Leçons pratiques pour conduire un ménage et pour en tenir la comptabilité : spécialement rédigées pour les pensionnats de demoiselles / par A. Chaillot,...

De
Publié par

V. Sarlit (Paris). 1868. Éducation des filles -- France -- 19e siècle. 108 p. ; in-16.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : mercredi 1 janvier 1868
Lecture(s) : 34
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 106
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

'INVENTAIRE
POUn CONDUIRE UN
f'OCU LES PENSIONNATS DE DEMOISELLE^'
de P^yc/iolnr/tc, de iMtpque,
de Littérature, xur /cî
LEÇONS PRATIQUES
DE MÉNAGE
Principaux Oiœra.jct dont M. A3IKVÊE CIIAILLOT csl auteur,
rédacteur on traducteur.
MANUEL DE L'AGRICULTEUR DU MIDI de la France et de l'Algérie
por A. Cliaillot; 4"1* édition, avec figures. Un volume in-18. t Cr
LA VII; ET LA DOCTRINE DE l. S. JESVS-CIIIIIST, suivant le texte
de l'Evangile commenté par Bossuet. Un volume in-S", avec Approbation
de Mgr l' Archevêque & Avignon. à fr..
LA VU; DE LA TRÈS SAINTE VIERGE, mèditéo par Botsuet. Un val.
in-8». 3 fr. 50 c..
L'APOSTOLAT DE SAINT PAUL, d'aptes les Actes des Apôtres et le».
ÉpHrcs de Saint Paul, développes jrariosstwt. L'nvol.in-8°. 8 fr. 60 v.
PSYCHOLOGIE ET DE LOGIQUE (Leçons pratiques de), tirées des
muvrns de Bossuct, rédigées spécialement pour les Pensionnats do
Demoiselles, revues par un Directeur do Séminaire. Unvol.iu- 12. 1 fr.
LA RHÉTORIQUE DES DEMOISELLES, tirée des œuvres do Fmclon,
revue par un Directeur de Séminaire. Un volume in- 12. 1 fr.
LECONS DE LITTÉRATUIIE POUR LES DEMOISELLES, tirées des
oeuvres de iloUin. Uu volume in-12. 1 fr.
COSMOGRAPHIE, DE GÉOGKOS1E ET DE MÉTÉOROLOGIE (Leçons
élémentaires de), ,il. l'usage des Pensionnats de Demoiselles, ouvrage
revu par 31. le Chanoine P. Un volume in-12. 1 fr
NOTIONS SUR LES BEAUX-ARTS, comprenant tout ce qu'il est utile de
savoir sur la Dessin, la Peinture; la Sculpture, l'Architecture et la
Musique, Un volumo in-12. 1 fr.
LES CONFESSIONS DE SAINT AUGUSTIN. Un volumein-12. i fr.
LA SOMME DES DONS DE SAINT JOSEPH, par Isotano, de l'ordre
des Prêcheurs. 2 volumes in-12. 4 fr.
J.EÇONS PRATIQUES DE JARDINAGE ET D'ARBORICULTURE, il l'usage
des Pensionnats de Demoiselles. Un vol. in-12. i fr.
LEÇONS ÉLÉMENTAIRES DE PHYSIQUE, avec lift. Un vol. iu-12. 1 fr
CHEFS-D'ŒUVRE de Wnllcr Scott, de hlanzoni, de Siltfo PelGco, etc.,
arrangés pour les lecturce des Familles et des Pensionnats. Chaque
volume format in 12.. i fr..
TOUS MI01TS BÊSMIYÈS
LEÇONS PRATIQUES
POUR CONDUIRE UN
ET l'OUl. UN TEMll LA /•' A\ :'l -'à "•<
COMPTABILITÉ VM |y
SPÉCIALEMENT HÉDICÉES
POUR LES PENSIONNATS DE DEMOISELLES
PAR A. CT-IAILLOT
Un de LilU-vulurc, sur les Ucui'.jc-Aiis, etc.
PARIS
VICTOR S.VKLIT, MBIUIRE-ÉDITEUR
Rue rie Tournon, 1D v
AVIGNON
ao!di:eciiaillot,.imprimeur-libraire-éditelr..
