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Le Royaume du livre sans nom

De
230 pages

Les deux récits enchâssés composés par Isabelle Deboosere brouillent les pistes de la fiction pour mieux laisser l'imaginaire se déployer. La narratrice du récit raconte à ses enfants l'histoire de deux sœurs, Laura et Sophie, aspirées à l'intérieur d'un livre enchanté. Nous suivons leurs aventures dans ce monde merveilleux peuplé d'animaux qui parlent. Elles seront rejointes par un inspecteur parti à leur recherche dans le monde réel qui se fera également aspirer par le livre. Ensemble, ils découvriront le monde du livre et ses dangers.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-16084-1

 

© Edilivre, 2016

Chapitre 1

La vie débute par la naissance et se termine par la mort. Je me demande toujours d’où l’on vient. Pourquoi on est né ? Pourquoi on a choisi ce chemin ? Pourquoi nous avons tel ou tel destin ? Notre vie, notre existence est entourée de mystère. D’ailleurs, dans le monde, il y a une très grande quantité de mystères qui ne s’expliquent pas. Des choses étranges qui se produisent. Les hommes veulent toujours tout pouvoir expliquer. Pourtant certaines ne le sont pas. Moi, personnellement, je crois en la magie. Je pense qu’il existe dans ce monde une grande magie qui nous dépasse et que nous ne comprenons pas. Certaines personnes ou certains objets possèdent de la magie, j’en suis sûre.

Comment, vous ne me croyez pas ? Vous ne me prenez pas pour une folle j’espère ? Laissez-moi vous raconter une histoire. Car même au sein de mon travail la magie existe. Si, si, je vous assure. Je suis médecin à Paris dans un service de cancérologie. Je ne me suis pas présentée ? Oh, veuillez m’excuser, je manque à tous mes devoirs. Comme je vous l’ai dit je suis médecin, je m’appelle Séverine Caretier. Je suis mariée à Philippe. Je suis maman de deux petits monstres, Julie et Luca. Oh, ne vous méprenez pas, j’adore mes enfants. C’est juste qu’après une rude journée de travail, j’aime bien me poser un peu et mes enfants sont très actifs. Tant mieux, me direz-vous ! Oui, en effet, tant mieux. De plus, les voir bouger comme ça me prouve qu’ils sont en parfaite santé. C’est rassurant et puis j’ai un mari formidable à ce niveau-là. Le métier de mon mari ? Eh bien, il est pédiatre. Il adore les enfants ! C’est un médecin et un père formidable. Oups, pardon, je ne suis pas objective, mais je suis tellement amoureuse de lui ! Que pourrais-je vous dire de plus ? Ah oui ! Nous possédons un magnifique chat aux yeux verts, au pelage blanc et marron. Il s’appelle Toulouse. Voilà, je crois que je vous ai présenté toute ma petite famille.

On était tous heureux. En effet, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Là vous vous dites qu’est-ce qui va se passer ? Un peu de patience voyons ! Dégustez l’histoire ! Bon d’accord, je vous raconte.

C’était un beau matin de printemps, un mardi je crois. Le ciel était d’un bleu profond et c’était magnifique à voir. On se serait cru au bord de la Méditerranée. Les oiseaux entonnaient leur chant matinal. Je n’avais jamais cru qu’un petit être bouleverserait à ce point ma journée. Je suis arrivée à l’hôpital comme d’habitude, quand on m’annonce l’arrivée aux urgences d’une petite fille atteinte d’un cancer, plus précisément d’une leucémie.

La leucémie est un terme générique recouvrant un groupe d’affections, d’étiologie (discipline qui étudie les causes des maladies) inconnue chez l’homme, caractérisées par une prolifération de cellules malignes d’origine hématopoïétique (relatif à l’hématopoïèse : formation des cellules du sang dans la moelle rouge des os et dans le tissu lymphoïde).

Bon revenons, après cette parenthèse, à la petite fille qui m’a bouleversée ce jour-là. Elle était très malade. Sa fatigue était intense. Il était clair que sa leucémie avait redoublé et que son traitement n’était pas ou peu efficace. Il fallait que je trouve rapidement une solution. Bon, je sais, je suis médecin, c’est mon travail. Mais elle ressemblait tellement à une autre petite fille que j’ai connue il y a quelque année et qui m’avait particulièrement touchée. Je n’arrivais plus à réfléchir correctement. Donc, cette petite fille, ce jour-là, s’appelait Vanessa. Elle avait six ans, et une grande sœur de huit ans, Coralie, et un petit frère de quatre ans, Luc. Ce qui me perturbait le plus était la complicité des deux sœurs qui me ramenait inexorablement vers le passé. Elles inventaient des histoires afin de surmonter la maladie, les traitements, la douleur. J’avais du mal avec cette famille, qui pourtant était adorable. Mais celle-ci me faisait remonter les fantômes du passé. À chaque fois que je m’approchais de la chambre de Vanessa, mon cœur s’accélérait de façon anarchique. J’avais peur de m’approcher de cette chambre, par peur de mes sentiments liés au passé, mais en même temps je ne pouvais pas m’empêcher d’aller leur rendre visite pour savoir si tout allait bien.

