosse aux lions, il resta
cependant, en vrai Jsraëlite, fidèle à son Dieu — au Dieu d'Js-
raël — dès son enfance et jusque dans son âge très-avancé, à tel
point que l'histoire nous donne peu d'exemples d'une pareille fi-
délité. En récompense ou dans une autre et sage intention, Dieu
le choisit, lui seul, pour manifester les destinées de toutes les
nations, jusqu'à la fin du temps — du Millennium — oh, suivant ses
décrets, il délivrerait tout le genre humain de la puissance des ténè-
bres, du diable, et établirait son empire à la place de celui de ce dernier;
ce qui, d'après les vrais commentateurs se basant sur la Bible, devait
avoir son accomplissement environ 6000 ans après la création des
premiers hommes, Adam et Eve. Mais ces événements historiques
ne comprenaient, comme tout ce qui est divin, que ce qui. a une in-
fluence immédiate sur l'établissement de ce royaume de Dieu, tan-
dis qu'il n'est pas fait mention, ou seulement très superficiellement,
de tout ce qui n'y a pas trait. C'est ainsi que Daniel devint l'un
des prophètes de l'ancienne alliance.
Tandis que tout le livre de Daniel, qui comprend 12 chapitres,
bien que présenté souvent comme apocryphe par des hommes
dénués de sens, est pour tout homme de la plus haute importance
comme manifestation divine, et que, comme toute la Bible, il doit
être étudié et pris à coeur avec humilité, avec un esprit simple,
*) Proprement Dareios I, fils d'Hystaspe, nommé aussi Guschap.
1
2 DANIEL XI, 1.
filial et adonné à Dieu, pour le propre salut de chacun, c'est sur-
tout le onzième chapitre qui, selon les sages desseins de Dieu,
devait rester occulte jusqu'à la fin des temps de ténèbres en
question, et ne devait être compris qu'immédiatement avant son
accomplissement par ceux auxquels Dieu lui-même en donnerait
la véritable intelligence (Dan. XII. 4). Néanmoins de tout temps
des commentateurs ont essayé de décacheter ce livre scellé, mais,
suivant ce qui avait été dit, leurs efforts devaient rester vains,
puisque personne n'en pouvait soulever le voile. C'est pourquoi
il en résulta l'opinion erronée que tout ce chapitre ne traitait que
d'Antiochus IV, Epiphane, qui régna sur la Syrie de l'an 175. à l'an
164. avant Jésus-Christ. Ils étaient tellement épris de leur pré-
tendue sagesse humaine qu'ils laissèrent inaperçu le fait tout
simple suivant, qui appartient à l'histoire universelle. Dans Da-
niel XI. 45, il est dit: „Et il dressera les tentes de sa
maison royale entre les mers, vers la montagne glo-
rieuse et sainte, il viendra jusqu'à sa fin et il n'y
aura personne pour le secourir." Mais voici quelle fut
la fin d'Antiochus IV, Epiphane. Il fit une expédition pour s'em-
parer des énormes richesses qui se trouvaient dans le grand em-
porium commercial de Persépolis. Non seulement cette entreprise
échoua entièrement, mais il reçut en même temps la nouvelle
de la défaite qu'avait essuyée son général en Palestine, où il l'a-
vait envoyé dans la même intention contre Jérusalem.
Ces deux revers réunis le firent proférer les plus horribles
blasphèmes, dont Dieu le punit immédiatement en lui envoyant
une maladie telle que, de son vivant, il fut rongé des vers pen-
dant son retour à Babylone; et la puanteur que son corps répan-
dait était telle que toute son armée en était incommodée. Il est
donc évident que cette mort n'a aucune ressemblance avec celle
prévue dans le texte.
Des commentateurs plus éclairés ont reconnu cette erreur et
ont cru que, comme dans la partie précédente du chapitre, il
est question de l'antéchrist de l'Ancien-Testament, l'ombre du
véritable antéchrist, et que la fin traite d'une époque non encore
écoulée, il devait y avoir nécessairement quelque part une omis-
sion ou une lacune, comme il s'en trouve plusieurs fois dans la
partie prophétique de la Bible, et que cette lacune ou omission,
que le prophète franchissait en idée, devait embrasser plusieurs
milliers d'années. Or comme jusqu'au 35e verset, on pouvait trou-
ver de la ressemblance entre la prophétie et les événements qui se
sont passés du temps de cet Antiochus, tels que l'érection de sa
propre statue dans le temple, pour être l'objet de l'adoration gé-
nérale, ainsi donc une profanation du temple, ils plaçaient cette
lacune entre les versets 36. et 37. ou à peu près. Mais cette
DANIEL XI, 2 — 4. 3
argumentation ne pouvait être rendue plausible qu'autant et
aussi longtemps que chacun torturait le texte d'après son opinion
individuelle, jusqu'à ce qu'il parût se trouver d'accord avec
l'histoire universelle. Il est évident que, dans de telles circons-
tances, il devait y avoir de grandes divergences dans l'interpré-
tation. D'après les interprétations les plus récentes, qui, comme
celle de M. Baxter en Amérique, se rapprochent beaucoup plus
de la vérité, cet intervalle se trouverait entre le 20e et le 21e
verset. C'est ainsi qu'autant qu'il est venu à ma connaissance
par la littérature, personne jusqu'ici n'a trouvé la clef de cette
divine énigme. Si c'est moi qui l'ai trouvée, ensuite de la grâce
qui, je l'espère, m'a été accordée par notre Seigneur Jésus-
Christ, c'est aux docteurs profonds et exempts de préjugés et
surtout à l'avenir à en décider. Je ne réclame rien pour moi,
rien du tout! Que l'honneur en soit seul au Seigneur qui l'a
donné!— Moi, je prétends que cette lacune ou omission se trouve
entre le verset 14e et le 15e, et voici comment je le prouve :
Après s'être, pendant trois semaines de jeunes, approché de
son Dieu de la manière la plus digne par des prières, et avoir
imploré, en Son honneur, le rétablissement du service divin dans
le temple de Jérusalem, et par conséquent la délivrance de son
peuple de la captivité, Daniel fut exaucé par Dieu, en ce qu'il
lui donna, par l'entremise de son archange Gabriel, des avis com-
plets sur la transformation future de l'un et de l'autre, à partir
de là, c'est-à-dire dès le règne du roi des Perses Cyrus, jusqu'à
la fin de toutes les tribulations, disant,
Versets 2 à 4: „Et maintenant aussi je te déclare-
rai la vérité. Voici il y aura encore trois rois en
Perse (ainsi donc après celui sous le règne duquel l'ange fit
cette prophétie à Daniel), puis le quatrième possédera de
grandes richesses par dessus tous les autres; et s'é-
tant fortifié par ses richesses, il soulèvera tout le
monde contre le royaume de Javan." Puisque d'après Da-
niel, ch. X, I, il reçut cette communication sous Cyrus, les rois men-
tionnés dans le texte sont les suivants: 1° Cambyse; 2° Smerdès
le Mage; 3° Darius I, fils d'Hystaspe, et 4° Xerxès qui entreprit,
480 ans avant Jésus-Christ, la première expédition contre la
Grèce, d'où il rentra en Perse en l'an 466 ; après quoi le royaume
des Perses subsista sous ses successeurs jusqu'au dernier des Da-
rius, qui fut précipité du trône par Alexandre-le-Grand, ainsi que le
dit le texte suivant de l'Ecriture: „Mais un roi puissant
se lèvera, et il dominera avec une grande puissance,
et fera tout ce qu'il voudra. Et aussitôt qu'il sera
affermi, son règne sera détruit et partagé vers les
quatre vents des cieux, et il ne passera point à sa
1*
4 DANIEL XI, 5 — 6.
postérité et ne conservera pas la même puissance
avec laquelle il aura dominé; car son royaume sera
extirpé, et même il sera donné à d'autres outre ceux-
là." Ce grand roi, dont il est question ici dans le texte, est,
comme nous l'avons déjà dit, Alexandre-le-Grand, dont l'empire
fut, après sa mort, partagé entre quatre de ses généraux: 1°
l'Asie-Mineure échut à Lysimaque; 2° la Macédoine à Philippe
II, 3° Babylone avec la Syrie à Séleucus I, Nicator, de la dy-
nastie duquel sortit plus tard Antiochus IV, Epiphane, et enfin
4° l'Egypte à Cléomène, qui cependant fut bientôt supplanté par
Ptolémée I, Soter. Un descendant de ce dernier, Ptolémée VI,
Philométer, fut le contemporain d'Antiochus IV, Epiphane, roi de
Syrie.
Après avoir expliqué dans mon ouvrage principal les nom-
breuses difficultés chronologiques qui se présentent, je passe sans
autres au
Verset 5, où il est dit: „Et le roi du Midi se fortifiera;
(Luther dit: Et le roi du Midi, qui est l'un de ses princes —
c'est-à-dire un des princes qui possédèrent une partie de l'empire
gouverné par Alexandre-le-Grand — deviendra puissant;)
et un autre d'entre ses principaux gouverneurs (un des
généraux d'Alexandre), se fortifiera par-dessus lui (par-des-
sus le premier nommé); et il dominera, et sa domination
sera une grande domination!" Ainsi que nous l'avons déjà
dit, Ptolémée I, Soter, se rendit, en l'an 321 avant J.-Chr., souve-
rain indépendant de l'Egypte et la gouverna jusqu'en 285 avant
J.-Chr. C'est donc là le puissant prince du Midi. En re-
vanche, le reste du texte se rapporte à Séleucus I, Nicator, qui
régna sur le plus grand des quatre royaumes nommés ci-dessus,
savoir sur la Syrie.
Verset 6. „Et au bout de quelques années ils s'allie-
ront, et la fille du roi du Midi épousera le roi de l'Aqui-
lon, pour rétablir les choses; mais elle ne conservera
pas la force du bras, et ni elle ni son bras ne subsiste-
ront point (Luther dit: „Mais elle ne restera pas à la force du
bras, sa semence n'y restera pas non plus"); mais elle sera li-
vrée, et ceux qui l'auront amenée et celui qui sera né
d'elle et qui la soutenait en ces temps-là." (Luther: „et
avec l'enfant et avec celui qui l'avait rendue quelque temps puis-
sante"). Le texte ne parle que de dynasties et seulement des prin-
ces l'égnant à une certaine époque en Syrie, comme pays situé
au nord, et en Egypte, comme pays situé au sud de la Palestine.
Aussi est-il dit: „et au bout de quelques années, etc. C'est-
à-dire les princes de ces dynasties ou les rois de ces pays, mais
nullement les personnes mentionnées au verset 5, qui ne se firent
DANIEL XI, 7 — 9. 5
jamais la guerre. En revanche, entre leurs premiers successeurs,
Antiochus I, Soter, roi de Syrie, et Ptolémée II, Philadelphe roi
d'Egypte, éclata une guerre dans laquelle ce dernier vainquit, en
l'an 256 avant J.-Chr., un successeur du premier, savoir Antio-
chus II, Théos. Celui-ci demande la paix, et pour la consolider,
il se sépare, en 249 av. J.-Chr., de son épouse Laodicée, et épouse
Bérénice, fille du roi d'Egypte, qui, commme il est dit, fut donc
conduite par son père au roi de l'Aquilon pour consolider la paix.
Mais plus tard, en 247 av. J.-Chr., le beau-père d'Antiochus étant
mort, et son successeur Ptolémée III, Evergète, étant monté sur
le trône, Antiochus répudie son épouse Bérénice et reprend sa
première femme Laodicée, qui empoisonne son mari, pour le pu-
nir de son infidélité, et met sur le trône de Syrie son fils, sous
le nom de Séleucus II, Callinique. De cette manière le texte se
trouve entièrement accompli; car Bérénice perd son soutien, son
époux et son père, et conséquemment aussi la puissance pour l'enfant
qui pourra naître d'elle, du moins pour le moment.
Versets 7 et 8. „Mais un rejeton du royaume du midi
(à savoir de Bérénice, médiatrice de la paix) s'élèvera de ses
racines pour la soutenir, il viendra avec une armée et
il entrera dans les forteresses du roi de l'Aquilon, et
y fera de grands exploits et se fortifiera. Et même il
emmènera en captivité en Egypte leurs dieux, avec les
vases de leurs aspersions, et avec leurs vases précieux
d'argent et d'or, et il subsistera quelques années de
plus que le roi de l'Aquilon". Ces deux versets sont litté-
ralement accomplis par l'histoire. Car bientôt après l'avénement
au trône de Séleucus II, Calliniqne, roi de Syrie, qui eut lieu en
246 av. J.-Chr., s'engagea une guerre entre lui et le roi d'Egypte
Ptolémée III, Evergète, qui régnait alors et qui était un descen-
dant de la famille à laquelle Bérénice appartenait. Ptolémée pé-
nètre en Syrie, et emmène avec lui en Egypte 2500 dieux, des sta-
tues et des images fondues, ainsi qu'un trésor considérable de
vases précieux, d'or et d'argent, sans que Séleucus puisse se ven-
ger de lui.
Verset 9. „ Lequel (c'est-à-dire le dernier nommé dans le
verset précédent, le roi de Syrie) marchera contre le roy-
aume du roi du Midi, mais il s'en retournera en son
pays". D'après cela, Séleucus doit avoir projeté plus tard contre
l'Egypte une autre expédition qui resta sans succès, c'est du
moins ce qui paraît résulter de l'armistice qui eut lieu entre eux,
tandis que la paix ne fut conclue qu'en 243 av. J.-Chr., après
quoi Ptolémée retire ses troupes en Egypte. Le texte de Luther
qui dit: „Et lorsqu'il (le roi du Midi) sera entré dans ce
royaume (celui du Nord), il retournera dans son pays",
6 DANIEL XI, 10-13.
rend le tout encore plus clair, attendu qu'alors l'accomplissement
s'en trouve compris dans l'explication des versets 7 et 8.
Verset 10. „Mais les fils de celui-là entreront en
guerre, ayant assemblé une multitude de grandes
armées, et l'un d'eux viendra avec vitesse et se ré-
pandra, et passera, et reviendra, et s'avancera en
bataille jusqu'à la forteresse du roi du midi". A Sé-
leucus II., Callinicus, succède, en l'an 229 avant J.-Chr. Séleu-
cus III., Céraunus, qui est aussi assassiné bientôt après, puis en
223 Antiochus III., le Grand, monte sur le trône de Syrie. A
Ptolémée III., Evergète, mort en 222, succède Ptolémée IV.,
Philopator, contemporain d'Antiochus III., et l'un des fils ou suc-
cesseurs de la famille de la Bérénice du Midi. Celui-ci entre-
prend, en 219, avant J.-Chr. une guerre contre Antiochus III.,
le Grand, au sujet de la province de Coelo-Syrie, sur laquelle il
fait valoir des prétentions; mais il est battu par ce dernier et
forcé de rentrer dans son pays.
