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LE REGARD DU LOCUTEUR

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« Cet ouvrage est un recueil d’essais consacrés aux traces langagières que laisse le locuteur dans ces énoncés. Il permet de montrer comment divers phénomènes qui relèvent du niveau de la langue marquent et restreignent l’activité énonciative. L’approche est modulaire, et prend son départ dans l’ancrage formel des aspects du sens qui dévoilent la présence du locuteur, pour montrer ensuite comment la forme linguistique pose des contraintes précises sur l’interprétation de la parole. »

Extrait de: Henning Nølke. « Le regard du locuteur. » iBooks.


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Henning Nølke

Le regard du locuteur

Pour une linguistique des traces énonciatives

Présentation

Cet ouvrage est un recueil d’essais consacrés aux traces langagières que laisse le locuteur dans ces énoncés. Il permet de montrer comment divers phénomènes qui relèvent du niveau de la langue marquent et restreignent l’activité énonciative. L’approche est modulaire, et prend son départ dans l’ancrage formel des aspects du sens qui dévoilent la présence du locuteur, pour montrer ensuite comment la forme linguistique pose des contraintes précises sur l’interprétation de la parole. Les deux derniers textes montrent la fertilité de cette méthode en l’appliquant à des phénomènes argumentatifs. Henning Nølke est professeur à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales d’ Århus, Danemark.

L'auteur

Henning  Nølke

Henning Nølke est professeur à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales d’Århus, Danemark.