Le soir venu, quand je suis rentré chez moi, mon mari, Philippe, et mes enfants, Julie et Luca, ont rapidement vu que quelque chose me perturbait. Philippe est un homme de grande taille, musclé, brun, le teint hâlé et les yeux verts au reflet du soleil. C’est l’homme le plus beau. Bon d’accord pas très objectif puisque je suis sa femme. Julie a les cheveux longs, châtain clair, arrivant en bas des reins légèrement ondulés. Elle a les yeux de son père. Elle est très sérieuse à l’école et est très douée en gymnastique. Luca a les cheveux courts, les yeux marron. C’est un jeune homme qui ne tient pas en place et qui a besoin de se dépenser. Il a un don pour se faire des amis.

Ne pouvant rien leur cacher et harcelée par leur question et leur regard inquiet, je cédai et expliquai ma rude journée. Mais comme ce que je leur racontais correspondait à une journée type, je leur expliquai les raisons pour lesquelles cette famille me perturbait. Elle ressemblait beaucoup à une autre famille à qui il était arrivé quelque chose de très étrange aux deux jeunes filles. La plus âgée s’appelait Laura. Elle avait douze ans, les cheveux longs et bouclés de couleur brun foncé et des yeux bleus. Et sa petite sœur, Sophie, qui avait la leucémie, elle, avait huit ans, les cheveux courts toujours entourés d’un foulard, les yeux noirs. Une petite fille très courageuse à mes yeux.

Pendant que je racontais cela, je proposai, à l’aide de geste et de regard complice de s’installer au salon, sur le canapé, afin d’y être plus confortable pour raconter mon histoire. Bien installée, je me mis à narrer mon récit.

Laura, la grande sœur de Sophie, passait ses journées auprès de sa sœur, pendant les heures de visites, après l’école. Elle faisait tout pour faire oublier sa maladie à sa petite sœur. Mais au bout de quelques semaines, elles finirent par s’ennuyer. Laura, avec ses parents, vint me voir afin de me demander si je n’avais pas une activité intéressante à lui proposer. Je lui dis que non, mais je me souvenais qu’il y avait un endroit dans l’hôpital ou il y avait certainement quelque chose d’intéressant et que si elle voulait, accompagnée d’un de ses parents, je pouvais l’y emmener afin de trouver une possible activité nouvelle avec sa sœur. Elle était d’accord, ses parents aussi, et voulaient y aller tout de suite ! Comme je n’avais pas le temps pour le moment, je leur demandai de patienter une heure afin que je puisse finir mon tour des chambres, que j’avais d’ailleurs presque terminé. Ayant fini, j’emmenai Laura et son père, monsieur Dormanie, un homme de taille moyenne aux cheveux courts et clairs tirant vers le blond, les yeux marron, dans cette pièce où étaient entreposés tous les objets oubliés de l’hôpital et qui n’ont jamais été réclamés. Certains objets se trouvaient là depuis plusieurs dizaines d’années. Il y avait aussi des objets qui n’étaient plus utilisés par l’hôpital afin de distraire les patients. Pour Laura, c’était la caverne d’Ali Baba. Si vous aviez pu voir ses yeux briller.

Laura : – Vu tout ce qu’il y a ici, je suis sûre de trouver le bonheur pour moi et Sophie. N’est-ce pas papa ?

Monsieur Dormanie : – Oui ma chérie. Mais s’il te plaît arrête de courir partout, tu vas finir par faire tomber, ou casser quelque chose.

Laura : – Dommage que Sophie se soit sentie si fatiguée. Je suis sûre qu’elle aurait adoré cet endroit !

Tout en disant cela, elle bouscula une étagère et plein d’objets tombèrent sur le sol provoquant un gros bruit. D’ailleurs un très grand et gros livre plein de poussière irritante tomba sur Laura. On se mit tous les trois à tousser.

Monsieur Dormanie : – Ça va ma puce, je t’ai entendue crier !