Verset 11. „Et le roi du Midi sera irrité, et il sor-
tira et combattra contre lui, savoir contre le roi de
l'Aquilon, et il assemblera une grande multitude de
gens, et la multitude du peuple du roi de l'Aquilon
sera livrée dans la main du roi du Midi! Ptolémée IV.
d'Egypte, irrité de la défaite qu'il a essuyée, recommence la
guerre contre Antiochus III., qu'il finit par vaincre.
Verset 12. „Et ayant défait cette multitude, son
coeur s'élèvera, et il en abattra par milliers; mais il
n'en sera pas fortifié". Ceci s'accomplit par son irruption
dans Jérusalem, 216 av. J.-Chr.; il fut toutefois empêché par le
grand-prêtre Simon II. de mettre à exécution le pillage qu'il
s'était proposé ; mais, étant retourné en Egypte, il s'en venge sur
les Juifs qui y habitaient et dont il fait périr 60,000.
Verset 13. „Car le roi de l'Aquilon reviendra, et
assemblera une plus grande multitude que la pre-
mière, et au bout de quelque temps et de quelques
années, il viendra avec une grande armée et un grand
appareil". Cela ne peut pas avoir eu lieu immédiatement après
l'expédition malheureuse contre Jérusalem, car il est dit en termes
exprès: „et au bout de quelque temps et de quelques
années". L'histoire accomplit littéralement cette prophétie. An-
tiochus III., le Grand, a pour successeur après sa mort, en 187.
avant J.-Chr., Séleucus IV., Philipator. Celui-ci meurt en 175 avant
J.-Chr. Un neveu d'Antiochus III. lui succède sous le nom
d'Antiochus IV., Epiphane, surnom qui signifie „le Célèbre, le Noble
ou le Parfait". D'après le livre des Maccabées, son avénement
a lieu en l'an 137 de l'empire gréco-macédonien, soit 24 ans plus
DANIEL XI, 13. 14. 7
tôt, comme le prouve la meilleure chronologie, ou en 175 avant
J.-Chr. En 205 avant J.-Chr., Ptolémée IV., Philopator, fut rem-
placé par Ptolémée V., Epiphane, encore enfant, et ce dernier
en 184 par Ptolémée VI., Philométer, roi d'Egypte et par con-
séquent du Midi, qui était également encore enfant, sous la sou-
veraineté de sa mère Cléopâtre, fille d'Antiochus III, le Grand, de
Syrie. En l'an 171, Antiochus IV., Epiphane, roi du Nord, fait
la guerre à Ptolémée VI., Philométer, roi d'Egypte, et conduit
contre lui de grandes forces; il le vainc, lui et sa mère Cléopâtre
et le fait prisonnier. L'année suivante, toutefois, il lui rend sa
liberté, mais asservit l'Egypte.
Verset 14. „En ce temps-là plusieurs s'élèveront
contre le roi du Midi et les enfants des prévarica-
teurs de ton peuple s'élèveront, afin d'accomplir la
vision (la prophétie), mais ils tomberont." Outre le thème
dont il a été question jusqu'ici, savoir les guerres entre les rois
du nord et ceux du midi, le texte fait ici tout particulièrement
mention, comme point principal, de la désertion des apostats en
Israël. C'est un point qui mérite d'être pris en grande considé-
ration. Car, arrivés à ce point, tous les commentateurs des
Ecritures ont fait fausse route, en laissant inaperçue cette prédic-
tion de l'ange. Pour bien comprendre cette apostasie, il est né-
cessaire de dépeindre en détail le caractère et les actes du roi
du Nord, Antiochus IV, Epiphane, qui joue le rôle principal dans
ce drame. Cela est d'autant plus intéressant que cela nous donne
la mesure pour bien comprendre les actes de l'antéchrist du
Nouveau-Testament, du vrai antéchrist, qui ont trait à la géné-
ration actuelle. L'histoire universelle et en particulier les Livres
des Maccabées nous apprennent que, sous le règne d'Antiochus
IV, Epiphane, qui régnait aussi sur la Palestine, il existait chez
les Juifs un parti des gentils, qui reniait Dieu et la foi de
ses pères et qui travaillait en faveur des païens. C'est à ce
parti qu'appartenait Jason, qui, en 175 av. J.-Chr., acheta de
ce roi non-seulement la dignité de grand-prêtre, mais encore
le droit d'établir à Jérusalem un gymnase païen, ainsi qu'un
éphébéum, etc. En 172 av. J.-Chr., son frère cadet, Ménélas Ja-
son, achète la dignité de grand-prêtre, chasse son frère et renie
la foi judaïque. Après ces événements ou avant-coureurs, la po-
pulation de Jérusalem vit au ciel, suivant le livre II des Macca-
bées III, 25 à 34 et V, 2, des apparitions grandioses, grosses
de présages menaçants, telles que le peuple juif en remarqua,
d'après l'écrivain Josèphe, immédiatement avant la dernière des-
truction du temple, en l'an 70 après J.-Chr. En 169 av. J.-Chr.,
le grand-prêtre Jason qui avait été chassé, profite de l'absence
du roi, pendant son expédition en Egypte (ce qui conjointement
8 DANIEL XI, 14.
avec ce qui suit accomplit la première partie du texte), pour
attaquer Jérusalem. Le roi victorieux profite plus tard, à son
retour d'Egypte, de ce soulèvement pour s'emparer de Jérusalem,
en 143 de l'empire gréco-macédonien ; à cette occasion il pille le
temple, y fait sacrifier des porcs, sacrifice auquel préside le grand-
prêtre Ménélas, fait périr 40,000 Juifs et en emmène un nombre
égal en esclavage. Les persécutions du roi contre les Juifs at-
teignent leur comble l'année suivante, 168 av. J.-Chr., car il
cherche, au moyen de tourments inouïs et de toute sorte de vio-
lences, à forcer les Juifs à renier la loi, et à adopter le culte
païen. Il défend en outre la fête du sabbat et celle de la cir-
concision, supprime dans un jour de sabbat le sacri-
fice quotidien et érige en revanche des statues de Jupiter
Olympien, non seulement dans le temple, mais encore en tous
lieux, pour être l'objet de l'adoration générale, se cro-
yant personnifié dans ces statues, et afin d'introduire ainsi l'ado-
ration de sa propre personne. C'est dans ces circonstances qu'eut
lieu une apostasie générale des Juifs; ainsi par exemple toute
la Samarie renia la foi judaïque. Mais les croyants se révoltè-
rent sous la conduite des Maccabées; ce qui amena les guerres
des Maccabées contre le roi. Deux ans après, le même jour où
le temple avait été profané par le roi, Judas Machabée le puri-
fie après ses victoires, et rétablit les sacrifices quotidiens; ceci eut
lieu le 25 chislev et a donné occasion à la fête de l'Hanuca des
Juifs ou fête de la Consécration. Après des victoires réitérées,
Lysias, général du roi, le confirme comme gouverneur, mais il
institue en revanche, contre la volonté du peuple, l'apostat Alci-
mus dans la dignité de grand-prêtre. Pendant les dernières expé-
ditions contre les Maccabées, Antiochus IV, Epiphane, répète
lui-même celle que son oncle Antiochus III le Grand avait en-
treprise contre Persépolis; mais il est forcé de prendre la fuite.
Ce revers, joint à la nouvelle des défaites essuyées en Palestine,
le fit pousser les plus horribles blasphèmes contre Dieu, le temple
et la nation juive. Dieu l'en punit immédiatement: il fut rongé
vivant par les vers, ainsi que nous l'avons déjà dit au commen-
cement de cet écrit; ceci eut lieu en l'an 164 av. J.-Chr. Alci-
mus continue à se conduire comme auparavant jusqu'en 156 av. J.-
Chr., où il disparaît de l'histoire. Quant aux Maccabées, ils tin-
rent ensuite glorieusement les rènes du gouvernement jusqu'en
l'an 64 av. J.-Chr., où leurs derniers rejetons, Hircanus et Aris-
tobule II, ne pouvant s'accorder, appelèrent, comme arbitre le
général romain Pompée, qui était alors gouverneur romain en
Syrie, et lui donnèrent ainsi occasion de soumettre la Palestine et
Jérusalem, en l'an 63 av. J.-Chr., à la domination romaine,
qui fut entièrement établie les années suivantes.
DANIEL XI. 14. 15. 9
Quel est le commentateur ou le lecteur exempt de préjugés
qui puisse contester l'harmonie littérale qui existe entre le texte
et l'histoire universelle, ainsi que la preuve que j'en tire ?
On peut en outre en déduire la preuve indubitable que ce
14e. verset se termine avec la fin du troisième empire du
monde, l'empire gréco-macédonien, ce qui réfute, tous les autres
commentaires. Or, comme le verset suivant, c'est-à-dire le 15e,
parle de nouveau immédiatement d'un roi du Nord, dont il ne
peut plus du tout être alors question dans l'histoire, puisque
les gouverneurs romains en ont pris la place, ainsi que celle
du roi du Midi, d'Egypte, et que d'ailleurs, lors même qu'on
voudrait regarder le texte comme rétrospectif et concéder même
une interprétation arbitraire, ce qui n'a pour soi aucune raison
d'être, l'harmonie qui existait entre le texte et l'histoire ne peut
plus être rétablie d'une manière incontestable, l'importante ques-
tion qui se présente est de savoir quel est ce roi du Nord et ce
roi du Midi, et à quelle époque ils régnèrent. C'est cette question
à laquelle je vais chercher à répondre de manière à faire dis-
paraître tout doute, en établissant une harmonie parfaite entre le
texte et l'histoire.
Avant toutes choses nous devons prendre en considération
qu'un des traits caractéristiques de la prophétie consiste en ce
que, pour parler avec Auberlin, elle s'attache plus particulière-
ment aux événements dans lesquels se manifeste le point prin-
cipal des choses et où son essence reçoit son entier développe-
ment son entière exposition. C'est aussi pourquoi, clans les faits
et les actes dont elle s'occupe, elle fait ressortir tout particuliè-
rement la fin par laquelle un développement préparé dès long-
temps se termine, et où il s'achève et s'explique d'une manière
complète d'après sa véritable nature. (Cette grande vérité ne
trouve peut-être nulle part mieux que dans le cas présent son
entière application). Car ce n'est que sous la forme terrible de
la dernière bête, telle qu'elle est décrite dans Daniel VII., que
la puissance temporelle montrera toute sa nature impie. C'est
donc dans le dernier dominateur du monde que se concentre
l'essence de la quatrième bête, comme aussi se concentre, du reste,
dans cette dernière l'essence des empires de la terre. C'est donc
maintenant que se dévoile à la fin le caractère proprement dit
de la puissance temporelle, le mystère d'iniquité, que Saint Paul,
dans la deuxième épître aux Thessaloniens II. 3. à 10., nomme
l'homme de péché, le fils de perdition. L'idée de l'antéchrist se
présente ici pour la première fois clairement dans tout le déve-
loppement de la révélation, parce qu'ici pour la première fois le
développement général du monde profane et impie s'y trouve
clairement dévoilé jusqu'à la fin. Il ne doit donc nullement
10 DANIEL XI, 14. 15.
paraître étrange que, dans les révélations faites à Daniel sur
l'avenir, la description n'embrasse que les empires et les choses
qui sont dans un rapport quelconque avec le règne de Dieu.
C'est ainsi que s'exprime Auberlin. — Or, nous le répétons,
comme le verset 14. se termine avec le troisième empire du
monde, l'empire gréco-macédonien, le verset 15. doit se rapporter
au suivant, au quatrième, à l'empire romain, c'est-à-dire, d'après
le principe développé ci-dessus, à la fin de cet empire. Ceci est
d'autant plus vrai que le Seigneur lui-même dit dans Matthieu
XXIV., 21.: Car il y aura une grande affliction; telle
que depuis le commencement du monde jusqu'à pré-
sent il n'y en a point eu et il n'y en aura jamais de
semblable. C'est aussi sur ce point que les pères de l'Eglise
fondent leurs déclarations relativement aux derniers temps de la
chrétienté, tandis qu'aujourd'hui on a, pour sa propre satisfaction,
spiritualisé cette sentence du Seigneur. Oh ! quelle calamité !
D'après cela, les premières persécutions des chrétiens sous les
empereurs romains disparaissent devant celles qui menacent les
chrétiens contemporains de l'antéchrist. Dans les versets que
nous avons sous les yeux, il n'est donc question que de rois, ou,
puisque l'empire romain est gouverné par des empereurs, que
d'empereurs romains, et, si nous nous basons sur ce que nous
venons de dire, que de ceux de la dernière époque. Mais, pour
anticiper un peu sur mon argumentation, ces deux rois du Nord
et du Midi ne peuvent être autres, le premier, que l'empereur
d'Autriche, car jusqu'en 1809. il a été de fait et il est maintenant
de nouveau celui qui, par son titre „d'empereur apostolique-
romain", s'en imprime lui-même le sceau; et le second, que Napo-
léon I., qui força celui-là à déposer ce titre et qui de fait repré-
sentait mieux que l'empereur d'Autriche la véritable domination
sur l'empire romain. Pour rendre ceci compréhensible et le
prouver, nous avons, outre le jugement d'Auberlin, à expliquer
tout d'abord, d'après le texte, les expressions de Word et de
Midi. Cela résulte de la circonstance que Paris et Vienne sont
entre elles dans la même situation géographique que Babylone et
Jérusalem et que, dans la Bible, il est toujours dit: „Venant du
septentrion", c'est-à-dire de Babylone, et jamais de l'orient, quoi-
que, suivant notre point de vue habituel, cette dernière déno-
mination soit seule exacte, puisque Babylone n'est pas même au
nord-est, mais tout à fait à l'est de Jérusalem, la différence de
latitude n'étant que de 0°45'47". Les termes de Nord et de
Midi employés dans le texte à l'égard de Paris et de Vienne
sont donc entièrement justifiés. En outre, il est dit dans Daniel
XII., 1.: „Or en ce temps là (à la mort du roi mentionné
dans Daniel XI., 45.), Micaël, ce grand roi qui tient
DANIEL XI, 14. 15. 11
ferme pour les enfants de ton peuple (le peuple de Da-
niel, Israël, tel qu'il subsistera dans les derniers temps) s'élè-
vera, et ce sera un temps de détresse, tel qu'il n'y en
a point eu depuis qu'il y a eu des nations jusqu'à ce
temps-là et en ce temps-là ton peuple échappera,
savoir, quiconque sera trouvé écrit dans le livre de
vie, et beaucoup (ainsi finit le verset 2.) de ceux qui dor-
ment dans la poussière de la terre se réveilleront,
les uns pour la vie éternelle, et les autres pour des
opprobres et une infamie éternelle ". Ceci fait suite immé-
diate à Daniel XI., 45., et place d'une manière incontestable le
verset 45. dans les derniers temps, ainsi que l'ont admis
jusqu'ici tous les commentateurs éclairés. Si nous lisons en outre
à rebours tout le chapitre XI., de la fin, c'est-à-dire du verset
45, nous trouvons que le texte du verset 45 au verset 21 inclu-
sivement parle toujours d'une seule et même personne. Car il
est dit sans cesse: „et il, et il, et il". Mais il est aussi dit de
cette personne au verset 21 qu'elle a remplacé celle décrite au
verset 20, ce qui auparavant n'a jamais lieu dans le texte. De
même il désigne la personne citée au verset 20 comme ayant
remplacé le roi dont il est fait mention dans les versets 15 à 19.
