Le Songe d'Hiérildis

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Hiérildis aimait lire et rêvait d’une bibliothèque.
La divinité l’imagina flottant dans les étoiles comme un îlot protégé par un Dôme invisible. Elle demanda à son frère de l’aider à réunir l’alpha, l’oméga, l’infini et le doute.
Ce furent un moine au XIIIe siècle en route pour l'abbaye de Mozac en Auvergne ; un adolescent vivant sur le plateau d'Iran au XXXIIIe siècle après la Grande Peur ; un jeune ingénieur en poste à Kourou en 1995, travaillant sur le Photon I, (premier vaisseau spatial à propulsion photonique pouvant décoller depuis la terre) ; un agent spécial des forces très spéciales en mission à Paris en 2009, aux prises avec la mafia russe...
Ainsi fut créé le premier Dôme.


Publié le : lundi 18 février 2013
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EAN13 : 9782332537232
Nombre de pages : 96
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ISBN numérique : 978-2-332-53721-8

 

© Edilivre, 2016

 

 

Hiérildis aimait lire et rêvait d’une bibliothèque.

La divinité l’imagina flottant dans les étoiles comme un îlot protégé par un Dôme invisible. Elle demanda à son frère de l’aider à réunir l’alpha, l’omega, l’infini et le doute.

Ce roman relate l’origine des Dômes.

– 1 –
Il sera l’alpha α

Arnaud de Chaptuzet quitta l’abbaye de Cimbronde au lever du jour. Il se rendait à l’abbaye de Mozac, voisine de Riom, que dirigeait son vieil oncle.

La journée s’annonçait grise et froide, prémice d’un proche hiver.

Un jeune garçon qui menait son troupeau de brebis, s’arrêta pour le regarder passer.

Tout en dévisageant le moine, le jeune garçon ôta son bonnet de feutre qu’il tordit entre ses mains rougies par l’air froid du matin.

« Sur votre chemin, ne vous approchez pas des ruines ».

« J’y veillerai », répondit Arnaud avec étonnement.

« Bon voyage », murmura le berger avec un sourire énigmatique.

Le jeune garçon s’éloigna avec son troupeau.

Le moine le suivit du regard puis il reprit sa route.

*
*       *

Un fin grésil commença à tomber.

Le chemin longeait de petites collines faiblement boisées. Les arbres étaient fins et tordus, leurs branches noires, les feuillages jaunes et rouges.

Comme il aimait à le faire quand il voyageait, à pied ou en chariot, d’une abbaye à une autre, Arnaud entonna un « Veni, creator spiritus, mentes tuorum visita, imple su perna gratia, qua tu creasti, pectora » (Viens esprit créateur visiter les âmes des tiens, comble de la grâce les cœurs que tu as créés). Son chant était ponctué par le crissement de ses pas sur les feuilles mortes qui parsemaient le chemin.

Le chemin se sépara, avec d’un côté, la route de Riom, et de l’autre, un sentier peu entretenu, rendu à la nature et aux ronces, qui montait le long d’une colline haute et escarpée, en une série de tournants abrupts.

Arnaud suivit son tracé du regard. Au sommet de la colline, un donjon en ruine, en partie caché par des haies de ronces, se dévoila à ses yeux.

Aussitôt, le moine songea à la mise en garde du jeune berger.

Pourquoi craindrait-il ses paroles ? Après tout, durant les quatre mois qu’il avait passé à l’abbaye de Cimbronde, personne n’avait parlé de ces ruines et d’un quelconque danger.

Il décida de faire un détour pour aller voir le donjon.

Il ajusta sa besace sur son épaule et avec son bâton, il se fraya un passage entre les broussailles.

Par endroits, sa robe s’accrochait aux ronces.

*
*       *

Le chemin le mena de l’autre côté de la colline. Là, il se divisait à nouveau en deux directions, l’une montait vers le château, l’autre redescendait de l’autre côté de la vallée.

À partir de là, le chemin qui menait au château se faisait plus étroit et bien trop abrupt.

Arnaud renonça à poursuivre cette route. S’il chutait, qui viendrait lui porter secours ?

Il prit le chemin qui redescendait jusque dans la plaine pour rejoindre la route de Mozac.

*
*       *

Au détour d’un bosquet d’arbres dénudés, Arnaud découvrit les ruines d’un hameau, amas de rondins, planches, poutres brûlées, recouvertes de mousse, d’herbes et de ronces.

Un bruissement retint son attention. Il poursuivit sa descente jusqu’à un petit ruisseau. Là, il s’accroupit pour boire un peu d’eau dans le creux de sa main.

En se relevant, il leva les yeux pour accueillir d’un plissement de paupières un rayon de soleil. Un ciel bleu, légèrement voilé faisait progressivement place aux nuages.

Arnaud ramassa sa besace qu’il avait posée pour boire, et poursuivit sa descente, pour s’arrêter devant le mur d’enceinte qui se trouvait devant lui. Le chemin qu’il avait emprunté était en fait l’ancien accès au château.

Face à lui, une ouverture cintrée, sans porte, aux anciens gonds noircis, menait au château par un large chemin de pierre.

Soit il entrait, soit il faisait demi-tour pour reprendre sa route.

Arnaud décida de faire une courte halte pour visiter ces ruines et de repartir quand le soleil serait à son zénith. Il aurait ensuite le temps d’arriver à l’abbaye avant la nuit.

Une première enceinte donnait sur ce qui avait été la basse-cour du château. Des ronces l’avaient complètement envahie.

Le chemin le conduisit jusqu’à une plus large brèche, de ce qui avait dû être autrefois la porte de la première cour du château.

Il découvrit alors le donjon. Rectangulaire, il avait été construit au sommet de la colline. Un pan témoignait encore de sa hauteur, trois ou quatre étages.

