Le peintre politique, ou Tarif des opérations actuelles ([Reprod.]) / [Billaud-Varenne]

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[s.n.]. 1789. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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i Tot^ îe mortde vient de lire avec beau-»
coup' pour titrer
A l'élégance
au &yfej cet 'Écrit a joint davantage beau-
coup plifsgr^hîd dé faire çbhhoîtré à la Na-;
ûon 'de$ Pferfohhàgës f itow!
portant'de n'é*à-j
jninêrdris pas ïîtbus les portraits ont attrapa
pe quelquefois. Les dont
tout hônTfme fait involontairement Vinipul»
fion, égarent lis pinceau de l'Artifte comme la
plume 'de l'Écrivain. Mais l'Ouvrage achevé
n'en â tfzs rnoins fes
fes
Le foin de copier la nature ne fe borne
il faut égale-
ment doncfemblé
qu'il manquoty.un Pendant à la Galerie des1
Étaas-Généraux. Sans doute on trouve, dans
cette foule d'Écrits éphémères un grand
fi
nombre i^fa/f ne
parbît encore avoir fongé'à en réunir l'én-
femble fous jm même Quand
.;Ce:
iwxulieujs .mal
tant de défauts,
terniveraent & l'excufe
Peintre,' texA Je choix .heureux de ion «ru >-
TARf
TARIF
ACTUELLES.
jfk. oN.^épo<}Up où le patriotitme -étoic un crime
Se la bafléfle d'ame finon une vertu, du moin»
un devoir je n'a vois pas craint d'ararguer &
d'affronter l'orage. Né François j'ai toujours
trouvé aufondde mon âme cet élans de lanature qui
porte l'homme vers fa liberté» Pour l'obtenir il 3
fois fur les momens de la recouvrer. Depuis ces
fiècles l'autorité étoit en France la loi fuprêm:;
& le peuple qui l'a crée & l'a fait valoir, parai; fé
par le defpotifme fe trouvoit abâtardi juîqu'à ne
plus fe reconnoître. Il eft fans douté des inftans
où l'indignation & le défefpoir donnent enfin le
courage de mettre en pièces le joug de la fervituc e;
mais un peuple d'enclaves ne ravoir oppofêr à e
perpétuelles vexations que de la foupletfè oc de
l'apathie. I ̃̃
Cependantce n'étoit pas un Tibère, un Coin-!
mode, un Néron oa topt, autre tyran de cette
trempe qui faifoit trembler h France par des fcè tes
lv)
àc barbarie & d'hoireur. Depuis quelque temps
le Souverain n'éfoh plus qu'une marotte, que d'a-
bord la paffion des bientôt des be-
foiçs excedts dotent livré à* fes Miniftres.. Ces
odieux intriguais faifant donc l'abus le plus ïri-
digne, & de la roibleflè du Prince, & du càraEtèré
facile de la Nation mettoient fans celle en avant
le nom Jo Monarque pour par fés
peuples leucs concutiions 6c leuf tyrannie. Tel.oji
le béfoin arracher aux l'an;*
grande pompe dans Jet rues de fa Ca-
pitaIe, & enchaîner plus aifément le vulgaire qu!
fe ptofterne & s'anéantit Il Mpea de ce Éintôme
impofant.
Infpirer de l'énergie ¡ fes concitoyens etoit, (ati
'douce le moyen le t>lus efficace pour tes fouftraire
,il une condition suffi pénible qu'humiliante aller
à la recherche de leurs privilèges puifer dans les
antiques monumens les preuves ineffaçables de leurs
droits afurpés trahis, foulés aux pieds ericom-
ce qu'ils de.voient être voilà comme t
les rappellera eux-mêmes voilà quel fut l'objet
de mes premiers eflais.
Mais dans un «mp» où tous de
ïsJ
A
au citoyen Jufqu'à la
liberté de penfcr l'inquifjtion veil loi t avec plus de
foin encore pour étouffer les moindres. réclamations.
.La preflè qui gémiflbït chaque jour d'avoir 1 faire
counoître aux peuples les actes de l'arbitraire & les'
inventions de la fifcalité étoit fermée à laphi-
lofophie l'amour du bien public la vérité.
Quiconque leur facrifioit devoit aller dans une terre
étrangère, & chercher fur un fol libre la faculté
de fe faire entendre..
Cette reflburce avoit également fes entraves &
les dangers. Auflî queUe eft la voix qui ait pu s'é-
lever aveç force 'dans le moment critique où 1»
France a éprouvé le dernier excès de l'oppreffion?
Ce tombeau de la liberté ce cachot cteufé par la
main de la tyrannie ce théâtre de tant d'horreurs,
cette Baftille, qui par fa chute, a encore écrafe
bien des malheureux avoit glacé d'enroi le pa-
triotifme Se ce n'eft point l'élo q uence véhéments
de quelque citoyen qui à enfin foulevé la Nation
contre les trois Montres, dont [l'ambition déme-
furée à tellement voulu exhàùffer l'idole du de
potifme qu'elle eft tombée par l'effet de {a propr
gravitation.
Je m'apperçois ici qu'il eft difficile de s'occuper
des ennemis de la Patrie, fans, que l'ame s'aigrifle
de bientôt la plume va haturelletoent te trempe;
{Uns le 6ei. Mais peut oh «aindre de trop alfurrié?
l'indignation contre des êtres a(fez miférables, pour
avoir trouvé de la fatisfa&ion à vouer au malheur
Jes millions d'individus ? Montrons plutôt à dé-
couvert ces têtes de Médùfe afin que des traits
auffi hideux apprennent Ce dé6er de quiconque
paroiiroit quelque jou'r vouloir en emprunter de
pareils..
L'un de ces trois forbans eft Brierine aujour-
d'hui métamorphofé en Cardinal de Lomelie no
Tant plûsf potier un nom qu'il a rendu fi odieix*
Prélat Athée ,qui pour prix de fes forfaits, a hé
gratifié du Cardinalat devenu par cette profti u-
Mon le fceau de la turpitude traître â fa Patr e
iju'il a perdue J à fon Roi, Idil a anéanti il ae-
'«rôit, ou périr par la main d'un bourreau u
mourir de honte s'il avbit de l'ame.
Le fecond en cet inepte orgueilleux, entier &
faux Lamoignon qui n'a fu faire qu'une fe le
ôâion louable dans fa vie, celle de purger la te re
en adonnant iamort,foit pat'mal-adreffe ou ar
Le.troifième enfin plus pervers que
autres enfemble, c'eft le Tonnelier hohorèdu titre
de Baron de Breteuil 'pour prouver fans -doute
que dans quelques cadavres nobles, il a fû <xif ê'
plus d'ttn^ame de botre. Avorton de la'naturepc m
î
le moral Se lé phoque': poifon organifé', quia
fouillé, lie .'crimes & la Cour & la Ville exécration
de la France & de la poftérké: cloaque infeâ où
aboutiffènr tous les vices être infernal qu'un ciel
vengeur crée quelquefois pour châtier les peuples
& qui inftrument de fa .colère doit à fon tout
en devenir l'objet.