Placcdu Change, ÎJ
Avertissement
L'instruction littéraire et scientiGque
complète l'éducation des jeunes personnes,
dont l'instruction religieuse est la base
nécessaire mais si, en entrant dans
le monde,' elles restaient dans l'ignorance
de toutes lés exigences de la vie matérielle,
que d'erreurs, que de fautes peut-être, ne
seraient-elles pas exposées à commettre,
avant qu'une expérience, toujours tardive,
les eût ramenées dans la vraie route à suivre
pour ne pas s'égarer dans la rude carrière
de l'existence de l'homme sur la terre. Il
leur faut donc un guide heureuses celles
qui Pont dans une mère, une institutrice
profondément pénétrées des principes qui
règlent la sage direction de la vie sociale
Les leçons qui suivent sont destinées à deve-
nir aussi ce guide intelligent si désirable
elles sont le fu'.t de l'expérience de beau-
s
coup de temps et de beaucoup de personnes
qui ont réfléchi sur cette matière, et quoi-
qu'elles né semblent avoir pour but que les
choses matérielles, elles enseigneront l'habi-
tude de l'ordre et de la méthode si ut.iles
dans les choses morales.
A la suite de ces conseils, on trouvera
des modèles de comptabilité pour le ménage,
ainsi que des formules pour les actes les plus
usuels que'l'on est souvent dans le cas de
faire soi-même. On nous saura gré, nous
l'espérons, d'avoir ainsi réuni tout ce qui a
rapport à la bonne conduite dés affaires d'un
ménage bien réglé.
Ménnge. 1
LEÇONS PRATIQUES
POUR CONDUIRE UN
-MÉNAGE
ET POUR EN TENIR LA
COMPTABILITÉ
La Maison. « Ses devoirs. 'Son bonheur.
Qu'est-ce que !e Ménage ? c'est l'art de
conduire une maison. Le degré d'attachement et
de soins pour spn intérieur est un signe du
degré de la moralité d'une personne. Pauvre
ou riche, quiconque aime sa maison, s'y plaît et
ne la quitte que par nécessité, est régulier dans
sa conduite et dans ses mœurs, et possède en
général les vertusde son état. Quiconque aime
sa maison, cherche à la rendre commode et
agréable à tous ceux qui l'habitent, et fait tout
i LE MKS/.GTi.
ce quiesten lui poury entretenir, non-scule-
ment le confortable matériel, mais la paix et ia
concorde qui font le chance de la vie.
Une maison où n'gnent l'ordre et l'économie
a les meilleures chances de prospérer. Une mai-
son qu'une femme, une mère, une fille savent
embellir et dont elles éloignent tout ce qui la
rendrait désagréable, a un attrait qui y retient
le père, le mari, les fils, qui ne sont pas tentés
d'aller chercher ailleurs les agréments qu'ils ne
trouvent pas chez eux.
Le foyer domestique est le centre de la famil-
le, c'est une aimant qui atrire tous ses membres,
et le coeur leur bat de bonheur quand ils y
relourncnt après une absence. Quiconque
n'éprouve pas cet amour du toit paternel est
bien à plaindre. Combien il est triste de penser
que le bonheur de la maison est si souvent dé-
daigné Les causes de ce mal tiennent à la cor-
ruption de notre nature, et le seul remède est
dans la religion.
Si l'on demande quelle est la maison la .plus
heureuse, nousrépondrons sans hésiter c'est
celle où la religion habiteet gouverne, car la
habitent l'affection et la paix.
Tous les membres d'une famille doivents'étu-
dier à se rendre agréables et utiles les uns aux
autres. Il se présentera bien des occasions où
les divers caractères seront mis l'épreuve
LE MÉNAGE. il
il ne faul pas espérer qu'il n'y ait pas de diver-
gences d'opinion. Dans de tels cas, on doit avoir
des égards lès uns pour les autres. Personne, si
ce n'est pour des considérations puissantes, ne
doits'entêter dans son propre sentiment, mais
chacun au contraire doit s'efforcer, par une
mutuelle condescendance, d'adoucir les frotte-
ments et de prévenir l'aigreur et les dissidences.
11 faut s'étudier à plaire aux autres, et non pas à
soi-même. La religion bien entendue, le renon-
cement à sa volonté mis en pratique, seront en
cela d'un puissant secours. Alors la maison sera
ce qu'elle doit être, le centre de.la joie et de la
paix de la famille.
