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Le Sublime Orgueil

De
462 pages

MON CHER COUSIN,

Me voici bien ému du fuit de voire lettre, de votre manuscrit, pourrais-je dire, tant son volume était considérable.

Vous me déclarez que je suis condamnable de toute façon, quel que soit le point de vue d’où vous considériez mon livre, que ce soit en catholique, en citoyen ou en savant (Vous n’avez pas usé de ce dernier terme ; c’est moi qui m’en sers pour honnêtement mettre les choses au complet). Je vous ai scandalisé !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIXest éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Victor Mauroy
Le Sublime Orgueil
Aux très landes et très illustres mémoires de Geulincx et de Malebranche, bien dévotieusement je dédie ce livre
Préface
Sublime Orgueil !Comme il me semble prestigieux ce titre que donna Victor Mauroy à son dernier ouvrage, et comme il indique clairement, par le saisissant contraste des deux mots qui le composent, l’idée du maître. Satan-Dieu, Sublime Orgueil,ne sont-ce pas là pour ainsi dire des antithèses accolées, comme le sont en la nature, le jour, la nuit, le be au, le laid, l’amour, la haine, accouplements fantastiques d’où naissent les éclata nts mirages et les chatoyantes illusions, que projette sur l’écran du monde, l’éternel et divin Penseur. Seule, une âme de poëte, de mystique, de philosophe, pouvait comprendre l’harmonie de toutes ces oppositions, en saisir la beauté sublime, la nécessité, le Pourquoi. Et seul, le style d’un artiste pouvait y faire appa raître, comme en un cadre étincelant d’or et de gemmes, l’être infini, l’être divin, syn thèse de toutes les choses, de tous les êtres, synthèse de tous les contrastes. En ce siècle matérialiste, ne fait-il pas aussi l’e ffet d’une prodigieuse opposition, cet homme qui, comme aux temps mythologiques, s’efforce d’escalader le ciel et de lui ravir son secret ; ce philosophe, qui, pendant que tous les savants, les regards dirigés en bas, fouillent et refouillent la matière, de leur loupe et de leur scalpel, en niant Dieu qu’ils n’y voient point, jette en défi cette trilogie : Dieu, le fils de Dieu, Satan-Dieu, où la matière n’apparaît plus que comme une simple chimère, une pitoyable illusion. Dans son système où l’on perçoit comme des reflets du Boudhisme, chante son âme de poëte qu’illumine un rayon divin. D’ailleurs, le s choses et les êtres, et tous les mondes, ne sont-ils pas des parcelles, des étincell es de Dieu, des projections de sa pensée ? Et pour tout dire, l’univers, est-il vraim ent autre chose qu’une divine fantasmagorie, que la représentation hallucinatoire et harmonieuse, des pensées de l’Eternel ? Dieu lui apparaît ainsi comme un prodigieux enchant eur. C’est pour lui l’éternel penseur qui pense le monde, et qui, en le pensant, le crée et le fait apparaître dans son ensemble, et dans chacune de ses parties et de ses phases. Tout est en Dieu, par conséquent, Dieu est en tout. Il est le seul être, il est l’Un, et l’Un se trouve dans le multiple et le multiple dans l’Un. Tel est Dieu, qui ne peut être l’absolu, ainsi que les religions le nomment ; car l’absolue perfection serait la réalisation pleine, entière et définitive de tous les attributs, de toutes les puissances à leur point suprême et cu lminant, soit la réalisation d’une infinité d’infinis, proposition absurde. L’être absolu est donc forcément imparfait, mais, p ar contre, il est éternellement et sans fin perfectible ; il gravit comme sa création, la route pénible du progrès et des cercles infernaux, des régions de la souffrance, de la douleur et du mal, il s’avance vers le mieux au fur et à mesure que lui-même le conçoit , il marche vers la lumière dans la lumière qu’il rayonne, peu à peu Satan disparaît, il devient Dieu, toujours plus Dieu. Sublime Orgueil forme ui, en plus desle majestueux couronnement de cette œuvre, q trois ouvrages indiqués plus haut, comporte encore les trois volumes dePur Esprit, travail formidable où se trouve en même temps que l ’exposé, la critique des divers systèmes philosophiques. Et cette œuvre s’appelle LE MENTALISME, synthèse sc ientifique, philosophique et religieuse qui, dans la pensée de Mauroy, doit un jour réconcilier la Science et Dieu. r D H. BOUCHER.
PROLÉGOMÈNES
«Super omnia vincit veritas.»
