Le Mystère de la Tour de l'Horloge

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Suite à la tragique disparition de son époux, lady Elena Duchêne s’est retirée du monde en compagnie de Fripouille, son capucin, et de ses domestiques. Lorsque vient enfin l’heure de quitter ses habits noirs, les prétendants se bousculent à sa porte.

Mais la vie bouillonnante de Paris est bien plus attirante. Partout, on ne parle plus que l’horloge de Notre-Dame et de ses aiguilles qui disparaissent chaque soir à minuit précise. Lady Elena n’a dès lors plus qu’une idée en tête : découvrir ce qui se trame dans la plus haute tour de la cathédrale.


Publié le : vendredi 1 août 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791093026077
Nombre de pages : non-communiqué
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Rébecca Borakovski

Titre.eps

Couverture : Angel M. Meynard

Avec les images de La Esmeralda et de Meltys.

© 2013 Flammèche Éditions

Tous droits réservés pour tous pays.

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http://www.editions-flammeche.com

ISBN : 979-10-93026-07-7

Lady Elena Duchêne s’autorisa un soupir tandis que la porte se refermait sur le comte de Lafleur. Six mois déjà s’étaient écoulés depuis la fin de son deuil et la file de ses prétendants ne cessait de s’allonger. Le comte pouvait sembler des plus aimables, jamais elle ne supporterait d’être mariée à quelqu’un possédant une âme aussi velue.

Elle se mordit la lèvre et porta la main à ses bésicles. Clic ! Le mécanisme enclenché, elle put de nouveau voir normalement. Cela n’était peut-être pas très honnête de sa part de les éteindre durant les supposées visites de courtoisie de ces hommes, mais la curiosité l’emportait. De plus, il incombait à une dame de son rang de disposer de toutes les cartes pour juger ses potentiels maris. Rien que l’idée de se réveiller tous les matins, sans bésicles, au côté d’une noirceur innommable lui procurait des sueurs froides. Bien qu’il fût hors de question pour elle de se remarier : un mariage lui suffisait amplement.

Elle laissa ses yeux s’habituer un moment à sa nouvelle vision, celle de n’importe quel humain somme toute. Le passage d’une réalité à une autre était toujours des plus perturbants. Heureusement pour elle, la luminosité n’était pas trop forte cet après-midi-là, ce qui lui permit d’être tout à fait remise lorsque l’horloge sonna quatre heures et qu’elle dut aller se changer. En l’entendant se lever, Fripouille se réveilla et se dépêcha de la rejoindre avant qu’elle n’atteigne la porte. Il escalada prestement sa jupe et se jucha sur son épaule droite, sa queue entourant le cou de sa maîtresse pour conserver son équilibre.

Lucy avait d’ores et déjà sélectionné pour elle une jupe à tournure vert bouteille agrémentée de rayures verticales violettes. Le chemisier assorti reprenait le même ton de vert avec des fronces violettes au col et aux poignets. Cela mettrait en valeur son teint pâle et ses yeux noirs. Après tout, voilà bien plus d’un an qu’elle n’était pas sortie ! La femme de chambre démêla ses boucles claires et les remonta prestement en un haut chignon en dessous duquel elle put passer la lanière des bésicles. Fripouille ne voulut pas être en reste et, après avoir fait semblant de se peigner, alla voler un ruban vert et violet qu’il s’attacha autour de la tête. Puis il s’installa devant la glace pour se mirer au grand dam de Lucy qui n’appréciait pas les singeries du capucin.

Souriant, lady Elena l’appela avant de s’engager dans le couloir. Le singe lui courut après, mais attendit tout de même sagement à ses pieds qu’elle eût enfilé son manteau pour rejoindre son perchoir préféré. Une nouvelle preuve que le dressage de Fripouille ne présentait aucun problème et cela ravissait sa maîtresse. Elle s’autorisa un gloussement à l’idée de la réaction de ses amies face à son capucin domestique ! Mais déjà l’heure tournait et la voiture soufflait sa fumée blanche à la porte.

Fripouille s’extasia à la fenêtre tandis qu’elle contemplait tous les changements arrivés à Paris depuis l’année 1891. Elle vérifia ainsi les dires de Lucy concernant la boulangerie qui avait ouvert sur les quais en humant la bonne odeur qui s’en échappait. L’invitation de cet après-midi n’émanait pas de l’une de ses proches amies, mais les salons de la comtesse de Raison étaient le meilleur endroit pour retrouver sa vie mondaine et apprendre les derniers potins.

Trente petites minutes seulement en voiture furent nécessaires pour qu’elle soit introduite chez la comtesse. Elle ne manqua pas de voir mademoiselle Eliza retirer précipitamment des bésicles en zinc au design fort semblable aux siennes, tout en ayant au moins la délicatesse de paraître gênée. Lady Elena fut peinée pour elle. La pauvre enfant ne connaissait pas la véritable utilité de ces lunettes ! Elle s’installa néanmoins sur le dernier fauteuil recouvert de brocart jaune après l’invitation de son hôtesse. L’horloge de la tour de Notre-Dame sonna la demie de cinq heures.

— Ma chère amie, je suis désolée de ce retard mais, arrivée au quai, ma voiture s’est retrouvée prise entre une avalanche de charbon et un revendeur de pièces mécaniques. Cela m’arrache toujours le cœur de voir ces automates à moitié démembrés…

— Comme je vous comprends ! L’autre jour nous avons dû nous séparer de mon perroquet, il était complètement rouillé. Irrécupérable. Ce...

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