Sans qu'il soit nécessaire de peser davantage
sur ces considérations morales, dont chacun
comprend l'importance, il suffit de les avoir
proposées aux réflexions des personnes qui ont
a creur le bonheur de leur maison. Elles sau-
ront trouver en elles-mêmes, dans la culture
des vertus de leur état, les moyens les plus pro-
,pres à fonder ce bonheur. Quoique ce livre ait
surtoutpour objet les choses de l'ordre matériel,
la saine direction qu'il indiquera aura toujours
pour fin de concourir à l'ordre moral. Qui ne
sait combien ces deux natures de choses, en ap-
parence si différentes, tiennent l'une à l'autre par
de secrets liens, se prêtent un appui mutuel, et
sont réciproquement le signe dela bonne ou de
la mauvaise situation d'une maison ?
12 I.F. MliSAGE.
Science dn Ilénage. Rôle des femmes.
Dansquelque position de fortuneque l'on soir,
quand même on ne serait pas obligé parla mo-
dicité de ses reveuus d'entrer dans le menu
détail des affaires domestiques, il est toujours
ulile de posséder un certain degré la science du
ménage, c'est-à-dire les connaissances nécessai-
res.au maniement et à la bonne direction de
tout ce qui concerne l'administration d'une
maison. Ces connaissances ne sont incompa-
tibles ni avec un esprit cultivé, ni avec les
manières du monde, et l'on peut être à la fois
une femme très-aiinable en société, et très-vigi-
lante dans la conduite de sa maison.
L'aptitude des femmes aux détails domesti-
ques, leur goût naturel pour l'arrangement et
la propreté, leur vie plus sédentaire, font du
ménage leur département spécial, et il est
très-rare que leur esprit ne s'ouvre pas à tou-
tés les ressources économiques, quand même
leur éducation n'aurait pas été dirigée dans
ce sens. Un homme travaillera, veillera, se
tourmentera nuit et jour pour tirer proGt de ses
talents, de ses peines, de son argent il n'en
v obtiendra pas un résultat solide s'il n'est pas
secondé par une femme, dévouée et intelligente.
I.li JIÉXAGF.. !•")
Que toute jeune femme, que toute mère se
souvienne qu'ellea a une responsabilité sérieuse
comme maîtresse de maison elledoit veiller à
en faire le port de refuge contre les tentations,
le lieu du repos après le travail et les soucis et
le séjour de la paix et du bien-être. Le bon
sens, la bonne humeur, elles. bons principes
sont les talismans au moyen desquelselle répand
le caime et la joie autour du coeur du pauvre
comme du riche. Une éducation brilfante, une
vive intelligence ont sansdoutc de grands agré-
ments mais une femme d'une éducation bornée,,
si elle est fermement déterminée à remplir son
devoir avec fidélité et avec douceur, peutrendrc
le plus humble coin du feu aussi heureux que
le salon le plus splendide. Dans la direction
d'une maison, aussi bien que dans celle qui rè-
gle l'esprit humain, c'est l'attention aux plus
petits devoirs qui obtient la plus grande som-
me d'utilité et de bonheur.
111.
Installation d'.un ménage.
Le ménage que nous avons en vue dans cc
livre n'est pas celui dont la fortune est déjà
faite, celui qui met en commùn un capital ou
des revenus considérables. Il y a assez d'ouvra-
ges qui donnenl des conseils aux jeunes époux
H !.K S1ÊXACE.
de cette condition, pour que nous ne vcnions.
pas les répéter ici. Il ne s'agit pas non plus de
ces époux si nombreux qui n'apportent daus leur
nouveau ménage que le mobilier absolument
indispensable, et. qui ne comptent pour faire fa-
ce aux besoins de la vie que sur leurs bras et sur
leur amour du travail. Ceux-ci ne peuvent pren-
dre conseil que de la nécessité, et pour lutter
contre les difficultésdel'existence, il faut tout
le courage de ia jeunesse, et aussi toute son im-
prévoyance..Ce n'est pas qu'ils ne trouvent ici
bien des avis qu'ils peuvent s'appliquer; le tra-
vail, l'ordre, l'économie, la prévoyance sont des
vertus qui produisent d'excellents fruits dans
toutes les conditions. Si ce livre tombe entre
leurs mains il pourra encore leur être utile, et
si nous ne l'écrivons pas spécialement pour
eux, c'est que, obligés de nous borner, nous
avons dû choisir une classe fort nombreuse,
que nous connaissons mieux parce que nous y
.sommes né et que nous y avons parcouru une
carrière déjà longue, c'est cette classe moyenne
qui ne possède pas, ou qui ne possède que peu,
et qui demande les moyens de compléter le strict
nécessaire à une profession libérale, à un em-
ploi., à un petit commerce. Cette classe moyen-.