La cour où il se trouvait était visiblement entretenue, car il n’y avait ni ronciers, ni broussailles, justes deux arbres, dont Arnaud reconnut à leur forme en coupe, des arbres fruitiers.

De chaque côté du donjon, les murs intérieurs de cette première enceinte portaient encore, les marques calcinées de poutres, le creusement d’une cheminée, le percement d’une fenêtre, traces des anciennes habitations.

Arnaud se prit à imaginer, les maisons, les écuries, les ateliers…

Il gagna le donjon et entra dans ce qui avait été la première salle. Un pan de mur conservait à distance régulière, le creusement des poutres qui avaient autrefois supporté les planchers des différents étages.

Quelques marches de pierres d’un ancien escalier à vis semblaient tenir en équilibre, sans plus aucun mur pour les soutenir.

Arnaud s’en approcha et s’aperçut que l’escalier qui menait à une ancienne salle en contrebas était intact.

Il s’arrêta au bord des marches de pierre et se pencha pour découvrir qu’un pan de mur effondré, ou une ancienne fenêtre, l’éclairait.

Il emprunta les premières marches pour descendre vers cette salle. Mais à peine avait-il fait quelques pas qu’il glissa sur des petits cailloux.

Il trébucha et se mit à dégringoler dans ce qui lui parût être une interminable et déroutante descente, comme si l’escalier n’en finissait pas !

Quand il s’affala sur un sol sablonneux, étourdi, dos, bras, fesses et cuisses endoloris, par ses multiples roulades, il s’assit et se tint immobile, troublé, sans voix.

De l’escalier, des marches, il ne restait rien !

Arnaud se signa.

Était-il mort ?

Il ne pouvait y avoir d’autres explications à ce mystère. D’autant qu’il faisait nuit !

Il se raisonna.

Dans sa chute il avait dû perdre connaissance. L’escalier devait mener à une cave, d’où cette impression de sol sablonneux…

Peut-être…

Arnaud observa la voûte étoilée et fut surpris de ne reconnaître aucune constellation…

Il fut instant parcouru de frissons, saisi d’une peur indicible.

« Iesus, quem velatum nunc aspicio, oro fiat illud quod tam sitio : ut, te revelata cernens facie, visu sim beatus tuae gloriae. Amen » (Jésus que j’aperçois maintenant à travers ces voiles, daigne réaliser ce à quoi j’aspire : voir enfin à découvert ton visage, et avoir le bonheur de contempler ta gloire. Amen).

Cette prière chassa la peur et les doutes.

Il était mort !

Murmurant à nouveau la même prière, Arnaud observa ce lieu, convaincu qu’il ne tarderait pas à rencontrer Pierre, le Saint Apôtre.

Il y faisait nuit, une nuit claire illuminée d’étoiles et de constellations qu’il n’avait jamais vues.

Le sable sur lequel il était assis semblait être teinté du bleu de la nuit, tout comme les reliefs qui l’entouraient.

Ces reliefs formaient une enceinte de roches bleutées, faite de parois de faible hauteur aux falaises escarpées ouvrant par endroits sur des vallées, évasées ou resserrées entre des colonnes de roches.

Elles entouraient un lac au bord duquel il se trouvait.

Il faisait bon.

Arnaud n’aurait jamais imaginé les portes du paradis ainsi.

« Magnificat anima mea Dominum » (mon âme exalte le Seigneur).

Il se résolut à attendre la venue de Pierre.

– 2 –
Il sera l’infini ∞

Soris aimait à monter au sommet de la colline qui dominait son village, au plus haut de l’arbre, seul, la nuit.

Là, adossé au tronc, assis sur une solide branche, il observait les lueurs du village voisin.

En distinguant ces lueurs, l’adolescent songeait aux récits des conteurs, quand la communauté ne s’était pas encore installée sur le plateau d’Iran, et que les campements, la nuit, ne connaissaient d’autres lueurs que celles de leurs seuls feux et de leurs seules torches, celles de la lune et du ciel étoilé, et qu’ils étaient entourés par une nuit noire, obscure et terrifiante…

Soris en frémit.

Par les nuits étoilées, il pouvait aussi distinguer les lueurs des autres villages, distants d’une journée de marche, sur l’immense plateau d’Iran où sa communauté s’était établie, trouvant là un refuge après la Grande Peur.

Des frontières naturelles, infranchissables protégeaient la communauté. A l’Ouest, la Mer d’Iran, les Montagnes au Sud et à l’Est. Au Nord, le désert.

Au-delà de la mer d’Iran, il y avait les ruines des cités, de l’ancienne Rome d’Europe, dont la communauté n’avait depuis des générations plus eue aucune nouvelle, ni contact.

Cela les contentait, car la communauté craignait ces rencontres qui pouvaient réveiller les peurs et les peurs, attirer le sang et réveiller les guerres.

Le souvenir de la Grande Peur qui avait poussé la communauté à trouver refuge dans ce plateau isolé, marquait encore les mémoires.

Construit au pied et sur les flancs fertiles et boisés d’une colline, le village de Soris était protégé par deux palissades aux solides rondins de bois. Une large rivière le protégeait également de la grande forêt qui se trouvait à l’ouest du village.

Tous les villages de la communauté étaient construits de la même façon : une première palissade délimitait les champs, les prairies, les petites forêts, l’accès à un bras de rivière, dont on avait fait un barrage et un étang. La seconde palissade protégeait le village proprement dit.

On ne quittait jamais son village la nuit. On ne voyageait pas en hiver non plus.

La communauté évitait aussi les contacts avec les animaux.

On respectait leur communauté, on craignait celle de la grande forêt où nul ne...

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