Il faut ici bien faire attention que le titre de roi n'est attribué
qu'à cette dernière personne mentionnée aux versets 15 à 19,
tandis que des deux autres qui lui succèdent, il est dit tout sim-
plement: „Un autre" avec l'épithète bien significative „ qui
jouira des honneurs royaux", ou comme s'exprime le
verset 21: „Un autre qui sera méprisé auquel on ne
donnera pas l'honneur royal". Quel est celui à qui pour-
rait échapper la différence faite ici entre un roi despotique,
tel que l'étaient tous ceux des trois premiers empires du monde,
et un roi élu par le peuple, ainsi donc dépendant de ce dernier
(comme l'argile et le fer)? Il en résulte donc un enchaîne-
ment parfait du verset 45 au verset 21, ou vice-versâ. Or,
nous le répétons, si l'extrémité de cette chaîne, verset 45, traite
de la fin des choses, celui dont il est question au verset 15
appartient conséquemment aussi aux derniers temps, ou à une
époque qui porte en elle-même le même caractère et qui, se
développant successivement toujours davantage, se trouve en
connexion immédiate avec la fin. Mais, pour nous en référer de
nouveau à Auberlin, ce ne peut être une autre époque que celle
où l'anarchie et la rébellion contre tous les monarques absolus
des nations, institués par Dieu, contre leurs rois, ont commencé
et conduit à une reconnaissance et à une succession plus géné-
rale, et d'après ce que nous venons de dire, cela est tout aussi
clair que le fait que le commencement de cette époque ne peut
12 DANIEL XI, 15. 16.
être que la révolution française. D'après tout cela, il est vrai-
ment incroyable et inexplicable qu'un commentateur éclairé ait
pu trouver une lacune dans le texte du verset 15 au verset 45,
et une connexion entre lui et les versets 1 à 14, sans en torturer
étrangement le sens. Il est évident, ce me semble, que les ver-
sets 1 à 14 traitent du temps qui s'est écoulé depuis Cyrus jus-
qu'à la fin du troisième empire du monde, de l'empire grec, et
les versets 15 à 45, de l'époque où l'iniquité est arrivée à son
comble, du quatrième et dernier empire du monde, de l'empire
romain, et que nous n'avons plus maintenant qu'à examiner si et
jusqu'à quel point, en le comparant avec l'histoire universelle et
éclairé par elle, le texte peut être trouvé ou non en harmonie
avec elle. Ceci est au reste, comme nous l'avons dit dans
l'introduction, la seule et véritable pierre de touche de toutes
mes assertions. Passons donc au texte.
Verset 15 et première partie du Verset 16. „Et le roi de
l'Aquilon viendra: il fera des terrasses (remparts) et
prendra les villes fortes; et les bras du Midi, ni son
peuple d'élite ne pourront subsister, car ils n'auront
point de force pour résister. Et celui (le roi de l'Aquilon)
qui sera venu contre lui (le roi du Midi) fera selon sa vo-
lonté; car il n'y aura personne qui subsiste devant lui". L'his-
toire réfute ce point de la manière la plus incontestable si on le
rapporte à un roi quelconque de la Syrie ; tandis que les cam-
pagnes de Napoléon I, enfant de la révolution, et monarque en-
tièrement absolu, contre la maison impériale d'Autriche, ainsi que
ses conquêtes générales en Europe, qui sont connues à tout homme
cultivé, parlent suffisamment en faveur de l'accomplissement lit-
téral de cette révélation de l'ange.
Verset 16, dernière partie. „Et il s'arrêtera dans le pays
de gloire (le pays chéri) et l'achèvera de sa main." L'expé-
dition de Napoléon I, depuis l'Egypte en 1799, expédition dans
laquelle il conquit une grande partie de la Palestine, accomplit
la première partie du texte. „ L'achèvement de sa main",
je l'explique de la manière suivante: Il est notoire combien Na-
poléon III cherche à marcher de tout point sur les trace de Na-
poléon I et à réaliser ses idées. C'est aussi ce qui l'engagea, un
jour qu'on lui présenta un plan de Paris trouvé, par hssard, dans
les archives et sur lequel Napoléon I avait indiqué de sa propre
main l'agrandissement des Tuileries, l'établissement de nouvelles
rues, de boulevards, etc, à en ordonner la mise à exécution im-
médiate, qui est maintenant dès longtemps terminée. Peut-il
donc paraître étonnant si je crois qu'il se trouve quelque part
dans les archives un document, inconnu jusqu'ici, dans lequel Na-
poléon I a écrit de sa propre main ses idées sur la nécessité, pour
DANIEL XI, 17—19. 13
la France, de posséder la Palestine, qu'il a toujours regardée comme
la clef, de l'Orient, et que, s'il allait être connu de Napoléon III,
comme celui relatif à l'établissement des rues en question, il peut
devenir le moyen d'amener l'entier accomplissement du texte par
Napoléon III? Mon explication de l'apocalypse de St. Jean, ainsi
que la suite du texte, lève tout les doutes à ce sujet, car, d'après
elle, Napoléon III doit prendre et prendra possession de la Palestine.
Verset 17. Puis il dressera sa face pour entrer par
force dans tout le royaume de l'autre, et ses affaires
iront bien; mais il s'accommodera (conclura la paix) avec
lui et il lui donnera sa fille pour femme, afin de ruiner
le royaume; mais cela ne réussira pas et elle ne sera
point à lui." La première partie du texte est entièrement ac-
complie par les guerres de Napoléon I contre l'Autriche de 1806
à 1809 et la paix qui y succéda. Sur le reste du texte, le ma-
riage de la fille du roi du Midi, de l'empereur d'Autriche, Marie
Louise, avec Napoléon I, s'étend un voile que je n'aimerais pas
à soulever devant le public*). Qu'il suffise de faire observer que
la jeune impératrice, que l'empereur traitait avec beaucoup d'estime
et d'amour, devait estimer sa position aux côtés d'un époux, craint
de toute l'Europe, et comme mère, infiniment au-dessus de toutes
les considérations d'une froide politique.
Versets 18 et 19. „Ensuite il tournera sa face vers
les îles, et en prendra plusieurs; mais un capitaine fera
cesser l'opprobre qu'il lui faisait; et sans y avoir du
déshonneur, il le fera retomber sur lui. De là il tour-
nera sa face vers les forteresses de son pays, et il heur-
tera et il tombera et il ne sera plus trouvé." Ce texte
comprend trois parties. La première a trait aux guerres et aux
conquêtes de Napoléon I jusqu'à sa chute. Ceci se confirme aussi
par sa haine contre l'Angletterre, car il est dit seulement en gé-
néral qu'il en prendra plusieurs, non pas celle contre laquelle la
haine exprimée dans le texte est dirigée. La seconde partie ne
peut se rapporter qu'à Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse, que
Napoléon I a plus outragé et traité avec plus d'ignominie qu'au-
cun autre prince de l'Europe et qui justement a été celui qui a
fait naître, de 1812 à 1815, par la soi-disant sainte alliance, les
luttes que l'Europe presque entière a soutenues contre Napoléon I,
*) C'est un fait certain, mais peu connu, que, par l'entremise d'un hôtelier
juif de St. Hélène, et d'un navire qui croisa longtemps, sous pavillon américain
dans les parages de cette île, la fuite de Napoléon I était devenue possible, et
que, pour en prévenir les conséquences, l'Angleterre et l'Autriche — je ne nom-
merai pas de noms -résolurent, d'après les Mémoires de Las Casas, d'empoisonner
l'empereur et l'exécutèrent au moyen d'une tasse de café à l'eau.
14 DANIEL XI, 20. 21.
pour recouvrer son indépendance. Car si la Prusse n'avait pas
pris cette attitude, jamais la Russie n'aurait songé à poursuivre
es Français au-delà de ses frontières. Et l'Autriche ne se serait
également pas déclarée contre Napoléon I, ce qui n'eut lieu qu'a-
près la bataille de Leipzic. L'histoire dans ses détails enlève,
ainsi que je l'ai prouvé dans mon ouvrage, tous les doutes à ce
sujet. La troisième partie est prouvée tout aussi complètement
par l'histoire. Napoléon I, dans sa retraite, s'appuya d'abord sur
ses forteresses, jusqu'à ce que, entièrement abattu par la bataille
de Waterloo, il alla terminer sa vie dans la captivité à Ste. Hé-
lène, sans que personne pût le trouver.
Qui peut, dans cette explication, m'accuser avec quelque jus-
tice d'avoir recours à une interprétation arbitraire ou de torturer
d'une façon quelconque les faits historiques? Tout n'est-il pas
bien plutôt rendu clair et incontestable de la manière la plus
simple ?
Verset 20. „Et un autre sera rétabli en sa place;
qui enverra l'exacteur pour la gloire du royaume;
mais en peu de jours il périra, non point par colère,
ni par bataille." Tandis que les hommes écrivent des in-folio
pour rendre compréhensible l'histoire d'un roi ou d'une dynastie,
un ange seul a pu le faire par ces quelques mots. Car toute
l'histoire du règne de Louis-Philippe s'y trouve exposée d'une
manière si claire, avec sa retraite de la scène, qu'il n'est presque
pas besoin d'autre éclaircissement. D'après le principe posé par
Auberlin, il n'est pas étonnant que le texte passe sous silence le
règne court et insignifiant des Bourbons, de la chute de Napo-
léon I, le plus absolu des monarques, jusqu'à l'avénement du duc
d'Orléans, élu par le peuple, sous le titre de Louis-Philippe, roi
des Français, qui ne parvint que par cela aux honneurs royaux.
Lors de son avénement au trône, Louis-Philippe n'était pas seu-
lement pauvre, il était même endetté, tandis qu'à la fin de son
règne il s'était enrichi lui (comme percepteur des impôts, ainsi
qu'il est nommé dans d'autres traductions) et sa famille de tré-
sors immenses. Sa fuite, qui n'avait été, provoquée ni par la
colère, ni par une conséquence de la guerre, mais qui fut entiè-
rement volontaire, s'adapte au texte de la manière la plus si-
gnificative.
Verset 21. „Après lui un autre, qui sera mé-
prisé, sera établi en sa place, auquel on ne donnera
pas l'honneur royal, mais il viendra en paix et il
s'emparera du royaume par des flatteries." Tandis
qu'au commencement du verset 20, il est dit: „Et un autre
sera rétabli en sa place" (ou comme le porte une autre
traduction, un autre s'élèvera en sa place). Cela exclut consé-
DANIEL XI, 22—24. 15
quemment tout intervalle entre le personnage décrit dans les ver-
sets 15 à 19 et celui dont il est question au verset 20; ou bien
l'on serait presque tenté de prétendre que le texte fait allusion
à un tel intervalle. Car ici, au contraire, il est dit, d'après Lu-
ther: „à la place de celui-ci", ce qui désigne qu'une per-
sonne prendra immédiatement la place de la précédente, dans le-
quel cas un intervalle de quelques jours ou de peu de mois mé-
rite à peine d'être pris en considération. Tout le monde connaît
trop bien, pourrais-je dire, la manière dont Napoléon III, qui
avait été condamné à une prison perpétuelle à Ham, s'est élevé
jusqu'à sa position actuelle d'empereur, pour que je prenne la
peine de dire un mot de plus à ce sujet. Je renvoie à mon ou-
vrage principal celui à qui ces explications ne suffiraient pas.
Versets 22, 23 et 24. Ce texte se divise en deux parties,
savoir: 1° „Et les bras des grandes eaux seront en-
gloutis devant lui, comme par un déluge, et ils seront
détruits." C'est ici que devrait se. terminer le verset 22, car
le reste se trouve en connexion immédiate avec le texte suivant
des versets 23 et 24. Il est ici question de la première grande
opération belliqueuse de Napoléon III, de la guerre de Crimée
en 1854. Dans cette guerre, l'armée russe qui faisait invasion
fut détruite, il est vrai, mais non pas son chef, le czar de Rus-
sie, et cela par opposition au texte suivant dans lequel il est dit:
„Aussi bien que le prince de l'alliance; car après
les accords faits avec lui, il usera de tromperie,
et il montera, et se fortifiera avec peu de gens. Il
entrera dans la province paisible et dans ses lieux
gras; il fera des choses que ses pères, ni les pères de
ses pères n'avaient faites; il leur répandra le pillage,
le butin et les richesses, et il formera des desseins
contre les forteresses et cela jusqu'à un certain
temps." Ce texte ne convient à aucun des princes qui étaient
alors alliés de Napoléon III contre la Russie, qu'au chef ou
prince de la nation anglaise. Il y a lieu de faire observer ici
en particulier que Victoria, en sa qualité de reine, prend aussi
le titre de souverain, de prince et qu'elle est ainsi nommée dans
la liturgie. Je reviens ici sur le point suivant, c'est qu'aux yeux
de Dieu, d'après la Bible, aucun souverain, qui n'est pas monar-
que absolu, mais qui a laissé la force du fer s'allier avec la terre de
potier, n'est regardé comme un roi revêtu de toutes ses attributions.