Laura : – Oui, oui ! Ça va papa, c’est juste un gros bouquin assez lourd qui m’est tombé sur la tête !

Monsieur Dormanie : – Je t’avais dit d’aller plus doucement. Regarde le bazar qu’il y a maintenant. Je suis vraiment désolé madame Caretier. On va vous aider à ranger tout ça.

Séverine Caretier : – Oh ! Ne vous inquiétez pas, cela permettra de mettre un peu d’ordre dans cette pièce et qui sait de trouver le bonheur de vos filles.

On rangea les objets tombés par terre. Laura, elle, fut intriguée par le livre qui lui était tombé sur la tête. Elle me demanda très poliment si elle pouvait l’emprunter pour pouvoir le lire avec sa sœur.

Séverine Caretier : – Non, pas tout de suite, je vais d’abord lui donner un petit coup de plumeau pour lui enlever toute cette poussière. Ta sœur est assez malade et fatiguée comme ça. Il ne faudrait pas en plus lui provoquer de la toux. Mais remonte dans la chambre avec ton père. Je te nettoie le livre et te le monte tout de suite. Tu es d’accord ?

Laura : – Oui je suis d’accord.

J’allai donc laver ce livre pour le débarrasser de toute cette poussière. Quelle ne fut pas ma surprise en voyant la couverture de ce livre. Elle était magnifique. On aurait dit que celle-ci avait été faite à la main. Des animaux tous plus vrais que nature étaient dessinés dessus. Mais ce livre avait quelque chose d’étrange. Jusqu’à présent, tous les livres que j’ai pu lire avaient un nom. Mais celui-ci en était totalement dépourvu ! Je me disais, dans ma tête, qu’un livre sans nom était très triste. En effet, moi quand je choisis un livre, mon choix se porte à cinquante pour cent sur un ouvrage par le nom accrocheur ou intrigant que celui-ci porte. Je fus vite sortie de mes pensées par mon bipeur. Je n’ai pu ouvrir le livre, mais celui-ci nettoyé, j’allai l’apporter vite fait à la famille Dormanie car mon urgence était sur le chemin. Un autre leucémique en face terminale dont le cœur s’était arrêté. La famille Dormanie trouvait le livre magnifique. Les parents de Laura et Sophie s’éclipsèrent quelques minutes afin de prendre un peu l’air. Monsieur Dormanie partit se balader alors que madame Dormanie, elle, alla se prendre un café et prendre un soda qu’avait demandé Laura.

Les deux sœurs tellement impatientes de lire ce livre se demandèrent toutes deux pourquoi celui-ci ne comportait aucun nom.

Sophie : – Dis grande sœur, tu as déjà vu un livre sans titre toi ? Parce que moi je trouve ça bizarre.

Laura : – Non Sophie, c’est la première fois. Cependant les dessins sont vraiment très beaux. Ils prennent beaucoup de place ! Tu as vu le nombre d’animaux dessinés dessus. Il y a des chiens, des chats, des poissons, des tigres, des ours, des castors, des lapins, des écureuils, des insectes, et j’en passe. Peut-être qu’il y avait plus de place pour le titre et que celui-ci se trouve à l’intérieur ?

Sophie : – Tu crois ?

Laura : – Le seul moyen de savoir c’est de l’ouvrir !

Sophie : – Alors ouvrons-le vite et voyons ce que ses pages racontent !

Laura s’assit auprès de sa sœur afin de pouvoir mieux lire ensemble ce magnifique livre et ensemble, elles ouvrirent ce mystérieux ouvrage. Soudain, quelque chose d’extraordinaire se produisit ! Un vent terrible se mit à souffler en provenance du livre. En effet, un vent puissant sortit du livre. Laura et Sophie étaient terrifiées et fascinées à la fois par ce qui était en train de se produire. Puis le vent changea de direction. Le livre se mit à aspirer tout ce qui était autour d’elles tout en dégageant une intense source de lumière. En quelques minutes, Laura et Sophie furent aspirées par le mystérieux livre et disparurent toutes deux à l’intérieur du livre.

