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Le moulin de Piot

De
94 pages

Un chanteur célèbre s'interrogeait l'autre jour sur ce qu'il subsiste lorsque se perd une civilisation. Rien peut-être, si ce n'est son art ?
L'art et la manière de cohabiter laissent parfois de curieuses architectures qui apparaissent comme autant de reflets et d'intrigues patinés par le temps !
Nous sommes au fin fond d'une vallée perdue au centre de la France ; là où louvoie une rivière étincelante du nom de Petite Creuse. À ces mots, certains feront sûrement référence à ce département rebelle, que l'on imagine quelque part sur l'hexagone entre bruyères et ajoncs ...
C'est pourtant ici, au moulin de Piot, que pendant une trentaine d'années, se sont manifestés quelque 20 000 jeunes issus de 53 pays et notamment de toutes les régions de France.
Plus communément appelé « le moulin des apprentis » à ses débuts, le développement de cette aventure est à l'origine d'une chaîne internationale d'autres moulins.
D'authentiques artistes tels Mouloudji ou Pierre Perret ont soutenu ou se sont produits en Creuse sur ce site, dont l'objectif était d'évoluer vers la construction baroque d'un village cosmopolite.
Ce fut chose faite en dépit d'années de guerre insoutenables, grâce au dessein d'un seul homme, animé justement d'une volonté sereine de provoquer la chance.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-71648-4

 

© Edilivre, 2014

Préface

« Ce n’est qu’un au-revoir mes frères,

Ce n’est qu’un au-revoir

Oui nous nous reverrons… »

Chaque année, à la fin de l’été, unis dans une « chaîne de l’Amitié », des jeunes venus du monde entier, entonnaient ce chant symbolique autour de la fontaine, sur la place de Bonnat.

Ce petit bourg creusois, devenait un temps la capitale d’un pays où les hommes se donnaient la main.

Le « Moulin » dans l’esprit du « Tonton », c’était l’école de l’amitié, mais aussi celle de la tolérance, du respect de l’autre, dans la diversité et la différence. Piot et sa nature sauvage étaient dès lors, le lieu idéal pour réaliser une telle entreprise.

Ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que le Moulin de Piot est bien vivant. La preuve : en ce soir de Juillet 2013, installés sur le mot Amitié, inscrit en relief sur le sol, des musiciens anglais jouent du blues… « Chez Tonton », le petit restaurant, on se régale de brochettes au curry. De jeunes Hollandais rient et dansent. Des enfants tournent autour de la table de ping-pong…

La chaîne n’est pas rompue…

Puisse ce livre ajouter un nouveau maillon.

Simone Chareille-Gaonach
Claudine Chareille-Dodard

Avant-propos

De la période de 1940-1945, il faut retenir que la civilisation a été mise en danger. Le fascisme, le nazisme s’étaient implantés à partir de 1933 en Europe, en négation de toutes valeurs humaines qui pourtant, s’avéraient toujours mieux assises depuis le siècle des Lumières.

Les valeurs humanistes perdaient tout leur sens, laminées par le culte de la violence, dans un seul but idéologique pour parvenir à la domination politique d’un ou de pays par d’autres.

Et l’on comprend très bien qu’après cette période qui mit à mal l’humanité, des humanistes tel Charles Chareille s’impliquèrent corps et âme dans une initiative visant l’harmonie entre les hommes de toutes régions du monde.

Bernard Paquet

Prologue

Situé à deux pas de Chéniers (23) sur les rives de la Petite Creuse, à l’extrémité Nord de la Région Limousin, aux confins des anciennes provinces de la Marche et du Berry, le Moulin de Piot – ancien repère de maquisards – a accueilli de l’après-guerre jusqu’au début des années 1980, quelque 20 000 jeunes apprentis, étudiants et autres volontaires venus de 53 pays notamment de toutes régions de France.

L’objectif était de construire, reconstruire, comme pour mieux recréer des liens détruits à jamais par la guerre, par deux guerres mondiales implacables et effroyables ; en somme tenter de bâtir ensemble un village au dessein international autour d’un ancien moulin, en mettant à contribution l’énergie, le savoir et le respect de la culture de chacun dans une dimension cosmopolite fondamentale.

Il demeure toutefois inconcevable de parler du Moulin de Piot sans évoquer le nom du personnage central de cette histoire.

Charles CHAREILLE, chef du réseau Nord de la Résistance Creusoise fut l’instigateur, le visionnaire et le réalisateur de ce projet qu’il porta de A à Z.

Cette histoire n’aurait sans doute aucun sens si elle ne laissait derrière elle l’intrigue d’une maquette de savoir-vivre à l’échelon planétaire, assise sur les fondements de l’Education Populaire, de la Culture, de la cohabitation et de l’amitié entre les peuples.