ne, qui touche d'un côté à la haute bourgeoisie
-et de l'autre au peuple qui ne vit- que de son
travail, a. des chances de s'élever à la fortune, sL
I.K Mi.NAIil*. i')
clic applique à la direction de ses affaires do-
mestiques les qualités que nous avons énumé-
rées tout à l'heure. Nous serions heureux que
ces conseils, qui ne sout pas seulement le fait
de notre expérience, mais que nous avons
puisés des sources très respectables, vinssent
en aide aux personnes à qui nous les adressons,
et leur procurassent ces agréments et ces dou-
ceurs de la vie que nous avons connues, mais
dont la mort a brisé pour nous le charme.
Dans ce qui louche à l'ordre moral, nous se-
rons brefs chacun connaît ses devoirs ou peut
les connaître, et si on a la bonne volonté de les
mettre en pratique, -on n'a pas besoin de nos-^
conseils. L'ordre matériel nous occupera près-
que exclusivement, mais nous ne nous interdi-
sons pas de toucher en passant à l'ordre moral.
Pour ce qui regarde l'installation d'un jeune
ménage, l'esprit qui doit y présider est un
esprit d'union, de concorde, de dévouement
réciproque il faut y apporter le désir mutuel
de se rendre la vie douce, facile, agréable, par
une condescendance, une prévenance, une
sollicitude mutuelles. Choisir une demeure, y
installer le mobilier nécessaire, y amasser quel-
ques provisions indispensables, avoir le linge
de corps et de table en quantité suffisante, voir
si l'on a assez de moyens pour notre pas obli-
;;c de se servir soi-même, et alors choisir
•16 LE IHÊNACr.
qui vous serve, voilà, ce nous semble, les pre-
miers actes du ménage. L'expérience de la vie
est bien utile pour les accomplir, mais on est
jeune, on nela possède pas encore, et si l'on se
trouveprivé ou, éloigné de ses parents,'on court
grand risque de faire des écoles. C'est ici donc
que les conseils de ce livre pourront être utiles.
IY.
Choix d'un logement. • Hygiène.
Le choix d'un logement n'est pas chose indif-
férente. La première chose à considérer, c'est
̃̃fsbn prix qui doit être proportionné aux ressour-
ces dont on dispose. Fixé là-dessus, on se
demandera si nn appartement dans une maison
habitée par plusieurs locataires est préférable à.
une maison où l'on sera seul. Dans les grandes
viltes, on n'a pas ce choix, et l'on est forcé de
prendre un appartement. t. Le nombre des pièces
"sera celui qui est indispensable, d'abord parce-
qu'on payera moins de loyer, et ensuite parce-
qu'on dépensera moins pour le meubler. L'em-
placement qu'on choisira devra être à proximité
des lieux où le mari remplira son emp!oi, s'il
eu a un.
On évitera de se loger au roz-dechaussée à
cause de l'humidité. Si l'on peut avoir un ap-
partement exposé au midi, il faut lui donner la
Uï MÉNAGE. 17
:L:
préférence sur toute autre exposition, dùt-on se
loger un peu haut"; monter des marches de plus
ne doit pas arrêter la jeunesse.
Ce qui est plus important que tout, c'est la
bonne réputation de la maison où l'on éta-
blira son domicile. Ce n'est pas là chose indif-
férente, surlout pour des jeunes gens, dont la
bonne réputation n'est pas encore établie, et que
leur inexpérience expose aux séductions
d'une société trop légère.
Dans les petites villes, on peut trouver de
petites maisons, d'un loyer assez modéré, où
l'on sera logé seul. Cette maison trouvée, le
quartier étant convenable, pas trop bruyant, pas
mal habilé, il restera à examiner l'intérieur. La
première condition hygiénique, c'est la bonne
qualité de l'eau. Elle doit être limpide, pas
douceâtre, pas jaunâtre; elle doit ,faire bien
cuire les légumes on peut s'en assurer avant
de louer. Evitez les maisons humides, mal
éclairées, mal aérées. Les femmes qui sortent
peu, les jeunes enfants en éprouvent des in-
convénients graves.
