Le Tibre, la Tamise et Protée , songe sur la naissance du roi de Rome, par M. L. Lacroix-Niré

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impr. de Mame frères (Paris). 1811. 12 p. ; in-12.
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Publié le : mardi 1 janvier 1811
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LE TIBRE,
LA TAMISE ET PROTÉE,
SONGE
SUR LA NAISSANCE
DU ROI DE ROME.
IJÉJA. tout promettait cette heure désirée,
Heureux terme des voeux d'une reine adorée j
Fatigué par l'espoir, mon esprit en suspens,
Dans de vagues pensers avait flotté long-temps.
Un paisible sommeil vint fermer ma paupière ^
Un songe captiva mon ame toute entière :
4 LE TIBRE,
Je me crus transporté dans ces gouffres sans fonds,
De l'empire des eaux sanctuaires profonds,
Où Virgile, chantant Aristée etCyrène,
De leurs grottes d'azur la voûte souterraine,
Des grands fleuves du monde a placé le berceau.
J'entendis des torrens qui tombant en faisceau,
Lançaient avec fracas leurs ondes bouillonnantes,
Dans le creux des rochers au loin retentissantes.
Sur un lit de roseaux j'aperçus un vieillard.
Aux nobles attributs semés de toute part
Je reconnus le Tibre et son urne fameuse.
Je vis à ses côtés la Tamise orgueilleuse,
Dont le front couronné de voiles et de mâts
Semblait de ses vaisseaux menacer vingt climats.
D'un regard indigné le Tibre la contemple;
« De la témérité donnant toujours l'exemple,
LA TAMISE ET PROTÉE. 5
« Dit-il, quoi! tu prétends, ivre d'un fol espoir,
« De l'homme du Destin surmonter le pouvoir.
« Ah ! redoute les fruits d'une vaine démence.
v L'Europe contre toi forme une ligue immense.
« Ton puissant ennemi de son bras souverain
« Arme pour te combattre et la Meuse et le Rhin ,
n De l'Escaut belliqueux les ondes triomphantes,
« Et de l'Elbe en courroux les bouches écumantes.
« Oui, de tes léopards ils vaincront l'ascendant j
« Ils sauront t'arrachér l'empire du trident.
u De toi seule les mers ne sont point le partage;
« Rends donc aux nations leur commun héritage,
ce Tamise, si tu crains la vengeance des dieux,
« Borne de tes désirs l'essor ambitieux.
« De tes propres excès lu périrais victime ;
« Les désastres toujours sont à côté du crime. »
i.

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