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Le Visiteur du soir

De
238 pages

Texte intégral révisé suivi d'une biographie de B. Traven. Il y a dans l'œuvre de Traven un noyau d'anarchisme philosophique non sans quelque rapport avec celui d'un autre solitaire, Henry David Thoreau. Individualiste convaincu, il s'attaque aux aspects inhumains du pouvoir sous toutes ses formes et le credo de tous ses livres est: ni races ni pays, seulement des individus: telle est l'essence de son anarchisme bienveillant. Bien sûr, le lecteur n'a pas besoin d'être averti de la vie mouvementée de Traven ni de sa philosophie et de son engagement politique pour goûter les histoires exceptionnelles qui composent ce recueil de nouvelles ayant pour cadre le Mexique, sa patrie d'adoption, où se cotoient des descendants d'indiens Aztèques, des paysans espagnols et des "gringos" (Américains du Nord) tentant d'imposer leurs croyances. L'auteur du "Trésor de la Sierra Madre" (rendu célèbre par l'adaptation cinématographique de John Huston) y explore le folklore et les légendes de l'Amérique centrale, visitant les ruines mayas, conduisant du bétail à travers le pays, aidant un révolutionnaire clandestin blessé, faisant la connaissance d'un conteur que tout inspire et qui parle à la manière d'un Indien tressant ses rêves sous la forme de paniers. Dans la longue nouvelle intitulée "Macario", il propose une version mexicaine du vieux thème faustien: Macario l'affamé, qui gagne à peine de quoi manger en coupant du bois, est un personnage universel affrontant la Mort. Les histoires de B. Traven, comme ses romans, sont typiquement américaines par leurs décors et leurs thèmes: l'éternelle poursuite, par l'homme, de sa vérité, de sa dignité et de la liberté individuelle.


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B. TRAVEN
Le Visiteur du soir
et autres histoires
Nouvelles traduites de l’anglais (américain) par Claude Elsen
La République des Lettres
LE VISITEUR DU SOIR
1
Un Mexicain m’avait vendu cinquante acres de terre inculte et envahie par la
brousse tropicale. Je lui avais versé vingt-cinq pe sos comptant, le reste devant lui
être payé lorsque je recevrais le titre de propriété.
Je me construisis une espèce de hutte indienne et c ommençai à cultiver le sol.
Ce n’était pas une tâche facile, au milieu de la ju ngle, mais je m’y attaquai quand
même.
J’appris bientôt que je n’étais pas le seul Blanc d e la région : une heure de
cheval me conduisit chez mon plus proche voisin, un certain Docteur Cranwell.
Le village, habité par des paysans indiens, était à dix-huit kilomètres et la gare
de ravitaillement à vingt-sept. Près de celle-ci, d eux familles américaines tentaient
leur chance : chacune cultivait la terre, achetait et convoyait le charbon de bois et le
bois de chauffage produits par les Indiens, chacune aussi tenait un bazar d’aspect
plutôt minable.
Le petit ranch de Doc Cranwell était situé sur une hauteur, au coeur des fourrés,
comme ma propre demeure. Il vivait seul dans un bun galow de trois pièces, assez
sommairement bâti. Je ne savais pas pourquoi il s’é tait enterré dans cette jungle, et
je n’ai jamais essayé de le savoir. Ce n’était pas mon affaire.
Il faisait, à l’en croire, un peu d’élevage. Il ava it deux vaches, deux chevaux,
trois mules et quelques ruches. Les oiseaux s’attaq uant sans cesse aux abeilles, le
miel que Doc récoltait suffisait tout juste à assurer de temps à autre son petit
déjeuner.
Ses plus proches voisins étaient deux familles indi ennes qui vivaient à quelque
huit cents mètres de sonranchito. Il employait les hommes comme ouvriers
agricoles et les femmes s’occupaient de sa petite m aison.