Tel eft pourtant celui qui a ofé reparoitre fuc
la fcène dans une circonftance oû l'autorité comp-
tant trop fut l'obéûTance dû foldat, avaugle
qu'à ce moment, a cru pouvoir enfin lever le
mafque & employer la force ouverte pour ea-|
chaîner, comme un tigre, le peuple que quelques'
marques de bienveillance ont toujours fait tomber
aux genoux de Ces Rais:Il falloit au Fran<;ors un
Gouvernement qui fut contribuer 1 (on bonheur J
en appréciant fa générbfitéifa douceur, fa'docili té
fa confiance un Gouvernement qui fut donner plus
d'extenGon â fa gloire, en encourageant fon ginie,
foo
fous l'ariftocratie des Mittïfttes Se
la molje_;jôç coupable déférence des Parlemeas
quel fçKt juideftinoit-oii quand en rappèllant a
Miniftèrç les hommes les plus corrompusj& le
plus pn prenok, d'un autre câté, le
mefuresjf$"pluseffray>ntef? •̃,
I/Jftif|Rèuiie fois répandue les yeux fe fon ç enfin
ouverts & la grandeur du péril a donhé la fbrcê
d'y échapper» Mais chofe inconcevable i'iuftane
d'après f & lorfqu'il exiftoit encore des tracés qui
en perpétuoieni la mémoire, ce
ralement oublié. Des voix même fe (ont fait en-
tendre, pour ofer a flurer qu'une terreur panique
a voit feule réalifé des chimlres.
Un camp formé de R|-
gimens qui arrivent de toutes partS, une artillerie
formidable puis la difperfion de tous les ennemis
connus de l'État j fi cène font pas 'là les vrais ad-
minicules d'un complot quels indices pourront
donc fervir jamais en dëfîgnèr la certitude ? Coca.
ment donc s'eft-il trouvé tant de gens qui aient pu
prêter l'oreille à des difeours aulfi menfongers qu'il 1-
vraifemblàbles ? Apparemment il eft dans la natu e
que le befoin de s'étourdir fur un danger, propre
fufeiter d'éternelles inquiétudes, prévale far a
fageflede 's'en occuper.. v V 1C
Cependant lès confpirareurs ne traînent-ils'apri*
eux que h honte de leur crime avorté ? Eh îei r
fuppofant quelques veftiges de pudeur ils ne de
vroientplu^ il eft vrai ofer fe montrer au gran i
jour. Ne vont-ils pas fournir un trait nouveau daraf
l'Hiftpiré ? Quand eue nous apprend que les Ta •
quins furent chaffés de Rome, elle reftreint cette
profcciption remarquable i
(7)
A 4
Mai* on lira dans les Annales de Ia France, fans
pouvoir le «reuVer ailleurs on y lira que tous les
Principaux de cet Empire non contons de fouler
le peuple* de dévorer fa fubftance, ont voul<>
faire une ncHjveïle tentative pour le preflurer daw
vaatage. ToutYimbloit promettre :1 cette ligue for-
midable un fuccès afluté j & cependant, fans avoir
eu i repoufler le moindre obftacte la ceinte de
fc voir enveloppés dans leurs propres filets les a
partent furtivement coni-
me le malfaiteur qui s'éloigne grand pas, avarie
même que fon délit ait été découvert. 0 jeu in-
humaines Quelle fingularité quel contre Les
fiècles fiitucs pourront-ils y ajouter foi? Cetce Bande
de 6 nets fi faftueai, fi dom
nans, fe trouve fédoite à 1* condition du Sauvage
Pénates^ i
Alliés x ni Çpncitojrens. Elle n*eft plus qu'une ,Car
vane de Juifs modernes qui parcourent te monde
&que partout on rebute, qoe par-tout on me-
prife que étei-
en
aurait dû craindre au
aux yeux 4e |a Nàrion de de la poftéri
Les trames nouvellement découverte» prouve t
affez que la entre trop rarement
l*)
Famé des fcélérats. Que fert-il que Diane foit dif-
,parue avec toute fameuie, ri les mêmes affection»
ïdflènt un lib^e. cours tes pernicieux» avis? Lot»
de la première Aflèmblée des Notables ,• n'endot-
mit-on pas la Nation en faisant courir le bruit de
fa disgrâce fîmulée? Cette nouvelle Hécate parut,
en effet, pour Londres j mais, cachant Un poignard
fous te robe, elle alloit y jouer un rôle digne d'eilei
elle alloit égorger l'Homme au Collier & lut en-
-lever fon intéreflant Porte-feuille. On a fu comme
le Bon- de Breteuil a contribué au fuccèi* de cet
encore >, Breteuil qui devoit être dénoncé le >rc-
mier de tous ¡ l'Ailemblée Nationale} fe joue ;1
bier les méchans, pour ne pas être conftamrr ent
l'ame de leur confeil &' le Directeur de leur a-
une vengeance per&;nnelle à Satisfaire il eft eonc
plus redoutable que Jamais. f
Quoique, les événemens aient 'étrange' enc
changé la face des chofes; quoique le MinUtère
foit un reilort qui a beaucoup perdtt de fon an-
cienne élafticité, néanmoins ce reflbrt fubfifte < ans
fon entier. Pour lui donner fa première force il
fuffiroit donc de le tendre de nouveau. ,Ou rez
les yeux, jetez les de cecôté-lâ, & vousdé<ou^
-\$i
étirez plus d'un ouvrier qui y travaille. xïéux qui
fuirent de près la marche des opérations s'apper-
^oivent déjà que la vieille adminiftration acquiert
chaque jour des droits qui contribuent 3 fon ex-
panfion. Elle fuggère ce qu'elle defire elle fe fait
offrir ce qu'elle ambitionne. Elle recueille dans Iç
(îlence les débris de fon nauffrage elle
l'ombre plus Solidement; elle s'applaudit, fur-tour,
lorfque d'après (es difpofitions elle voit de loin;
tous les. mouvemens tendre a redonner le branle X
fa funefte vibration. Ainfi, pour s'agiter, plus que!
jamais, ce colofle organifé n'attend plus qu'un der-
nier tour de manivelle.
Que le Minière qu'on apperçoit à la tête des
affaires inspire quelque ftcurité: la bonne heure.
Mais combien ae fois l'intrigue ne l'a- 1- elle pas
déjà renverfé du haut de ce pofte éminent Sans
être l'abri de tout reproche fesprincipes lui ont
fait de puiuans ennemis. Il occupe une place où il
faut des hommes qui foient capables de facri fier
ouvertement leur gloire & leur honneur: Dans
cette place on eft trop en butte aux traits de l'envie,
pour qu'on puifle s'y maintenir un certain temps.
Quels fuccefTeurs aura donc celui que de pareilles
caufes vont plonger dans la difgrace ? Des ambi
tieu^, des fourbes, desdépiédateurs, des êtres»
enfin qui da Miniûèrè ont fait le centre de to
les vices.
tioj.
Il ferabloîr que les Prélats auroient dû faire une
exception ce font eux, au contraire, qui ont donné
l'exemple. Il n'en eft pas un qui n'ait marqué fort
adminiftration par l'aflerviflement de'la Patrie, par
1a ruine de l'État par les excès les plus coupables.
D'abord remplis de fouplefle Se de fauflèté juf-
qai ce que leur crédit fût folidement établi,'ces
Minières Prélats ont eu l'adreffe de le tenir aflez i.
l'écatt pour faire ignorer pour ainfi dire, qu'ils
ëtoient en place. Mais, l'intrigue avoit-clle prodaîc
fon effet; les confiances utiles à gagner étoient-elks
acquifes j l'édifice, élevé par toutes les paffions mifes
en fomentation, d'evenoit-il affis fur des bafesfo-
lides; qu'auflï-tôt le Miniftre Prélat tevoit une I ête
f bière & laiflbit voir toute l'étendue de (on ni-
bition. N'ayant plus de ménagerdens â garder, ôc
ne respectant ni l'amitié ni la reconnoiflance p >œr
mieux remplit fes defleins il achevoit de s'afferi nrt
de plus en plus, en s'établilfanc fur les ruines de
ceux-11 même qui avoient contribué à fa grande u;.
