Le petit almanach de nos grandes femmes, accompagné de quelques prédictions pour l'année 1789 ([Reprod.])

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[s.n.] (Londres). 1789. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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THEFREÎ^REVOLUTl^
RESEÂlU3IC(MJJECrR^
LES ARCHIVES DE LA
REVOIIjnON FRANÇAISE

DE QUELQUES PRÉDICTION^
Pour l'année 17899
Nouaa quid fctmlna pnffiu
Virg. (Eneid.
 ÏÔNDRES*
PRÉFACE.
-Des hommes vraiment chari-
tables, & dont la vue perçante
& microscopique découvre le
génie le plus imperceptible
nous. ont fait apercevoir,
l'année dernière, dans la lit-
térature de petits animal-
cules dont les cris aigres
avoient bien quelquefois écor-
ché nos oreilles mais qui,
femblables au ciron, fe déro-
boient aux yeux les plus clair-
voyans. Grâces à ces Linnés de
notre littérature nous avons
îv Préface.
reconnu qu'il en eft des lettres
comme de la nature qui fe
plaît à cacher fes plus grandes
merveilles dans Yinfininunt
petit. •
Que d'objets nouveaux ont
alors frappe tous les regards
Que de Phénix éclos fous la
plume de ces Auteurs bienfai-
fans Que de génies étonnés
eux-mêmes de fe voir produits
au grand jour, ont également
furpris & l'oeil contemplatif
du Philofophe qui fe pique
de tout connoître & celui
de l'ignorant de bonne foi,
qui compte pour rien le peu
qu'il connoîç Qui ne s'écria
Préface. V
A iij
pas alors avec Boileau
Oh que décrits obfcurs de livres ignora
Furent eu ce grand jour He la poudte lires!
Vous en fûtes tirés Plancha & la Platière
Et toi, rebut du ptup'e inconnu la But-
Cependant malgré les juf-
tes éloges que l'on a données
aux Auteurs du Petit Aima-
nach de nos Grands Hommes
tout enadmirant leurs grandes
découverte, on a fentt qu'il
y reçoit encore quelque chofe
a défirer; ôn a fenti que leur
efprit borne comme celui
des autres mortels rebuté
d'ailleurs de tant de fatigues,
pu pénétrer jusqu'aux
régions de l'inconnu »- où
felôn toutes les apparences,
on devoit trouver quelque'
chofe de plus curieux en-
core.
Nous .avons long temps
examine quelles pouvoicnt
toient a faire & à force de
infléchir fur cette matière
importante un rayon de
lumière eft venu tout à coup
nbus éclairer. Nous avons
remarqué que nos obferv%-
ceurs.de l'an paffé n'avoient
annoncé que des phénomènes
d'une feule efpècej favoir,
Préface. vij
A iv
tôt hptré étonnement a ceflfé»
îïous nous fomnies promis
une nouvelle conquête plus
^glorieufe peut-être mais
certainement plus difficile.
En nous repliant fur les fiè-
cles pattes nous avons vu
autres. Le fiècle de Louis XIV
nous a offert les mêmes pro-
diges. Les Sévigne, les ïtef-
houllière les Scùdéri fe
font faït prefqué un auiïï
grand nom que les Corneille
& les Racine. Le nôtre n'en-
il plus ces ames
divines ? avoit-il perdu 1 éner-
gie néceflaire à faire éclore
de femblables «merveilles ?
Nous ne le ^pouvions croire
& notre vanité fc refufoit à
cette penfée humiliante. Per-*
fuadés qu'il étoit de la dér-
nière importance d'approfon-
dit cette fingularitd, nous en
avons formé le hardi projet.
Travaux fatigues rien ne
nous a. rebutés toutes les
difficultés ont difparu nous
n'avons vu que la gloire atta-
chée au fuccès da cette en-
treprife. Bientôt notre
grande fatisfadion, nous
avons reconnu que le fiècle
ÎX-
X
A v
où nous fommes ne devoit
rien de ce côté à ceux qui
l'ont précédé que les mêmes
prodigues exiftoieht encore
mais que s'ils fe déroboient
aux yeux, c'étoit par un excès
de modeftie, bien digne de
l'eilime & de l'admiration de
tous les gens de bien. Lever
le voile qui couvroit leur
exigence) la rendre publique
& avérée leur procurer la
gloire qu'ils méritoient, c'eft
ce que nous avons tâché de
faire ce que nous nous
flattons d'avoir fait.