C'est pourquoi il n'est désigné ici que sous le titre de prince. Appli-
qué au souverain de l'Angleterre, l'accomplissement futur du texte se
laisse maintenant déjà reconnaître, et s'explique par la crainte depuis
longtemps, manifestée ouvertement par l'Angleterre d'une invasion de
Napoléon III, pour laquelle ce dernier a en effet si complètement fait
16 DANIEL XI, 25—28.
tous les préparatifs, que, quand même cela n'aurait pas été an-
noncé à l'avance par la prophétie, il n'y a pas à craindre de non
réussite*).
Avec la fin de la première partie du 22e verset, nous aurions
donc atteint le temps actuel, et avec le texte suivant, nous
passons à l'avenir, qu'aucun homme n'est en état d'indiquer en
détail à l'avance d'une manière précise.
Comme j'ai essayé de le faire dans mon ouvrage principal
et que le texte suivant est identique dans ses événements prin-
cipaux avec la révélation de Saint Jean, la plus grande concision
possible paraîtra d'autant moins déplacée dans cet extrait.
Versets 25 à 28. „Après cela il réveillera sa force
et son courage contre le roi du Midi, avec une grande
armée, et le roi du Midi s'avancera en bataille avec
une grande et très-forte armée, mais il ne subsistera
point, parce qu'on formera des complots contre lui.
26. Et ceux qui mangent les mets de sa table le rui-
neront et son armée sera accablée comme d'un dé-
luge et plusieurs tomberont blessés à mort. 27. Et
le coeur de ces deux rois ne cherchera qu'à s'entre-
nuire; et ils parleront à une même table avec trom-
perie, ce qui ne réussira pas, parce que la fin sera
différée à un autre temps. 28. Il retournera donc en
son pays avec de grandes richesses; son coeur se dé-
clarera contre la sainte alliance, et il fera de grands
exploits, puis il retournera en son pays." Comme
nous avons prouvé précédemment que le roi du Midi est l'empe-
reur d'Autriche, il devra donc éclater, d'après le texte ci-dessus,
une autre guerre entre Napoléon I. et François-Joseph I. Car il
est évident que ce ne peut être celle de 1859, par la raison qu'il
n'y a pas eu de trahison pareille à celle prévue dans le texte.
Napoléon III n'a pas non plus rapporté en France de trésors de
son expédition, mais au contraire de grandes dettes, causées par
cette guerre. Enfin une telle supposition est entièrement réfutée
par le fait que cette sainte alliance n'existe pas actuellement.
D'après mon opinion, cette alliance ne sera réalisée — et cela en
Angleterre par les meilleurs chrétiens protestants — qu'après que
Napoléon III. aura mis, conformément aux versets 23 et 24,
l'Angleterre sous sa domination, et y aura établi par la violence
la religion catholique romaine comme religion de l'Etat. L'An-
gleterre ne peut échapper à cette incorporation à la France, du
*) Voir à ce sujet la meilleure feuille mensuelle anglaise : „The last Vials
at Geo. J. Stevenson", 54 Paternoster Row, Londres, à 2 pence le numéro, ou 3
sch. franc de port pour l'année.
DANIEL XI, 29-31. 17
moment que Napoléon III, ce qui ne peut manquer d'arriver,
aura réuni sous sa souveraineté l'ancien empire romain, dont
l'Angleterre était autrefois une partie intégrante.
Verset 29. ,,Il retournera au temps marqué (à temps
opportun, dit Luther) et il viendra contre le Midi, mais
cette dernière fois ne sera pas comme la précédente;
car les navires de Kittim (Citem) viendront contre lui.,
de quoi il sera indigné, et il s'en retournera." D'après
ce qui a déjà été dit, il ne peut non plus être ici question d'un
autre roi que de l'empereur d'Autriche. Les navires venant de Kittim
doivent nécessairement être ceux des Etats-Unis de l'Amérique
du Nord, attendu que l'Angleterre se trouvera déjà alors sous la
domination de Napoléon III, et qu'aucune autre nation que la
puissance navale en question ne possède de flotte qui soit en
état d'imposer à celle de la France. Dans la Bible, Kittim dé-
signe en général un pays d'outre-mer qui fait un grand commerce.
Verset 30. „Et il se dépitera contre la sainte alli-
ance, et il fera de grands exploits, et retournera et
s'entendra avec les apostats de la sainte alliance."
D'autres traductions, telles que la Bible catholique française, ont:
„les apostats de la foi". Comme Antiochus IV, Epiphane,
représente cet antéchrist qui se trouve réalisé dans Napoléon I,
de même la sainte alliance des Maccabées formée du temps
d'Antiochus IV et dirigée contre lui, est le symbole de la sainte
alliance que les vrais chrétiens formeront dans les derniers temps
contre Napoléon. Cette alliance aura, comme nous l'avons dit,
son siége principal en Angleterre, et fera tous ses efforts pour
Soulever toute la vraie chrétienté, non pas la soi-disant chrétienté,
contre Napoléon, en lui arrachant entièrement le masque et en
montrant à tous les yeux sa véritable tendence, savoir l'extirpa-
tion du christianisme entier. Elle aura donc ses principales
ramifications dans les Etats-Unis de l'Amérique septentrionale, qui
seront alors encore libres et tout à fait indépendants de Napo-
léon. De cette façon, et parce que cette nation est accoutumée
à réaliser sa volonté en toutes choses, ce sera aussi la cause pour
laquelle son gouvernement, au moyen de sa flotte, empêchera
Napoléon III de mettre à exécution la nouvelle guerre projetée
contre l'Autriche. Et si ce dernier en est irrité et qu'il se trouve
des apostats dans la sainte alliance, c'est du fait de la nature
humaine.
Verset 31. „Et les forces seront de son côté, et on souil-
lera le sanctuaire, qui est la forteresse, et on fera cesser
le sacrifice continuel et on y mettra l'abomination qui
causera la désolation." D'après tous les présages, qu'on ne
saurait méconnaître, les scrutateurs les plus sérieux des prophé-
2
18 DANIEL XI, 32—84.
ties de Dieu, comme par exemple le prédicateur américain M.
Baxter, s'attendent, avec moi, à voir Napoléon III. former dans
très-peu de temps une alliance avec les Juifs pour les mettre en
état de retourner, sous sa protection, à Jérusalem et en Palestine.
Il va de soi, comme en étant entièrement inséparable, que l'exer-
cice du culte mosaïque sera immédiatement rétabli, et comme la
possession de l'emplacement du temple à Jérusalem, sur lequel se
trouve maintenant la mosquée d'Omar des mahométans, est éga-
lement indispensable, il faudra aussi que la domination turque
cesse dans cette contrée. Ainsi que je l'ai prouvé dans mon
ouvrage principal, les Juifs n'auront pas besoin pour cela d'élever
un nouveau temple, dont la construction exigerait trop de temps.
D'abord ils se contenteront et se serviront de la mosquée d'Omar,
après l'avoir purifiée, et y offriront le sacrifice journalier du ma-
tin et du soir, consistant en un agneau. Suivant mon explication
de l'Apocalypse de Saint Jean, ils jouiront de l'exercice non inter-
rompu de leur culte pendant trois ans et demi, à partir du jour de
la conclusion de leur alliance avec Napoléon. C'est au bout de ce
temps que s'accomplira le présent texte, époque à laquelle Napo-
léon III se montrera aussi hostile aux Juifs qu'il s'était montré fa-
vorable à leur égard. Le texte est si précis que toute explica-
tion ultérieure est superflue, surtout si l'on jette un regard ré-
trospectif sur son précurseur de l'Ancien-Testament, Antiochus
IV, Ephiphane, roi de Syrie.
Versets 32 et 33. „Et il fera pécher par ses flatteries
ceux qui prévariqueront clans l'alliance; mais le peuple
de ceux qui connaîtront leur Dieu prendra courage et
fera de grands exploits. Et ceux qui seront intelligents
parmi le peuple en instruiront plusieurs (Luther dit: „en
instruiront beaucoup d'autres") et il y en aura qui
tomberont par l'épée et par la flamme; ils iront en
captivité et ils seront en proie plusieurs jours."
D'après le verset précédent, ce texte ne peut avoir trait qu'aux
Juifs de la Palestine. Il est aussi parfaitement évident qu'après
que Napoléon III aura agi de la sorte contre leur culte, il s'en
élèvera beaucoup parmi eux qui instruiront leurs coreligionnaires
à ce sujet et les engageront à rester fidèles à leur culte. De
même il se trouvera aussi parmi eux, d'un autre côté, beaucoup
d'apostats, ce qui confirmera l'authenticité de cette prophétie.
Verset 34. „ Mais dans le temps qu'ils seront ainsi
abattus, ils seront un peu secourus, et plusieurs se
joindront à eux avec un beau semblant (par trompe-
rie)." Dans ces temps difficiles, Dieu n'abandonnera pas entiè-
rement les Juifs qui lui seront restés fidèles, mais, comme toujours,
il leur viendra en aide de quelque manière. Ce pourrait bien
DANIEL XI, 35 39. 19
être et ce sera probablement le motif pour lequel beaucoup se
joindront à eux, mais dans des intentions impures.
Verset 35. „Et quelques-uns de ces plus intelli-
gents tomberont, afin qu'il y en ait d'entre eux qui
soient éprouvés, purifiés et blanchis, jusqu'au
temps marqué, (car il y aura encore un autre temps; ou: car
cela durera son temps déterminé)." Ceci n'a pas besoin d'expli-
cation.
Versets 36 à 38. „ Ce roi fera donc au gré de ses
désirs; et il s'élèvera et il s'agrandira au-dessus de
tout dieu (de toute divinité, de tout ce qui est divin), il par-
lera insolemment contre le Dieu des dieux, et il
prospérera jusqu'à ce que la colère de Dieu finisse,
car la détermination en a été faite (car cela arrivera
comme cela a été fixé). 37. Et il ne se souciera point du
Dieu de ses pères, ni de désirer des femmes; même
il ne se souciera de quelque dieu que ce soit, car il
s'élèvera par-dessus tout. 38. Toutefois il honorera
dans son lieu le dieu des forces, il honorera avec
l'or et l'argent, les pierreries, et les choses les plus
désirables, le dieu que ses pères n'avaient point
connu (Luther nomme ce dieu „Maoesim", au lieu de dieu des
forces.)" Le manque d'amour pour les femmes, mentionné au
verset 37, indique ici une froideur diabolique qui renie même tous
les sentiments humains. L'Apocalypse XIII., 12 à 15, donne les
explications désirables sur le verset 38. Car Napoléon III, comme
faux prophète, établira au bout de trois ans et demi après la con-
clusion de son alliance avec les Juifs, pendant laquelle doit avoir
lieu la résurrection en esprit de Napoléon I, pour jouer son rôle
d'antéchrist, la statue de ce dernier non-seulement dans le temple
de Jérusalem, mais encore, à l'exemple d'Antiochus IV., Epiphane,
par toute la terre. L'érection de cette statue dans le temple aura
lieu sur un piédestal. (Cette traduction de de Wette a jeté une
grande lumière sur le tout, tandis que toutes les autres sont in-
compréhensibles).
Verset 39. „Et il fera des forteresses à Maoesim,
ce dieu étranger; et à ceux qui le reconnaîtront il
leur multipliera la gloire, et les fera dominer sur plu-
sieurs, et leur partagera le pays à prix d'argent."
La vénération extraordinaire dont Napoléon III fait maintenant
déjà parade dans toutes ses actions pour son oncle et prédéces-
seur Napoléon I est généralement connue, ainsi que les libéralités
dont sont l'objet ses généraux et ses maréchaux qui l'aident dans
l'exécution de ses plans et de ses entreprises guerrières, de sorte
que toute explication ultérieure du texte est superflue.
20 DANIEL XI, 40—43.
Verset 40. „Et au temps marqué, le roi du Midi
le heurtera de ses cornes, mais le roi de l'Aquilon
s'élèvera contre lui comme une tempête, avec des
chariots et de la cavalerie et avec plusieurs navires;
et il entrera dans ses terres, et il les inondera, et il
passera outre." Voilà donc encore une nouvelle guerre entre
l'Autriche et la France, mais qui, entreprise cette fois-ci par
l'Autriche, tournera à son propre désavantage, car Napoléon III
pénétrera jusque dans l'intérieur de l'Autriche et accomplira le
texte.
Versets 41 et 42. „Et il entrera au pays de la gloire
(le pays chéri) et plusieurs pays seront ruinés; mais
ceux-ci échapperont de sa main, savoir, Edom et
Moab, et le principal lieu des enfants de Hammon.
Il mettra donc la main sur ces pays-là, et le pays
d'Egypte n'échappera point" Par le premier des pays
nommés ici, il ne peut être question que de la Palestine, dans la-
quelle il. fera une nouvelle invasion avec des forces plus considé-
rables que celles qu'il y aura déjà. Cette nouvelle expédition
devra en outre être dirigée en même temps contre tous lés pays
nommés dans le texte. Le désir de s'emparer d'Edom, de Moab
et du pays des enfants d'Hammon, situés à l'est et au sud-est
de Jérusalem, au delà du Jourdain, se fonde sur la fuite de la
femme dans le désert, où elle sera nourrie 1260 jours, fuite
dont il est fait mention dans l'Apocalypse XII, 14 à 16. Les
détails à ce sujet se trouveront dans les pages suivantes de
l'Apocalypse de Saint - Jean. Ces pays, qui maintenant à la
vérité ne ressemblent qu'à des déserts, ont une fertilité extraor-
dinaire. C'est là que la communauté se trouvera à l'abri des
persécutions ultérieures de Napoléon III. C'est le même pays
où les chrétiens de Jérusalem s'enfuirent — et cela principale-
ment à Pella, l'Es-Salt d'aujourd'hui — pendant le siége de Jé-
rusalem par Titus en l'an 70 après J.-Chr., et pour faciliter leur
fuite, le Seigneur dirigea les événements de manière que Titus
fut obligé d'interrompre le siége pendant quelque temps.
Verset 43. „Il sera maître des trésors d'or et d'ar-
gent et de toutes les choses précieuses de l'Egypte;
les Lybiens et ceux de Cus seront à sa suite (de Wette.
dit: les Lybiens et les Mores suivront ses pas)." Le pillage d'un
vainqueur est chose connue, et surtout avec un caractère tel que
celui dont il est question ici. Ce texte prouve aussi que, dans
ces pays, riches à la vérité en produits du sol, mais très-pauvres
en trésors du genre de ceux qui sont nommés ici, on découvrira
plus tard dé grandes mines d'or, d'argent et de pierreries, ainsi
DANIEL XI, 44—45. 21
que cela a déjà été souvent prévu dès longtemps par les person-
nes expertes et autres.