Quand la mère des deux sœurs revint dans la chambre vide, on entendit dans tout l’hôpital son cri d’effroi. Ceci était compréhensible car la chambre de la petite Sophie était dévastée. On aurait dit qu’un ouragan était passé dans cette chambre. Mais vu le courant d’air qu’avait provoqué le livre, c’était plutôt normal. La sécurité fut vite prévenue, l’hôpital fouillé de partout. J’ai même découvert certaines pièces de l’hôpital. Quand le père des sœurs arriva, le directeur était en train d’appeler la police. Ce fut la panique des parents, la grande colère pour le père et l’hystérie pour la mère. Ceci était normal. Deux petites filles avaient disparu dont l’une d’entre elle était leucémique. Personne n’avait rien vu. Un enlèvement, en aussi peu de temps, mais par qui et pourquoi ? Les parents de Sophie et Laura avaient des revenus modestes et un métier n’inspirant pas l’enlèvement. Mais alors, que s’était-il donc passé dans cette chambre. L’inspecteur Grantier avait mis un point d’honneur à résoudre cette affaire lorsqu’on lui mit celle-ci entre les mains. Il avait plus de quarante-cinq ans, les cheveux grisonnants sur les tempes. Il était plutôt baraqué mais il commençait à avoir un petit ventre et pas de grossesse croyez-moi, le genre de ventre qui reste un moment. Il avait les yeux d’un noir profond et une voix assez grave. Du point de vue de ses lieutenants, cet homme imposait le respect. Mais comment trouver ces deux petites filles quand on sait qu’elles étaient enfermées dans le livre.

Soudain, dans un sursaut, mes enfants me regardèrent avec de grands yeux et me demandèrent :

Julie : – Tu as bu maman ?

Séverine Caretier : – Pourquoi tu demandes ça ?

Luca : – Parce qu’un livre qui aspire les enfants ça n’existe pas. N’est-ce pas, ça n’existe pas ? Moi, je n’aimerais pas être enfermé dans un livre. C’est absolument terrifiant !

Séverine Caretier : – Je ne raconte pas de bêtises les enfants. Vous savez le monde est rempli de mystères. On ne connaît pas tout sur cette Terre ! Alors pourquoi un livre enchanté ne pourrait pas exister.

Luca apeuré contre son père : – C’est un méchant qui a enchanté ce livre ? C’est ça un démon.

Séverine Caretier : – Vous savez si vous voulez savoir la suite, il faudrait peut-être me laisser continuer mon histoire. Après tout c’est vous qui m’y avez forcée. Mais si vous voulez je peux arrêter là.

Tous : – Non continue.

Séverine Caretier : – Bien, je continue alors.

Chapitre 2

J’en étais où déjà ? Ah, oui, c’est vrai ! La panique dans l’hôpital. Excusez-moi, cette parenthèse m’a perturbée ! Pendant qu’à l’hôpital tout le monde cherchait Laura et Sophie, les deux sœurs étaient prisonnières du livre.

En effet, elles se retrouvèrent dans le monde du livre. Ce monde était très beau ! Un vrai paysage de montagne d’un côté, des pairies verdoyantes de l’autre et une forêt luxuriante entre les deux. Le tout était traversé par de magnifiques rivières. Quand les rayons du soleil touchaient la rivière, on aurait dit que celle-ci n’était faite que de diamants. Les deux sœurs étaient émerveillées par ce magnifique paysage. Elles en restèrent sans voix. Au bout d’un moment, elles reprirent leurs esprits et Laura demanda :

Laura : – Ça va Sophie, tu te sens bien ?

Sophie : – Oui, oui, ça va ! Mais qu’est-ce qui s’est passé ?

Laura : – Je ne sais pas du tout. Mais je crois que le livre nous a aspirées ! Tu es sûre que ça va bien ? Tu n’es pas fatiguée avec ta maladie.

Sophie : – Non ! Ça va même mieux qu’à l’hôpital ! Un peu comme si ma maladie n’avait jamais existé ! Attends un peu, tu m’as dit dans le livre ? Mais ce n’est pas possible ! Tu es tombée sur la tête ?

Laura : – Mais regarde autour de toi ! Tu vois une autre explication toi ?

Sophie : – Alors, il était enchanté ce livre, magique comme dans les contes. Je ne pensais pas que ça pouvait exister. C’est super, on va vivre une grande aventure. Qu’est-ce qu’il y a, pourquoi es-tu si soucieuse ?

Laura : – Nous sommes rentrées dans ce livre je ne sais comment, mais je crois qu’on est tombées du ciel. Le problème maintenant c’est comment en sortir de ce livre ? Et puis, tu es malade. Je ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose.

Sophie : – Ne t’inquiète pas, ce livre est enchanté. Peut-être que ça enlève les maladies ? De plus, nous sommes entrées dans le livre dès la première page. Peut-être faut-il suivre et finir l’histoire pour en sortir.