Tranfportés de joie à la
.vue de nos nombreufes &
x Préface.
brillantes découvertes nous
méditions déjà un gros vo--
lume dans lequel nous de-
vions propofer le plus beau
projet qui félon nous 9 fût
jamais entré dans la tète de
l'homme nous voulions qu'on
drefsât quarante fauteuils de
plus à l'Académie françoife,
où yiendroient s'afleoir qua-
rante femmes d'un mérite
reconnu. Quel plus beau
que de voir l'illuftre du JBoc-
cage ftég;et à côté d« l'im-
morpel la Harpe la comique
Saint-Léger* à côté du tra-
gique le Mierrt. f & la pro-r
Préface. *j
A v j
fonde Kéralio près du cé-
lèbre | du fameux Sûard Le
Chantre de Colomb rechauf
feroit l'auteur du. froid Men-
^icoff i l'auteur des Deux
Soeurs donneroit l'eflbr à
̃/Térée l'hiftoriographe dT/i-
fabeth communiqueroit fon
talent à l'hrftoriographe de
France & la tendre émule
de Théocrite l'aimable Ver-
dur partagerait, les chalu-
meaux
avec l'élégant tradudeur de
fes Idillcs. Quel agréable
mélange quatre-vingts beaux
efprits mâles & femelles dans
»n coin du Louvre
xij Préface.
il, Telles étoienj; les râlions
dont nous nous préparions à
appuyer notre projet lorf-v
qu'un amateur de la haute'
littérature eft venu tout ren-.
verfer. « Mes amis s'eft-ïl.
Décrié^ vous avez des idées
» fantaftiques gardez-vous de
les rendre publiques ont
» vous traiteroit de gens à
» paradoxes & de vifionnaires.
» Jamais nos Dames ne feront
» reçues à l'Académie parce
» que les Grâces aufli bien,
» que lqs Mufes y feroient
» aujourdJhui déplacées. D'a-
» bord les Amours, qui ne
s» peuvent fe détacher d'elles
elles ne
» gueroient, & obtiendraient
» infailliblement les fauteuils.
» cupés par les Amours ne
» tarderaient guère à fe tranf-
» former 'Se eg
» pauvres maris compteraient
déformais les naufrages de-
» la vertu de leurs favantes
de jour en jour plus fté-
» quentes rendroient en peu
» de temps le calcul impofli-
» qué -ces gé-
±îv Préface.
» feroient. frauder les
droits de l'hymen, feroient
» tourner les féances au profit
» de leurs époux en leur
» prodiguant un titre plus
3» harmonieux que celui donn6
» en pareil cas par le vulgaire.
»Mais ces' Meilleurs feront
3* très-bien de Ven tenir à leur
» premier nom, de peur qu'une
nouvelle, dénomination, que
» l'on fauroit être le réfultat
» de pareilles aflemblées en
» difant moins ne faite en-
"•» tendre davantage Il. Ce dif-
cours inattendu nous a fait
rentrer dahs les ternes'de
notre Almanach, & nous ne
Préface.
nous occupés'
depuis qu'à y mettre la der-
nière main. Mais quoique
nous n'ayons épargné ni foins
ni travaux la vérité néan-
moins nous arrache ici un aveu
bien pénible pour des auteurs,
& bien capable de démonter
notre orgueil fi nous en
avions. Le apercevra
facilement la différence qui
règne entre l'Almanach des
celui que
nous lui préfentons. Hélas
nous ne fommes pas à nous
en apercevoir Combien de
fois avons-nous été tentés de
jeter notre Ouvrage au feu.
Le E petit
ALMANACH
DE NOS
GRANDES FEMMES.