Verset 44. „Mais des nouvelles viendront de l'O-
rient et de l'Aquilon, qui le troubleront, et il sortira
avec une grande fureur, pour en détruire et en exter-
miner plusieurs." L'explication qui suit dans l'Apocalypse de
St. Jean, donne des éclaircissements précis sur les nouvelles dont
il est parlé ici, ainsi, que sur les préparatifs d'une grande expé-
dition contre l'Orient; c'est pourquoi je me borne à mentionner la
bataille d'Harmageddon, à laquelle le texte fait allusion, car il
est dit au dernier verset:
Verset 45. „Et il dressera les tentes de sa maison
royale entre les mers, vers la montagne glorieuse et
sainte; il viendra jusqu'à sa fin, et il n'y aura per-
sonne pour le secourir (et il établira ses tentes à Apadno
entre deux mers)." La montagne glorieuse et sainte est la col-
line du temple à Jérusalem, et conséquemment les deux mers
nommées dans, le texte sont la mer Méditerranée et la mer Morte.
Le reste du texte est élucidé par l'explication suivante de l'Apo-
calypse XVII, 15 et XIX, 17. à 21, et est aussi prédit dans Joël
III,,7, 16, 17. et dans la II Epître aux Thessaloniciens II, 8,
car dans ce dernier texte il est dit: „Et alors paraîtra le
méchant, que le Seigneur détruira par le souffle de
sa bouche, et qu'il abolira par l'éclat de son avéne-
ment."
Quant au chrétien qui, après ce que nous venons de dire, ne
ressentira aucun intérêt pour le livre de Daniel, je le renvoie;
avant de terminer, à Matthieu XXIV, 15, où le Seigneur dit lui-
même : ,,Quand donc vous verrez dans le lieu saint
l'abomination qui cause la désolation, et dont le pro-
phète Daniel a parlé; (que celui qui le, lit y fasse.
attention)".
APOCALYPSE DE SAINT-JEAN.
Avant-propos.
Avant de procéder à l'explication de ce divin livre, je res-
sens le besoin de protester de la manière la plus catégorique
contre l'intention qui pourrait m'être attribuée de m'élever avec
arrogance au-dessus de qui que ce soit, ou de vouloir de propos
délibéré blesser quelqu'un. Dieu me préserve de pareille idée!
En revanche, je crois qu'il est de mon devoir le plus sacré de
mettre entièrement de côté toute fausse humilité et toute consi-
dération, et de parler librement lorsqu'il s'agit de la gloire de
mon Dieu et de Jesus-Christ et de la vérité. Cette dernière,
personne ne l'entend volontiers, c'est une chose connue. Ce que je
dis, je saurai le défendre en me fondant sur la Bible. Mon in-
tention n'est autre que de faire du bien, en m'efforçant d'ouvrir
les yeux et les oreilles de mon prochain, qui, séduit par ses faux
maîtres, n'a pas pu se former une opinion personnelle sur la ré-
vélation de St. -Jean ou n'en a aucune connaissance, et lui mon-
trer au bord de quel abîme il se trouve dans le temps actuel,
en pareilles circonstances, abîme dans lequel il doit tomber et tombera
malgré toute cette prétendue sécurité, et où il finira par trouver
une fin des plus tristes. Ici, j'en entends beaucoup faire cette
objection: „Je crois au Seigneur Jésus-Christ, mon sauveur,
et je n'ai besoin de rien d'autre pour être sauvé, ni ne veux rien
savoir de plus; car tout le reste n'est qu'accessoire!" Et moi je
réponds : A certain égard, c'est très-bien parlé, mais aie patience,
je te rendrai bientôt la vue, si tu as assez de courage pour cette
opération, c'est-à-dire pour lire ces feuilles avec attention et sans
préjugé !
Il n'y a certainement pas un livre au monde qui ait été
exposé à tant d'invectives, d'opinions erronées de la part d'hom-
mes dépourvus de sens, à tant d'erreurs, de recherches bien in-
tentionnées et d'interprétations diverses, que ce divin livre rempli
d'images merveilleuses. Dans les premiers temps de la chré-
tienté, où le Saint-Esprit trouvait encore beaucoup de personnes
dans lesquelles il pouvait se manifester, parler même d'une ma-
nière intelligible (tandis que maintenant un silence de mort règne
dans toutes les communautés chrétiennes) et qu'il pouvait de la
sorte amener l'homme à comprendre exactement toute la Bible
et par conséquent la Révélation de St. Jean, dans ces temps,
dis-je, s'est souvent aussi réalisée la bénédiction promise au com-
mencement et à la fin de ce livre (Apocalypse I. 3., XX. 7.):
à celui qui lit et à ceux qui écoutent les paroles de
cette prophétie". Cette déclaration de Dieu dont ce livre est
seul l'objet, le signale déjà comme étant en soi-même le couronne-
ment de toutes les Saintes-Ecritures, de la Bible. La preuve de-
ce premier point, peut être déduite de l'opinion répandue alors
que le Seigneur reviendrait nécessairement en personne pour
rétablir son empire sur la terre, le Millénaire, dont chaque épître
parle comme d'un second point d'appui de toute foi chrétienne.
Car, outre celui de la foi en l'oeuvre de salut du Seigneur par
la croix, il n'en existe aucun autre de cette importance. Et ces
deux points sont, comme nous allons le voir, tout à fait insépa-
rables l'un de l'autre. Lorsque ce désir indicible du Seigneur
de prendre possession de son empire sur la terre et de voir
de cette manière son honneur rétabli par l'expulsion du diable
de toute la surface du monde, se fut un peu calmé, et que
l'on eut la conviction que cela ne pouvait avoir lieu qu'au bout
de 6000 ans après la création de l'homme, les pères de l'Eglise
surtout reconnurent clairement la forme que prendraient les cho-
ses au bout du temps en question, ainsi que Saint-Jérôme, Saint-
Augustin et autres nous l'ont transmis en particulier dans leurs
écrits. Mais lorsque, par la soi-disant conversion de l'empereur
Constantin, qui ne se fit baptiser que peu de temps avant sa
mort et n'était par conséquent pas chrétien auparavant, le diable
parvint, en contradiction avec l'origine de l'Eglise, à la doter de
richesses et d'honneurs, et de cette manière à la détourner des
choses spirituelles et à la rendre mondaine, la véritable intelli-
gence de la Bible disparut, et eu particulier celle de l'Apocalypse
de Saint-Jean. Mais comme la, parole divine était écrite et
qu'on, ne pouvait pas faire qu'elle ne le fût pas, le diable inspira
aux hommes l'idée que tout ce qui avait trait au Millénaire
avait alors commencé à se réaliser par cela même que l'Eglise
était devenue une puissance, ou qu'il fallait le prendre dans un
sens spirituel. Bien qu'il soit entièrement vrai et incontestable
que toute la Bible, conséquemment aussi l'Apocalypse, a un sens
spirituel que le chrétien doit étudier avec un esprit simple et
filial, le sens littéral n'en est pas moins sacré et, je le répète,
ne peut être séparé du premier. La négation de cette vérité,
24
surtout aussi la spiritualisation de la doctrine du règne de mille
ans du Seigneur sur la terre — du Millénaire dans son sens
littéral — et je dois dire ici et ne puis m'empêcher de prononcer
une parole bien dure, malgré les clameurs qu'élèvera contre elle
une très-grande partie, de la chrétienté — est diabolique —
et même un chef-d'oeuvre du démon, l'auteur de ces fausses doc-
trines! Car c'est justement par là que l'ennemi de Dieu a com-
plètement réussi, comme nous l'avons déjà dit, à soustraire en-
tièrement aux yeux de la chrétienté un point cardinal de la
Bible.
Car, quiconque, en invoquant le nom de Jésus, outre les
mérites de son sang répandu sur la croix pour les pécheurs, ne
désire pas en même tempe», de tout son coeur, de toute son âme
et de toute sa pensée, le retour personnel de Christ, afin qu'il
bannisse et emprisonne le démon pendant mille ans (Apocalypse
XX. 1 à 3) et accomplisse la délivrance, seulement possible de
cette manière, de toute la création qui soupire après elle ainsi que
toutes les créatures (suivant Genèse III, 17 et 18 et Romains
VIII, 22), est un hypocrite, malgré toute sa foi et toute sa piété,
parce qu'il ne peut dire du fond de son coeur l'oraison domini-
cale („que ton règne vienne"). Il se trouve en tout cas clans
une grave erreur, parce que la prédication de l'Evangile pendant
des millions d'années pourrait peut-être convertir les hommes au
Seigneur, mais elle ne peut délivrer toute la création de la
malédiction qui repose sur elle par la chute du premier homme ;
et même ce premier cas ne peut être admis comme possible tant
qu'une borne n'aura pas été mise à l'activité du démon. Un tel
homme ne sera donc jamais un vrai chrétien, un vrai enfant
de Dieu, que son nom se termine en iste, en ien ou de quelque
autre manière. (I Corinthiens I, 12). En ai-je trop dit? Nulle-
ment! Cette doctrine du règne du Seigneur sur la terre
s'étend comme un trait de feu à travers toute la Bible, ce que le
pasteur Ph. Hahn, le chrétion illuminé Mich. Hahn et d'autres
hommes de Dieu ont beaucoup mieux prouvé que je ne puis le
faire. Le Seigneur Jésus lui-même, ainsi que son précurseur
Jean-Baptiste et les disciples envoyés par lui, ne prêchait que
le règne du Seigneur sur la terre et la préparation
nécessaire pour y entrer, savoir la repentance et la
pénitence, et, une renaissance entière (Jean III, 3 à 8).
Or, si chaque mot de la Sainte-Bible doit nous inspirer le res-
pect le plus sacré, il existe une sentence du Seigneur qui a des
conséquences si terribles qu'elle devrait suffire seule pour remplir
le vrai chrétien d'effroi, de tremblement et de frémissement à
chaque déviation, quelque légère qu'elle soit, de cette doctrine
générale de la Bible. Elle se trouve dans Saint Luc. XIX, 27,
25
où il est dit: ,,Quant à mes ennemis, qui n'ont pas voulu que
je régnasse sur eux, amenez-les ici, et faites-les mourir en ma
présence !" Cher lecteur, ne sens-tu pas ton coeur oppressé en
songeant que tu n'as jamais désiré de tout ton coeur et de toute
ton âme le retour personnel du Seigneur, afin que le diable
puisse être banni de la terre? Peux-tu donc prétendre le moins
du monde, malgré toute ta charité envers ton prochain, posséder
l'amour que le Saint Esprit exige par la bouche de l'apôtre St.
Paul, dans sa I épître aux Corinthiens XIII, 1 à 3, de confor-
mité avec Matthieu XXII, 37 à 39? Peux-tu prétendre ou t'ima-
giner posséder le véritable amour de Dieu, ton Seigneur et
Sauveur, si tu ne souhaites pas sa gloire avec une même ardeur
que le salut de l'âme de tous les hommes, salut qui n'est possible
que par le rétablissement de la gloire de Dieu sur la terre ?
Dieu exige aussi qu'il soit loué par toutes les oeuvres de sa cré-
ation, ainsi que cela est dit en termes exprès clans le Psaume
CXLVIII, 7. et 10. Qu'on s'imagine seulement des circonstances
temporelles ou seulement humaines, dans lesquelles un père de
deux fils est, dépouillé de sa domination sur un pays et désire
ardemment rentrer en sa possession pour le bien de ses sujets.
Or, si son fils aîné porte dans sa poitrine les mêmes senti-
ments que son père, et les manifeste par des actions et par des
paroles, tandis que le fils cadet, malgré toutes ses autres bonnes
qualités comme fils, ne les partage nullement, ne sera-ce pas,
cher lecteur, le premier de ces deux fils qui, si tu te le de-
mandes la main sur la conscience, sera à ton avis le plus cher
à son père, celui vers lequel son coeur sera le plus porté ?
Ce que je viens de dire suffit. Car celui qui ne serait pas
encore persuadé de la vérité de mes assertions, des in-folio ne le
convaincraient pas. Qu'il réponde à son juge et supporte lui-
même les suites do son opiniâtreté ! Je l'ai averti ici par pur
amour. Il n'y a donc plus d'excuse possible pour celui à qui
ces feuilles tomberont sous la main.
Par ce que je viens de dire, j'ai précisé d'une manière suf-
fisante mon point de vue vis-à-vis des autres commentateurs,
savoir la défense du sens littéral. Car tous mes prédécesseurs,
à quelques exceptions près, n'ont pas suivi la même route que moi.
Mr. Leitwein, Professeur de philosophie à Tubingue en 1821, ainsi
que le maître d'école G. Schütz à Dresde, fait exception. Le
seul qui se soit le plus rapproché de mon point de vue, c'est le
prédicateur américain M. Baxter, dont il a déjà été question ici,
quoiqu'il ait compris le chapitre XI de Daniel d'une manière tout
aussi fausse que, les autres, qu'il s'attaque au pape comme faux
prophète et qu'il fasse de Napoléon III l'antéchrist, à l'exemple
de A. Purdon en Angleterre (voir „The last Vials")- Mais ce
n'est qu'après la publication de mon ouvrage principal sur l'Apo-
calypse de Saint-Jean que l'écrit du premier est parvenu à ma
connaissance. Je n'ai donc d'autre soutien que celui du Seigneur
et de son Saint-Esprit. Dans le sens spirituel dans lequel ils ont
pris la prophétie, ils ont dû, pour rester fidèles à leur système
symbolique, qui leur semblait infaillible, ne pas regarder comme
des jours, mais comme des années, les jours dont il est question
dans les données contenues dans ce livre, comme par exemple
les 1260 jours; c'est de là qu'est résulté le soi-disant système
des jours-années. Ceci a conduit à un grand nombre de calculs,
dans lesquels chacun a cru avoir deviné juste. Mais ce qu'il y
avait et ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que depuis plusieurs
siècles, presque tous, malgré leur manière toute différente de cal-
culer et de faire servir l'histoire à leur but. se sont accordés à
désigner l'année 1866, tandis que quelques-uns allaient jusqu'à l'an-
née 1868. C'est dans cette année que, d'après eux, le Sei-
gneur devait venir infailliblement, et que devait commencer le
Millénaire. Nous avons maintenant atteint cette année 1866, et
bien qu'aujourd'hui, en Avril, où j'écris ces lignes, nous ayons en-
core devant nous la plus grande partie de l'année, les signes qui,
suivant la Bible, devront infailliblement précéder la venue du
Seigneur ne parlent nullement en faveur d'une si grande pro-
ximité de l'époque où s'opérera un changement si important pour
toute l'humanité et pour la création. Il est facile aussi de prou-
ver la pure impossibilité d'une telle supposition, par le fait même
qu'immédiatement avant le Millénaire, d'après Daniel IX, 27. et
Matthieu XXIV, 15., la 70e semaine d'années de Daniel n'a
27
point encore commencé, dans laquelle les Juifs rentreront en pos-
session de la Palestine, et dans la première moitié de laquelle,
ainsi donc pendant 3-1/2 ans, ils exerceront leur culte accompagné
de sacrifices de bêtes, tandis que dans la seconde moitié, pen-
dant les 31/2 dernières années, ce sacrifice sera, aboli par l'anté-
christ, qui érigera en revanche sa statue pour qu'elle soit adorée.