L’amitié est encore ici présente à la fois comme un leitmotiv et un mot fantôme qui hante les vestiges de constructions hétéroclites loin de tout abandon.

L’amitié ? « Un mot sur lequel nous sommes plantés ! » comme aimait si bien le dire le fondateur du Moulin de Piot et de la Chaîne Internationale des Moulins.

« Qu’importe si j’ai pris ce train, puisque je l’ai fait prendre à des milliers de personnes ! »

Blaise Cendrars
La prose du Transsibérien et de la petite Jehane de France, 1913

Dessinateur, peintre, concepteur, c’est l’intrigue et le souvenir intact de rencontres et d’échanges avec des jeunes de mon âge en provenance de ce site – au cours de la période psychédélique des années 70 – qui ont sans nul doute influencé mon parcours professionnel parallèle, d’animateur socio-éducatif et culturel, pour devenir un temps, médiateur.

Toutefois, si les pages qui suivent tentent de retracer cette aventure, comprenez qu’il s’agit avant tout d’une pure interprétation.

Dominique Farigoux

1
Juste après la guerre

Ici, au centre de la France profonde, les premiers bénéficiaires des congés payés posaient déjà cette question devenue universelle : « pourquoi une contrée aussi charmante est-elle si peu connue ? »

Nous sommes en Creuse, département dont la ville de Guéret fut la première préfecture de France à être libérée (puis reprise) sous l’Occupation.

Piot est un lieu-dit sur les berges de la rivière « la Petite Creuse », au fin-fond d’un ravin dont les ruines d’un ancien moulin étaient le Poste de Contrôle (PC) de résistants lors de la seconde guerre mondiale. Le jeune Charles Chareille qui en était l’un des principaux acteurs et dirigeants devint plus tard un ambassadeur de la paix : le « Tonton » du Moulin de Piot et de tous les moulins.

Pourtant, bien loin de là, tout commence à l’issue de la guerre de 1914-1918 du côté de Verdun. De jeunes Britanniques, Suisses, Allemands et Français se réunissent pour reconstruire ensemble. Leur autre objectif commun est « apprendre à se connaître et à se tolérer pour que jamais plus ça ne recommence ! »

Reconstruire… Une formule digne de bon sens et de compassion dans le contexte de l’époque et du temps !

Mais les meilleures intentions ne bénéficient pas toujours de la meilleure audience. Fascisme, idéologies, économie défaillante, perte de repères, nazisme rattraperont vite toute la bonne volonté de ces grandes illusions.

C’est pourtant à l’approche de 1950 que des groupes internationaux de jeunes volontaires – à ne pasconfondre avec les chantiers de jeunesse de l’époque pétainiste – reprendront à leur compte l’expérience initiée dans les années 20 par l’un des fils de Président de la Confédération Helvétique ; en l’occurrence Pierre Cérésole.

Le Service Civil International (SCI) va également, au bénéfice de l’apparition d’associations, fédérer toutes les forces vives pour se joindre à l’Union des Nations Unies pour l’Education, les Sciences et la Culture (UNESCO) afin d’apporter secours et intervenir partout où frappent dans le monde la guerre et les catastrophes.

Toutefois, sans vouloir réécrire une page d’histoire, il est important de se retourner quelques instants sur la période de la Résistance qui allait se manifester en France, en Europe et dans le monde tout au long de la seconde et sulfureuse guerre mondiale ; cette même guerre qui allait diviser souvent les comportements des populations, avant et bien après la Libération.

C’est donc en prenant un raccourci par l’histoire locale du maquis que va s’orienter ce récit qui commença lui aussi dans la haine et le flux meurtrier.

A l’évidence, l’on ne peut aborder une telle période en se faisant juge ou bien-pensant ; d’autant que la génération dorée (issue du baby-boom) qui est la mienne ne peut se positionner qu’en toute humilité et distance, n’ayant connu fort heureusement de tels conflits.

Car, ne devient pas maquisard ou résistant qui le souhaite. Et n’est pas en état de résistance physique ou psychologique qui l’entend ! Certains résistants comprennent encore que rares sont les individus assez habiles pour s’insurger contre toute dictature ; voire faire preuve de désobéissance.

Dans le registre de la torture le film I… comme Icare, fiction de Henri Verneuil avec Yves Montand (sorti en 1979) montre à quel point l’ordre nouveau et l’autorité peuvent agir et influencer le comportement de tout être humain. Et c’est en ce sens que s’engager dans la Résistance nécessite sans doute des circonstances particulières et des prédispositions naturelles. A moins qu’il ne s’agisse au-delà de l’engagement politique d’un besoin de risque et d’aventure ?

Sans vouloir démystifier d’aucune façon les réseaux de maquisards, lorsque je parle d’aventure, je veux signifier de besoin d’action, de prise de risque et d’audace. Je ne fais bien sûr aucun amalgame avec des personnages...