AUGIS 'DE
Après avoir préludé quelque temps
par divers cffais
après avoir monté
fa lyre fur le ton fublirne & tendre
{Impie enjoué, ours avec
Ci8]
fuccès infat table de gloire elle a
convoité un nouveau laurier &
s'eft avec une audace
intrépide dans la vafte carrière
de l'Enigme où elle marche à pas
de géant. Le croira-ton cepsn-
dant i Ses envieux l'ont défiée do
s'élever jufqu'à là hauteur de la'
Charade, & cela, pourquoi? parce
qu'elle n'avoit pas encore tenté ce
genre difficile. Il faut l'avouer, la
paflîon eft bien aveugle & De rai-
fonne gaère. Quoi un talent mar-
que pour un certain genre en
exclut-il néceflâircment un autre
Le cygne de Mantoue après avoir
eflayé fur le flageolet des airs chant-
pêtres, n'a-t-il pas embouché -la
trompette héroïque avec plus de
Succès encore ? Si donc l'oracle du
Mercure fe tait depuis quelque
bien de prendre l'on (,,once pour
lons bien les avertir que Made-
moifelle dans le
fecret les foudres qui les vont
main à une Charade à laquelte elle
travaille dans cette intention
depuis long-temps.
mie royale dé Mufique. Cette
Nymphe opératrice a plus d'un
talent te l'on peut dire même
que ce ireft pas fur la (cène qu'elle
loue 1c mieux (on rôle. Elle excelle.
par exemple > dans la poéfie fugi~
tive, II y a quatre ou tinq ans
qu'elle lâcha une Elégie1 fur la perte
dun Amant, qui probablement
n'aura pas manqué de ramener le
[M]
pour rien avons larmoyé de toutes
nos forces en la lifant. Voyez encore
(on Epître M. Charles dans la-
vers bien fonores d'avoir rendu
une vifite à Aurore, fa pa trône &
fa rivale. v
Beauhaenais (Mde. la Corn-
teflede) manie auffi la plume avec
beaucoup d'aifance. Parmi Ies p'ù-
ces infinies dont elle enrichi le,
Théâtre françois, on doit*fur-tout
diftinguer la Faujê Inconjîanct ,«
drame qui a été applaudie avec
fureur; On nous a rapporté à ce
fu;et un pe;it dialogue entre le
Coujtn Jacques & M. l'abbé Aubert,
que nous ne cônfignôns .ici que
11 il
s'attacbe au Write. Le jour de 1»
première représentation le Coufin%
U M. l'abbé
Aubert, lut demanda des renfeîgne-
mens fur la pièée. Ceft, dit celui-ci,
une pièce en clnt aHu & en profe de
effigie par, M. U Chevalier de Cu-
ce la piiceou fauteur qui
a été corrigée? reprit le
contredit, une
des poufinaies les plus fortes & !ex
plus infup^ortables dire.
teflè, que l'auteur un lunatique
Outre Ifs ouvragé» mentionné»
ci-deifus Madame a mis- au joue
un petit livre intitulé les Amans
i'auwt fois. Oa en a fait quinze
éditions coup fur coup & c'eft au>
jugement des connqifleurs, le nee
plus ulirâ du génie féminin. Si .l'on
veut confultet les journaux*, on
verra que madame de Beauharnais
n'eft pas moins étonnante en poéfie
qu'en profe, quoique M. le Brun
Elle n'a que deux petits travers;
Elle virage le fait pas fcs vert.
Beaumakets ( Mde. de ) au-
teur de plufieurs Epîtres envers,,
dans lefquell^s on retrouve Yélé-'
.Voltaire. Nous croyons qu
chef.£oeuvre eft une Epïtre
M. Bardin Vcûné à Sens pour
& fes amies. On lui donné les
épitfaètes charmantes à'Jpofiat dit
JPinde & de transfuge de la capitale.
fari
C«ci nots a fait naître une ré-
dont
oa le gratifie; c'eft ans doute un
malheur que le public lent vive.
ment unais combien ne feroit-il
pas affligé fi la province venait.1
lui enlever l'auteur de cette Epîtro
ifniAUHOiR (Mde. de) travaille
fans relâche pour nos théâtres. On
fe rappelé encore aujourd'hui les
bïillans Cucds de Fattfan & Colas.