Il passait le plus clair de son temps à lire. Lorsq u’il ne lisait pas, il s’asseyait sur
le seuil de son bungalow et regardait les milliers de kilomètres carrés de jungle qui
s’étendaient à perte de vue sous ses yeux. Cette ju ngle était d’un vert triste et
poussiéreux, qui ne s’éclairait que pendant quatre mois de l’année, après la fin de la
saison des pluies.
Quelques agglomérations indiennes, dont aucune ne c omptait plus de trois
familles, étaient disséminées dans cette vaste régi on, mais le seul indice de leur
présence était la fumée qui, à certaines heures du jour, s’élevait au-dessus de ces
jacalitos(1)bien cachés.
Un homme ordinaire aurait pu perdre le goût de vivre, voire la raison, à n’avoir
rien d’autre à regarder que cet immense espace de j ungle sinistre. Le docteur, lui,
aimait ce spectacle.
Moi aussi. Je pouvais passer des heures à le contem pler sans jamais me lasser.
Ce n’était pas ce que je voyais qui m’intéressait, mais d’imaginer les grandes et les
petites choses qui se passaient dans ces fourrés ép ineux, où pas une minute ne
s’interrompait l’éternelle bataille pour la vie, po ur l’amour. Création et desmiction …
Je n’en étais pas sûr, mais je devinais que le docteur éprouvait la même chose.
Seulement, lui, il n’en parlait jamais.
Ma demeure se trouvait sur la même crête que la sie nne, bien qu’un peu plus
bas. J’étais plus éloigné que lui de mes voisins. T rès rarement ma solitude me
pesait, mais lorsque cela m’arrivait, je sellais mo n poney et j’allais rendre visite au
docteur, à seule fin de voir un visage humain et d’ entendre une voix humaine.
La jungle tropicale est d’une vie si riche qu’il es t impossible d’y connaître la
tristesse, si l’on est sensible à la présence de l’ univers tout entier dans chaque
insecte, chaque lézard, dans chaque cri d’oiseau, d ans chaque bruissement de
feuilles, dans chaque fleur. Mais de loin en loin j e ressentais une espèce de frayeur,
une défaillance du cœur. J’avais alors un peu l’imp ression d’être seul en avion,
entouré par les nuages, avec un moteur tournant au ralenti et sans instruments pour
me guider, ou encore d’être assis dans une petite e mbarcation, très loin de tout
rivage, sur une mer calme, au crépuscule.
Le docteur n’était pas très bavard. Vivre seul dans la jungle rend silencieux,
même si l’on n’en pense pas moins. Il n’y a pas une seconde du jour ou de la nuit
où la jungle ne vous parle, que ce soit de ses inno mbrables voix ou de son
perpétuel mouvement de croissance et de pourrisseme nt. On en vient
inévitablement à la conclusion que la vie n’a qu’un e seule signification : il faut la
savourer tant qu’elle dure et en tirer le plus poss ible, car la mort est en nous depuis
l’instant de notre naissance.
Le docteur et moi, nous passions souvent deux ou trois heures assis dans nos
fauteuils à bascule sans échanger un seul mot. Et p ourtant nous goûtions, alors,
une espèce de bonheur.
2
Il arrivait au docteur de me dire par exemple :
« Vous connaissez cette petite mare de pluie, de l’ autre côté de la crête, près
d’une prairie ? Il y a, près d’elle, une hutte de p almier primitive qui est en train de
tomber en morceaux. Je me demande qui l’a construit e, qui a bien pu choisir d’aller
vivre là, tout seul, un criminel en fuite, peut-être … Un après-midi, j’y suis allé à
cheval. Je me suis approché de la hutte, j’ai regardé par l’ouverture qui était censée
servir de porte et j’ai vu … j’ai vu … »
A ce point de son récit, la voix du docteur devenai t un murmure confus, presque
inaudible, et pourtant je me rendais compte qu’il c ontinuait à raconter son étrange
aventure, mais comme pour lui seul. Il pensait, j’e n suis sûr, que je le suivais, et je
me gardais de lui dire que je ne comprenais pas un mot de ce qu’il disait. Une
histoire n’a de sens, à vrai dire, que si vous l’av ez vécue vous-même.