Si on considère le monde comme étant vraiment matériel, on ne conçoit pas qu’il ail pu avoir un commencementd’aucune manière : soit de lui-même, soit par suite d’une création. Dans le premier cas, l’inexistant n’aurait pu se donner l’existence. Dans le second cas, même un Dieu, voire tout-puissant, n’aurait pu, soudain, tirer, de rien,cette masse de matière et en remplir l’Espace. Une telle chose peut être dite, mais ne peut pas être comprise, car elle est un défi à la raison. De plus, dans cette même occurrence, malgré son omn ipotence, même ce Dieu n’aurait pas pucréerl’Espace sans bornes. Conséquemment, la croyance en un monde vraiment matériel ne peut s’accorder, en dernier ressort, qu’avec la croyance en son éternité.Les matérialistes l’emportent, de ce chef, en logique, sur les chrétiens. Mais, n’est-ce pas offenser le sens commun que de parler de l’évolution de la matière ? Tant une véritable matière semblerait avoir pour pr emier devoir d’être et de rester toujours la même, à jamais immuable. Puis, encore, la croyance à l’éternité du monde matériel exige, pour l’explication de ses phases et de ses progrès, qu’on adopte la théorie m atérialiste en entier, c’est-à-dire qu’on insère dans la matière elle-même toutes les c auses de ses changements. Or, le principe de causalité, tiré au clair, prouve l’impo ssibilité radicale de l’enchaînement à l’infini des causes et des effets. Et voici, en résumé, trois certitudes, à savoir : 1° Le monde matériel n’a pu commencer de soi-même ; 2° Il n’a pas, non plus, pu être créé par un Dieu ; 3° Il ne peut pas, enfin, être éternel. Et cela constitue une impasse qui désespère-rait l’ esprit humain, si la vérité métaphysique, enfin acquise et découverte, ne venait dissiper cette attristante perplexité. L’heure actuelle voit le triomphe du Matérialisme. En tout et partout prévaut la foi en l’exclusive etéternelleréalité de la matière, en qui la «Science »affirme que sont incluses toutes les énergies et toutes les puissances. D’où ses transformations et adaptations rendraient compt e de tous les phénomènes ; les causes de ceux-ci seraient toutes, sans exception, naturelles, c’est-à dire d’ordre physico-chimique ou mécanique, et il n’existerait p oint, ailleurs que dans l’imagination maladive des mystiques, de Cause première et absolue. A cette doctrine, pour laquelle »n’était qu’un officier d’avenir dans la grande l’homme armée des singes, »s’oppose résolument la doctrine duMentalisme. Qu’est-ce que le Mentalisme ? C’est la révélation du suprême secret ; c’est la synthèse scientifique, philosophique et religieuse qui dévoile et qui prouve les vérités ci après : I. —ut le Relatif est l’œuvreDe l’Être Absolu et éternel, qui est de par soi, to incessante. II.L’Ètre Absolu est l’être unique et l’unique Sujet. III.Il possède l’infinitude des attributs et chacun de ses attributs est infini. IV. —Tout infini est une perpétuelle successivité. Nul infini ne peut donc jamais être réalisé pleinement. V. —Un infini pleinement réalisé serait épuisé, donc, fini, anéanti. L’infini est donc un
développement éternel, sans terme. VI.Le Temps, successif, infini, existe sans conteste. VII. —réalisationL’Espace n’existe pas. Il serait, s’il existait, la  ab ovoet immuablement acquise de l’infini de grandeur ; proposition absurde. L’Espace n’est donc qu’une illusion. VIII. —-dire : absolument Parfait.L’Etre Absolu n’est pas infiniment Parfait, c’est-à L’absolue Perfection serait la réalisation pleine, entière et définitive, de tous les attributs, de toutes les qualités, de toutes les puissances, à leur point suprême et culminant, soit la réalisation d’une infinité d’infinis ; proposition absurde. IX. —L’Etre Absolu est donc Imparfait,mais, par contre, éternellement et sans fin Perfectible. Il n’atteindra jamais l’absolue Perfection, sinon, il serait fini, il aurait atteint le terme ultime de sa puissance et de soi-même. Mais, il s’en approchera de plus en plus. X. —’Univers tout entier et leL’Espace n’étant qu’une illusion, il s’ensuit que l Mouvement ne sont, de même, que d’autres illusions dans cette première illusion. XI. —ue spirituellement etLe Monde n’existe pas matériellement. Il n’existe q idéellement. C’est une miraculeuse et magique féeri e mentale, projetée sur l’écran du Temps par l’Etre Absolu. Celui-ci le pense, et en l e pensant, le crée, le fait apparaître dans son ensemble et dans chacune de ses parties et de ses phases. XII. —Le Réel n’est donc rien de matériel en soi ; le rée l est simplement l’apparu. le réalisé. XIII. —e de poursuivreL’Etre Absolu et créateur a la prodigieuse puissanc éternellement la réalisation de tout le Possible in fini. Tout ce qu’il en a déjà réalisé, en pensée, dans le Passé et dans le Présent, constitue le Réel. Tout ce qu’il lui reste à en réaliser, en pensée, dans l’Avenir, constitue le Ré alisable, soit la série inépuisable des progrès idéels possibles. XIV. —Le Possible infini,globo, in est la série infinie