II nous femble cependant que ce
n'eft pas cette pièce qui a le mieux
conftaté le mérite de madame do
Peaunoir, puifque
en avoit déjà fait za moins les trôts
demi. Ce ferait plutôt,
félon nous la Suite de Fanfan &
Colas ou Jïiea
tauroic concevoir comment une
femme feule a pu feuffler un
vieux Procureur tant de .jolies
chofes pour rire. L'envie s'eft aulfi
déchaînée contre madame de Beau-,
noir. On a prétendu, on prétend
même encore que le mari dicfte,
lorfque Madame écrit. Ceci n'et!`
qu'un conte auquel les peAttfsei
n'ajouteront jamais Joi. Il
eft vrai que M. de eft
auteur auffi mais comment fe
perfuader qu'il ait été afle? mal-
adroft ou fi l'on veut aitez
ne que
les jinis du jour, pièce qu'on n'ofe-
roit comparer à celles de madame
fon Epoufe & qui n'a fait pa-
CARI
[»sl
B
Beccart ( Mde. ) doit c*rre
comptée au nombre de cet auteurs
bienfaifans qui font pafler to%s les
jours- dans notre langue les' cbef-
d'oeuvres de la littérature anglolfe.
On fent bien que nous voulons
parler Cet ou-
vrage de madame B«ccary eft plein
d'une moral* vraie ufuelle & fans
exagération. cependant
quelque petit défaue mats c'eft le
talon <TAchi{ie il eg difficile
faiftr.
BemoÎt ( Mde. ) a fait, outre
théâtre » un
cuvrxge très-moràl. Lé but eft de
prouve* que tout on folie dans la
prudence humaine» C'eft une ré-
tlexion bien trifte bien humiliant*
j>our notre roalheureufe efpècej
mais dont nous avons récoenu plu*
le livre de madame Benoît, où l'on
trouvé *une infinité de chofes bien
penfées & très philofophiques
quoiqu'il ne fëit pas plus gros
qu'un volume de l'Encyclopédie,
eft une mu Te étrangère très-verfée
néanmoins dans la poéfie françoife.
î)es bouts rimés, pleins d'une mo-
talc faine & vigoureufe forment
fes lettres de natûnlité.
Blaireau, ( Mlle, ) Une
roïde de la belle Mancini à
Louis XIV qui ne le cède point
à celle d'Héloîfe ',enta, pièce
de réception de cette Demoifelle
90 temple de mémoire. Une IdUIe
de Qeûier, traduite
N
vers françots, lui été aufli du*
grand («cours. Quoique mademoi-
fclle Blaireau ait fait pour fa
réputation t elle ne fe croit pas
encore quitte envers le public. On
parle beaucoup d'une réponfe de
Louis XIV.
O utinam/
(Mde. du ) Nous ne
répéterons point ici les éloges
qu'on a prodigués fi juftement
fes deux poëmes. Tout le monde
fait avec quel
lutté contre MHton & Càmôëns.
Nous rappellerons la
mémoire du gens de goût, un
autre ouvrage de madame du $oc
cage qui n'eft pas 1 A beaucoup
près, aufli connu qu'il le mérite
le cela paf la faute Eles Comédien»
^rançon. Nous voulons parlee d'une
tragédie en cinq actes & en vers
dans
laquelle on reconnoi les fentimens
Mde. la Baronne de >
eft Poëte dans toute ta force du
roient dëjâ recnplir deux gros yo-
lûmes in-8°. ont la. douceur des
pavots j la morale en eft aufli très-
avons une preuve fingulière dans
une Epîtrê de Madame adrefTée
à une jeune amie qui vouloit
sAlahet ton enfant. Elle lui con-
tëtle de 'n'en rien faire & lui
prouve clairement que ce feroit
gîter fin beau fiin & changer
de Bout*
B3
en chantant le plus grand ennemi
de fon fexe, c'eft-àdire, le Silence*
Voici le début
Contemporain avec l'éternité,
Silence tu régnas fut la oatute entière
Tout fiircn toi; fins mi rien nic(itù&
Pas même les ftrophes élégante*
de madame la Baronne.