Laura : – J’y ai pensé, mais comment faire ? On ne connaît pas l’histoire et en plus ce livre n’a pas de titre !

Sophie : – Oui, c’est vrai ! Je sais ! On demande à un personnage du livre ! Je suis sûre qu’ils pourront nous guider !

Laura : – D’accord, mais à qui ? Il y a personne ici !

Sophie : – Alors bougeons ! On trouvera bien quelqu’un !

Et les deux sœurs partirent en direction de la forêt. Le ciel était d’un bleu très pur et le soleil réchauffait leur peau. Une brise légère commença à souffler. Il y avait toujours ce silence pesant. Elles n’entendaient aucun oiseau, aucun insecte. Elles se demandaient s’il y avait âme qui vive dans le coin. Elles arrivèrent à l’entrée de la forêt et là elles entendirent deux petites voix qui se disputaient. Celles-ci disaient :

Inconnu 1 : – Tu m’as volé mes récoltes hivernales ! Tu n’es qu’un sale voleur, un profiteur ! Rends-moi mes glands, noix et noisettes tout de suite !

Inconnu 2 : – Il n’y a pas ton nom marqué sur ce terrain ! Je les ai trouvés, je les garde !

Inconnu 1 : – Sûrement pas, elles sont plus proches de mon arbre que du tien, sale voleur, analphabète !

Inconnu 2 : – Tu veux te battre hein ! Mais viens donc ! Je te signale que je suis champion de karaté ! Ah ! Ah ! Ah !

Inconnu 1 : – Le champion des chaises longues et des voleurs oui ! Attends un peu, c’est moi qui vais gagner !

Les deux sœurs essayaient de trouver d’où pouvaient provenir ces voix qui se disputaient. Elles entendaient les voix, mais n’arrivaient pas à deviner d’où elles provenaient. Quand Sophie leva les yeux vers le ciel, elle vit deux petits écureuils qui se disputaient et se bagarraient dans un arbre. Les deux écureuils avaient le pelage marron, les yeux noirs. Mais l’un d’eux avait des bandes sombres sur le dos tandis que l’autre avait le pelage autour d’un de ses yeux de couleur noire donnant l’impression qu’il avait un cache comme les pirates.

Sophie : – Tu as vu Laura, des écureuils qui parlent. Tu crois que ce livre parle d’animaux qui pourraient parler ?

Laura : – Sûrement, sinon on ne comprendrait rien à leur dispute. Heureusement que ce n’est pas un livre étranger ! Je veux dire écrit dans une autre langue ! Parce que la compréhension serait impossible aussi.

Sophie : – Dis, tu crois que je peux leur demander le chemin de la sortie ? Parce que, énervés comme ils sont, j’ai peur qu’ils ne m’entendent pas.

Laura : – Vas-y essaie ! De toute façon, c’est notre seule possibilité. Mais fais attention, car s’ils sont comme les écureuils qui existent hors du livre, ils pourraient avoir peur.

Sophie : – D’accord, je ferai attention.

Sophie se mit à parler fort pour que les écureuils l’entendent :

Sophie : – Ohé ! Monsieur les écureuils, on aimerait vous poser quelques questions ! Vous pourriez arrêter de vous disputer et nous écouter cinq minutes.

Les écureuils se figèrent et hurlèrent. Ils coururent vite se réfugiant en haut de l’arbre derrière des feuilles.

Bill : – Dis-moi frangin Jack, c’est quoi ces créatures sans poil en bas ?

Jack : – Frangin Bill, je crois que ce sont des humains. Enfin plutôt des demi-humains, car ils sont plus petits que ce qu’on m’avait dit.

Bill : – Mais dans notre monde ça n’existe pas !

Jack : – Le livre a dû les aspirer, voilà tout.

Bill : – Quoi ! Tu crois que ces demi-humains sont les humains de la légende. Mais c’est effrayant, voire terrifiant.

Jack : – Qu’est-ce que c’est que ça Bill ?

Bill : – Heu, de quoi parles-tu Jack ?

Jack : – De ce liquide-là !

Bill : – Je ne vois absolument pas de quoi tu parles ?

Jack : – Bill !

Bill : – Bon d’accord, je me suis peut-être fait dessus de peur, ça te va !

Jack : – Vraiment, c’est dégoûtant ! Et après monsieur se prétend champion de karaté. Tu parles d’un champion !

Bill : – Tu peux parler, tu trembles comme une feuille !

Jack : – Pas du tout, j’ai juste un peu froid.

Bill : – Oui, c’est ça trouillard !

Jack : – Toi-même, c’est celui qui dit qui l’est !