Ainfi Ces premières vi&imes furent toujours As
protecteurs les plus puiflàns & la plus infigne in-
gratitude s'enveloppant du manteaud'unepolitû ue
meurtrière, devint le premier eflii de tous les it-
tentats qui dévoient cuivre. Tels furent Richel eu
& Mazarin tel voulut être auflS fe finge de l'un Se
de l'être, ce Lomélie, qui, avec un peu d'écrit
i »".)̃
ac beaucoup de perverfité entreprit néanmoins de
jouer un rôle trop au-delïus de fes forces parce
qu'il exigeoit une politique confommée.
L'exemple récent qu'il a laiiTé auroit dû écarter
pour jamais du Miniftère tout homme du même
état. Il y a fans doute d'honnêtes Eccléfiaftiques j
tnais auffi qu'il eft grand le 'nombre de ceux qui
joignent à l'efpcit d'intolérance plus ou moins de
fautfècé: le fanacifme paraît tenir a l'eflènce de
toute Religion & peut-on:être de bonne foi
quand, pour moyens dé perfuafion on ne fait!
employer que la violence, & couvent même qu'un
poignard, N'allons point chercher ailleurs les caufes
de cette animouté qui fe manifefte aujourd'hui fi
ouvertement conte tout ce qui eft Eccléflaftique.
L'hiftoire de tous les pays leur eft fi peu favorable,
qu'à une époque où Jes lumières font partiellement
difttibuces chez toutes les claffes de citoyens il eft
comme impoflîble de ne pas nourrir dans foname
un germe de reflentiment contre une espèce d'hom-
mes, qui ont prêché la fervitude pour complaire
aux dominateurs des Empires ) & qui ont fait un
devoir de l'ignoyince pour perpétuer leur propre
autorité & s'engraiffer plus facilement des de-,
pouilles du genre humain.
D'après ces réflexions, peut-on regarder comme
un aâe de fagefc le choix du collègue que s'eit
<»*
Sonné un Miniftre trop-confiant? Etant fon ami,,
Il aaroit dû cônnoîfre quelques particularités dé fa
vie. A-t-il'pu ignorer que ce Préfaç avoir eu des
iiaifons très-intimes avec le Cardinal dë Lométie ?
Jamais t'agneau ne s'eft uni au loup, & la vertu là
plus pure ne peut fervir d'alliage au crime. A la
vérité l'ambition ne fouffre guères d'étroite smitié
chez les Grands. On fe rapprochè, on fe lie pour
fe détruire. On fe donne les marques du plus vif
attachement pour mieux fe tromper. Un revers
fqrvient-il ? Sur le champ on fe tourne le os.
Aman lors de fon triomphe, envoya par vanité
fon Portrait fon Confrère de Prélature qui, par
flatterie, le plaça dans fon laiton avec une^ffè«a-
tion marquée; Mais la prospérité des méenans
patfe foavenï comme une ombre. Aman endevint
on exemple. Auiti-tôt fon Effigie disparut: îlle
quitta-fa place de diftindtoa, & parut pour tre
honteufement réléguée dans un grenier. Ce taie
eft vraiment caractéristique.
Efope conte qu'un manant,
Charitable autant que peu fage,
Quelle diftraâiion N'allois-je pas copier ici c<tte
grande leçon de La Fontaine, l'Apologue du Pilla*
geois & du Serpent réchauffc dans (on fein ? Qu nd
-l'avenir ne fe montre que fiaiftrc ç'eft a1fez de
J'enttevoir fans rrorchercher à l'approfondir. Demaa*
dons feulement pourquoi M. Necker après avoir
excité un enthoufi^fme prefque général 6c qui n'a
pas plus démérité depuis ce moment, que mérité
dans le principe, femble perdre chaque jour dans
l'opinion publique & particulièrement dans celle
de l'Àflemblée Nationale. Seroit-ce donc fans que
perfonne pou fiât la roue qu'il s'achemineroit fi
proniptement vers l'oubli?
D'ailleurs. le bras qui lui porte dans l'ombre des
coups plus sûrs lance vifiblement auflî quelques
traits d'un autre côté. C'eft trop peu que de perdre un
rival; ne faut-il pas, après l'avoir fupplanté, pouvoic
régnée au gré de f es defirs ? L'ambition a une pré-
voyance qui s'étend loin. Elle fe demande donc:
que deyiendroit le Miniftcre fi plus d'accord per-
mectoit â la Nation de mieux fe conduire ? Mais
cette feule réflexion la raflure. Elle fe rapelle que
ce rival qu'elle longe il détruire, paroît avoir eu
de Semblables craintes, & avoir voulu en prévenir
les fuites, avec peut-être des intentions moins cou-
pables. Quoiqu'il en foit les précautions prifes ont
xéuffi. Il ne s'agit plus que de profiter des fuccès
d'une telle politique & en fuivant les mêmes
erremens, on met la dernière main à louvr'age
commencé. Mal propos l'Aflembléfe Nationale
publie-t-elle la réunion faite de toutes lés rivalités,
rie toutes tes dîvilîons tPintfrêt; en vain ïecohnofa
elle que cçjttë réunion feroit auflî jujle que nêcefi
faire un esprit de difcorde s'occupe lourdement à
nourrir provoquer les dilTentions & parvient 4
tendre de plus en plus la cunciliation apparente.
Non jamais fans quelqu'inftigation particulière,
le François ri léger fi infoucianc, n'auroif pu pré-
férer aux douceurs que procure la paix une contî*
nuicé de troubles domeftiques, d'agitations & d*a!«
larmes, qui empoifonnent tous les inftans de la,
vie, en népetmettant de jour de rien.
La France offre aujourd'hui une anàmprphofe
parfaice. Plufieurs fanions la déchirent. C'eft le
feniiment qui y avoir maintenu, pendaNt un demi*
liècle la paix la plus profonde; c'eft régoïfrne,
qu'on a fu réveiller fur la perte de quelques droits
pécuniaires & illégitimes qui produit maintenant
fon fait quelle eft la main qui a jette la pomme
qui a dédaigné faîtière & vindicative Jdhon, 1
dévotieufe & fanatique Minerve, pour préfére
l'inconféqùeiite Vénus. Quand ce choix part dik'
Miniftère, comment jugera.-t-on fes motifs?
quoi attribuera- r- on la caufe d'une prédilection
auffi neuve qu'étrange ? eft-ce féellement ramour
du bien qui l'a déterminé <5u plutôt l'objet n'étoi
( t$ )
li pas de femer la mésintelligence pour empêcher
qu'on ne pût s'entendre L'obfcurité des réglemens
donnés pour la convocation des Etats -Généraux,
|es lenteurs affectées dans cette convocation l'ad-
je&ion de quelques Villes, rien moins qu'anféati-
ques, pour procéder en commun à la nomination
de leurs Délégués & la confection de leurs!
Cahiers, la formation fi bizarre & fi bien étudiée
des Diftriâs de la Capitale font autant de faits
apodi&iques d'une intention peu louable.