Bouquet, Auteur-
Libraire à Faaaife en Normandie.
On & vu dans ces derniers temps
un Poëte bas-breton agacer Mus
les beaux efprits de la France
fous le mafque femelle, 8c devenir
enfui te le jouet de fes admirateurs
les plus paffionnés. Madame Bou-
quet a parodié cette tragédie d'une
manière fort adroite en faifant
t îol
paroître les ouvrages fous le nom
Spécieux d'un M. Lar ( li-
fez Etudiant en
droit. Cette mure originale nous a
déjà régalés d'une fou le de chan-
fons, frappées au bon coin mais
le meilleur plat de (on mêtier etf
un Almanach pour Tannée biflex-
tile intitulé Etrennei comme
il y m a peu on pourroit dire,
tomme il ri y tn a point. C'eft une
encyclopédie ên miniature. Profe
vers afironomie géographie
phyfîque bons mbts anecdotes
curieufes, tout s'y trouve en un
mot, c'eft le Vadt-mtcum des plus
grands connoifleurs 'de Falaife.
Si ;amais notre Almanach par-
vient jufques dans cette ville cé-'
lèbre ( ce que nous n'ofons trop
efpérer), la modeflie de madame
B4
la pretente nçtipd. Nous la prions
cependant de co^déref qu'ayant
entrepris l'éloge des femmes célè-
bres nous ne pouvions fans une
injuftice criante lui refufer le
tribut qu'elle -mérite d'ailleurs
notre indifcrétion ne peut que lui
faïre honneur: 'les ouvrages ont
été goûtés, même comme prove-
nant d'un homme; combien la
public ne pas redoubler fes
louanges quand il apprendra que
c'eft une femme qui en eft l'au-*
Bourçtîe. ( Mde. ) Comme fes
autres ouvrages font entre les
mains de tout le monde (i) nous
ne parlerons ici que de fa Coquette
(i) Voyez la Mufc limonadière.
far.ie comédie en un eti
vers qui peut très-bien faire pen-
ou plutôt un jaloux de la gloire de
madame Bourette nous a foutenu
mordicus que cette pièce Etoiwt une
chimère qui n'exiftoit que dans
potre imagination. Nous enragions >
& cependant quoique sûrs de
potre fait, nous ne favions trop
comment le prouver, lorfqu'un ama-
teur de théâtre à qui nous avions
confié notre embarras nous à
aiïures qu'il avoit affilié aux funé.
raiiles de cette .piéce, & nous en
a même, délivré, pour plus grande
sûreté, un extrait mortuaire, avec
lequel nous avons aufli-tôt fermé
là bouche notre adversaire.
Bru met, (Mlle.) la cadette
Xt3 ï

If 'Comté vient de
quitter dernièrement l'énigme pour
Canbeille « ( Mlle. > Poète
Adrice Toutes
les fois qu'elle chante au Concert
fpiritucl des vers & de ta raufique
de fa compofition elle n'obtieat
pas-moins d'applaudiffemens qu'au
CASTAN de Narbonne (Mlle.)
s'eft jetée à corps perdu dans, la
Charade/où elle fait des, prodiges.
En voici une preuve convaincante
Dans tes foré» mon premier vit ieloui;
Ça «Wcmfnwfl dernier, on avale mon tout.
r h
Saint-ChaMônd (Mde.ii
Marquifé de ) eft auffi diftînguée
par Tes talens que par fa 'nailTance.
Lifex Jet Amans fans le [avoir
comédie en trois actes & en prafe,
dont eHe a enrichi la (cène fran-
çoife. Cette pièce nous a paru -autri
finguliére. que Con titre & nous
ne concevons pas comment les
Comédiens qui remettent tous'
les jours au théâtre des pièces dé-
teHables ne penfent point à celle
oferions garantir le fuccès.
quelquefois au Mercure de France
des charades marquées au coin du-
génie; mais malheureufement Se
par une Singularité bien extraordi-
naire Madame ne' rime que dans
Ût]
S<^
à fouhaï-
ter pour les amateurs de la charade
qu'il plût toujours.
