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Le Village maudit

De
136 pages

Sama, situé dans la vallée d'or d'Acharek, le pays du levant, est un paisible village. Les gens y vivent heureux, profitant de la fertilité de la région et du climat chaleureux qui y règne.

Jusqu'au jour où un messager de mauvais augure prévient les habitants du village, dont Aïmane le sage et Waïssa le chef, de l'imminence d'une malédiction millénaire qui doit les frapper au bout de sept jours. S'ensuit une course contre le temps afin de lever cette malédiction et sauver Sama de la ruine. Mais au fur et à mesure de la quête d'Aïmane et de Waïssa, ces derniers se rendent compte que l'enjeu est beaucoup plus important que ce qu'ils pensaient...

Car c'est tout le pays et le monde qu'ils connaissent qui est menacé par la malédiction ; et les apparences sont souvent trompeuses ...


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-03012-0

 

© Edilivre, 2015

La vallée d’or

La vallée d’or où se déroule cette histoire est remarquable à plusieurs égards, nous allons découvrir ici sa genèse et ses coutumes.

L’histoire même de l’apparition de la vallée est liée à une légende millénaire, que les anciens racontent souvent aux jeunes générations avec fierté.

Ainsi donc, il y a des milliers d’années, une femme du nom de Chamssa aurait fui l’oppression de son mari et de sa famille, emmenant son enfant, et serait venue, des terres au-delà du Grand Océan, s’échouer dans la vallée qui n’était alors qu’une vaste plaine aride. Elle décida de s’y installer, estimant qu’elle y serait en sécurité, mais au bout d’un moment, affamée, ne  trouvant  pas  de nourriture  pour  son  enfant, elle décida de le poser à l’endroit même où se  trouve  désormais la montagne septentrionale de la vallée. L’enfant criait de plus en plus fort, sa mère, désespérée, faisait l’aller-retour entre son enfant et la position actuelle du village où se déroule notre histoire, elle cherchait n’importe quoi qui puisse assouvir sa faim et celle de l’enfant : graines ou feuilles, petit animal ou autres mets. Elle effectua sept allers-retours, lorsque l’enfant frappant le sol de son talon droit fit surgir une manne de nourriture, et de son talon gauche une source d’eau fraîche.

De ces deux emplacements, surgirent les deux montagnes formant la vallée, ce qui s’était produit était semble-t-il une bénédiction providentielle, la manne, disait la légende, fut à l’origine de la fertilité de la vallée, la source, quant à elle, créa la rivière qui traversait la vallée.

La mère et l’enfant y voyant un signe du destin, s’installèrent définitivement et créèrent le village de Sama, en l’honneur de l’enfant, les villageois étant leurs descendants.

Encerclée entre les deux montagnes Marat et Barat, signifiant la fertile et l’opulente, la vallée d’or se trouvait au centre ouest du pays d’Acharek, ou pays du levant dans le langage du pays. La principale origine du nom de la vallée d’or était certainement due au fait que le soleil se levait entre les deux montagnes, donnant au paysage un éclat qui rappelait celui de l’or.

Mais on rapportait également que des anges étaient descendus bénir la vallée, il y a fort longtemps, par la volonté de leur Seigneur, en récompense à la rectitude des gens qui y habitaient, elle avait alors révélé ses richesses : Manat vit surgir en son flan un gisement d’or considérable, et Barat révéla un gisement d’argent pur. Désormais il n’y avait plus ni or ni argent, en raison principalement de l’avidité des gens disait-on, mais le nom de vallée d’or lui était resté, et elle connaissait toujours autant la fertilité.

Du point de vue géographique, elle était située entre la forêt d’émeraude à l’est, qui s’étendait sur de nombreuses lieues, et la région des hauts plateaux au nord, au-delà de cette région une chaîne de montagnes prenait place, dont le point culminant était une montagne de deux lieues de haut. Ensuite on trouvait le Grand Océan à l’ouest, au sud s’étendait le reste du pays, où l’on rencontrait de nombreux villages et cités jusqu’à la capitale, Bayda la blanche, aux confins sud du pays.

Dans le pays, il existait sept grandes vallées, dont la vallée d’or était la plus noble, elle avait toujours été isolée des guerres et manœuvres fratricides du pays et de ses voisins, l’unique village de Sama profitait des richesses de la vallée, ce village traditionnel vivait presque en autarcie et se mêlait peu des affaires du pays. Cet isolement faisait que les richesses de la vallée étaient peu convoitées, mais cela n’empêchait pas les voyageurs de transiter et d’y faire de temps en temps escale, ils venaient le plus souvent de la région des hauts plateaux, et allaient rejoindre les villages ou villes du sud voire la capitale, ou effectuaient le chemin inverse.