Une autre fois, il se lançait à brûle-pourpoint dan s un autre récit :
« … et, comme je vous le disais, il y eut ce jour o ù je me retrouvai dans une
région particulièrement épaisse de la jungle. Le so leil brillait au-dessus des arbres,
mais il faisait très sombre dans les fourrés et il fallait attendre plus d’une demi-heure
pour voir ou entendre quelque chose. Je remarquai u ne tarentule qui avançait
prudemment sur le tronc pourri d’un ébénier. C’étai t un petit monstre brun foncé,
très velu, de la taille d’une main. Sur le sol, prè s de l’arbre, deux gros scorpions
noirs se déplaçaient encore plus prudemment. Ils n’ avaient apparemment pas vu la
tarentule, pas plus d’ailleurs qu’elle ne les avait vus : les scorpions sortent rarement
pendant la journée. Tous les trois avançaient dans la même direction et tous les
trois avaient les yeux fixés sur un … sur un … »
Là-dessus, une fois encore, la suite du récit se pe rdait dans un murmure
incompréhensible.
Parfois, en observant le docteur, j’avais l’impress ion qu’il était mort, mort depuis
plusieurs années déjà, et qu’il ne continuait à viv re que parce qu’il avait oublié qu’il
était mort, parce que personne ne l’avait remarqué et ne le lui avait dit. A ce
moment-là, je me disais que si je pouvais faire imp rimer dans un journal un avis
nécrologique et le lui montrer, il tomberait effectivement mort sur-le-champ et, une
demi-heure plus tard, aurait l’apparence d’un homme enterré depuis cinquante ans.
Ces idées ne me venaient pas souvent, mais seulemen t lorsque je le voyais assis
dans son fauteuil, silencieux, immobile, regardant l’océan gris de la jungle avec des
yeux qui cillaient à peine et semblaient eux-mêmes vides et morts.
Et puis, d’autres jours, je le trouvais bien vivant et alerte, parlant d’abondance
des petits faits de sa vie quotidienne, de la rossé e qu’un des hommes qu’il
employait avait flanquée à sa femme et de l’œil poc hé que celle-ci en avait gardé.
Un jour qu’il était ainsi d’humeur bavarde, je lui demandai s’il n’avait jamais écrit
un livre. Il me paraissait avoir une manière de rac onter qui eût pu faire de lui un
grand écrivain s’il s’en était donné la peine.
« Un livre ? dit-il. Un seul livre ? Non : quinze … ou plus exactement dix-huit, si
je ne me trompe. Oui, j’ai écrit dix-huit livres.
— Ils ont été publiés ?
— Non, jamais. A quoi bon ?
— Pour que les gens les lisent !
— Ridicule ! Il y a des milliers de livres, de gran ds livres, que les gens n’ont
jamais lus. Pourquoi leur en donner d’autres, s’ils ne lisent pas ceux qui existent
déjà ?
— Vous auriez pu les publier pour devenir célèbre, ou pour gagner de l’argent.
— De l’argent ? Avec les livres que j’écris ? Ne me faites pas rire … D’ailleurs
j’ai assez d’argent pour vivre comme je l’entends. Pourquoi en voudrais-je
davantage ? Pour quoi faire ? Quant à la gloire … n e soyez pas stupide, Gales. La
gloire, qu’est-ce que c’est, en fin de compte ? Ell e pue, la gloire. Aujourd’hui, vous
êtes célèbre, votre nom apparaît à la première page de tous les journaux, demain,
c’est tout juste si cinquante personnes seront enco re capables de l’écrire
correctement — et après-demain, si vous mourez de faim, personne ne s’en
souciera : voilà ce qu’on appelle la gloire. Vous n e devriez pas employer un tel mot,
pas vous. Bien sûr, il existe une autre gloire, la vraie, celle qu’on connaît après sa
mort, quand plus personne ne sait même où on est en terré. A quoi ça sert, d’être
célèbre après qu’on a cassé sa pipe ? Le simple fai t de parler de gloire me rend
malade. Quelle blague !