Table des matières

  • Préface(Robert Martin)
  • Avant-propos
  • Chapitre 1 : Adverbes contextuels
    • Présentation
    • Recherches sur les adverbes : bref aperçu historique des travaux de classification
      • 1 - Première génération
      • 2 - Deuxième génération
      • 3 - Troisième génération : première vague
      • 4 - Troisième génération : deuxième vague
      • 5 - Analyses de détail
      • 6 - Le dernier-né
    • Analyse sémantique des compléments adverbiaux contextuels
      • 1 - La notion d’adverbial
      • 2 - Classification des adverbes
      • 3 - Le modèle
      • 4 - Les adverbiaux paradigmatisants
      • 5 - Différents adverbiaux paradigmatisants
      • 6 - Adverbiaux de phrase paradigmatisants
      • Pour conclure
    • Les adverbes contextuels et la focalisation
      • Introduction
      • 1 - Thème, rhème, foyer
      • 2 - Les adverbiaux fortement focalisateurs
      • 3 - Les adverbiaux faiblement focalisateurs
      • Conclusion
    • Les adverbiaux contextuels : problèmes de classification
      • Introduction
      • 1 - Les adverbes de phrase
      • 2 - Examen critique des classifications proposées par Mørdrup et Schlyter
      • 3 - Considérations de méthode
      • 4 - Les adverbiaux contextuels
      • 5 - Les classes d’adverbiaux contextuels
      • Conclusion
  • Chapitre 2 : Modalités d’énonciation et connecteurs
    • Présentation
    • L’illocutoire et sa modalisation  
      • Introduction
      • 1 - Classifications des adverbes
      • 2 - Considérations théoriques
      • 3 - Analyse des AI
      • Conclusion
    • Pertinence et modalisateurs d’énonciation
      • Introduction
      • 1 - Les adverbiaux illocutoires
      • 2 - La modalisation de l’illocutoire
      • 3 - Esquisse d’un modèle de l’interprétation
      • 4 - Les AI comme marqueurs d’interprétation
      • 5 - Les autres modalisateurs d’énonciation
      • En guise de conclusion
    • Il y a connecteurs et connecteurs : la connexion analytique et synthétique en français moderne
      • Introduction
      • 1 - La notion de connexion
      • 2 - Les CP comme marqueurs de connexion entre énoncés
      • 3 - Connexions analytique et synthétique
      • 4 - Esquisse d’une classification fonctionnelle des CP
      • Conclusion
  • Chapitre 3 : Modalités d’énoncé
    • Présentation
    • Peut-être
      • Introduction
      • 1 - Description de l’emploi
      • 2 - Polyphonie et modalité
      • 3 - Vers une analyse polyphonique
      • 4 - Peut-être dans l’acte d’interrogation
      • 5 - Peut-être dans l’acte d’exclamation
      • Conclusion
    • Peut-être : fonctions modale et discursive
      • 1 - L’analyse traditionnelle de peut-être
      • 2 - Analyse polyphonique de peut-être
      • 3 - Le couple commentaire/commenté
      • 4 - L’enchaînement discursif
      • 5 - La valeur logique
      • 6 - Peut-être dans les réponses
      • 7 - La concession
      • 8 - Pour conclure
    • Où placer un adverbe de phrase ? Et pourquoi ?
      • N’importe où ?
      • 1 - Système explicatif
      • 2 - Niveau syntaxique
      • 3 - Niveau (syntactico-)sémantique
      • 4 - Niveau discursif
      • Pour conclure
    • Le subjonctif : fragments d’une théorie énonciative  
      • Introduction
      • 1 - Approches structuralistes : la hiérarchie
      • 2 - Interprétation polyphonique
      • 3 - La polyphonie interne
      • 4 - Subjonctif et polyphonie
      • 5 - Subjonctif et vérité
      • Conclusion
  • Chapitre 4 : La négation
    • Présentation
    • Formes et emplois des énoncés négatifs : polyphonie et syntaxe de ne...pas
      • Introduction
      • 1 - Types de négations
      • 2 - Analyse polyphonique
      • 3 - Indicateurs syntaxiques
      • Conclusion
    • Ne ... Pas : négation descriptive ou polémique ?
      • Introduction : les trois emplois de la négation
      • 1 - Les paramètres
      • 2 - Modèle d’interprétation
      • 3 - Structure de l’énoncé négatif
      • 4 - Propriétés structurales et interprétation de ne…pas
      • 5 - Contextes bloqueurs et contextes déclencheurs
      • Pour conclure
  • Chapitre 5 : L’argumentation
    • Présentation
    • Contraintes sémantiques sur l’argumentation : de la microstructure polyphonique à la macrostructure argumentative
      • 1 - Argumentation et linguistique
      • 2 - Polyphonie et argumentation
      • 3 - Formules augmentatives
      • 4 - Pour conclure
    • Persuasion déguisée en description : un exemple de l’argumentation du discours de la publicité d’image  
      • Introduction
      • 1 - La publicité d’image
      • 2 - Le profil Leroy-Somer
      • 3 - Approche théorique
      • 4 - Analyse linguistique
      • 5 - Traits contextuels
      • 6 - Le mutant argumentatif
      • Pour conclure
  • Bibliographie générale

Préface

Robert  Martin

Il est bien rare qu’un linguiste encore jeune se trouve sollicité pour publier sous forme de volume une sélection de ses articles. Mais comment s’en étonner dans le cas de Henning NØLKE ? Sa production, d’une belle unité thématique, tient une place de choix dans le paysage actuel de la linguistique française.

H. NØLKE a su développer avec talent une conception originale de la sémantique qui, sans tomber dans les pièges de l’éclectisme, a le mérite de synthétiser quelques-uns des acquis incontestables d’approches fort diverses. Assurément, le point de vue est celui du sémanticien : ce qui importe à H. NØLKE, ce sont les mécanismes complexes qui produisent le contenu de la phrase, conçue comme un type. L’énoncé, comme occurrence, ne vient jamais qu’en seconde place. Il n’empêche que des notions comme celles d’illocutoire, de pertinence ou d’argumentation, telles qu’elles sont développées par la philosophie analytique et par les pragmaticiens qui s’en inspirent, s’insèrent sans difficulté dans cette réflexion approfondie sur la construction sémantique. Quelques thèmes récurrents (la focalisation, la thématisation, la polyphonie, le marquage du champ ou de la portée…) permettent de mesurer les progrès de la pensée. Que l’on se reporte par exemple aux deux remarquables études sur ne…pas, et l’on verra comment, en l’approfondissant, la seconde fait subtilement écho à la première. Les articles ici rassemblés sont le fruit de quelque dix années de recherche : peu à peu les concepts se clarifient, les domaines qu’ils recouvrent se précisent, les sous-catégories et les distinctions se multiplient et s’affermissent. Le souci extrême de la rigueur définitoire (H. NØLKE a d’abord enseigné les mathématiques…), le goût des typologies soigneusement élaborées, le sens, avant toute chose, de la démonstration linguistique (c’est-à-dire le rappel initial des éléments pertinents de l’appareillage théorique, la mise en place de batteries efficaces de tests, l’épreuve de la confrontation aux données, les reformulations nuancées et généralement provisoires que la résistance des choses ne manque jamais de provoquer), tout cela confère à la démarche de H. NØLKE l’attrait des travaux longuement mûris.