Tous ces calculs ont cependant eu le bon effet de prouver
avec certitude qu'à la fin de 1866 ou en 1867, suivant que l'on
prend pour base l'année civile ou l'année cérémonielle des Juifs,
la captivité de la nation juive aura atteint son terme, c'est-à-dire
qu'ils recouvreront la nationalité qui leur manque jusqu'ici, celle
d'une nation juive indépendante en Palestine, le pays de leurs
pères, et, ce qui n'est pas moins important, que la papauté perdra
sa puissance temporelle et en général la position qu'elle occupe
dans la chrétienté depuis l'an 532 après J.-Chr. Par cela, je ne
veux nullement lui attribuer une participation au rôle du faux
prophète, ce que presque tous les commentateurs acatholiques
et même Baxter et Purdon ont fait, et encore moins commettre
le péché si général en Angleterre de lui attribuer le rôle d'an-
téchrist. Mais ce changement dans la papauté est de la plus
haute importance, en ce qu'il offrira à Napoléon III l'occasion
dès longtemps calculée, de réunir en sa personne cette dignité
ecclésiastique avec la couronne d'empereur romain, le diadème ou
stéphanos, qu'il se posera dans peu lui-même sur la tête, à l'in-
star de Napolén I, de réunir ainsi la plus haute puissance spiri-
tuelle avec la plus haute puissance temporelle, et d'accomplir de
la sorte la prophétie de la bête à deux cornes, contenue dans
l'Apocalypse XIII, 11. Quelque intéressantes que soient ces sup-
putations de jours-années, et bien qu'on ne puisse nier qu'il ne
se trouve dans le passé des symboles qui parlent en faveur de
l'accomplissement littéral, ainsi que le prouve Baxter, qui est
également pour le sens littéral et qui réunit par conséquent les
deux systèmes, je n'en ai cependant que faire en vue du but que
je me suis proposé ici. Mon intention est de prouver que le
sens des mots contenus dans le texte de l'Apocalypse doit aussi
être compris littéralement, et que, dans très-peu de temps, il sera
réalisé sans restriction. Or, comme il est d'un immense intérêt
pour la génération qui vit actuellement d'apprendre à connaître
le temps dans lequel nous vivons et le sort qui lui est ré-
servé, je passe à la solution de la tâche qui m'est posée. Je
fais ici observer d'une manière expresse que, sans la lumière que
le Seigneur a daigné, par sa grâce infinie, répandre sur moi
pour me donner l'intelligence du chapitre XI de Daniel, jamais
je n'aurais été en état de soulever le voile qui recouvre l'Apo-
calypse de Saint-Jean, comme personne ne l'avait fait avant moi,
28
ainsi que le prouve la littérature. Qu'au Seigneur en soit
honneur, louange et gloire !
Mais avant de passer outre, j'ai encore à écarter une objec-
tion de ceux mêmes qui croient, ou qui sont disposés à croire au
Millénaire. C'est celle-ci: Se basant sur Matthieu XXIV, 36:
,,Pour ce qui est de ce jour et de cette heure, personne
ne le sait, non pas même les anges du ciel, mais mon
Père seul," et sur Saint Marc XIII, 32. où il est dit même:
,,Ni même le Fils" et sur les Actes des Apôtres I, 7. „Ce
n'est pas à vous de savoir les temps ou les moments
dont le Père a réservé la disposition à sa puissance",
ils prétendent que c'est un péché que de s'occuper de choses
telles que celles que j'entreprends de prouver ici, ou, tout au
moins, qu'une supputation quelconque des temps est, impossible.
Mais un chrétien raisonnable et sincère pourrait-il vouloir pré-
tendre que le Fils, qui, dans l'état d'abaissement et de renonce-
ment à Dieu qu'il s'était imposé lui-même, ne savait à la vérité
ni le temps ni l'heure, ne l'ait pas connue jusqu'au moment où il
s'assit sur son trône à la droite du Père et où il remit entre les
mains de son ange la révélation de Saint-Jean?
M'en tenant strictement à la sainte parole de la Bible, j'ad-
mets la difficulté et même l'impossibilité de déterminer cette épo-
que ne fût-ce qu'approximativement tant que le Seigneur ne
nous aura pas, par des signes des temps, ouvert les yeux et n'aura
pas donné à ses enfants la vraie compréhension de l'avenir. Mais le
Seigneur lui-même veut que nous observions alors de tels si-
gnes de toutes les forces de notre âme, que nous étudiions tout
ce qui y a trait et qui est écrit dans les Saintes - Ecritures; il
nous l'ordonne dans le texte déjà cité de St. Matthieu XXIV,
15, et plus encore clans Saint-Luc XXI, 28 à 31, où il est dit:
„Lors donc que ces choses commenceront d'arriver,
regardez en haut et levez la tête, parce que votre dé-
livrance approche. Voyez le figuier et tous les au-
tres arbres; quand ils commencent à pousser, vous
jugez de vous-mêmes, en les voyant, que l'été est
proche. De même, lorsque vous verrez arriver ces
choses, sachez que le règne de Dieu est proche." En
outre, le Seigneur dit dans Matthieu XVI, 3. „ Hypocrites
vous savez bien discerner l'apparence du ciel, et
vous ne pouvez pas discerner les signes des temps."
Mais peut-on croire que le Père céleste, outre cette instruction
suffisante et formelle, cet ordre même d'étudier les signes des
temps pour pouvoir juger par là de la prochaine arrivée du
Seigneur, ne donnera pas à l'avance à ses enfants une con-
naissance exacte de l'époque de sa venue? N'est-il pas dit
29
expressément, I Thessaloniciens V, 4, 5, 8.: „Mais quant à
vous, mes frères, vous n'êtes point dans les ténè-
bres, pour être surpris par ce jour-là, comme on le
serait par un voleur. Vous êtes tous des enfants de
la lumière, et des enfants du jour; nous ne sommes
point enfants de la nuit, ni des ténèbres. Mais
nous qui sommes enfants du jour, soyons sobres,
étant revêtus de la cuirasse de la foi et de la cha-
rité, et du casque de l'espérance du salut!" Peut-on
enfin, sans être blasphémateur, admettre un seul instant que les
nombres indiqués dans Daniel VIII, 14 et XII, 11 et 12, et Apo-
calypse XI, 3., XII, 6. et XIII, 5, ne soient d'une valeur et
d'une sainteté indicibles pour les hommes, et que, comme parties
intégrantes de la Bible, ce ne soit un grand péché de n'en faire
aucun cas? Et cependant il y a si peu d'hommes qui y font atten-
tion, et même, parmi les lecteurs les plus zélés de la Bible, beau-
coup n'en tiennent aucun compte. Mais si l'on considère bien
attentivement toutes ces choses, on y voit clairement que toute
supputation peut bien être entreprise et doit l'être avant le com-
mencement de la 70° semaine d'années de Daniel, c'est-à-dire,
avant le retour des Juifs non convertis et le commencement de
l'exercice du culte mosaïque à Jérusalem, du sacrifice des bêtes,
mais que, faute de connaître l'époque du commencement, elle doit
nécessairement échouer et ne conduire à aucun résultat, pour ce
qui concerne le commencement du Millénaire.
Mais il n'est pas moins évident que le devoir sacré de tout
chrétien est d'observer avec le plus grand zèle les signes des
temps à cet égard et de se préparer, au commencement de la 70e
semaine d'années de, Daniel, à la prochaine venue du Seigneur,
ainsi que cela, est clairement indiqué dans l'Apocalypse. Le point
principal est par conséquent le retour des Juifs à Jérusalem et en
Palestine. Ce retour doit être pour les chrétiens le signal de
l'alarme ou le son de la trompette annonçant la lutte avec les
puissances des ténèbres, à laquelle doit succéder et succédera la
prochaine délivrance de toute la création de la malédiction qui
pèse sur elle, par l'établissement du Millénaire.
Avant de terminer, je dois encore traiter ici un autre point,
beaucoup moins important à la vérité, et qui consiste à présen-
ter sous son véritable jour la succession des chapitres contenus
dans l'Apocalypse de Saint-Jean. La plupart des commentateurs
les ont transposés avec une telle confusion, c'est-à-dire qu'ils ont
tellement embrouillé les chapitres dans leur accomplissement,
qu'on pourrait croire que le Saint-Esprit ignore entièrement tout
ordre logique, tandis qu'au contraire Dieu est le symbole même
du plus grand ordre. La succession littérale de tous les événe-
30
ments qui s'y trouvent indiqués, à l'exception de quelques pas-
sages, comme par exemple au chapitre XIII de l'Apocalypse, ce
qui était inévitable à cause de la clarté et n'y porte aucune
atteinte, y est exprimée en termes propres d'une manière si claire
qu'on ne peut assez s'étonner qu'on ait pu s'en écarter ou même
la méconnaître. Car, faisant entièrement abstraction du dévelop-
pement tout naturel des sept sceaux en sept trompettes et des
sept trompettes en sept coupes de la colère de Dieu, le texte
dit expressément en parlant des jugements de Dieu qui en découlent
ou qui les comprennent, que, les jugements antérieurs plus doux
ayant entièrement manqué leur effet, ils avaient dû être aggravés,
ce que prouve assez clairement leur nature. Du reste, je renvoie
le lecteur à l'avant-propos, à l'introduction et aux explications
qui précèdent mon ouvrage principal, dont les présentes feuilles
ne sont qu'un extrait.
Maintenant passons au texte.
APOCALYPSE DE SAINT-JEAN I. 31
Première Partie.
Chapitre premier.
Première Vision.
I. 1. La révélation de Jésus-Christ, qu'il a reçue de Dieu pour faire con-
naître à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt, et qu'il a décla-
rées et envoyées par son ange à Jean son serviteur, 2. Lequel a annoncé la pa-
role de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ, et tout ce qu'il a vu. 3. Heureux
celui qui lit, et ceux qui écoutent les paroles de cette prophétie, et qui gar-
dent les choses qui y sont écrites ; car le temps est proche. 4 Jean, aux sept
Eglises qui sont en Asie. La grâce et la paix vous soient données par celui
qui est, et qui était, et qui sera, et par les esprits qui sont devant son trône;
5. Et par Jésus-Christ, qui est le fidèle témoin, le premier-né d'entre les morts,
et le Prince des rois de la terre. 6. A celui qui nous a aimés et qui nous a
lavés de nos péchés par son sang, et qui nous a faits rois et sacrificateurs de
Dieu son Père; à lui soit la gloire et la force aux siècles des siècles. Amen.
7. Le voici qui vient sur les nuées, et tout oeil le verra, et ceux-mêmes qui
l'ont percé; et toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine en le vo-
yant. Oui, Amen. 8. Je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin,
dit le Seigneur, qui est, et qui était, et qui sera, le Tout - Puissant. 9. Moi
Jean, qui suis votre frère et qui ai part avec vous à l'affliction et au règne
et à la patience de Jésus-Christ, j'étais dans l'île appelée Patmos, pour la pa-
role de Dieu, et pour le témoignage de Jésus-Christ; 10. Et je fus ravi en es-
prit, un jour de dimanche, et j'entendis derrière moi une voix éclatante, comme
le son d'une trompette, 11. Qui disait: Je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier
et le dernier; écris dans un livre ce que tu vois, et l'envoie aux sept Eglises
qui sont eu Asie, à Ephèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Phi-
ladelphie, et à Laodicée. 12. Alors je me tournai pour voir d'où venait la voix
qui me parlait; et m'étant tourné, je vis sept chandeliers d'or; 13. Et au mi-
lieu des sept chandeliers quelqu'un qui ressemblait au Fils de l'homme, vêtu
d'une longue robe, et ceint sur la poitrine d'une ceinture d'or. 14. Sa tête et
ses cheveux étaient blancs, comme de la laine blanche et comme la neige, et
ses yeux étaient comme une flamme de feu. 15. Ses pieds étaient semblables
à l'airain le plus fin qui serait dans une fournaise ardente, et sa voix était
comme le bruit des grosses eaux. 16. Il avait dans sa main droite sept étoiles;
une épée aiguë à deux tranchants sortait de sa bouche, et son visage resplen-
dissait comme le soleil, quand il luit dans sa force. 17. Dès que je l'eus vu, je
tombai à ses pieds comme mort, mais il mit sa main droite sur moi, et me dit:
Ne crains point; je suis le premier et le dernier; 18. Je suis vivant; j'ai été
mort, mais maintenant je suis vivant aux siècles des siècles, Amen; et je tiens
32 APOCALYPSE DE SAINT JEAN II.
les clefs de l'enfer et de la mort. 19. Ecris les choses que tu as vues, celles
qui doivent arriver à l'avenir. 20. Voici le mystère des sept étoiles que tu as
vues dans ma main droite et des sept chandeliers d'or. Les sept étoiles sont
les anges des sept Eglises; et les sept chandeliers que tu as vus, sont les sept
Eglises.
Dans ce texte, nous avons, en vue du but que nous nous
sommes proposé, à nous en tenir à trois points, savoir: 1° que
notre Seigneur Jésus-Christ en est l'auteur et, l'a envoyé
par son ange à son disciple favori Saint-Jean — comme il le lui
avait promis (Saint-Jean XXI, 22) — pendant son exil dans
l'île de Patmos, située dans l'Archipel, au sud-ouest de Smyrne,
en face de Samos. 2° que quiconque lit ce livre et en
garde les paroles, sera béni, et 3° que Jean reçoit l'ordre
d'écrire aux sept Eglises d'Ephèse, de Smyrne, de Pergame, de
Thyatire, de Sarcles, de Philadelphie et de Laodicée, sept missi-
ves qu'il lui communiquera; ici, ces Eglises sont désignées par
sept chandeliers d'or, et leurs chefs, nommés anges clans le texte,
sont représentés par sept étoiles que le Seigneur tient en sa main
droite. Tout le texte se comprend de soi-même, et le fait que
les chefs sont tenus dans la main droite du Seigneur, prouve
qu'il en surveille avec la plus grande exactitude toutes les affai-
res et toutes les actions.