La constitution de la France étoit ce que fera
toujours celle d'un Empire au berceau; ou chez
"lequel malgré une longue fucceffion de fîèclcs, on
ce (e fera pas encore fevré des petite(Tes & des pré-
jugés inhérens l'enfance. Cet âge ,eft le moment
de l'imperfeftion. Si, pour Thomme y l'éducation la
plus foignée devient couvent infurfifante que de
témps ne faudra -t-il pas pour perfeftionner une
Nation qui, ordinairement, puife fon origine ou
dans les horreurs de la guerre que fuir Condam-
ment la fervitude & la barbarie ou dans la réunion
de plufieurs* Avanturiers, fatigués d'une vie errante,
& las de devoir leur exiftence aux brigandages &:
aux forfaits. D'une fource aufri impure il ne peut
découler que des vices & des erreurs. Cependant
les préjugés s'établinent les abus s'inyétèreht
avec des fiècles l'qfage a tout confacré Je peupl»
ttfi
\$ foulé il fft efciave. Portant dès foh berceatf
le joug qu'on lui a impofé, il vit & meurt dans
l'idée que tel eft l'ordre naturel des chofes..Mal-
heureux par habitude, fa patience eft prife pour
pufillanimité. Il ne' paroît plus qu'une efpàce
d'hommes abjeâe & digne de mépris, parce
qu'avec tdos tes moyens de fe venger de tant d'af-,
fronts, il les dévore fans te plaindre.
Mais l'époque d'une nouvelle révolution marche
suffi fur les ailes du temps. Il eft un équilibre «onf-.
tant dans la nature, dont on prend les. balance-
Biens pour des écarts, & les momens de retour si
l'aplomb, pour des momens de confufiôn & d'anéan-
tiffement. Cependant tout alors feroit-il détruit
que cet équilibre n'en fubfifteroit pas moins puif-
que l'abforption des chofes eft visiblement cet qui
le conftitue. La terre s'entr'ouvre des région; en-
vers femble toucher â fa diflblutiôn.Bien auoon-.
traire: un autre monde eft forci dès eaux fous
lefquelles il s'eft engrâilTé 6c fertilifé, pour alicien-
tet des milliers de générations, qui difparoîcront
un jour avec lui, quand le befoin d'un renouvelle-
aient fe^a revenu.
Le cours des événemens eft le même fur la fi jîer*.
*ficie. Tout ce qui exifte tout ce qui rampe fur lç.
fol ne difparôit que pour provoquer une non,
proc'téa ioa,
(î7j
B
procréation. Amfi tout Fe
nativemeut tout domine & fléchit â foit tour.
Cette variation: tient il la nature. Elle fe fait (entir
au moral, teh politique dans l'en*
femble &<brts les détails; Voîiâ pourquoi Thèbes
& tant d'autres Gités magnifiques & célèbres fonc
dtfpârues |afqu'â laiflèr ignorer le lieu qu'elles
occupoiênt. Volll pourquoi fefjt de peuples fe foW
éteints ^comme 'de amples fâttiîlles. Voilà ce qui
fit donner pour attribut Une feue la Fortune qui
jette dans avoit élevé fur le
pinacle quelques années ou quelques jours aupar
le panage des ri-
chefles Se- de li^grandeur de rnfeme aufli l^aftivité
& le travail font nécefiàires d l'indigence pour dé-
fendre fesjours'contre le manque de tout &,ra mort
Mais on ne travaille pas fans
s'inftruke^ maison h'acquiert pas ('es conhoiflancés
feins fioit donc arri-
ver uti peu plutôt un peu plus tard, où tout pref.
Alors l'homme du peuple com-.
mence â levée les yeux fur les Grands de la terré il
ofe enfin les fixer. Quel
tenu fi long-temps à une trop grande diftance eft
tel queja flamme légère dq Phofphore qui ébloui;
i*i>
<JaM une nuit obfcqre» tand, is /qu'elle nes'ipper-
çoit point a l*.| clartc^u jtfur, t.
Cette prenjière découverte renhard.K dans Ce,
^cherche*. Ne crçy^nt, plu« appejrfîivw'd'inéga-!
lité$, que les: pô.ffefl»pns
ne ftjt mkux prêcet des
foU i'op ^ie Hue faftueox. Ses y^leis qui font
les premiers 1
feat en publiant, tout ce Qu'ap»
prend-t-on ? Que voit-on ? Le plus fouvent un foc
chez lequel «nej éducation tri>p négligée pas
qut.prétend tout
un bavard plus bête j
lîrute.»
&: fen^le. dj.t0
lemçnt j un vaniteux, qui donnera cinquante 1 îuîs
poUK éc^léï f* généiofité & qui tejfiifera le ?los
pour fe$ jouiffances » oa ua.avaita ̃iafatiabia Se
gloice j un ççwc cottoropù fe fai^bt un jeu itt
Ui
U un! plaifir de la une am«
dure, qui ne; fait point compatir aux maux de fe*
femblabtes « & qui va fie trouver mal pour une
piqûre d'épingle un être, en un mot, bien mé-»
prifable dès qu'il n'hoaore que ceux de fa cafte;
4c r}oue rien.- lés', vertus qu'Uni pas
& les talens qu'il achète v il s'imagine qdé dé vils
écus & des patchemins véreux doivent feu ls obtenir
de la àdnfidératloji. ILy; a fans'^oute quelque»
traits généraux dans., ce portrait. Celui ^pil èri
ferQit plus hideux que l'Hydre
de chacun veut prendre te fien
flè pas ious leur applîcatïôft.
'̃} Aprjès avoir obtenu dé femblables réfqlcats d$
fes peiquifuJoBS '-le', vulgaire* dut fe demandée
exprèffioti ëioît devenue' icelJfeda-
ame épurée i iecreufet devint fenfibie à la gloire
bientôt il rëpou(Ta par «n©
noble- fittté des dédains peu convenables, Laphi-
lofpphi« voix eJIe rappela l'ordre de la'
nature» jEt'e" démontra J'cgalité des conditions,'
ou duniobs'elle enfeigna à prifer chaque individu
fur le pied de fa valeur intrinsèque, fans faire
entrer dans le mêrneipîatëaû des acccfloîres Itéré-
moment la révolution qui j'opire
(*o)
L'Europe ^prouvait
ce grand changements il étoit entré plus d'iménifé
dini let moeurs plus de
ports $; plus d'égalité dans ie$
première plaie y itoit encore îà naif-,
îance 6c tu rang bientôt on
l'Andcoïde dans on:' fauteuil; pour
indiquait. i|ue
lui fcul &oit quelque xhôlev
qu'on aydit vus autrefois' fe râ'fe
une ghâre de Jeur igHofafieevUJs
coientà fentir eux-m^mes le befoiti
individuelle. fi
â fe confondre pa ::mit
les antpes hommes. Les 'Sciences
les arts 'étoient eftimés i! ne falloit
qu'un pas; & la vileté attachée par
ou fins
auroirparu feül un être méprifàble. Àlôrj des' pri-
vilèges :&; des exemptions, fruits Honteux d an
temps de fervitude 6c de barbarie feroient devei ius
à charge à ceux mêine qui en jouifloiéot. Alo's»-
alîa d'être mieux vus dans la fociété ils vous
lu)
I
Curoiênt priés de vouloir en accepter la re"noncu«
-«on pour: avoir l'honneur d'être votr* niveau.