Les lieux d'aisance doivent être écartés, bien
tenus, sans odeur. Cfci est de toute ligueur.
Des lieux à l'anglaise bien confectionnés procu-
rentces bonnes conditions.
Quel local faut-il posé du
mari, delà Cemmc, <te/*tp«x et
J8 LR WÉSACK.
d'une bonne, ce qui est le nombre le plus or-
dinaire' Trois chambres à coucher, dont une
pour la bonne, un salon à manger, un salon
de compagnie, un cabinet de travail, une cui-
sine, un bûcher et des pièces de dégagement
pour les provisions et pour le linge sale, c'est-
à-dire trois ou quatre pièces principales, et trois
ou quatre accessoires, en tout de six à huit
pièces grandes ou petites. Voilà ce qui sufft;
pour une famille ordinaire de condition moyen
ne. Pour une famille plus ou moins nom--
breuse que celle-là; on pourra augmenter ou
diminuer l'étendue du logement, comme aussi.
on pourra le réduire, si l'on n'a que de faibles
ressources, ou si l'on veut vivre avec une stricte,
économie.; c'est ce que nous conseillerons
toujours.
On recherchera un appartement ou une mai-
son où les pièces soient bien distribuées, com-
muniquant facilement les unes avec les autres.
permettant une surveillance facile du service,
offrant des cabinets, des placards pour serrer
les objets qui ne doivent pas rester en évidence.
Ces avantageas se trouvent en général dans les
grandes villes où il y a beaucoup de construc-
tions récentes, mais ils y sont souvent atténnés.
par l'exiguilé des pièces, où l'espace et l'air ont
été mesurés avec une parcimonie extrême. Dans
ce cas, il vaut mieux se loger dans une maison
I.E MÉNAGE. 'i
moins commode, dans un quartier plus éloigné,
où l'on peut trouver'au même prix des logements
plus vastes. N'oubliez jamais que la. santé
dépérit partout où 'l'air n'est pas en. quantité
suffisante.
Ameublement. Ustensiles.
Quand il s'agit de meubler une maison, deux
considérationsse présentent à l'esprit; quelle est
la somme dont on peut disposer, et comment il
faut l'employer ? Quelque peu qu'on achète, il
faut que tout soit de Jbonne qualité. Des menu-
bles simples, mais solides de l'argenterie en
petite quantité, plutôt que beaucoup de Ruolz.
Entrons dans les détails.
Dans la cuisine, il faut une table aussi grande
que la place le permettra, et une plus petite où
les servantes travailleronit et mangeront. Un buf-
fet avec des tiroirs un ou plusieurs placards
avec des panneaux en toile métallique. Une
huche à pain un mortier de terre avec son pi-
lon la. pelle et les pincettes, chaudrons de
cuivre, marmites en fonte et en terre assiettes,
plats, casseroles, pots, cafetières, etc. en terre
tiu en métal, suivant ses moyens couvre-plats,
réchauds, tourtières, et autres menus objets
dont le détail serait trop long voilà de quoi
20 I.K JIËXACE.
meubler la cuisine avec quelques chaises coin-
munes. Nous signalerons toutefois le danger
des casseroles de cuivre, qui exposent une
servante négligente à empoisonner toute une
famille, quand l'étamage est enlevé. 11 vaut
mieux des casseroles de terre.ou de fer battu.
Si la cuisine n'a pas un bec de gaz, des lampes
d'étain à large base sont ce qui convient le
mieux, et l'huile doit être préférée au pétrole et
au schiste.
Si vous voulez qu'une servante maintienne
la propreté, il faut la munir de tous les usten-
siles nécessaires, tels que brosses, torchons,
peau, etc. La peau destinée à faire luire les mé-
taux doit .être en peau de daim pu de chamois
elle se lave avec du savon.
Le linge de table et de lit forme une portion
sérieuse de la dépense occasionnée par le pre-
mier ameublement d'une maison. Si on l'achète
de la meilleure qualité, et en quantité suffisante,
il u'aura pas besoin d'être renouvelé de si tût.
Le meilleur mode est d'en acheter un peu cha-
que année, pour entretenir toujours la provision
au complet.
Examinez avec soin le linge de table avant de
l'envoyer la lessive reprisez les endroits
clairs, pour qu'ils ne deviennent pas des trous.