Et pendant que les écureuils se disputaient à nouveau pour savoir qui était le plus trouillard, les deux sœurs les interpellèrent à nouveau.

Laura : – On ne veut pas vous faire du mal. On est perdues et on voudrait juste qu’on nous indique notre chemin.

Bill : – Oui, bien sûr ! On descend et après vous nous mangerez c’est ça.

Sophie : – Ce n’est pas notre attention.

Jack : – Vous êtes les humains de la légende écrite sur le rocher sacré. Vous êtes donc dangereuses.

Sophie : – Mais qu’est-ce qui est écrit sur ce rocher sacré ? Que dit cette légende exactement.

Bill : – On ne vous répondra pas ! Après tout, on ne vous connaît pas.

Laura : – Je m’appelle Laura. Et ça, c’est ma petite sœur Sophie. Et vous, comment vous appelez-vous ?

Jack : – Je m’appelle Jack et ça c’est mon crétin de frère jumeau Bill.

Bill : – Eh ! Je ne te permets pas de dire ça devant des inconnues.

Jack : – Je vais me gêner tiens !

Sophie hurle : – S’il vous plaît, maintenant qu’on s’est présenté, dites-moi ce que dit au juste cette légende !

Bill : – Aucune idée. On ne sait pas lire ! Mais le mot légende est un mot effrayant. Donc, ce qui est écrit dedans est sûrement dangereux.

Laura : – Mais ça n’a aucun sens, vous ne pouvez pas vous méfier de nous sur quelque chose que vous ne connaissez pas.

Jack : – Si on peut. Et si vous n’êtes pas contentes vous n’avez qu’à aller au cœur de la forêt. Demandez à la rose enchantée ce que vous voulez savoir. Maintenant, on a des choses à faire, alors laissez-nous !

Les deux écureuils disparurent rapidement dans la forêt.

Sophie : – Ils ont fui là ! Pourtant on n’est pas méchantes.

Laura : – Je sais Sophie. Je pense qu’il n’y a pas d’humains dans ce livre. On a dû leur faire peur, d’où leur départ précipité.

Sophie : – Oui, sans doute. Bon, alors on va au cœur de la forêt ? Cette rose enchantée pourra sûrement répondre à nos questions, pas comme ces deux clowns.

Laura : – Oui, j’espère aussi. Pourvu qu’elle sache lire pour nous dire ce que dit cette légende. Je suis de plus en plus curieuse de ce monde, pas toi.

Sophie : – Si, et puis, au moins ici je ne suis plus malade. Il faudra que je demande pourquoi à la rose enchantée.

Et les deux sœurs reprirent leur route. Elles s’enfoncèrent de plus en plus profondément dans la forêt.

Soudain, elles entendirent un bruit sourd qui s’approchait de plus en plus. Elles commençaient à s’inquiéter. Elles montèrent toutes les deux dans un arbre afin de savoir ce qui se passait. Elles virent un tas d’animaux, toute espèce confondue, fuir le centre de la forêt. Elles entendirent ces phrases sortir de cette foule :

Lapin : – Hector est devenu complètement fou ! Il est en train de tout détruire !

Cerf : – Si je n’avais pas baissé la tête, je serais décapité !

Oiseaux : – Mais quelle mouche l’a donc piqué ?

Souris : – Je ne sais pas ! Mais fuyons vite le centre de la forêt.

Renard : – Cet ours est mal léché. Pauvre rose enchantée ! J’espère que tout ira bien pour elle.

En entendant ces quelques phrases, les deux sœurs s’inquiétèrent vraiment.

Sophie : – Il faut vraiment qu’on y aille ! C’est dangereux.

Laura : – Oui, on n’a pas le choix. Je suis sûre que la rose enchantée fait partie de la trame de l’histoire.

Sophie : – Peut-être que tu as raison. Mais un ours, grande sœur ! Nous sommes trop petites pour le combattre et trop jeunes pour mourir.

Laura : – Oui c’est vrai, mais on n’a pas le choix. On va sur place et on avisera là-bas.

Sophie : – C’est ça ton plan ? Eh bien, on est mal ! Bon, alors allons au massacre !

Laura : – N’exagère pas Sophie. Et puis on court vite et on sait bien monter aux arbres, non !

Sophie : – Tu parles d’un plan. Bon allons-y !

