Le Partage de la chair

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« Tu ne mangeras pas la chair de tes semblables », tel est a priori le crédo des humains, à travers le temps ou l’espace. Mais, sur la planète Lokon récemment redécouverte, Moru a dévoré Donli, le compagnon d’Evalyth. Evalyth, folle de chagrin, ne pense qu’à se venger. Elle apprendra néanmoins le pardon.
Publié le : jeudi 27 septembre 2012
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EAN13 : 9782843444647
Nombre de pages : 45
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
Le Partage de la chair
Poul Anderson
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
Nouvelle extraite du recueilLe Chant du barde, les meilleurs récits de Poul Andersonproposé et dirigé par Jean-Daniel Brèque. ISBN : 978-2-84344-463-0 Parution : septembre 2012 Version : 1.0 — 26/09/2012 © 1968, 1970, 1971, 1972, 1981 by Poul Anderson. © 2010, Le Bélial’ pour la traduction française © 2012, Le Bélial’, pour la présente édition Illustration de couverture © 2010, Caza.
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
Le Partage de la chair
Titre original :The Sharing of FleshPrix Hugo 1969 InGalaxy Science Fiction, décembre 1968 Première publication française (dans une autre traduction) : inGalaxie 2e série n° 70(mars 1970) Nouvelle traduite de l’américain par Jean-Daniel Brèque
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Nouveau Hugo pour ce texte — pendant longtemps, Poul Anderson a détenu le record des récompenses dans ce registre —, qui présente certains parallèles avec «Long cours». L’Empire terrien cher à Dominic Flandry s’est effondré et, quelques siècles plus tard, les descendants de ses sujets cherchent à rebâtir sur ses ruines une nouvelle civilisation. Contrairement aux Montaliriens, les habitants de ce monde perdu sont impatients de profiter des bienfaits du progrès. Mais le méritent-ils ? À sa manière, ce texte représente la quintessence de l’art de Poul Anderson : une énigme scientifique, des personnages bien campés, une résolution surprenante et, au passage, une leçon bien sentie sur les préjugés. Et une ode au métissage qui surprendra ceux qui voient en notre auteur un vilain raciste. Evalyth est déterminée par sa culture, qui lui a inculqué un code d’honneur des plus rigides ; mais son mariage avec Donli, issu d’une planète plus douce, lui a ouvert l’esprit. C’est peut-être pour cela qu’elle prend le temps de la réflexion avant d’assouvir sa vengeance, en dépit du crime atroce dont son époux a été la victime.
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MORU CONNAISSAIT LES ARMES À FEU. À tout le moins, les grands étrangers avaient montré à leurs guides de quoi étaient capables les objets qu’ils portaient contre leur cuisse, les éclairs et les flammes qu’ils crachaient. Mais il ne savait pas que les petites boîtes qu’ils tenaient souvent dans leurs mains, lorsqu’ils parlaient dans leur langue, étaient des transmetteurs audiovisuels. Sans doute pensait-il qu’il s’agissait de fétiches. Si bien que lorsqu’il tua Donli Sairn, il le fit au vu et au su de la femme de Donli. Ce fut un pur hasard. Excepté aux heures prévues, durant la matinée et la soirée du jour de vingt-huit heures de cette planète, le biologiste, comme tous ses camarades, ne communiquait qu’avec son ordinateur. Mais comme ils étaient mariés depuis peu et baignaient encore dans le bonheur, Evalyth acceptait ses appels chaque fois qu’elle n’était pas retenue par ses propres obligations. Qu’elle soit branchée sur lui à ce moment précis n’avait rien d’extraordinaire. Elle n’avait pas grand-chose à faire. En tant que militech de l’expédition — elle était originaire d’une région à demi barbare de Kraken, où les femmes avaient tout autant que les hommes la possibilité d’acquérir les techniques de combat en milieu primitif —, elle avait supervisé la construction de la redoute ; et elle supervisait les personnes chargées de la garder. Cependant, les habitants de Lokon étaient aussi coopératifs avec les visiteurs du ciel que le permettait leur aura de mystère. Forte de son instinct comme de son expérience, Evalyth Sairn avait conclu que leur réticence s’expliquait uniquement par la terreur sacrée, tempérée par l’espoir qu’ils avaient de gagner leur amitié. Le capitaine Jonafer partageait son impression. Sa responsabilité ainsi réduite à l’état de sinécure, elle s’efforçait de se former au travail de Donli afin de lui servir d’assistante lorsqu’il reviendrait des terres-basses. Par ailleurs, un test venait de lui confirmer qu’elle était enceinte. Elle ne le lui dirait pas, avait-elle décidé, pas encore, vu les centaines de kilomètres qui les séparaient, mais patienterait jusqu’à leurs retrouvailles. En