Lorsque vous achèterez d«;s rideaux pour vos
appartements, souvenez-vous d'unir le bon
LEVAGE. 2f
goût à l'économie. On trouve à présent des
étoffes prix assez modérés pour les rideaux de
fenêtres mais pourconserver cette apparence
agréable qui entre dans le comfort domestique,
il faut que leur couleur s'harmonise avec les
objets environnants. Si le papier de tenture et
le mobilier en général ne sont plus .de la pre-
mière fraîcheur, choisissez des rideaux et des
draperies de couleur peu éclatante, pour ne
pas faire contraste.
Des draperies cramoisies conviennent à un
grand appartement bien meublé, surtout si le
papier est de couleur foncée, pour neutraliser ce
ce que le rouge a de trop chaud. Comme règle
générale, pour les rideaux de fenêtre en toile
perse, il convient de choisir des petits dessins
plutôtquedes grands, dontl'eil'etse perd dans
les plis de la draperie.
Il est d'une bonne économie d avoir des ri-
deaux de mousseline aux fenêtres pour Tété.
Le prix n'en est pas élevé, ils se lavent sans pei-
ne, ils ont un air de fraîcheur qui plaît, et ils
sont d'une grande utilité pour la conservation
des autres rideaux, des tapis, et de toutes les
étoiles de couleur peu solide que les rayons du
soleil terniraient.
Dans le choix de la mousseline pour rideaux,
'préférez les raies aux grands dessins les ri-
clcatw raycs tombent en plis plus gracions.
22 le ménage;
Il convient de comprendre les tapis dans vos
premiers achats d'ameublements, parce que ce
sont les dépenses les plus considérables. Vous
choisissez vos autres ameublements en harmonie
avec vos tapis. C'est d'une prudente économie
de choisir les descentes de lit du même modèle
que les lapis; en cas d'accidents, on de chan-
gement de domicile, elles peuvent servir à répa-
rer ou agrandir vos tapis.
Les lits, les chaises, les fauteuils, les canapés,
les tables, les secrétaires, tout le reste du mobi-
lier, doiventêtre, comme nous l'avons dit, soli-
des et bien confectionnés, parce qu'ils doivent
avoir une longue durée. Ne sacrifiez pas ces
qualités à l'élégance, et proportionnez vos dé-
penses à vos moyens. M'achetez, que le strict
nécessaire, si vous ne pouvez pas faire davanta-
ge, mais achetez-le bon.
VI.
Soins .le la maison. Ordre. JProprelé.
Après avoir meublé convenablement votre
maison ou votre appartement, votre premier soins
sera de conserver votre mobilier en bon état.
Des rideaux tachés, des tables sales ou poudreu-
ses, des tapis brraisscux, des pelles et des pincet-
tes rouillées, dégradent une maison, blessent la
vue des visiteurs ou excitent leur dérision. C'est
LE MENACE. 25
j'aitairc de votre domestique, si vo,us en avez
une, de tenir vosappartementsen bon état, mais
c'est votre devoir et votre avantage, non seule-
ment de voir comment elle s'acquitte de ce tra-
vail, mais encore de le lui rendre moins pénible
en mettant vous-même de l'ordre et de la pro-
preté à tout ce qui.' vous passe par les mains. Un
peu de soin à arranger vos livres, à ramasser les
papiers épars, à serrer le soir votre ouvrage,
épargnera beaucoup de peine.à votre servante le
lendemain matin.
C'est par l'esprit d'ordre que tout marelle dans
]a maison, que rien ne se gaspille, ne se gâte,
ne se perd, que chaque chose a une place, et
que chaque chose est à sa place. L'ordre est la
vie du ménage, le manque d'ordre en est la rui-
ne. Dans une maison où règne l'esprit d'ordre
tout se ressent de laprésence du maître ou de la
maîtresse, sans qu'il soit nécessaire d'une grande
,activité. C'est moins par tout ce qu'on fait faire,
que par l'à-propos de chaque mesure exécutée,
par les instructions claires et précises, que l'on
assure partout la. régularité. L'esprit d'ordre,
comme nous l'avons dit plus haut, facilite le
service mais il a un bien plus grand avantage
il influebeaucoup sur le bon emploi des provi-
sions, sur la durée des vêtements, du linge et
des meubles, et par là on augmente la fortune
domestique.