Elles avancèrent vers le centre de la forêt et entendirent un hurlement inhumain et totalement terrifiant. Elles montèrent dans un arbre, à nouveau, et aperçurent le terrible animal juste à côté d’une magnifique rose. La rose avait les pétales d’un rouge magnifique. Les bords de ses pétales brillaient comme si celle-ci était recouverte de paillettes. Au centre de la rose on pouvait voir le fin visage de celle-ci. Elle avait le long de sa tige de nombreuses épines. L’ours, lui, faisait dans les deux mètres de haut, des dents acérées et très pointues dans sa gueule, des griffes très longues au bout de ses pattes avec lesquelles il détruisait les arbres alentour, et un pelage touffu de couleur brune, des yeux couleur chocolat. Sa voix lorsqu’il se mettait à crier était grave. Laura, la voix tremblante, dit :

Laura : – Ce n’est pas un petit ours !

Sophie : – C’est vrai grande sœur, mais il y a la rose à côté. C’est elle qui pourra répondre à nos questions !

Laura : – Bon, n’y allons pas à l’aveuglette et trouvons un plan !

Les sœurs réfléchirent longuement à un plan pour ne pas se faire découper en rondelles. Soudain, Sophie aperçut quelque chose à la patte de l’ours :

Sophie : – Laura, regarde ! J’ai l’impression que cet ours a très mal à sa patte ! Tu as vu la façon dont il la tient avec l’autre.

Laura : – Ah oui, bien observé !

Sophie : – C’est peut-être pour ça qu’il est de mauvaise humeur. Il faut soigner sa patte !

Laura : – Vraiment ? Eh bien vas-y ! Parce que là, moi, je n’ai pas envie de devenir de la pâtée pour ours !

Sophie : – Ah oui, c’est vrai ! Il faut l’approcher.

Soudain, Laura aperçut un nid d’abeilles déserté et des lianes accrochées sur les arbres.

Laura : – Sophie, je crois que j’ai une idée ! Suis-moi sans bruit. Il ne faut pas qu’il nous repère !

Les deux sœurs s’approchèrent de l’arbre où était suspendu le nid d’abeilles.

Sophie : – Laura, ce n’est pas le moment de penser à ton estomac ! De plus, je ne pense pas qu’il y ait assez de miel pour amadouer cet ours.

Laura : – Mais non, regarde. En le jetant sur sa tête, il saura coincer et si après on le fait tomber avec les lianes et qu’on arrive à l’immobiliser ce sera bon. Pas mal non !

Sophie : – Oui, tu attends un miracle quoi ou alors il faudrait une chance incroyable pour que ça marche.

Laura : – Tu as un meilleur plan toi ? Pour l’instant, c’est le mieux que je puisse donner comme plan.

Sophie : – Bon d’accord essayons.

Le nid vide d’abeilles et les lianes récupérées, elles se mirent à exécuter leur plan. Le nid d’abeilles était très solide. Une chance non ! Quand on sait que celui-ci devait être abandonné depuis un bon moment. Cela prouve l’efficacité et la solidité des ouvrages de ses petites travailleuses.

Elles attachèrent certaines lianes entre deux arbres à vingt centimètres du sol pour pouvoir faire tomber l’ours. Laura alla vers l’ours afin que celui-ci la pourchasse. En s’approchant, elle entendit l’ours hurler à pleins poumons :

L’ours : – Ma patte, j’ai mal à ma patte ! Aie, aie, aie ! Personne ne doit y toucher !

La rose enchantée : – Sois raisonnable, si quelqu’un la soigne, tu n’auras plus mal.

L’ours : – La ferme, tout ça c’est ta faute !

La rose enchantée : – Quel mauvais caractère celui-là alors !

Laura s’approcha jusqu’à ce qu’elle soit visible de l’ours, mais resta à bonne distance quand même.

Laura criant : – Hé toi l’ours ! Tu es un grossier personnage qui fait peur à toute la forêt et qui est douillet en plus !

L’ours la pourchassant : – Quoi ? Qu’est-ce que tu viens de dire.

Sophie, cachée dans un arbre, lança le nid d’abeilles sur la tête de l’ours qui se coinça dessus.

L’ours : – Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? Il fait tout noir ! Je ne vois plus rien !

Sophie, descendue de son arbre, rejoignit Laura et attira l’ours vers l’arbre où elles avaient tendu les lianes plus tôt. L’ours se prit les pattes dedans et dégringola la pente en criant très fort et se cogna violemment la tête contre un rocher qui cassa le nid d’abeilles et assomma l’ours.

Sophie : – On y est peut-être allées un peu fort là ! Tu ne trouves pas ?

Laura : – Oui, un peu en effet !

Soudain, l’ours se mit à bouger, puis à voler.