de tous les possibles concevables, en tant que faits, choses, êtres, événements. XV. —erpétuelle Spiration. SesLe Créateur se borne à penser. La Création est sa p idées sontipso fac toles faits, les choses, les êtres et les événements du Monde. XVI. —Dans l’exécution de son œuvre éternelle et infinie, le Créateur obéit à la Logique et procède par la voie des Catégories et des Universaux. XVII.La Logique est la loi souveraine de la Conception. XVIII. —fondamentales et générales de laLes Catégories sont les conditions Réalisation des conceptions. XIX. —La série des Universaux forme l’ordre de classification et d’étagement graduel des Concepts réalisés. XX. —n Concept général, parChaque universal isolément est le développement d’u l’expansion du type entitaire dans la multiplicité des particuliers. XXI. —Chaque universal est une possibilité de degrés et d e particularités comprises entre deux extrêmes contraires : le moins et le plus ; le négatif et le positif ; le mauvais et le meilleur. XXII. —res. Ceux-ci, d’ailleurs,Le Créateur réalise donc forcément tous les Contrai s’impliquent l’un l’autre ; identiques d’essence, ils ne sont dissemblables que par le fait des degrés. XXIII. —Le Créateur pense donc et réalise d’abord : le Mal. Il part du plus bas et va vers le Bien par la voie infinie et asymptotique du Progrès éternel. XXIV. —Le Créateur obéit à la Logique ; elle est sa règle et son statut. Il commence par le bas ; il réalise d’abord le Mal. Par suite, il est d’abord et présentement : Satan. Il réalisera successivement tous les progrès possibles en s’approchant, de plus en plus, de
l’infinie Perfection, du Bien absolu. Il aspire ainsi à être Dieu, l’absolument Parfait. XXV.L’Evolution du Monde et de la Vie, c’est l’évolution du Créateur. XXVI. —La création commence logiquement par le mal ; le lieu du mal, c’est l’Enfer. Nous y sommes. Tous les êtres jusqu’ici sont des dé mons ; le Monde est jusqu’ici le Royaume de Satan. XXVII. — Il n’y a point de Paradis actuel. Le Ciel chrétien ou mahométan est impossible. Mais, le progrès éternel et infini réalisera graduellement une multitude d’états meilleurs et plus beaux les uns que les autres, c’est-à-dire des milliersd’autres mondes, de plus en plus divins, qui seront autant de ciels et de paradis. XXVIII. —uriels ne sont qu’unTous les êtres ne sont qu’un seul être. Tous les pl singulier. Tous les multiples apparents ne sont qu’une unité. XXIX. —Tous les particuliers multiples de chaque universal ne sont qu’un seul et même être, varié en ses aspects, ses rôles et ses aptitudes. Il n’y a qu’un seul et unique être par Espèce XXX. —. Aucun phénomène neLe Relatif est la collection infinie des Phénomènes peut être sans cause ; donc tous les phénomènes sont des effets;donc, aucun d’eux ne peut accéder à l’état et à la puissance de cause. T ous les phénomènes sont donc les effets d’une seule Cause, première, éternelle, et absolue. XXXI. — Le caractère idéel, immatériel, phénoménal du monde, le fait qu’il est simplement pensé, l’impossibilité pour les phénomènes d’être rien de plus que des effets, tout cela démontre et prouve l’existence de l’Être Absolu, éternel penseur et cause unique de l’univers apparent.
* * *
Pour refuser à la Raison humaine l’espoir de tout c omprendre, Kant et d’autres l’avaient emprisonnée entre les quatre murs de soi-disant antinomies désespérantes. Le Mentalisme détruit et renverse ces fameuses antilog ies, qui n’avaient aucune consistance, et il rouvre devant les labeurs de ’Ho mme les perspectives illimitées de l’Infini. Les supports du monde matériel sont renversés. Celui-ci fait place à un Univers idéel, rationnel, logique et mathématique, en un mot : mét aphysique, destiné à faire l’enchantement des savants et dont la finalité éthique et esthétique est pour faire aussi la consolation et la joie de chacun. Tout ce que Herbert Spencer, lui-même, avait dû, par dessus bord, laisser retomber au gouffre de l’Inconnaissable, est ramené du fond de l’abîme et désormais nettement démontré. Jusqu’à présent, une foi défiante et pleine d’obscurités avait pu médire de la science et une science incomplète avait, de son côté, cru pouv oir railler la foi. Le Mentalisme doit mettre fin à cet antagonisme. Eclairant l’une et l’ autre, il les mène à répudier leur respective intransigeance et à fusionner ensemble dans la paix du véritable savoir. Celui qui a écrit le Mentalisme est profondément convaincu d’apporter ainsi une Vérité absolue. Il pense qu’on ne peut citer aucune doctri ne qui ait tout expliqué ; il pense, inversement, qu’on ne saurait lui montrer quelque c hose que le Mentalisme n’explique pas. S’il en est ainsi, gloire en soit rendue à Dieu. S’il n’en est pas ainsi, puisse quelqu’un sans retard, réfuter et détruire le Mentalisme ; puissent Dieu et les hommes, par égard pour sa bonn e foi, l’avoir en pitié et lui
pardonner.
V.M.
AMONSIEUR ANICET SAINT-LUC
Professeur de Physique et de Chimie au Lycée de D.