24 I.K MÉ.NAGF.
L'esprit d'exactitude naît de l'espril d'ordre.
On a ses heures réglées pour le travail, pour
les repas, pour le lever, pour le coucher. On a
ses jours pour les visites, et pour les réceptions.
On ne perd pas de temps soi-même, et l'on n'en
fait pas perdreaux autres. Dans une maison où
règne l'exactitude, tous les membres de la famil-
le eu contractent l'habitude. Celui qui sait
qu'à heure fixe, il trouve le repas prêt, se seut
obligea ne pas se faire attendre. On passe d'une
occupation à une autre, sans que dans l'inter-
vallé il y ait un temps employé inutilement à
s'attendre les uns les autres. Les domestiques
sachant que tout doit être prêt à heure fixe,
s'arrangent en conséquence pour n'être pas en
retard. Au contraire là où manque l'esprit d'or-
dre et d'exactitude, rien ne se fait à point; un
temps précieux se perd, l'impatience gagne
ceux qui attendent, et à leur tour, pour ne pas
subir les ennuis de l'attente, ils font attendre les
autres. De là souvent la mauvaise humeur, les
discussions, l'aigreur.
La propreté tient de très-près à l'esprit d'or-
dre. On aime à voir un pauvre ménage où règne
la propreté. Les meubles sont antiques, peu
nombreux, mais ils sont frottés avec soin, les
vitresy sont claires, le linge raccommodé, mais
il est propre tout respire un esprit d'ordre ilui
doit la lin amener nue aisance relative dans
t
1.K MKX.UJC. 25
cette pauvre demeure. Le manque de propreté,
qui serait pardonnable là où la pauvreté force
consacrer tout son temps au travail, et u'en
laisse, pour ainsi dire, point pour l'arrange-
mentet le nettoiement de la maison, est sans ex-
cuse dans ce ménage de la classe moyenne que
nous avons en vue. Là, si le mari est occupé
tout le jour, il gagne seul la vie de la famille, et
sa femme a tout le temps pour maintenir l'ordre
chez elle, même sans domestique. Si donc la:
propreté est en défaut dans cet intérieur, ou.
peut dire, à coup sùr,' que la femme nianque
d'ordre, et on- sera porté à mal augurer des
l'avenir de ce ménage.
VII.
Nourriture. Cuisine– son genre.
ses variétés. -.ses détails.
Tout ménage n'a pas le moyen de se pourvoir
d'une cuisinière. Souvent c'est la maîtresse de
maison qui ne dédaigne pas ces humbles fonc-
tions. Elle se fait aider par une jeune domesti-
que, ou par une femme de ménage, pour fairé
ce qu'il y a de plus pénible dans la cuisine,
laver la vaisselle, éplucher les herbes, hacher
les herbes et la viande, etc. Ce que nous allons
dire d'une cuisinière ne sera donc pas inutile
pour la maîtresse de maison.
26 I.K JIÉNACE.
Quand vous voudrez prendre une cuisinière,
assurez-vous avant tout si elle a le goût. de son
nlétier il y a des domestiques qui ont le goût
naturel de la cuisine si elles ne l'ont pas, il est
inutile de leur confiercette charge. Une cuisi-
nière qui prend plaisir à faire la cuisine mettra
son orgueil à préparer les plats qu'elle sait fai-
re, et aura le désir d'apprendre à en faire d'au-
tres. Les qualités qn'on doit chercher en elle
sontla propreté, la bonne santé, et la fidélité
si elle manque de probité, elle peut causer la
ruine d'une famille peu aisée sa mauvaise san-
té et son inconduite peuvent causer des désagré-
ments. Si vous la renvoyez pour infidélité, vous
devez faire connaître ce vice à ceux* qui la pren-
dront mais il né faut pas les dénoncer sur de
simples soupçons, ce serait causer un tort im-
mense à des gens qui n'ont pas d'autre fortune
que leur répulation.
Tâchez de donner de bons gages une cuisi-
nière vous aurez bientôt regagné vingt cinq ou
trente francs que vous donnerez de plus, si vous
on trouvez une économe et fidèle; mais ne leur
permettez jamais de vendre de la graisse, des
os, etc. plus d'une servante a succombé à la
tentation de se faire par cette permission des
revenus illégitimes. Si une domestique vous,
plaît, montrez-lui par une augmentation de ga-
ges ou par un cadeau à la fin de l'année, que
vous tenez a la garder.