Il arrivait plus rarement que quelques bateaux débarquent sur les plages bordant la vallée, le plus souvent c’était le fait de voyageurs marchands, venus faire des affaires dans la région.

La vallée était un endroit particulièrement pittoresque, du haut des montagnes on apercevait la vallée immense et le village comme une étoile au milieu du ciel. Il y avait un tel contraste entre la région des hauts plateaux et le bas pays s’étendant sous la vallée, que celle-ci semblait une frontière entre deux mondes. Elle était une inépuisable réserve de ressources naturelles, fascinant creuset de cultures mystérieuses. Le pays lui-même reflétait ce creuset de cultures, grâce notamment à de nombreuses ethnies s’étant établies au fil des siècles dans le pays.

La vallée d’or était un carrefour commercial entre l’orient et l’extrême orient, les voyageurs y trouvaient un point de jonction entre les confins orientaux et les pays plus proches de l’occident, aussi bien d’ailleurs au niveau commercial qu’au niveau culturel, un brassage de populations d’origines diverses s’y opérait depuis la nuit des temps. Il arrivait souvent que des familles entières viennent s’y installer alors que d’autres partaient en exode, le plus souvent vers le sud, notamment à la capitale, afin de se rapprocher des régions plus urbaines. Ce brassage n’entachait en rien les croyances fondamentales des villageois qui reposaient essentiellement sur cinq grands principes :

– La croyance en Dieu : un être unique, parfait et à l’origine de toute chose.

– La création : elle a été créée en parfaite harmonie dans son ensemble.

– L’humanisme : La doctrine donne à l’individu une place centrale.

– Le jugement dernier : jour où les êtres humains seront ressuscités afin de rendre des comptes.

– L’enfer et le paradis : où séjournerons les hommes selon leur comportement sur terre, bon ou mauvais.

Pour les croyants de cette religion, l’âme est éternelle et peut s’élever selon des actes méritoires vers une pureté absolue, ou s’avilir et s’enfoncer dans une noirceur qui la condamne, et cela, grâce au libre arbitre avec lequel elle a été créée.

Selon les textes sacrés, la dévotion est de la responsabilité de tout individu, sans distinction de race ni de richesse, chaque adepte étant égal devant le Seigneur.

Les villages du pays formaient des regroupements dirigés par des chefs locaux, et il arrivait que ceux-ci s’associent pour organiser leur défense ou effectuer des échanges commerciaux, leur assurant une certaine autonomie par rapport au reste du pays. Le village de Sama ne dérogeait pas à la règle et s’était associé avec plusieurs villages du sud, dont les chefs étaient souvent de la même grande famille.

Chaque village disposait également d’un ou plusieurs chefs religieux en la personne de sages ; ces sages détenaient la mémoire du village, comme des sortes de griots, et faisaient office de guides religieux. Celui de Sama était Aïmane, l’un des plus respectés et des plus érudits de la région. Malgré cette autonomie les villages étaient soumis à l’autorité du roi, autorité suprême du pays, issu d’une dynastie millénaire de souverains.

Comme nous le disions précédemment, la vallée offrait une fertilité hors du commun, différentes sortes de fruits et légumes étaient cultivés dans les champs attenant au village : poivrons, courges, potirons, carottes, aubergines, blé, et pois entre autres. Les gens venaient de loin pour se pourvoir en clous de girofle et noix de muscade. Les vergers offraient des fruits en abondance : orangers, pommiers, poiriers, abricotiers ou pêchers s’y trouvaient, mais également des arbres plus rares comme les grenadiers ou les figuiers. En dehors des champs cultivés se trouvaient également des cèdres, des peupliers, des saules ou des pins. La culture des différentes plantations variait selon les périodes, elle ne s’interrompait que durant les trois mois d’hiver, il faut signaler que la région profitait d’hivers doux et d’étés frais, grâce à la proximité du Grand Océan. À ce titre la vallée offrait un havre de fraîcheur pour les voyageurs en été et une douce escale en hiver, ils venaient y déguster la boisson servie à toutes les heures : le thé à la cardamome servi très chaud.