Ceftcé que vienr de vous, avouer M.' l'Archevêque
d'Air. LiftK. nos Cahiers dit -il l'AflèriiBlée
Nationale- lifi^^es Cahiers de toutes Ici Affetn-
blées Il n'y a pas 4e mandats plus for-
tement pronôncés qui ceux: qui concernent légalité
des (ontributions de tous nos biens aux charges
Mîis c'étoit à la Philofophie i perfediohnef fort''
ouvrage. L--fleàvôit déterminé les premiers facri-
fices atrachés i r^r^ueil, Il n'appartenoit qu'à elle'
de provoquer le dernier effort. A la vérité elle
opère lentement. N'ayant que l'arme de la perfua-
lion pour combattre des préjugés reçus, pourroît-
elle parvenir dans un jour à refondre l'opinion gé-
nérale? L'homme n'eft-il pas l'efclave de l'habi-
tude ? Cen'eftdonc qu'après avoir lutté bien long-
temps contre de faux principes que k réflexion
réuffic à^lui, en faire coodevoic^'éfreur. Làratfon ni
fut jahJaisque.le partage del'âge mûr. Elle veut être
devancée par une iongue expérience. Elle ne peut
marcher qu'à travers les obftades les
côntradicîioiis de l'égoiïmc ou de i'LïfaêrfeÉ du mo
( t ) Difçours fut U ^«J
tifues » page -̃
mënt. On avance difficilement dans Ha chemin ?*
ritf6 d'épines. Néanmoins avec du courage on par-
vient 1 atteindre fon but. C'eft alors qu'achevant
de déchirer le voile qui couvre encore la \érité fôn
flambeau difllpe enfin toutes les ténèbres.
La précipitation au contraire, s'achemine 3
grands pascV n'atrrive que rarement. Elle feroit par-
faitement dépeinte par l'ingénieufe fi&ion de la
Fable, qui donne cent bras & cent mains i Gygès.
Ce Géant n'en fait fâire ûfage' que pour cehveijfer
& détruire tout ce qu'il rencontre, de forte qu'il
eft perpétuellement entouré de ruines. La précipita-
tion féconde toujours mal le Gouvernement, qui,
en quelque.ro anière, ne devroit faite que des 0 il-
lations iqfenfibles. Elle devient dans fes mains une
torche ardente j & l'adminiftiateur qui s'en faifit
avec attefte qu'ilveut allumer q'uêlqu in-
Malheur donc au peuple cbei lequel on voudra
brusquée les progrès tardifs tuais sûrs, «le la p i-
lofophie.-Oh ièra naître des
de parti ne fait point raifonner. L'opiniâtreté sea
mêlera* Les citoyens deviendront ennemis. On ne
croira phis voir aoitouc de foi que
eu des traîtres. Les troubles fo fuccéderon^L'amc >ur
du bien public à l'intérêt particuJi;r.
Descçroplots fe formeront pour pe*drr.d€fc ama-
<̃̃̃)
B4
genres. Les loir, le Monarque la patrie » tien
ne fera refpe&é. pour ne pas céder, un faux amour
propre rendra capable de tous les critnes. Dûè-on
même 2tte enfeveli focs les) tuih«$ de l'empire
ne craindra pas d'ert: ébfinlèt! les fondémens.
plutôt fa chute pas aflurée, quand kl
bras faits pour le fotttenit ïràVallfentà l'envli lui!
creufer un tombeau ?
Tel eft pourtant l'effrayant tableau que'là France
offre en ce jcur. Qu'eft- il devenu cet Etnpir'e û
florifîant il y a quelques années il y a rhêrti^ quel-»
ques mois ? Où trouver ce ton d'opulence j cet aiflj
d'afkivité cetcd teinte générale dé c\>ftÉém*ih<Jri t
,que n'avoient point effacé les plos grands màlhedrs ?
Plus de commerça pies d'àrte plus d'indiiftrie.
Les agitations, ont pris la|
ptace de ce mouvement, do cette- aâfott que cottt-
muniqueqt tous le; ans en vigueur. Au lieu de
citoyens^ on n'appercoit plus 'que des foldats. Cet
art infernal que la philofophie avoifvoué à la
profcription la guerre, e^
de tous. pour comble de malheur ellç eft iflwf- <
tine. C'eft contre fon ftère contré fes proches
conue [on ami qu'il faut fe défendre. Tous lei
récolte la plus abondante h famine fe fait'fenur j
c;y
& ceux qui tiennent le forfufpendu lui des '&tel,.
profcrites, font menacés Il leur tout d'être. victime*
de la faim. plus affreufes fé
multiplient. Dans lûjé Prjîvjrice une trahifon fans`
exemple écrafe par le jeu.;d*une mine;, les tnai-
heureufes rattemblées fous
fatriMa plsfifir.. Ailleurs le reflendmenii réduit
jout.en çeiidre. Là on s'infulte plus,loin on s'é-
gorge; ici l'or^ âflTaffine. Le François paroît avoir
perdu jufqu'à fon cara-ftère.
font pleins de noircejiirs les actions du Peuple font
barbares. L'é4ucation. donne des nuances diffé-
rente* aux paffions, 4es hommes qu'elle: a civilifcs
font difllmulés Se perfides. Ceux de fc féconde
claflè laifleuf toujours éclater leur reffentimeiit,
les tranfports de leur colère les jettetw dans tous
les excès de la rure.ur. Que doivent-ils être
S'ilsfuivent aux combats des Brigands quiles vengent (i ?
Enfin la pKyfiotiomie même ce miroir de l'atne
eftchâhgéèj font ou fombrts,
̃Oîme^ Concitoyens! ô mes Amis arrêtez s foriez
de ce délire qui vous' déshohore aux yeùt'des aüt es
Nationsj qui peut vous ren'dre on objet d'exéaa-
Seine
r ts ».
tïoo :pour Ix pointé, lorfq«e,you$ d£
compromettre fon, bonheur. Le motif qui vous s
divifés.eft-il bien raisonnable ? Vous plutôt
J'itupulfion maligne qu'on vous donne .que le cours
de vos vrais fentimens. Pourquoi ternir la mémoire
de ce mouvement de générofité que vous fîtes écla-
ter dans la première alfemblée des Notables &
qui fut reçu avec autant d'admiration que de re-,
connoiflance ? Cependant parce qu'une voix vous
a crié depuis, que vous étiez tous frères» de ce;
moment vous vous ê:es dit *non. nous nefommes
pas frères Se de ce moment, pour ne f*s vous
regarder comme frères, vous avez renoncé â être
François, Voui avez facr|fié à un vain mot votre
tranquillité, votre bonheur, vos jouiflances. Vous
avez conduit fur les bords du précipice l'Empire
qui vous a vu naître. Nos ennemis
d'aiguiser leurs traits, vous leur en évitez la peine..
Dôuze cents ans parçilfent donc
aflez? Vous ofez mettre en péril les devinées d'un
Etat entouré de rivaux fans cbnnoître d'égal Se-
riez-vous donc .^Onn€Sr^? lui, appar-,
tenir? Yous quiiçes fi fiers de votre origine fôn-
gez que ce fut en patrie, & non
pas en la déchirant, en préparant fa r,uine> que vos
aïeux tendirent célèbres, les noms qui font la bafe
de vos titres. Que vous en revicndra-t-il Joifijut
(* le-
raos pieds ne pourront plus fc promener que fur dejr
décombres ? Efpérezivoàs^n voii; refibrrir le règne*
affreux du régime féodal ? gloire yva-
t-il donc à ramener les fiècles de barbarie, & à
commander des Serfs abrutis dans l'efclavage ?