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attendant, savoir qu’ils avaient créé ensemble une nouvelle vie faisait de lui son étoile polaire. L’après-midi du jour qui le vit mourir, elle entra dans le biolabo en sifflant. Dehors, un farouche soleil projetait ses rayons cuivrés sur un sol couleur de poussière, sur des préfabriqués nichés autour de la navette qui avait descendu les êtres comme les choses de laNouvelle Auroreen orbite, sur les aéros et les graviluges grâce auxquels on ralliait tous les points de la grande île constituant la seule terre habitable de ce globe, et sur les hommes et les femmes eux-mêmes. Par-delà l’enclos, les plumets des arbres, les maisons de boue séchée entraperçues, le murmure des voix et des pieds foulant le sol, l’odeur âcre des feux de bois, tout cela montrait qu’une ville abritant des milliers de personnes s’étendait jusqu’au lac Zelo. Le biolabo occupait plus de la moitié de la structure où demeuraient les Sairn. Le confort y était spartiate, en cet âge où les astronefs originaires d’une poignée de cultures luttant pour retrouver la civilisation parcouraient les ruines de l’Empire. Mais, aux yeux d’Evalyth, il suffisait que ceci soit leur foyer. De toute façon, elle était habituée à l’austérité. Ce qui l’avait attirée chez Donli, lorsqu’elle avait connu sur Kraken cet homme venu d’Atheia, un monde censé avoir conservé ou retrouvé presque tous les avantages de la Vieille Terre à son heure de gloire, c’était la bonne grâce avec laquelle il acceptait la dure vie de son pauvre et sévère pays. La gravité était réglée sur 0,77 g, soit moins de deux tiers de la pesanteur avec laquelle elle avait grandi. Ce fut donc d’une démarche souple qu’elle négocia les empilements de machines et de spécimens divers. C’était une belle jeune femme, grande et athlétique, aux traits un peu trop durs pour le goût d’un homme qui ne serait pas de son peuple. De celui-ci, elle avait les cheveux blonds et les tatouages complexes sur les membres ; l’éclateur posé sur sa cuisse lui venait de ses ancêtres. Mais elle avait renoncé à la tenue krakener en faveur de la combi que portaient tous les membres de l’expédition. Comme il faisait frais, comme il faisait sombre dans cet abri ! Elle poussa un soupir d’aise, s’assit et activa le récepteur. Lorsque se forma devant elle l’image tridi de Donli, lorsque parla la voix de Donli, son cœur battit un peu plus fort. « … semble descendu du trèfle. » L’image montrait des plantes vertes à feuilles trilobées, éparpillées au sein de la pseudo-herbe indigène de couleur rouge. Elle passa en gros plan lorsque Donli rapprocha le transmetteur afin que l’ordinateur enregistre les détails en vue d’une analyse ultérieure. Evalyth plissa le front, cherchant à se rappeler… oh ! oui. Le trèfle était l’une de ces formes de vie que l’homme avait apportées de la Vieille Terre pour les répandre dans d’innombrables planètes, avant la venue de la Longue Nuit. Souvent, les millénaires les
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rendaient méconnaissables : l’évolution les adaptait à des conditions étrangères, à moins que les mutations et la dérive génétique n’agissent de façon quasiment aléatoire sur une population initiale limitée. Sur Kraken, nul ne savait que les pins, les goélands et les rhizobactéries étaient des immigrants altérés jusqu’à ce que Donli et son équipe débarquent et les identifient. Non qu’il ait jamais visité la planète mère, pas plus que les autres habitants de cette partie de la galaxie. Mais les banques de données athéiennes étaient bourrées d’informations, ainsi d’ailleurs que la chère tête bouclée de Donli… Et voilà sa main, gigantesque dans le champ visuel, occupée à cueillir des spécimens. Comme elle aurait voulu l’embrasser !Patience, patience, rappela l’officier à la jeune mariée. Le travail prime sur tout le reste. Nous avons découvert une nouvelle colonie perdue, la plus misérable à ce jour, une colonie qui a régressé jusqu’à l’état le plus primitif qui soit. Notre devoir est de dire au Conseil si ça vaut la peine de lui dépêcher une mission civilisatrice ou si les Planètes alliées feraient mieux de dépenser ailleurs leurs si maigres ressources, laissant ainsi ces gens stagner dans leur misère pendant deux ou trois siècles encore. Pour rédiger un rapport objectif, nous devons les étudier, eux, leurs cultures et leur monde. C’est pour cela que je me trouve dans les terres-hautes barbares et lui dans la jungle, au milieu des sauvages. Reviens-moi vite, je t’en prie, mon chéri. Elle entendit Donli parler dans la langue des terres-basses. C’était une forme dégénérée du lokonais, lui-même un dérivé de l’anglique. Quelques semaines de travail intensif avaient été nécessaires aux linguistes de l’expédition pour démêler ces dialectes. Ensuite, tous les membres de l’équipe avaient eu droit à une cérébro-instruction. Cela ne l’empêchait pas d’admirer la maîtrise dont faisait preuve son homme après trois jours d’immersion chez les coureurs des bois. « Nous arrivons bientôt, Moru ? Tu m’as dit que ce lieu était tout près du camp. – Nous y sommes presque, homme-des-nuages. » Un petit signal d’alarme résonna dans l’esprit d’Evalyth. Que se passait-il ? Donli n’avait pas laissé ses équipiers pour partir seul avec un indigène, quand même ? Rogar de Lokon les avait mis en garde contre la traîtrise de cette peuplade. Certes, la veille, les guides avaient sauvé Haimie Fiell de la noyade dans les rapides… au risque d’y perdre la vie, sans doute… L’image se mit à tressauter au rythme des pas de Donli. Evalyth fut prise d’un léger vertige. De temps à autre, elle apercevait le décor alentour. Une coulée sinuant dans la forêt, un feuillage couleur de rouille, des troncs d’arbres et des branches marron, des ombres dans le lointain, le cri d’un animal invisible. Elle sentait presque la chaleur et l’humidité de l’atmosphère, le parfum écœurant de la végétation. Ce monde (qui n’avait
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