Suite de la première Vision.
Les sept hautes Sentences ou Missives.
Chapitres II et III.
II, 1. Écris à l'ange de l'Eglise d'Ephèse : Voici ce que dit celui qui tient
les sept étoiles dans sa main droite, et qui marche au milieu des sept chan-
deliers d'or: 2 Je connais tes oeuvres, et ton travail, et ta patience; et je sais
que tu ne peux souffrir les méchants, et que tu as éprouvé ceux qui se disent
apôtres, et qui ne le sont point; que tu les as trouvés menteurs; 3. Que tu
as souffert, que tu as eu de la patience, et que tu as travaillé pour mon nom,
et que tu ne t'es point découragé. 4. Mais j'ai quelque chose contre toi, c'est
que tu as abandonné ta première charité. 5. C'est pourquoi, souviens-toi d'où
tu es déchu, et te repens, et fais tes premières oeuvres; autrement je viendrai
bientôt à toi, et j'ôterai ton chandelier de sa place, si tu ne te repens. 6. Mais
tu as ceci de bon, c'est que tu hais les actions des Nicolaïtes, lesquelles je hais
aussi. 7. Que celui qui a des oreilles, écoute ce que l'Eprit dit aux Eglises:
APOCALYPSE DE SAINT-JEAN II et III. 33
A celui qui vaincra, je lui donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est au milieu
du paradis de Dieu. 8. Ecris aussi à l'ange de l'Eglise de Smyrne: Voici ce que
dit celui qui est le premier et le dernier, qui a été mort, et qui a repris la vie: 9.
Je connais tes oeuvres, et ton affliction, et ta pauvreté (quoique tu sois riche),
et les calomnies de ceux qui se disent Juifs, et qui ne le sont point, mais qui sont
une synagogue de Satan. 10. Ne crains rien des choses que tu as à souffrir; il
arrivera que le diable en mettra quelques - uns d'entre vous en prison, afin que
vous soyez éprouvés; et vous aurez une affliction de dix jours. Sois fidèle jusqu'à
la mort, et je te donnerai la couronne de vie. 11. Que celui qui a des oreilles,
écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises: Celui qui vaincra, ne recevra aucun dom-
mage de la seconde mort. 12. Ecris aussi à l'ange de l'Eglise de Pergame : Voici
ce que dit celui qui a l'épée aiguë à deux tranchants: 13. Je connais tes oeuvres,
et le lieu où tu habites, savoir, où Satan a sou trône ; et que tu retiens mon nom,
et que tu n'as point renoncé ma foi, non pas même lorsque Antipas, mon fidèle
martyr, a été mis à mort parmi vous, où Satan habite. 14. Mais j'ai quelque peu
de chose contre toi, c'est que tu as là des gens qui tiennent la doctrine de Balaam,
qui enseignait à Balak à mettre un scandale devant les enfants d'Israël, afin qu'ils
mangeassent des choses sacrifiées aux idoles, et qu'ils tombassent dans l'impureté.
15. Tu en as aussi qui tiennent la doctrine des Nicolaïtes; ce que je hais. 16. Re-
pens-toi; autrement je viendrai bientôt à toi, et je combattrai contre eux avec
l'épée de ma bouche. 17. Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit
aux Eglises : A celui qui vaincra, je lui donnerai à manger de la manne cachée; et
je lui donnerai un caillou blanc, sur lequel sera écrit un nouveau nom, que per-
sonne ne connaît que celui qui le reçoit. 18. Ecris aussi à l'ange de l'Eglise de
Thyatire : Voici ce que dit le Fils de Dieu, qui a les yeux comme une flamme de
feu, et les pieds semblables à l'airain le plus luisant: 19. Je connais tes oeuvres,
ta charité, ton service, ta foi, et ta patience: et je sais que tes dernières oeuvres
surpassent les premières. 20. Mais j'ai quelque peu de chose contre toi, c'est que
tu souffres que la femme Jésahel, qui se dit prophétesse, enseigne et séduise mes
serviteurs, pour les engager dans la fornication, et leur faire manger des choses
sacrifiées aux idoles. 21. Et je lui ai donné du temps, afin qu'elle se repentît de
ses impudicités ; et elle ne s'est point repentie. 22. Voici, je vais la mettre au lit ;
et ceux qui commettent adultère avec elle seront dans une grande affliction, s'ils
ne se repentent de leurs actions. 23. Et je ferai mourir ses enfants; et toutes les
Eglises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les coeurs; et je rendrai
à chacun de vous selon ses oeuvres. 24. Mais je vous dis à vous, et aux autres qui
sont à Thyatire, à tous ceux qui ne retiennent pas cette doctrine, et qui n'ont
point connu les profondeurs de Satan, comme on les appelle, que je ne mettrai
point d'autre charge sur vous. 25. Mais retenez seulement ce que vous avez, jus-
qu'à ce que je vienne. 26. Car à celui qui aura gardé mes oeuvres jusqu'à la fin,
je lui donnerai puissance sur les nations. 27. Il les gouvernera avec un sceptre
de fer, et elles seront brisées comme les vases d'un potier, ainsi que j'en ai moi-
même reçu le pouvoir de mon Père. 28. Et je lui donnerai l'étoile du matin. 29.
Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises.
III, 1. Écris aussi à l'ange de l'Eglise de Sardes : Voici ce que dit celui qui
a les sept esprits de Dieu, et les sept étoiles: Je connais tes oeuvres; tu as la répu-
tation d'être vivant; mais tu es mort. 2. Sois vigilant, et affermis le reste qui s'en
va mourir ; car je n'ai point trouvé tes oeuvres parfaites devant Dieu. 3. Sou-
viens-toi donc de ce que tu as reçu, et de ce que tu as entendu, et le garde, et te
3
34 APOCALYPSE DE SAINT-JEAN II et III.
repens. Que si tu ne veilles pas, je viendrai à toi comme un larron vient, et tu ne
sauras point à quelle heure je viendrai à toi. 4 Toutefois, tu as aussi à Sardes
quelque peu de personnes qui n'ont point souillé leurs vêtements et qui marche-
ront avec moi en vêtements blancs, car ils en sont dignes. 5. Celui qui vaincra
sera vêtu de vêtements blancs, et je n'effacerai point son nom du livre de vie;
mais je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. 6. Que celui
qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises. 7. Ecris aussi à l'ange
de l'Eglise de Philadelphie: Voici ce que dit le Saint, le Véritable, qui a la clef de
David; qui ouvre, et personne no ferme; et qui ferme, et personne n'ouvre: 8.
Je connais tes oeuvres; voici, j'ai ouvert une porte devant toi, et personne ne la
peut fermer; parce que, quoique tu n'aies qu'un peu de force, tu as gardé ma
parole, et tu n'as point renoncé mon nom. 9. Je vais amener ceux qui sont de
la synagogue de Satan, qui se disent Juifs, et qui ne le sont point, mais qui men-
tent; je vais les faire venir, afin qu'ils se prosternent à tes pieds, et qu'ils
connaissent que je t'aime. 10. Parce que tu as gardé la parole de ma patience,
je te garderai de l'heure de la tentation qui doit venir sur tout le monde, pour
éprouver les habitants de la terre. 11. Je viens bientôt; tiens ferme ce que tu as,
afin que personne ne prenne ta couronne. 12. Celui qui vaincra, je le ferai être
une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira jamais; et j'écrirai sur
lui le nom de mon Dieu, et le nom de la cité de mon Dieu, de la nouvelle Jéru-
salem, qui descend du ciel, venant de mon Dieu, et mon nouveau nom. 13. Que
celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises. 14. Ecris aussi à
l'ange de l'Eglise de Laodicée: Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véri-
table, le commencement de la créature de Dieu: 15. Je connais tes oeuvres; tu
n'es ni froid ni bouillant. Plût à Dieu que tu fusses froid ou bouillant ! 16. Ainsi,
parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid, ni bouillant, je te vomirai de ma bou-
che. 17 Car tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien; et
tu ne connais pas que tu es malheureux, et misérable, et pauvre, et aveugle et nu.
18. Je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu devien-
nes riche; et des vêtements blancs, afin que tu en sois vêtu, et que la honte de ta
nudité ne paraisse point; et de mettre un collyre sur tes yeux, afin que tu voies.
19. Je reprends et je châtie tous ceux que j'aime; aie donc du zèle, et te repens.
20. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et
m'ouvre la porte, j'entrerai chez lui, et je souperai avec lui, et lui avec moi. 21.
Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi-même
j'ai vaincu et suis assis avec mon Père sur son trône. 22. Que celui qui a des
oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises.
Ces sept Eglises des premiers temps du christianisme exis-
taient de fait à l'époque où le Seigneur donna cette révélation
à Saint-Jean, dans la province, romaine alors, nommée actuelle-
ment Asie-Mineure. La plupart de ces villes sont maintenant en
ruines ou sont devenues de simples villages. Le chandelier, l'E-
glise, s'en est donc éloignée, ainsi que le texte en menace plu-
sieurs. Et dans celles qui existent encore, comme à Smyrne, à
Thyatire, à Pergame et à Philadelphie, il règne des ténèbres
plus ou moins profondes, malgré les Eglises chrétiennes qui y
subsistent encore. Les événements indiqués dans le texte ont trouvé
leur accomplissement littéral dans ces temps-là. De même que l'Apo-
APOCALYPSE DE SAINT-JEAN II et III. 35
calypse peut être regardée comme le couronnement de toute la
Bible, ces sept missives contiennent la substance de tout l'Evan-
gile; de sorte que chaque chrétien devrait les écrire au fond de
son coeur et tâcher, par toutes les forces de son âme, d'en
rendre les paroles efficaces pour lui-même. Car non-seulement
elles mettent à découvert la perversité du coeur humain, mais
elles indiquent le remède nécessaire, et montrent en perspective
les félicités indicibles qui lui sont réservées, clans tous leurs de-
grés, jusqu'à celui dont il est question dans le Cantique de Sa-
lomon VI, 8. 9. et ici à l'occasion de l'Eglise de Philadelphie.
Mais elles prouvent aussi en même temps d'une manière terrible
combien sera grave ce que Dieu exigera de nous dans ses châti-
ments, pour tous ceux qui n'auront pas voulu répondre à son
appel. Si nous considérons chaque Eglise en particulier, nous
nous en formons le tableau suivant:
1. Ephèse. (Aimable ou désirable.) L'Eglise avait été fon-
dée par l'apôtre Saint-Jean, qui la dirigea, jusqu'à la fin de sa vie,
comme son évêque, ou, suivant le texte, comme son ange. Sa
charité, ainsi que son aversion pour tout ce qui était contraire à
Dieu, passa aussi à son Eglise, dans laquelle cependant cet esprit
commença à se refroidir peu à peu. Cérinthus est un des faux
apôtres dont il est fait mention. Les Nicolaïtes, nom qui équivaut
à „corrupteurs du peuple", et dont le Seigneur dit: „Je les
hais" — mot terrible dans la bouche du Seigneur — étaient
des gens de tous points semblables à nos chrétiens matériels
d'aujourd'hui, hommes du inonde qui conservent cependant exté-
rieurement les apparences du christianisme et de la piété, et cela
tout particulièrement le jour du sabbat, tandis que, le reste de la
semaine, ils montrent par toute leur manière d'agir que c'est ce
monde, et non Dieu, qui est leur idole. C'est parce qu'ils en en-
traînent d'autres à la tiédeur par cette apparence de sainteté que
Dieu les hait. Les bénédictions promises à cette Eglise se rappor-
tent au paradis, c'est-à-dire au ciel.
2. Smyrne. (Myrrhe ou parfum.) A la reconnaissance de
sa fidélité, de sa pauvreté temporelle, mais de sa richesse spiri-
tuelle, succède, sans aucun blâme, la louange de son zèle à com-
battre les blasphèmes des Juifs qui se faisaient passer pour tels,
mais qui n'étaient rien moins que de vrais Israélites, savoir des
disciples de satan. La persécution de dix jours qui y est men-
tionnée a eu lieu littéralement de la part du gouverneur romain ;
c'est pendant cette persécution que l'évêque de Smyrne Poly-
carpe subit sur le bûcher la mort du martyre à l'âge de 106 ans,
après avoir servi fidèlement le Seigneur pendant 86 ans. Leur
récompense leur est aussi promise dans le ciel.
36 APOCALYPSE DE SAINT-JEAN II et III.
3. Pergame. (Haute citadelle.) La louange et le blâme s'y
trouvent mêlés comme pour Ephèse. Antipas, dont il est ques-
tion ici, est un chrétien pieux qui y fut brûlé, sous Domitien,
dans le temple de Diane; il fut jeté dans un fourneau d'airain
chauffé au rouge. Outre les Nicolaïtes dont il a déjà été fait
mention, le Seigneur parle encore ici de Balaamites. C'est
ainsi que sont désignés les gnostiques d'alors, qui, comme nos
rationalistes d'aujourd'hui ou partisans de la, néologie, c'est-à-dire,
ceux qui ne croient à rien, les esprits forts, se moquent de tous
les principes de la religion et se rendent la vie dans ce monde
aussi agréable que possible. Contre eux aussi le Seigneur pro-
nonce sa sentence: ,,Je les hais." C'est aussi dans le ciel que
cette Eglise trouvera sa récompense.
4. Thyatire. (Qui dévore les victimes.) La louange et le
blâme s'y trouvent mêlés comme pour les précédentes. Le nom
de la femme Jésabol ne nous a pas été transmis par l'histoire.
Sa conduite et ses actions sont assez clairement précisées par le
texte. C'est la première des Eglises mentionnées qui trouvera sa
récompense tout particulièrement sur la terre, plutôt que dans le
ciel. C'est un point qu'il faut bien prendre en considération.