Les mains de ces hommes groflîers ne vous prépa-
reraient jàmsis des plaifirs auiri vifs, auffi (en fuels
que ceux que vous devez 01 nos Manufactures, à
rios Artïftes. Craignez plutôt de biffer trop long-
ttmps languir l'induft rie nationale- dans une inac-
tien deftru&ive. La Volupté cft vot(e Idole. Suivez
lès loix & dans les bras de cette Circé, /avourez
les douceurs de la vie, que favent G bjin embellir
& varier les arts & les talens. Redevenez un objet
d'envie pour toutes les Nation5 d-3 l'Europe, en ren-
dant au Commerce fa première vigueur. Prôniez du
fo! le- plus fertile en protégeant l'Agriculture j qui
alimente & vivifie tour. Reprenez cet heureux ca-
Kclôrè qui fit fouvent pardonner votre inçorfe**
quenceen faveur de verre amabilité.,
Il faut le ck*oire c'eft faire un beau fève, qt oï-
qu'il par*îiïê facile i réalrfer,' que de fuppofer qd ine»
Nation opérer complètement le grs.né
les abus' fôilt deverius fenfible* j plus la né té
3e leuf réforme éëïx avoir âtreinr le dernier iegté
d'évidence. Tous les vices- confthurioneîs ont éti
^traqués; 0ns les remèdes ont été ictheuhis;
découverts ou Soupçonnes. L'accroiflemenc des
lumières a fait distinguer les préjugés; ceux qui
en profitent n'ofent plus les, défendre hautement:
ls liberté' fuit â pas égal l'analême du génie. L»
maire des connoiffances groffie par fa dilatation',
fournit des moyens de plus pour mieux faire, il
femble que la rétroaction do mal. au bien foie
définitiveraent affurée.
Mais pourquoi fs bercer de Pefpoir d'un avenir
plu& heureux. Pour Y. compter il fàudroit que les
révolutions qui 'Changent -la lac* d'Un Empire
pufletx être préparées par la politique des Nations.
Et .que fbnc-elfes ces Nations pour 'donner 'le
hraale au cours des événemens ? une- horde d'ef-
claVes dont les cfe«fs enchaînés aux pieds d'un
despote, > travaillent fans cefle à étendre une auro-
riré, qui fouv-ent les écc afent ei>i-mémes pour
fouler & preffiirer à leur tour le peuple Ans pou:.
voir.& fans force aâive. Qu'attendra de l'enfemble
de toutes les volontés rampantes ft>us une feule
qu'on endort dans, les jouiflances ? Un* fois que
Ia machine eft montée on croii^jgue ç'eft auez
d'en entretenic le mouvement Tant qtt*U fe per-
pétue on ne s'inqtU&é ni des ftiâions qaf râlen-
tifTçnt la marche & occafionnènt les brifettiens
ni;.des délabretnéns, qui indiquenç
ment prochain,
Ce fut donc' toujours des caufes e|fantée« pdt
le hazard ou par un concours de circonftances ino-
pinées qui vinrent ocrir aux peuples Toccafion de
prendre un efljpr & toujours le moment
de faifir cette occàfion tenant a une catastrophe
s'évanouit avec le dénouement c'ett dire que les
Nations ne furent guère en profiter. Mille exemples
attellent qu'il faut iout brufquer dans une telle
circonftance fauf à mettre enfutte plus de mefiire
dans les détails. C'eft l'état d'un inalade défefpété
jqui ne doit plus attendre ton falut quejde^la ¡dire
la plus terrible & du remède le plus violent. Si
vous donnez le temps de la réflexiony l'intérêt
perfonnel fera taire le patriotifme, Se l'intrigue
achexera de l'étouffer. Alors on peut dire que là
Nation eft perdue fans reflource car elle vi bu
fe déchirer & fe démembrer ou rentrer dan une
condition pire mille fois que celle qui àvoit Pro-
voqué fa restauration puifqu'elle doit joint te le
fceau de fa Sanction à des mal conçues ou
même meurtrières à des opérations impart aicey
& fouvent fans aucune utilité des impôts cca-
blans ,i qui font le comble du malheur, & qui
bientôt en deviennent le terme. En un mot :étte
avoir atteint toos-les genres de pérfe&toris > 1. ne
t *a r
{&. principes dans Ton Gouvernement. Ce befoiit
annonce la vieilleffe qui ne fait plus que» rétro-.
gra4«r. En vain des Philofophes viennent rinftruire,
Se l'éclairer. L'arc de lui téndre cette vigueut du
jeune âge eft demeuré enfeveli dans, les illuûonsj
de U Mythologie ceux qui l'entreprennent nepro-,
duifentque le dernier de Médée;& en exaltant
les têtes chaleureufes, ils. femblent travailler 1
dépecer l'Empire comme cette magicienne les
membres du vieux Pélias. Telle on vit Athènes &
Home;; Rome fuMbut,* qui, maîtrefledw monde
fembloic être au-deflus des revers & inacceffible
au néant rentrer dans la pou-fière au moment
où Je génie* fublime des Thaïes & des Ciceron
pacoilToit cependant leur avoir ouvert une nouvelle
carrière de prospérité & de grandeur.
Jugez des fuites, par ce qui fe pafle maintenant
&. vous obtiendrez la conviction que l<?rfqu'une
giande cataflrophe eft devenue pour un peuple une
leçon jrïfruftueufe, il n'y a plus rien fe promette
de l'avenir. Il eft des momens où l'efprit de
patrlotifrhe doit s'éleverau-deflus de lotis les autres
fenùrnensj parce qu'alors .il a dû être générale-
ment reconnu que dû falut de tous, dépend le
falut dé chaque particulier.
On ne fonge qu'en fremiflaht aux malheurs qui;
«aguète ont menacé la France, & principalement la'
( jo-J
Capitale r, devenue le foyer du volcan qui travaillé
l'Empire» Une longue & funefte expérience :avoir'
appris à Cotinoître les prétendons & les fentlméns
depuis trop long-tértips, régldierit-
trbitrairement les deftinées de l'Etat. Un premiei
venu, le zj juin dernier"
pellér à la Nation endormie que l'intrigue veiiloit
plus que jamais. Un mouvement de vigueur l'a fait
échouer, maig fans la mettre hors d'état
plus porter de nouveaux coups. Qu'en eft-il arrivé?
Son activité et pris une nouvelle force: elle ne
fongeoit Sabord qu'à régner en defpote ellevîuc
maifiteitant tout écrafer & pour parler fon liin-,
gage un fang qiïdie^kbhorrè*
Un nouvel o-rdre de choses ouvre donc la £cèle.
Les préparatifs font a\iflî fîniftres que les projets.
Sous le vain prétexte d'noo sûreté qui n'tft po ne
menacée ,̃ une Armée fe forme r& vient prend rt
pas près du dépôt qu'elle devait
ifoit. On appelle le Général le plus ètpérimërlté
le féal efpôfc que lé foloac
fera plus mâf^ûeim-.
on niCotubie une muU
tirude de'brigands par qoj l'on; fait préparer les
La pét>te
( il )
tant en étoïç convaincu que le plus noir des com«*
ptQts., ne pouyojt cire bien fervi que par le$ cxcrc*
d'une ville iuveftie fe font
£ntir dans la Capitale. La Famine;, fen occupant
Paris -dit foin de jfonexiftence le diftrait nécèlTai-
tcmenc de tout ^.fP^t & donne le temps, d^i
mieux roefurer Us coups qu'on lui prépirèi Ce
dant un br»it fpurd Stable preiager l'orage. Ôii
entend dire lads J (avoir par quelle raifon que U
Gottverneinçncdemande encore huit jours t encore,
fycpprs, encore trois jours. Mais tout-â-coup il
bombe- éclate. De, pailîbles Bourgeois prenant le.
fais, un jour 4f f ê^e dans le Palais, même de leur
&>is, tombent fous le fer aflaflîn d'un Colonel dj
conde S. Barthejemi..parpît Ce jfenouveller fanj
avoir pour ewufe ni le Fanatisme qu'inspire la
tentat de Charles IX.. î
Que d'horreurs devoient fuivre ce premier éclat.