Courcelles, (Mlle de) Amé-
ricaine. Semblable à ces plantes
agréables que les curieux tranfpor-
tent de l'un à l'autre hémifphère
& qui deviennent l'honneur & l'or-
nement de nos jardins cette jeune
rhufe, tranfplantie des bords amé-
ricains fur les rives de la Seine, fait
l'amufement & les -délices de la
France littéraire. C'eft une acquifl-
tion dont nous ne pouvons trop nous
féliciter! & que doit bien regretter
l'hélicon de l'Amérique. Heureux
deftin du Parnaue français, qui ^en-
richit des pertes de toutes les
nations de l'univers connu
y oyez fur-tout l'Epître de Mar
E3<n
detnoifelte de Courcelles à M. le
Comte de Treflan.
( Mite. )_ vient de
donner un furieux démenti teux
qui prétendent que tout tfl dit,
14 le a ru te faire une répu-
tation brillante dans le genre le
plus rebattu le Triolet.
Les Œuvres de mademoiselle Des.
granges font déjà d'une rareté fans
exemple } preuve inconteftable do
leur mérite.
Dufresnoy ( eft d'une
fécondité étonnante. Nous (brames
encore à concevoir comment cette
Dame, peut rédiger à elle feule &
même quelquefois meubler en en-
tier un Journal auflî varié auffi
ÏDt&eflant aufli vohimineux que
C 37 1
le* Courrier lyrique fans que les
Journaux Ces confrères en fou fixent;
car il y en a bien peu où l'on ne
trouve quelques Epîtres de madame
Dufrefnoy à MM. Knapen fils
Damas, &c. Ses vers en outre
ditent cent fois plus quils ne font
gros j une douzaine .feule fuffit
pour occuper pendant plus de
quinze jours un leâeur réfléchi..
Nous croyons} par exemple qu'on
doit faire une paufe après la lecture
de ce quatrain adrefle aux arbres
du bois de Vincennes
Que f aime voue ombrage frais
» Vous mfj^res la badinage
» Et vous ne babilles jamais
tj*J
Emuie, (Mlle.) âgée de treize
ansj -i lancé une Epigramme contre
les auteurs qui. eompefent par cha-
pitres. Mademoifelle Emilie eft bien,
méchante pour fon âge.
Evoque, (Mlle. fi connue
par fes Idilles. Ce genre* manq,uoit
â notre littérature mais Mademoi-
felle a fi bien réparé cette lacune.
que nous n'avons plus rien à en.
vier, de ce côté, aux Grecs, aux
Romains & aux Allemands. Sans
vouloir retracer ici les éloges que
nous donnons plus bas à ma-
dame Verdier, il nous femble que
Mademoifelle eu autant de fart
qu'elle à la fuccefiîon de Théo-
,crite puifqu'à l'exception des
r 39 i
mes pour l'Idilte, on retrouve en-
tièrement la touche de cet auteuc
en lifant mademoifelle l'Evêque.
F.
FALCONNET ( Mde. ) autrefois
madame Chaumoqt par un excès
de modeftie bien excufable dans
toute autre perfonne qui n'auroit
pas fes talens a d'abord cru de-
voir partager le fardeau de tes
travaux & de fa gloire avec ma-
dame Rofet. La réunion de ces
deux génies a produit YHturcu/h
Fer ♦ • ( Mde. la Marqui(e
de la ) Nous ne connotuons que
la moitié du nom de cette Dame.^
Il n'en sa pas de même de fes
Uo]
Fables divines. Un ftyle Vraiment
neuf une philofophie toujours
gaie toujours naturelle en font
le principal mérite. Il ett aifé de
voirt que Madame eft urte vraie
Marquée, ou du moins qu'elle en
a la fortune. Sans cela prodigue»
roit-etle fi largement à tous les
journaux des ouvrages dont la cot-
Jeâion feroit capable d'enrichir un
Auteur pauvre, & vingt Librai-
res qui mourraient de faim? Que
Lafontaine eft petit auprès de ma-
dame la Marquife Comparez ce
qu'il a fait de mieux avec le com-
mencement de cette Fal?le, &
jugez:
(te Broehtt la Grenouilla. )
p Sut les bords d'un étang des grenouilles
chantoieht,
On, peur tnitux Un, crcajfiient.