Sophie : – Euh ! Qu’est-ce qui se passe Laura ?

Laura : – Je ne sais pas ! Allez viens, on le suit.

L’ours retourna, en volant et toujours inconscient, près de la rose enchantée. Des liens attachèrent solidement l’ours à un arbre.

La rose enchantée : – Voilà, maintenant tu n’as plus le choix. Tu vas être soigné. Dis donc ces enfants n’y sont pas allées de main morte ! Approchez humains, vous ne risquez plus rien ! Hector est solidement attaché !

Les enfants s’approchèrent lentement de l’ours ficelé et de la rose enchantée.

Sophie : – Pourquoi cet ours est si méchant ? Il fait peur à tous les animaux de la forêt.

La rose enchantée : – Hector n’est pas méchant. C’est une crème d’ours, vous savez ! Seulement, il est très douillet. Les enfants, regardez sa patte. Il y a une épine de rose plantée dedans. Mais ce grand imbécile refuse catégoriquement qu’on le soigne ! Une vraie tête de mule !

Laura : – Mais que voulez-vous qu’on fasse. C’est quand même pas nous qui allons lui enlever l’épine, si !

La rose enchantée : – Bien sûr que si ! Moi, je ne peux pas. Je n’ai pas de mains ! Ne fais pas cette tête. Il est attaché. Vous ne risquez absolument rien. Tenez, approchez-vous de moi. Avez-vous un contenant sur vous par hasard ?

Laura : – Oui. C’est pour faire des analyses à l’hôpital. On nous l’a donné pour qu’on s’amuse avec. Qu’est-ce que je dois faire avec ?

La rose enchantée : – Mettez-le sous une de mes aiguilles.

Un liquide de couleur dorée sentant très bon se mit à couler de la rose.

La rose enchantée : – Voilà, ça devrait suffire. Ce liquide a un grand pouvoir guérisseur sur la blessure. Enlevez l’épine de la patte de l’ours et mettez un peu de ce liquide sur sa patte.

Les deux sœurs s’exécutèrent. Sophie s’approcha de l’ours Hector et lui enleva de façon rapide, comme on enlève un pansement, l’aiguille de la patte de l’ours. Laura mit immédiatement le liquide guérisseur sur la blessure, le tout petit point qu’avait causé l’aiguille. Cependant un liquide jaune verdâtre s’écoula de la plaie.

Sophie : – Qu’est-ce que c’est ? Si c’est du sang, il est d’une couleur bizarre ici.

La rose enchantée : – Oh non ! La plaie s’est infectée. Ce que vous voyez là, c’est du pu. Évidemment, le liquide que je t’ai donné, Laura, ne le soignera pas tout seul. Ma sève a dû repérer le pu. Vous n’avez pas le choix ! Il faut vider la plaie et après remettre de ma sève qui, en plus de la refermer, nettoiera la plaie. S’il s’était fait soigner plus tôt sans attendre ça ne serait pas arrivé.

Les deux sœurs appuyèrent fortement sur la patte des deux côtés de la plaie afin de faire sortir le pu. L’ours, Hector, se réveilla en sursaut et se mit à hurler extrêmement fort.

Hector : – Mais ça fait mal !

La rose enchantée : – Si tu te laissais soigner, ça te ferait peut-être moins mal.

Hector : – Si ces fillettes ne m’avaient pas assommé, je me serais peut-être laissé faire !

La rose enchantée : – Tu mens mon grand. De plus, si tu ne leur avais pas fait peur, elles ne t’auraient pas assommé !

Hector : – Si tu n’avais pas bougé, je ne me serais pas enfoncé cette aiguille dans la patte !

La rose enchantée : – Je suis une rose et une rose a des aiguilles pour se défendre. De plus, pourquoi tu voulais me déplacer ? Je suis très bien ici !

Hector : – Tu adores le bruit de l’eau ! Je voulais te mettre près de la cascade. Et tu as fait exprès de bouger !

La rose enchantée : – C’est faux ! Et moi je dis que tu as un sale caractère ! Si tu avais si mal à ta patte, tu te serais rendu compte que les deux fillettes étaient encore en train de la toucher pour te soigner.

Hector : – Comment !?

La rose enchantée : – Regarde ta patte, il n’y a plus aucune blessure monsieur le ronchon.

Hector : – Ben ça alors ! C’est vrai que je n’ai plus mal à présent. Vous deux, les petites filles, vous êtes des magiciennes.

Sophie : – Nous. Non, mais tu sais, monsieur l’ours, quand on est blessé il...