Dès eft re-
monté au MiniJUre, après avoir troqué Contre le
anciennes1 lettres dé cachets de« cordés pour dif-
cribuer aux Bourreaux de fes Concitoyens. Ainfi ce
qui autoit échappe à la jfureyrdt» fcélé%.
(îO
honte du gïbét i Voilà François; ïe fort qui vous
étoît dêftihé".1 -Vous-mêmes vous n:en avez par
douté un moment. Rappelez -vous quelle a été
votre exifténceï pendant trois jours de fuite,; fi
toute fois oh peut dire que l'on exirte quand d'un
on- croît (e v°ir .atlâilli par une
troupe de meurtriers ou enfeveli fous les débris
d'une mine? '"È vos yeux mêmes Ce font décou-
vertes les plus noires per6dies. Les traîtres de-
viennent, ileft vtâi, des exemples éclatans de |a
vengeance que les Peuples Ce' font quelquefois.
Mais croyez-vous que l'intrigue* n'ait pas fouri
ces (cènes fanglantes ? Si, en égorgeant les premiers
coupables qui 6ht été reconnus t on a diminué le
nombre des ennemis publics, ne s'êft-on pas-ôfé
éh même temps la: connoiffànce des fectets fi utiles
approfondir ? Cependant les aiiroit-on épargnés
ces traîtres, dans le premier accès de fureur ? Il de-
vient fort doiiteux' qu'on les eut jamais livrés au
glaive de, la Juftice (i).
(1) On touche au moment d'avoir un nouvel exeméle
qu*en Ffançe les attentats des Grands doivent jamais ne*
meutet impunis. Cette démarche d'un Miniflre qui pcuq
prix de fes fervices vient demander à l'Hôtel de Ville de
Paris la grâce de (on ami efl fans doute ta reconnoiflance
la plus ^finelle du délit 3e celui-ci, Il n'y a point de gra ce
réfulte de M
Quoiqu'il
c
'Quoi qu'il en foit, l'énergie momentanée que
vous infpire la frayeur, en impofe à (on tour. Vos
Tyrans avec toute la lâcheté des êtres de cette
.vérification des faits. Cependant on prépare déjà les efpri(s
pour qu'ils apprennent avec moins de furprife au premier
jour l'ablution complette du Baron de Bezenval. Expliquions
les termes & nous ferons d'accord. Sous le règne du Defpoi-
tifcic, l'obéiflancela plus aveugle devant être une loi irré-
fragable, on doit croire que le Baron de Bezenval n'a pu Ée
refufer, fur-tout eh fa qualité de Militaire, d'obéir à des
ordres fgnés de la main du Roi mais que filrement ce
Prince n'avoit pas donnés. Telles étoiertt^ces Lettres de
cachet portées avec tant d'empreffèment par ces fiers Gen
tifshommes, ces Q|jciers des Gardes-Françoi fes qui pou;
complaire à l'autorité, ne rougiffuient pas de s'abaiffer
remplir le vil office d'un valet. Ainfi fous ce point de vu,!
le Baron de Bezenval pourroit prétendre à paroîtie innocent
'& un Vicomte d'Ortez & un brave Crillon qui te ton
ïmmortalifés dans des circonftances à peu près (emblables.
pour avoir eu la grandeur d'ame de-s^xp6fer au reflenti-
ment de leur Maître plutôt que de devemries Bourreaux de
leurs Concitoyens, font de vrais coupables quoique leu
généreufe fermeté loin de blefier les Rois dont ils avaient
rejeté les ordres iniques^ leur ait obtenu l'eftime & l'admis
ration de ces Princes, comme celles de la Pofléritc.
Mais fuivant les loir de l'équité, de la nature, de fhu-
nianiti & de l'honneur, aux dépens même de fa propre
vie, on doit fe refuîer à tout ce qui pourroit blefler la
juttice. A plus forte raifon eft-ce avoir commis le plus noie
des forfaits, que d'être entré dans une conjuration formée,
( 14 t
espèce, s'enfuient à pas précipitée Chacun d'eux fc
croit poursuivi par la vengeance du Peuple, quand
il neft harcelé que par la Juftice Divine. Il femble
voir l'Ange du Seigneur frapper de terreur & dif-
fiper dans une nuit, l'armée qui b!oquoit Samarie.
Faut-il le dire; eh pourquoi le tairoit-on ? Ce qui
eft devenu l'objet de leur crainte étoit le feul parti
que vous aviez à prendre. Au lieu de mourir de
frayeur dans vos foyers, de vous abandonner à des
traîtres, qui nefongeoientqu'à vous intimider pdur
rendre vos forces inactives, au lieu- de vous livrer
Il des Labarte, des Laflale, qui ont fait avorter
votre courage, qui ont détruit fourdement vos
moyens, qui ont, à la Ba(tille & ailleurs fouftrait;
tout ce qui pouvoir vous faire connoître la vérité
vous deviez fi -tôt que vous avez été en état de
défenfe vous deviez marcher vos ennernis déc a-.
rés; non pas pour devenir à leur égard de vils atf if-
contre l'Etat, puifqu'elle menaçoit la liberté de tous lei
Citoyens, & la vie d'un très-grand* nombre. Il n'efl po nt
*de plus traître à la Patrie, que celui qui confpire con x«
toute une Nation. C'ell un crime dont il faut tirer 'ne
vengeance éclatante, quels que roient le crédit & le rang
de ceux qui y ont trempé; ne fat-ce que pour contenir é-
forrajùs la perverfité de ces derniers; & abfoudre un par :il
coupable c'eft txpoferde nouveau la Nation; c'eft la fac i-
fier à une condefeendance qui fait f o» iinlî dire partager
Vattemat qu'on épargne.
Ci-
fils .,Comme ils l'euflènt été vis-à-vis de vous, et%
les fuppofant les plus. forts; mais pour les tivrerau
bras vengeur de la Juftice. En un mot il falloit faire
çonftater légalement, leur attentat aux yeux de
l'Univers; enfuite vous pouviez reprendre votre
caradère & après les avoir convaincus de perfidie,
il vous reltoit la gloire de {pur faire gracfe-N'euflenc-
ils pas été aflèz punis par la honte qui fuit le crime ?
Le coupable jugé '-f n'eft plus à craindre j parce qu'il
eft trop connu, jour qu'il puifle en impofer j $c
que tout le monde s'en méfie. Qui oferoit lè fer-1
vir; qui oferoit s'en rapprocher?
Vousdeviez être généreux, vous n'avezété, voue
ce ferez jamais qù'inconféquens. On fait retentiri
dans les rues de la Capitale cette phrafe ft rebattue
depuis deux ans Le Monarque a été trompé. Sans
doute il l'a été. Mais lorfque tant de récidives ne
rendent pas plus furveillant plus circonfped il
eft permis de ptéfumer que l'erreur fubfifte encore;
quel'illufion fe prolongera lorig-temps. C'eft là la
fource de tout le mal. Redoutez la bonne volonté
quand elle eft alliée l'infunifance. Dans une Cour
où fiègent tous les vices, elle deviendra toujours
une vertu dangereufe par l'abus qu'on :en faura
faire. Cette vérité écoic connue elle demandoit,
elle cxigeoit qu'on prît fes précautions. II falloir:
ifoler il falloir de nouveaux alentours. Il failoiç
"(i*.J
fuppïéer le défaut d'un caractère, qu'exigent çëf*
raines places par une organisation, qui ne laiflat
que la volonté de bien faire Se non pas k pouvoir
d'empêcher le bien. Il Falloir'donc prévenir par des
moyens mieux trouvés les dangers d'un pouvoir
abfolu toujours funefte quelque part qu'il iéfide.y
I! eft fage de lui donnér «les bornes. Mais l'art con-
flle dans le choix qu'on fait faire. L'autorité fou-
veraihe en comme l'or qui ne peut fervir de contre-
poids à aucun autre métal, A vôlume égal il em-
porte la balance en moindre quantité il l'emporte
encore,; plus Cotte raifon s'il eft d'une fut fice
plus grande. L'invetfion de l'opération du veto m-
toit peut-être rétabli l'équilibre. Qu'un Rot prd-
pofe qu'une Nation rejette ou admette il fera île
que ce foit-lâ l'ordre naturel.