La vallée était aussi réputée pour la fabrication du bronze, du cuivre et le façonnage précis du métal servant à fabriquer des ustensiles, outils ou armes. D’autres productions artisanales y trouvaient une expertise fine de la part des villageois, comme la vannerie et le travail des perles (tapis, paniers, sacs), la poterie (pots et ustensiles de cuisine faits en terre cuite), mais également la bijouterie prisée par les femmes du pays pour leur beauté (or et argent permettaient de confectionner toutes sortes de bracelets et colliers).

Les villageois étant coupés du reste du pays vivaient essentiellement de troc, ils n’utilisaient la monnaie, la plupart du temps que quand ils allaient dans d’autres contrées. D’ailleurs ils profitaient du marché hebdomadaire pour se fournir en aliments et objets de toutes sortes, les épices et les herbes médicinales s’y trouvaient en abondance, disposées sur les étalages des marchands : cumin, safran, coriandre, poivre et gingembre. De nombreux marchands venaient de l’extérieur du village ce jour-là, pour apporter aux gens de la vallée tout ce dont ils manquaient et profiter de la fertilité de l’endroit. Dans la foule, qui doublait le nombre des habitants du village, et même triplait ou quadruplait ce nombre en haute saison, on trouvait des diseuses de bonne aventure, des acrobates, des charmeurs de serpents, des soigneurs de dents, ou encore des guérisseurs de toutes sortes de maux.

Le jour du marché était le vendredi, c’était un jour de fête, avec ses épices aux mille couleurs, ses vêtements aux textures riches et diverses, on y venait pour acheter mais aussi pour rencontrer ceux que l’on n’avait pas vus depuis longtemps. Mais l’attraction véritable était l’assemblée des poètes qui déclamaient leurs vers aux passants et aux puissants, louant l’assemblée en fonction de la générosité de l’assistance.

On avait l’impression que la vallée vivait à son rythme depuis des siècles, lovée dans sa carapace de sérénité comme si le temps s’était arrêté, telle un Eden sur la terre.

Il faut dire que les gens du pays étaient imprégnés d’un sens de la tradition impénétrable, la spiritualité et l’intellectualité y avaient une place prépondérante, ils adoraient un Dieu unique et tout puissant qu’ils invoquaient en temps de malheurs et remerciaient lorsque la félicité les touchait, leurs croyances les poussaient à exceller en œuvres méritoires et en piété : un jour ils seraient ressuscités et seraient jugés selon leurs actes et leurs intentions, cela les poussait à la rectitude.

Cette spiritualité leur donnait une ligne morale et des principes qui régissaient leur vie, en exemple prenons le mariage, cet événement suivait des règles précises.

La tradition voulait qu’il dure sept jours, étant un moment de fête immense, où tous les villageois étaient conviés. Généralement le futur époux, après avoir fait sa demande et que celle-ci fut acceptée, laissait son père, s’il était encore vivant, sinon un tuteur désigné, négocier le douaire, auprès du tuteur de la mariée, ensuite une cérémonie religieuse se déroulait, où les futurs époux exprimaient leur consentement mutuel pour le mariage, avant de recevoir les bénédictions du chef religieux du village.

Suite à cette cérémonie qui faisait office de validation du mariage, se déroulaient sept jours et sept nuits de fête ; le jour, une délégation des femmes les plus proches de la mariée la menaient faire le tour des habitations des gens du village, pour recevoir de nombreux cadeaux et essayer des robes magnifiques. Le marié était, quant à lui, initié à ses futures responsabilités, en tant que mari et futur père, il était le gardien de sa caste et en serait questionné, il devait donc gérer au mieux les affaires de sa future famille.

Le soir, c’étaient repas et danse jusqu’au matin, des victuailles aussi riches que nombreuses étaient offertes aux invités, chaque nuit des gens différents de la veille étaient conviés, jusqu’à ce que tous les gens du village aient été invités au moins une fois. Le septième jour la fête était menée à son paroxysme et tout le village mangeait, dansait et chantait sur la grande place centrale, ce jour-là personne ne connaissait l’affliction.

Parmi les autres aspects remarquables de cette région, on trouvait les moyens de locomotion. Celui que les villageois et les gens du pays prisaient le plus était le cheval, lorsqu’ils en possédaient un, ils l’aimaient plus que leurs demeures. Ils lui donnaient une multitude de surnoms, parmi les plus belles épithètes : « rose des chemins », « perle d’azur », « frisson des cœurs », « joyau du matin », etc.

Il arrivait que l’une ou l’autre famille s’endette à vie, afin d’en acquérir un.