Mais le mérite le plus stimulant des hypothèses ici développées, outre la variété des faits qu’elles recouvrent et la rigueur avec laquelle elles sont exposées, me paraît tenir à leur réutilisation possible, quelque orientation théorisante que l’on adopte. Je ne m’arrêterai brièvement qu’à un seul exemple : c’est le hasard de ma réflexion actuelle qui me l’a fait choisir. H. NØLKE défend l’idée que la négation est fondamentalement polémique, que la négationdescriptive vient d’une dérivation que des facteurs contextuels peuvent déclencher (« déclencheurs de dérivation descriptive ») et que d’autres peuvent bloquer (« bloqueurs de dérivation descriptive »). Une telle conception s’apparente à la logique des défauts : en l’absence de facteurs contraires, l’interprétation de la négation est normalement une interprétation polémique. Supposons un instant qu’à la conception dérivationnelle de la polysémie grammaticale ici sous-jacente on préfère (c’est mon cas) une conception plus abstraite, qui assigne aux unités de langue, à la manière des signifiés de puissance guillaumiens, un contenu de très grande généralité, commun à tous les emplois. En l’occurrence, on imaginera par exemple, dans les termes d’une sémantique logique, que toute négation ¬p suppose la validité de p dans quelque monde contrefactuel : dire qu’il n’y a pas un nuage dans le ciel, c’est admettre malgré tout qu’il aurait pu en être autrement, dire que la mur n’est pas blanc, c’est laisser entendre qu’il aurait pu se faire qu’il le soit. Cela dit, dans le premier cas, la contrefactualité, quoique virtuellement présente, est laissée inexploitée ; dans l’autre (où le prédicat est « non spécifiant »), la contrefactualité prend au contraire la forme d’une « image d’univers » où transparaît l’opinion d’autrui (ou bien l’opinion que j’ai pu moi-même avoir et dont je sais à présent qu’elle n’était pas fondée).

Une telle conception fait disparaître l’idée d’un emploi fondamental et de mécanismes de dérivation : les deux usages, polémique et descriptif, dérivent cette fois d’un même contenu de contrefactualité, sous-jacent à toutes les occurrences. Du fait même, le terme de « bloqueur de dérivation descriptive » n’est plus guère approprié ; ce serait plutôt l’inverse : les contextes polémiques accentuent l’idée de contrefactualité ; les contextes descriptifs la bloquent.

Mais qui ne voit que les facteurs si patiemment décrits par H. NØLKE n’ont rien perdu, au contraire, de leur remarquable pertinence ? Les uns favorisent la lecture polémique, les autres induisent l’interprétation descriptive. Toutes les distinctions opérées, en dépit du renversement d’optique, conservent leur pleine valeur. Cela est dû à la pertinence des critères retenus, à la clarté de leur formulation, à la cohérence de leur mise en œuvre.

Les résultats en cause sont donc des résultats « transportables », au sens que l’on donne à ce terme en informatique et plus généralement dans les sciences cognitives : ils ne valent pas seulement à l’intérieur d’une théorie déterminée. C’est dire que l’on trouvera dans ces Regard du locuteur, quelles que soient les options que l’on retienne, une ample matière à réflexion et un gisement de fécondes hypothèses.

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