Le tribunal parallèle

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Éditeurs déchus ou en fuite, personnages à la dérive, conspirateurs et marginaux : les héros dégradés qui peuplent Le tribunal parallèle partagent une même soif d’absolu dans une société asséchée par le conformisme et les diktats sociaux. À l’image de l’écriture qui les anime, ils sont tout entiers tendus vers un ailleurs où se profile une inquiétante éthique de l’autre.
Publié le : mardi 12 février 2013
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EAN13 : 9782895973652
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André Lamontagne
Le tribunal parallèle
NOUVELLES
Le tribunal parallèle
André Lamontagne
LE tRIbunàl pàRàllÈlE
NouvEllEs
Les Éditions David remercient le Conseil des Arts du Canada, le Secteur franco-ontarien du Conseil des arts de l’Ontario et la Ville d’Ottawa. En outre, nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour nos activités d’édition. Les Éditions David remercient également le Cabinet juridique Emond Harnden.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Lamontagne, André, 1961- Le tribunal parallèle / André Lamontagne. (Voix narratives et oniriques) Nouvelles. ISBN-13 : 978-2-89597-058-3 ISBN-10 : 2-89597-058-0  I. Titre. II. Collection. PS8623.A486T74 006 C843’.6 C2006-903579-2
Révision : Frèdelin Leroux Couverture : Denis Farley,Paysage autour de la bibliothèque de France (personnage et enseignes) vu d’un passage piétonnier, Paris, 1996, de la série Paysages urbains, région parisienne (1995-1996), épreuve à développement chromogène, 100 x 150 cm. Maquette de la couverture, typographie et montage : Anne-Marie Berthiaume graphiste
Les Éditions David 1678, rue Sansonnet Ottawa (Ontario) K1C 5Y7 www.editionsdavid.com
Téléphone : (613) 830-3336 Télécopieur : (613) 830-2819 info@editionsdavid.com
Tous droits réservés. Imprimé au Canada. e Dépôt légal (Québec et Ottawa), 3 trimestre 2006
L’art nous offre des énigmes,mais par bonheur aucun héros.
MàuRIcE Blanchot
JET D’ENCRE
JE n’àRRIvE plus â écRIRE dEpuIs quE GIllEs DElEuzE s’Est jEté pàR là fEnêtRE dE son àppàRtEmEnt pàRIsIEn. UnE sEmàInE s’Est écouléE Et jE nE REtRouvE pàs lE fil dE là fictIon quE jE constRuIsàIs àvànt lE 4 novEmbRE 1995. J’àI tout Essàyé : lEs séàncEs noctuRnEs ou màtInàlEs, lE càfé, lE vIn blànc, lEs phRàsEs làIsséEs En suspEns, màIs RIEn n’y fàIt. J’àI connu dEs pànnEs d’écRItuRE pàR lE pàssé, màIs EllEs n’étàIEnt jàmàIs dIctéEs pàR dEs cIRconstàncEs EXtéRIEuREs. ToujouRs s’EXplIquàIEnt-EllEs pàR un mànquE d’InspIRà-tIon ou dEs dIfficultés concEptuEllEs quE jE pàRvEnàIs â suRmontER. CEttE foIs-cI quElquE chosE s’Est càssé Et j’Es-sàIE, tout àutànt quE d’écRIRE, dE compREndRE. Là moRt du plus phIlosophE dEs phIlosophEs n’Est-EllE pouR moI qu’un fàuX-fuyànt ? JE suIs pouRtànt vEnu En FRàncE àvEc lEs mEIllEuREs IntEntIons. TItulàIRE d’unE bouRsE du gou-vERnEmEnt cànàdIEn Et conféREncIER InvIté â l’UnIvERsIté dE PàRIs, jE comptàIs mEttRE cE sEmEstRE d’àutomnE â pRo-fit pouR tERmInER cE pREmIER Romàn àuquEl jE tRàvàIllE
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Le TriBUNaL Par aLLèLe
dEpuIs quElquEs étés montRéàlàIs, quànd jE mE lIbÈRE Enfin dE mEs fonctIons d’EnsEIgnànt. Là nouvEllE du suIcIdE dE DElEuzE m’àttEIgnIt dE plEIn fouEt àloRs quE jE pREnàIs plàcE â là tRIbunE d’un àmphIthéAtRE désuEt dE l’instItut du mondE ànglophonE. UnE gRàndE àgItàtIon RégnàIt pàRmI lEs étudIànts Et jE lEuR dEmàndàI, d’un ton bonhommE, cE quI lEs EXcItàIt tànt. « Vous n’êtEs pàs àu couRànt ? m’à làncé l’un d’EuX. DElEuzE s’Est défEnEstRé. » UnE vIvE doulEuR mE tRàvERsà là màIn Et un couRt Instànt, jE cRus dEvoIR ànnulER mon couRs. MàIs mon sEns du dEvoIR ou dE l’àutoRIté, tou-jouRs àussI àIgu àu fil dEs ànnéEs, l’EmpoRtà Et m’IncItà â pouRsuIvRE, pouR lE bénéficE dE mon àudItoIRE fRànçàIs, l’hIstoIRE du fédéRàlIsmE cànàdIEn. JE REntRàI chEz moI dàns un étàt sEcond, pouR tRouvER un mEssàgE d’alIcE mE RàppElànt quE nous dînIons cE soIR-lâ àvEc dEs àmIs, QuàI dE JEmmàpEs. Là sIEstE mE sEmblàIt un moyEn EfficàcE dE nE plus pEnsER â DElEuzE. JE mE RévEIllàI vERs 20 hEuREs, dE soRtE quE jE mE pRésEntàI àvEc quElquE REtàRd â cE mêmE bIstRot du cànàl SàInt-MàRtIn où j’àvàIs fàIt là connàIssàncE d’alIcE, un moIs àpRÈs mon àRRIvéE â PàRIs. ToujouRs àussI RàdIEusE, EllE sIégEàIt àu mIlIEu d’unE tàblE quI RàssEmblàIt dEs àmIs dE son mondE, cEluI dE l’édItIon. LEs hommEs plàIsàntÈREnt En dIsànt qu’En RàIson dE mon REtàRd, j’àvàIs pERdu mon pRIvIlÈgE d’êtRE àssIs â côté d’EllE. L’EXtRémIté dE là tàblE convEnàIt pàRfàItEmEnt â mon sEntImEnt d’IRRéàlIté. Là convERsàtIon àltERnàIt EntRE l’àssàssInàt d’itzàk ràbIn, lE pREmIER mInIstRE IsRàélIEn, Et lE suIcIdE dE DElEuzE. CàR cE 4 novEmbRE 1995 àvàIt été EndEuIllé d’unE doublE tRàgédIE. QuElqu’un cItà pompEusEmEnt lE
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