j». S'en fbùgait l'autre matinée*
Sur teut »><> & fut Uw figure,
» Sur leur démarche te leur tournure
/iOfl ÔCC ». dr leur
Voilà le véritable flyle' de la
Fable,que ni Lafontaine ni même
Lamotte n'ont jamais connu,
Fitte f\îde. la a mis au jour
un ouvrage des plus intéreiïans il
a pour titre Entretiens Drames,
Contes moraux à Vufagt det enfans.
Nous ne connoiflbns jufqu'ici que
M. Berquin qui puiflè être comparé
à cette Dame. La plus étonnante
érudition la diâiorr la plus été.
gante, les particularités les plus
précieufes font les traits caraâé-
xifUques de ce petit volume. Nous
t 42 5
y avons fur-tout lu & relu un en-
ttetien de Jacquot qui cueille des
pruines de Monfieur avec fin papa
& nous (buterions qu'il faut le con-
noître.pourconnoître la belle nature.
Nous y avons de plus admiré deux
queutons importantes, qui donnent
lieu aux plus' fa van tes reponfes. il
s'agit de favoir fi tnêtamorpkofe ne
vm pas dire changement & ri les
chenilles ont des yeux. La préface,
dont le flyîe eft fingulièrement
coulant eft adreflée la Reine de
la Grande-Bretagne. On n'en fera
pas furpris H l'on confidîre que
l'ouvrage de madame la Fitte eft
fait pour être traduit, non feule-
ment en anglois, mais dans toutes
les langues vivantes depuis l'ita-
lien- jufqu'à l'arabe.
FiiÉBON, (Mde.) digne foeur
t 4? 1
de M. l'abbé Royou Ceft elle qui
fournit en partie les meilleurs ex-
traits de Vannée littéraire éloge
coprt fans doute mais que les
connohlèurs fauront apprécier.
Fiuquét, (Mlle.) Peintre en
éventails donne beaucoup aufli
dans l'Enigme. Nous conjurons
mademoifelle Friquet de continuer
a peindre en éventails.
Gaudet & Gervais. (Ml')
Ces deux mufes ont monté leurs
lyres fur le vieux ton gaulois ÔC
s'évertuent dans la Romance où.
elles obtiennent des fuccès égaux.
Voyez les Etrennes lytiques & autres
Journaux de cette force.
t4*3
GautriI*. (Mlle)
fut les bouievarts du Temple
nous a convaincus de l'extfteoce
de cette Mufe. C'eft une imitation
des Adieux de Voltaire mais bien
autrement tournée que l'original
elle eft intitulée Le bon jour d'un
jeune homme qui entre dans le monde.
Qu'on juge du refte par le premier
couplet
• Fi d'un mauffide & fot amant
i> J'abjuçe fa folie.
l
» Je veux changer d'objet Couvent.
Compagnie ».
Voilà ce qu'oa peut appeler de
la poéûe fans enflure.
<j i l L i e R d'Ervy le Chaire!.
Gougelet CMdle.) a mérité
les éloges de toutes Ues perfonnei
traites, par Ton Abrégé dc VHif-
foire fainte, romaine de France » &
de la Fabk recueil immenfe qui
a dû coûter bien des fueurs & des
veilles à fon Auteur Nous avons
appris indirectement que la famé
de Madame en àvoit été dérangée
On ne dira pas cependant qu'elle
ait tciviilfé par intérêt, puifqu'avec
«ne livre & dix fous on peut fa
procurer ce double ce table, ce
quadruple abrégé.
Gouges, ( Mde. de) Auteur
entre autres
«images FHomme généreux & ta

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