— Okay, Doc. N’y pensez plus … Je crois pourtant qu ’un bon livre est toujours le
bienvenu pour ceux qui savent l’apprécier.
— Pour autant qu’il les atteigne … Ça arrive peut-ê tre, mais très rarement.
— Vous avez sans doute raison, Doc. Je n’ai jamais vraiment pensé à la
question. En tout cas, j’aimerais lire les livres q ue vous avez écrits. Pourriez-vous
m’en confier au moins un ou deux ?
— Si je les avais encore, je crois que je répondrai s non … De toute manière, je
ne les ai plus. Ils sont retournés là d’où ils sont venus : l’éternité … J’ai tiré d’eux
tout le plaisir possible en les écrivant. En fait, je crois en avoir éprouvé plus de
satisfaction qu’aucun écrivain n’en connaîtra jamai s en voyant ses oeuvres
publiées.
— Excusez-moi, Doc, mais je ne comprends pas …
— Ce n’est pas difficile : une fois qu’un livre est publié, le plaisir de l’écrivain s’il
est un véritable artiste et pas seulement un commerçant est gâché par un tas de
choses qui n’ont rien à voir avec les fondements de l’univers. Pour moi, voyez-vous,
les livres sont les fondements de l’univers. Si un livre est vraiment votre création,
vous souffrez mille morts à la pensée d’avoir à l’e nvoyer à un éditeur, c’est du
moins ce que j’ai ressenti et ce que je ressens tou jours. Chaque fois que j’ai eu
terminé un livre, je l’ai relu, corrigé, j’y ai app orté des modifications pour le rendre
aussi proche que possible de l’idée que je me faisa is de la perfection, et cela fait, je
me suis senti heureux, totalement comblé. Après quo i, je l’ai détruit …
— Vous avez faitquoi, Doc ? m’écriai-je. Vous ne voulez pas dire que …
— Si. C’est exactement ce que j’ai fait. Je me dis parfois que notre erreur,
aujourd’hui, c’est que nous ne détruisons pas assez de choses et de systèmes que
nous croyons parfaits, pour faire place à des chose s et à des systèmes absolument
nouveaux et différents, infiniment plus parfaits qu e ceux que nous avons détruits.
Avez-vous jamais détruit quelque chose que vous aim iez, que vous teniez pour la
chose la plus belle et la plus parfaite de l’univers ?
— Non, Doc, du moins pas que je sache. »
Ses propos me faisaient froid dans le dos.
« Eh bien, essayez un jour ou l’autre, au moins une fois. Si vous êtes un homme
de bonne race, un homme capable de faire cela sans remords, vous verrez quelle
satisfaction vous en tirerez, quel bonheur. Vous vo us sentirez pareil à un nouveau-
né. Soyez l’égal de Dieu, qui détruit de Sa main ga uche ce qu’Il a créé de Sa
droite …
— Qui peut vouloir être pareil à Dieu ? Pas moi, en tout cas.