5. Sardes. (Débris ou ordures.) La sentence du Sei-
gneur relativement à cette Eglise est fort brève, mais elle
en est d'autant plus expressive ; elle porte qu'on croit y avoir
une vie spirituelle, tandis qu'à ses yeux on y est mort spirituel-
lement. Quelle leçon! Le Seigneur s'adresse ensuite au petit
nombre de ceux qui font exception et les récompense par la pro-
messe des biens les plus délicieux dans l'éternité.
6. Philadelphie. (Amour fraternel, les Turcs la nomment
,,ville de Dieu.") Le Seigneur ne lui donne que des louanges
et pas de blâme. Les promesses qui lui sont faites sont si vas-
tes, si immenses, que si on les prend une à une on peut à peine
les comprendre. Cela justifie l'opinion qu'elle est celle qui
forme l'objet principal de tout le Cantique de Salomon, ou, en
d'autres termes, la fiancée, qui est désignée dans l'Apocalypse,
chap. VII, par les 144,000 marqués du sceau, comme les pre-
miers rachetés de la terre, et qui sera décrite ici plus particuliè-
ment.
7. Laodicée. (Justice populaire, ou jour de la justice, ou
peuple qui se fait juge.) Ce n'est plus maintenant qu'un monceau
désert de ruines. Elle était la plus riche en biens terrestres et
la plus importante, d'après la position qu'elle avait acquise par
ses richesses, mais naturellement aussi, comme conséquence de
ces deux circonstances, la plus impie de toutes. Elle consistait
pour la plupart en riches marchands, qui vivaient dans un luxe
princier. Leur chef était un certain Archippe. L'activité des
APOCALYPSE DE SAINT-JEAN II et III. 37
Laodicéens est comme un vêtement rongé des teignes, souvent
raccommodé et souillé d'ordures, qui est bon à être jeté sur un
fumier, mais non a être porté par un chrétien. C'est pourquoi
il devait être échangé contre le vêtement de la justice de la
foi, joint à de bonnes oeuvres. Malgré cet état désespéré, l'a-
mour indicible du Seigneur se manifeste cependant en. termi-
nant, car tout en l'encourageant, il lui promet encore une récom-
pense dans l'éternité, pour le cas où elle prendrait à coeur ses
remontrances paternelles.
L'idée généralement répandue que ces sept Eglises sont le
symbole de la forme que revêtira la chrétienté dans tous les
temps, c'est-à-dire qu'il se trouvera toujours en elle des Eglises
ou des particuliers qui correspondront à l'une ou à l'autre de ces
sept Eglises, n'est pas invraisemblable. Je crois cependant, à en
juger d'après la bénédiction que le Seigneur a prononcée sur
chacune de ces Eglises et qui, comme il a été prouvé ci-dessus,
se rapporte exclusivement au ciel pour les trois premières Egli-
ses, être autorisé à admettre que les quatre dernières Eglises
sont des symboles de ce que seront les Eglises et les particuliers
dans les derniers temps ; je dis les particuliers en ce que chaque
chrétien orthodoxe appartient à une communauté spirituelle qui
répond par son caractère à l'un de ces quatre symboles. J'ai
déjà fait allusion à cette circonstance, en égard aux 144,000 qui
forment l'Eglise de Philadelphie, et qui se trouvent nécessaire-
ment épars dans toutes les communautés chrétiennes, auxquelles
ils sont inconnus. Et il en est de même de tous les autres.
Ensuite les meilleurs chrétiens après ceux de Philadelphie, forment
la communauté spirituelle de Thyatire. D'autres, qui occupent
un degré encore inférieur, forment la communauté de Sardes, et
les derniers celle de Laodicée. Si l'on recherche maintenant quel-
les sont celles des communautés actuelles et existant pour elles-
mêmes qui répondent à ces quatre symboles, il est difficile d'in-
diquer quelle est celle de Thyatire. En tout cas, ce ne peut être
qu'une des nombreuses sectes protestantes dont Dieu seul connaît
le coeur et les reins. Jung-Stilling la reconnaissait dans celle
des frères moraves, ce que je ne puis plus affirmer actuellement,
parce qu'ils ne s'inquiètent pas plus que les catholiques de l'é-
tablissement du règne de Dieu sur la terre. Mais, sans vou-
loir prétendre à l'infaillibilité, il n'y a pas le moindre doute, à
en juger d'après la véritable situation des choses, que Sardes re-
présente l'Eglise catholique-romaine et l'Eglise grecque, Laodicée,
au contraire, l'Eglise protestante, prises dans leur ensemble, cela
s'entend. Car, tandis que, malgré les ténèbres et la superstition,
qui y règnent, il existe dans les deux premières Eglises un plus grand
respect, un plus grand attachement pour leur religion, et, par
38 APOCALYPSE DE SAINT-JEAN II et m.
conséquent, une plus profonde reconnaissance de la divinité de
Jésus, qu'il s'y trouve, en un mot, une foi beaucoup plus positive,
comme cela est surtout le cas dans l'Eglise grecque en Russie,
c'est, au contraire, justement dans l'Eglise protestante, prise dans
son ensemble, je le répète, que l'indifférentisme, le plus dangereux
ennemi de la foi, et la négation ont jeté des racines bien plus
profondes et se montrent chaque jour bien plus pernicieux dans
leurs conséquences et leurs fruits que dans les deux Eglises
précédentes. La sentence du Seigneur: „Je connais tes
oeuvres, tu n'es ni froid ni bouillant. Plût à Dieu
que tu fusses froid ou bouillant! Ainsi, parce que tu
es tiède et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vo-
mirai de ma bouche, " s'applique donc bien plutôt à l'Eglise
protestante qu'à l'Eglise romaine et à la grecque. Je ne suis
pas seul de cette opinion, car l'auteur protestant, mentionné déjà
plusieurs fois, de „The last Vials" (les dernières Coupes de la
Colère) l'a déjà prouvé d'une manière si convaincante pour tout
homme exempt de préjugés, et cela depuis nombre d'années dans
cette feuille périodique, que tout doute qui pourrait encore sub-
sister à cet égard doit disparaître.
Deuxième Partie
de l'Apocalypse de Saint-Jean.
Deuxième Vision.
Le Prologue et les six premiers sceaux, comprenant:
Chapitres IV., V. et VI.
A. Prologue.
Chapitre IV. et V.
IV, 1. Après cela je regardai, et je vis une porte ouverte dans le ciel ; et la
première voix que j'avais entendue comme celle d'une trompette, et qui parlait
avec moi, me dit : Monte ici, et je te ferai voir les choses qui doivent arriver dans
la suite. 2. Et incontinent je fus ravi en esprit; et voici un trône était dressé
dans le ciel, et quelqu'un était assis sur ce trône. 3. Celui qui y était assis pa-
raissait semblable à une pierre de jaspe et de sardoine ; et le trône était environné
d'un arc-en-ciel, qui paraissait comme une émeraude. 4. Autour de ce trône il y
avait vingt-quatre autres trônes; et je vis sur ces trônes vingt-quatre vieillards
assis, vêtus d'habillements blancs, et qui avaient sur leurs tètes des couronnes
d'or. 5. Et il sortait du trône des éclairs, des tonnerres et des voix; et il y avait
sept lampes allumées devant le trône, qui sont les sept esprits de Dieu. 6. Il y
avait aussi devant le trône une mer de verre semblable à du cristal, et au milieu
du trône et autour du trône il y avait quatre animaux pleins d'yeux devant et der-
rière. 7. Le premier animal ressemblait à un lion, le second ressemblait à un
veau, le troisième avait le visage comme celui d'un homme ; et le quatrième res-
semblait à un aigle qui vole. 8. Ces quatre animaux avaient chacun six ailes, et
ils étaient pleins d'yeux tout à l'entour et au dedans ; et ils ne cessaient, jour et
nuit, de dire: Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu tout-puissant, qui était, qui
est, et qui sera. 9. Et quand ces animaux rendaient gloire et honneur et des ac-
tions de grâces à celui qui était assis sur le trône et qui vit aux siècles dos siècles,
10. Les vingt-quatre vieillards se prosternaient devant celui qui était assis sur le
trône, et ils adoraient celui qui vit aux siècles des siècles, et ils jetaient leurs cou-
ronnes devant le trône, en disant: 11. Seigneur, tu es digne de recevoir la gloire,
l'honneur, et la puissance; car tu as créé toutes choses, et c'est par ta volonté
qu'elles subsistent et qu'elles ont été créées.
40 APOCALYPSE DE SAINT-JEAN IV et V.
V, 1. Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône, un
livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux. 2. Je vis aussi un ange
puissant, qui criait à haute voix : Qui est digne d'ouvrir le livre, et d'en délier les
sceaux? 3. Et il n'y avait personne, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la
terre, qui pût ouvrir le livre, ni regarder dedans. 4 Et je pleurais beaucoup,
parce qu'il ne s'était trouvé personne qui fût digne d'ouvrir le livre, ni de le lire,
ni de regarder dedans. 5. Et un des vieillards me dit: Ne pleure point; voici, le
lion, qui est issu de la tribu de Juda et de la race de David, a vaincu, pour ouvrir
le livre et délier ses sept sceaux. 6. Je regardai donc, et je vis au milieu du trône
et des quatre animaux, et au milieu des vieillards, un Agneau qui était là comme
immolé; il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envo-
yés par toute la terre. 7. Et il s'avança, et prit le livre de la main droite de celui
qui était assis sur le trône. 8. Et quand il eut, pris le livre, les quatre animaux
et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'Agneau, ayant chacun des
harpes et des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints. 9.
Et ils chantaient un cantique nouveau, disant : Tu es cligne de prendre le livre,
et d'ouvrir ses sceaux; car tu as été immolé, et tu nous as rachetés à Dieu par ton
sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation; 10. Et tu
nous as faits rois et sacrificateurs à notre Dieu ; et nous régnerons sur la terre.
11. Puis je regardai, et j'entendis la voix de plusieurs anges autour du trône et
autour dès animaux et des vieillards ; et leur nombre était de plusieurs millions.
12. Ils disaient à haute voix: L'Agneau qui a été immolé, est digne de recevoir la
puissance, les richesses, là sagesse, la force, l'honneur, la gloire, et la louange.
13. J'entendis aussi toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, et sous
la terre, et dans la mer, et toutes les choses qui y sont, qui disaient : A celui qui
est assis sur le trône, et à l'Agneau, soit louange, honneur, gloire et force aux
siècles des siècles. 14. Et les quatre animaux disaient: Amen. Et les vingt-
quatre vieillards se prosternèrent et adorèrent celui qui vit aux siècles des
siècles.
Une circonstance qui nous saute aux yeux, mais qui a été
laissée entièrement inaperçue presque par tous les commentateurs,
c'est que le Seigneur commence ici par la révélation des évé-
nements qui devaient avoir et auraient lieu après ces cho-
ses, c'est-à-dire après l'époque seulement où les sept Eglises
existaient, ainsi donc dans des temps subséquents. Mais, d'après
le texte, il devrait et doit être évident pour tout lecteur non
prévenu, que, suivant ce que nous avons dit dans les pages pré-
cédentes et surtout à l'occasion du chapitre XI., 15. de Daniel,
il ne peut être question d'un autre temps que du point de cul-
mination de l'iniquité dans le quatrième empire du monde ou
empire romain, ainsi donc uniquement des derniers temps. L'en-
tière omission de cette circonstance est la principale cause pour
laquelle le présent livre a été l'objet de tant d'interprétations
erronées. Mais la vision dont il est question ici fait suite à la
précédente, elle est donc dans une certaine connexion avec elle.
Il en résuite 1°) que le contenu spirituel des sept missives qui
ont précédé remplit tout l'espace de temps compris entre le jour de
APOCALYPSE DE SAINT-JEAN IV et V. 41
la révélation de cette prophétie et les préparatifs immédiats
dont nous venons de parler, et forme en quelque sorte le pont
qui relie ces deux points extrêmes; 2°) que l'accomplissement des
faits exposés ensuite n'a rigoureusement aucun rapport avec ce
pont, cet intervalle, mais qu'il contient un fait compact, arrondi
et indépendant, savoir l'exposition des événements terribles qui
doivent avoir lieu dans les derniers temps, immédiatement avant
le retour du Seigneur sur la terre et à l'occasion de ce retour.
Saint-Jean qui, à la fin de la première partie, se trouva reporté
dans son état et sa position terrestres, fut invité de nouveau par
la même personne et la même voix à se transporter en
extase ou en esprit dans une sphère supérieure, ou plutôt, pour être
plus compréhensible, fut mis en cet état par le Seigneur. Cela
est une preuve nouvelle que le Seigneur voulait donner à en-
tendre quelle grande distance il y a entre ces deux parties, en
tant que la première traite principalement de l'état d'alors
des sept Eglises, que ces deux parties sont donc entièrement sé-
parées l'une de l'autre. Car bien que la dernière ait, à la vérité,
aussi la terre pour objet, les grands préparatifs, d'une si immense
portée, devaient partir du trône de Dieu et de l'Agneau, du ciel.
La participation du ciel dans cette lutte prochaine devait en
même temps en prouver l'importance, ainsi que la grandeur de son
résultat final, savoir la réunion intime du ciel et de la terre, et
montrer le temps actuel avec sa fin et la félicité dans l'avenir.
Mon explication des sceaux prouvera jusqu'à quel point cette
manière de voir mérite d'être partagée.
Le chapitre IV que nous avons sous les yeux nous donne
une idée de la majesté de Dieu le Père au ciel, de son trône et
de son entourage céleste. Les 24 viellards, dont il est question
au verset 4. pour la première fois, rappellent d'abord les prêtres
fonctionnant à nombre égal dans le temple de l'ancienne alliance,
à la tête desquels était le grand-prêtre comme 25e, et formant
ensemble le collége du grand-prêtre ou sanhédrin; tandis qu'ici
c'est le Seigneur Jésus lui-même qui occupe la place du
25e. J'ai prouvé clairement dans mon ouvrage principal que ce
ne peuvent être les 12 patriarches avec les 12 apôtres. Je crois
aussi y avoir donné la preuve que ce doivent être 24 d'entre les
Saints qui, suivant Matthieu XXVII, 52. et 53. sont ressusci-
tes de leurs tombeaux après la mort du Seigneur sur la croix
et qui n'ont jamais pu y rentrer (I Samuel XXVIII, 15.). Sous
les quatre figures de bêtes, nous ne devons pas nous représenter
des animaux, quoiqu'elles soient nommées ainsi dans plusieurs
textes, car elles ont des mains humaines et une figure et une
voix humaines propres à se prosterner devant la majesté de
Dieu. Il ne faut donc faire attention qu'à leurs visages, qui

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