La force exécutrice, par l'effet de fa million doîî
la première fentir ce qui manque, ce qui eft vi-
cieux ce qui eft de trop. Ses observations font
examinées pat' la force légiflative qui peut être é-
duite, mais non pas violentée. Ces pbfervations
trouvées, juffes reçoivent la Sanction légale 8c
reconnues fans utilité on n'y a point égard. n
Peuple a trop intérêt d'accepter une inftitutipn QU
u.,e réforme avantageuse, pour refufer le plus
fouvenc toutes celles de ce genre. II n'en eft as
( 37 )
Ci
peut le blefler de mille manières. Pour l'ordinaire
plus ce changement fera favorable aux Peuples,
plus il fera propre à offusquer le Souverain, Lui
lai/fer le pouvoir d'en fu (pendre l'exécution, c'eft
expofer le bien public voir enfevelir dans l'oubli,
par la fédudbion pendant le délai 6xé une loi
propice oa c'eft faire revivre cette lutte qui s'étoic
établie eqtre le Prince, & les Pademens trop foibles I
a tous égards pour lui réfifter. Supportez -vous
que les Répréfentans de la Nation, pofés, kurdes!
bafes plus folides, conferveront une intégrité qui
réponde à leur aflife i C'eft revenir à l'inconvénient
de jetter l'Etat dans â$s convulfions continuelles,
en mettant fans, cène aux putes la Puiflance légif-
lative & la Puifiance executive.
Ces funeftes à naîti-e. Mais
donnez donnez le temps. La première vertu, dte
tout Légiflateur eft la prévoyance. Il commettra de
grandes erreurs s'il part du préfeii| pour jugée
l'avenir. Ni les temps, ni les chofes, ni les individus
ne fe refemblent & pour un Roi doux & facile
il en e.ft mille qui ne veutent d'autres loix que leuc
volonté. P'aUleurs on ne peut pas avoir oublié la
féchejrefle la dureté même de la réponse qu'on a.
faiteaunom du |lpi xâ l'époque de cette dernière
révolution qui a tranfplanté la Cour de yerfailles
aux TuUeries, Ce ton auatique déceloit feul le
( i* >
Complot qu'oq trarhoit alors. Le François après
avoir conquis fon Roi, àlioit être fon tour un.
Peuple fubjugùé. Lés ordres ëcoient donnes. Le
mécontentement & l'humiliation avoient armé une
portion de l'Etat contre la Patrie pour la replonger
plus que jamais dans les fers; Elle- n'eût plus connu
d'autre droit que celui du plus fort. La Ça&ron des
Bourguignons fous Chartes VU alloit fe renou-
Veller. Un grand nombre de traits concouïoiénr à
compléter la reflèmblarice.; On fe dit Noble & l'on
parère de faire des Efclavés, & de le Tedevetjiic
foi même en rétabliflànt le Defpotifme j plutôt
que de vouloir fubftituet tant de vains titres^
telui de Citoyen libre, lefeùlutile & le feul glô-
rieux. Cédez donc, imprudens Journalifies, d'en-
dormir là Nation en lui vantant trop ùue lueur
paiTagèfe de liberté. S'il eft vrai que té ]oa^ de la
Servitude ait été briféj fongez que des fers fe rlf-
fondent* j Ôc il y a tant de mains qui s'en occupent,
qu'il eft à craindre qu'elles ne réutffTejit. Vous iér
comptez plus Maintenant que par révolutions-
vous ne paroitfez pas craindre feulement qûè tair
de comr^bdons ne produifent à la Btt àné dernière
explofion, qui enfevelirà dans le même abyme >k-
des Confpirateùrs infenfés y & dès- Mandataires
cent lieues de leurs dbligationsi
Si encore le foin de détourner ou
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effets de ces Tarions fucceïlives eût appartenu juf-
qu'ici à la prudence humaine on pourroit avoir
plus de confiance. Mais ce qu'on a peine à concet
voir c'eft que le Peuple uniquement le Peuple,
s'eft trouvé chaque fois rinftrument de fon fclut j
quoiqu'on n'ait tien oublié pour lui
& que les fauflès inductions foient venues de ceux-
la mêmes qui dévoient l'éclairer. N'a-ton pas vu
louanger dans de grands Placards à tous ie$
coins de Rue, des gens dont la tête étoit déjà paf
l'opinion générale plantée au bout d'une piquer
Auffi falloir -il entendre le$ propos da vulgaire
en lifaat ces menfonges artificieux, pour apprendre
qu'il vient une époque où il vaut mieux garder
le filence que de rappeter des noms faits pour ne'
réveiller que des fentimens d'indignation.
Ah! fi l'on eût voulu Seconder l'énergie de ce
Peuple ^i l'on eût voulu Mais non» PaJ
l'effet d'un aveuglement incroyable, douze cents
Citoyens qui n'ont pas tous, beaucoup près les
mêmes avantages à attendre.de rancien Régime,
ont oublié combien ifs avoient eu fo«ffrir fous
un pareil Gouvernement ils ont oublié que ni les
perfonn«$, ni les propriétés n'étoiént l'abri des
coups que leur porte toujours un pouvoir arbitraire,
ils ont oublié les dilapidations de la Cour\ la.dij-
teté des Minières les vexations des Fermiers la
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tyrannie des^3puverneurs dé1 Province les conçut
lion$ des Intendans les rapines de leurs Subdélé-
gués & des Directeurs des Ponts & Chauffées les
indignités des Magiftratsde Police, les gafpitlages
de tous les Geiis en place. Ils ont oublié qu'on n'a-
bandonnè pas tant de prérogatives fans les dispute):
jufqù'au dernier moment. Ils ont oublié qu'une
crite peut feule décider du fort des Empires. Ils
ont oublié que rentrant dans leurs foyers ils appor-
teroient leurs enfans leurs amis, leurs Con-
citoyens ou le premier bien de tous, la. liberté;
qu'il dévoient rompre. Ils ont oublié que s'en trc u-
vant les premiers accablés, ils joindroient à ce mil-
heur, le malheur plus grand encore de ne v w'r
s'élever fur foi que des regards où fe peignent le
reproche Se l'horreur. Et quel eft le moment où
tant d'oublis fi fanefies fe font réalités? C'ed ce ui
qui devoit les attacher plus fortement que jamais i
leurs devoirs. Celui où l'autorité lent a prouvé
ainfi qu'à la Capitale ce qu'elle ofe ,faire qaaid
elle croit pouvoir tout bazarder. Ceft dans le rro-
ment où leur liberté» leur exiftence oint été par ¡-
cuHèrement menacées. Ceft depuis ce moment que
le Patriotifme s'eft laifTé Surprendre par l'intrigu
& que j'Aflemblée dé là Nation n'a plus paru cé et
qu'à des infinuarions antinationales. Faudra- t il

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