— C’est à voir. Je pense souvent combien différents seraient notre art, nos
écrits, nos techniques, nos architectures, nos acti ons, si par exemple en 1650 tout
ce que l’homme avait fait jusqu’alors avait été détruit, détruit si complètement
qu’aucun être humain ne fût capable de se rappeler ce qu’était une roue de
charrette, si la Vénus de Milo était une peinture, un poème ou un nom de navire, si
démocratie et monarchie étaient des noms d’aliments ou de cloches d’église … En
ce qui me concerne, je suis convaincu que le monde serait probablement cent fois
plus agréable à habiter aujourd’hui si l’humanité a vait de temps à autre la possibilité
de rejeter toute Histoire, toute tradition et de re partir de zéro, sans idées éculées,
sans lieux communs, sans opinions empêchant la nais sance d’un monde
entièrement nouveau … »
3
Un matin, à mon arrivée, le docteur me dit :
« Je suis content de vous voir, Gales. J’allais jus tement vous faire prévenir : je
dois retourner aux Etats-Unis aujourd’hui même pour régler une affaire qui traînait
depuis longtemps. Je pourrais laisser tomber, bien sûr, et en fait, le résultat
m’importe assez peu. Mais il y a des années que je recherche un certain nombre de
livres très rares, et je crois avoir la possibilité de mettre la main dessus. Je voudrais
donc faire d’une pierre deux coups. Je suis convain cu que je reviendrai avant deux
mois, mais je me fais quand même du souci pour ma m aison. Ces Indiens ne sont
pas vraiment voleurs mais, quand on s’en va, ils on t tendance à croire qu’on
abandonne les choses à qui se donnera la peine de l es prendre … Cela vous
ennuierait-il de vous installer ici pendant mon abs ence ?
— Volontiers, Doc. Huit semaines, ce n’est pas le d iable. D’ailleurs, le temps
compte-t-il, ici ? Je m’installerai chez vous et je tiendrai les lions et les tigres à
distance …
— C’est la saison sèche, dit-il. Vous ne pouvez don c pas faire grand-chose chez
vous, à part nettoyer deux ou trois arpents de terre, ce qui peut attendre sans grand
inconvénient. Je vais dire à Ambrosio de vous accom pagner avec deux mules, pour
rapporter vos affaires. Personne ne volera votre to it … »
Il eut un petit rire. Ses aides avaient dû lui dire que mon toit n’avait rien à
craindre des maraudeurs : aucun Indien n’en aurait voulu.
« Je dois vous avertir, reprit-il, que vous serez a bsolument seul, ici, pendant
mon absence. Les deux familles qui travaillent pour moi voudraient en profiter pour
rendre visite à leurs parents et célébrer quelques mariages et une douzaine de
baptêmes, si j’ai bien compris. Elles ne reviendron t pas avant dix semaines. Il n’y a
aucun travail important à faire, ici, en raison de la saison ; je les ai donc laissés
prendre leurs vacances, ils les auraient d’ailleurs prises de toute façon, avec ou
sans ma permission … Les bêtes ne vous donneront pa s beaucoup de soucis : il
vous suffira de leur donner un peu de maïs trois ou quatre fois par semaine, et de
les examiner, à l’occasion, pour voir si elles ne s ont pas blessées et s’il n’y a pas de
vers dans leurs blessures. Vous trouverez deux bido ns de créosote dans l’appentis
et tout ce qu’il vous faudra pour les soigner, en c as de besoin.
— Ne vous tracassez pas, Doc, tout se passera bien et je me débrouillerai
parfaitement tout seul. Je m’occuperai des bêtes. V ous pouvez me faire
confiance. »
Lorsque je revins avec mes outils, mes casseroles, mes couvertures, ma
moustiquaire et mon lit de camp, le docteur était p rêt à partir.
« Servez-vous de tout ce que vous trouverez dans la maison, me dit-il. Quand
vous aurez besoin de quelque chose, cherchez dans l es placards, les malles, les
tiroirs, sur les rayons, et servez-vous. Vous aurez plus de lait et d’oeufs que vous
n’en pourrez consommer. »
Pour tout bagage, il emportait deux valises dont il chargea une mule avant de
monter à cheval. Il comptait laisser les deux bêtes à l’un des fermiers américains,
près de la gare.
«Hasta luego» me cria-t-il en s’éloignant.
4
Je restai assis devant la maison pendant près d’une heure, suivant le docteur en
pensée. Vers la fin de l’après-midi je verrais une mince volute de fumée s’élever au-
dessus des arbres, près de l’horizon, et je saurais que c’était le train du docteur,
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