Il faut dire que les chevaux du pays jouissaient d’une grande beauté, leur race était pure, ils avaient de belles robes noires, brunes ou alezanes, les plus convoités restaient tout de même les blancs. Leurs muscles étaient souvent saillants à force de chevauchées, leur crinière longue et souvent tressée. Leurs propriétaires les soignaient quotidiennement surtout après les longues chevauchées à travers le pays, c’étaient les plus fidèles coursiers qui vous transportaient de lieux en lieux sans éprouver de fatigue.

Ils étaient également très sollicités lors des guerres, les cavaliers du pays d’Acharek avaient pour habitude de constituer des cavaleries légères, souvent constituées d’archers redoutables chargés d’assaillir l’ennemi, afin de l’affaiblir avant l’envoi de troupes de fantassins plus lourds voués au corps à corps.

La stratégie des habitants de cette région au cours des guerres était de regrouper les meilleurs archers et cavaliers sous une seule frange qui prenait les devants du reste de l’armée, cela expliquait l’importance et le prestige des cavaliers et de leurs nobles montures dans la culture du pays.

Le village de Sama

Le village de Sama était un village traditionnel qui comprenait des cases faites en torchis pour les plus modestes et en pierres pour les plus élaborées. Certaines cases étaient individuelles, notamment celles des familles les moins nombreuses, d’autres formaient des groupes d’habitations, où cohabitaient plusieurs familles, réparties sur plusieurs générations. Il était de tradition que l’aînée de la famille, une fois marié, s’installe avec son épouse dans la maison parentale, alors que les garçons suivants emménageaient dans leurs propres foyers. Les cases formaient des cercles qui se rapprochaient de façon concentrique du centre du village, et au milieu on trouvait la place principale où s’organisait le marché, les fêtes et banquets, ou les rassemblements importants. Au nord-est du village, on trouvait les champs, où étaient cultivés les fruits et légumes et autres céréales nécessaires à la consommation du village. Ils appartenaient à tous les villageois et étaient répartis entre les familles, qui chacune leur tour, était en charge de la surveillance de l’ensemble des champs, ou de leur irrigation. Pour l’irrigation, on détournait une partie de l’eau de la rivière, le temps d’abreuver toutes les plantations. Les hommes étaient en charge de semer les champs le printemps, et les femmes les aidaient à moissonner l’été et l’automne ; l’hiver les terres se reposaient en vue des prochaines semences.

Les maisons du village contenaient toutes un puits dans lequel étaient puisées les quantités minimales d’eau nécessaires à la consommation. Mais un complément était fait pour le nettoyage, l’abreuvement des bêtes et les autres besoins du quotidien. Pour cela les femmes et les enfants allaient jusqu’à la rivière et puisaient l’eau, à l’aide de grosses outres et de seaux, soigneusement refermées, le tout transporté à dos d’ânes et de mules. L’eau puisée était stockée et rafraîchie pour partie afin d’être servie lors des repas. La lessive était nettoyée, quant à elle, directement au bord de la rivière.

Chaque maison contenait une basse-cour où l’on trouvait des coqs et des poules pour les œufs, des moutons pour leur laine, des chèvres et des vaches pour leur lait, et tous ces animaux pour leur viande. Il y avait aussi des ânes et des mules pour le transport, et pour ceux qui avaient les moyens, ils achetaient un cheval ou une jument.

Le village connaissait des saisons hautes et des saisons d’accalmie : en hiver, les jeunes et responsables de famille partaient pour les grandes villes, en particulier la capitale, afin de travailler et amasser de l’argent et revenaient à la période des récoltes, lorsqu’on avait besoin de main d’œuvre. Mais les périodes où il ne manquait généralement personne, étaient les périodes de fête, au plus chaud de l’été.

Sama comprenait des écoles où les plus jeunes, garçons et filles apprenaient à lire et à écrire, ainsi que les bases de la religion et les notions d’éthique et de morale, afin d’acquérir les principes qui leur permettaient de devenir des hommes et des femmes responsables devant Dieu.

Le village était organisé de façon à distribuer les tâches de manière équitable entre les villageois. Outre le sage et ses disciples qui avaient un rôle religieux, le chef et ses hommes de main qui étaient en charge du commandement, les gardes du village et ceux qui avaient la charge du commerce, les autres s’occupaient à tour de rôle du nettoyage des rues, des constructions, des récoltes et des moissons, etc.

Autre fait notoire, le village faisait des réserves avec une partie des produits récoltés qu’il reversait aux habitants selon la composition de leur famille et leurs besoins, tout au long de l’année. Pendant les périodes de disette, il arrivait même que Sama...