î.r. jiicnaw;. 27
Fournissez-lui lous les ustensiles qui lui sont
nécessaires, mais rendez-la responsable de leur
conservation.
Dès le matin donnez-lui vos ordrcs pour les.
repas de la journée dites-lui en peu de mots
et avec calme ce que vous désirez rien ne jette
la confusion dans la' tête d'une domestique
comme des ordres donnés avec volubilité et
avec beaucoup de paroles. 11 vaudrait mieux les
écrire, pour éviter les erreurs et les oublis.
Voici quelques recommandations utiles
Les os de la viande fraîche et de la volaille,
de la tête de veau, etc. doivent être soigneuse-.
ment conservés pour faire des sauces et des
j us. La croûte et les petits morceaux de pain
doivent être ramassés, sécliés au four et pilés
dans un mortier. Ce pain pilé est conservé dans
des pots couverts, et sert avec des blancs d'oeufs
quand on frit du poisson ou qu'on grille des
côtelettes.
Quand on a besoin de blancs d'oeufs pour
des gelées ou pour autre chose, il faut utiliser
les jaunes pour une crème ou quelque plat de
douceur.
Si, dans le temps des clialeurs; vous voulez
rafraîchir le vin ou les liqueurs, enveloppez la
bouteille d'un linge mouillé el exposez-la au
soleil faites cela deux ou trois fois. L'évapora-
28 I.K MÉNAGE.
tion rapide de l'eau que mouille le linge pro-
duit du froid.
Ne laissez pas verser en bouillanl le chocolat»
le café, la gelée, le gruau, etc. c'est le meil-
leur qui s'en va.
Quand une nouvelle cuisinière arrive, donne/
..lui la liste de tous les articles confiés à ses soins,
et faites-vous en rendre compte. Il manque,
souvent des couteaux, des fourchettes, des
cssuie-maiiis on peut empêcher des détourne-
ments, en prévenant la cuisinière qu'elle doit
représenter les ob,jets entiers ou brisés.
Nous dirons à toute maîtresse de maison qui
n'est pas assez riche pour avoir une femme de-
charge Allez vous-même au marché, et ache-
tez vos aliments. Achetez tes de la meilleure
qualité, ayez soin qu'ils soient employés sans
gaspillage, et que rien ne se gâte. Lorsque vous
faites le tour du marché, rappelez-vous ce que
vous avez mangé les dix jours précédents, et évi-
tez d'acheter les mêmes-choses et de les préparer
de la même manière. La variété dans la nourri-
ture est non seulement agréable au goût, mais
avantageuse à la santé.
De toute viande de boucherie, le boeuf est la
pins économique. Si la viande de bœuf est fraî-
che, elle est légèrement grenue, d'un rouge
vif, et paraît tendre. La graisse tire plus sur le
lrlanc que sur le jaune. Lorsque sa couleur est
I.K MlvNAl.F.
foncée, la viande est rarement bonne. La viande
de vache a le grain plus serré, et la graisse plus
blanche que celle du bœuf, mais sa couleur
n'est pas d'un rouge si vif. La viande de taureau
a le grain encore plus serré, la graisse dure et
semblable à de la peau, la chair d'un rouge som-
bre, et son odeur est plus forte c'est tout le
contraire pour le bœuf. La viande de boeuf esl la
plus nourrissante, mais il y a en a qui préfèrent
la viande de génisse, quand elle a été bien nour-
rie.
Pour le bouillon, le meilleur morceau dn
boeuf est la jambe ou l'os de la jambe pour le
rôti, c'est la culotte, la côte ou la longe. Il faut
remarquer que les parties inférieures, si elles
sont bien apprêtées, peuvent être très agréables
au goût, et qu'il est bon d'en employer pour
varier.
La chair des animaux de boucherie est souvent
meurtrie par les coups que leur donnent leurs
conducteurs, et la partie qui a été meurtrie est
sujette à se corrompre bientôt après que l'animal
a été abattu. Il ne faut donc pas acheter les
morceaux meurtris.
It faut garder les os des jambes du mouton
qui, concassés, servent à améliorer le bouillon.
Le suc qu'on en retire convient beaucoup aux
malades.
Il faiit mettre tremper dans l'eau pendant
30 I.K JIKX.IGK.
deux ou trois heures la viande et les végétaux
atteints par le froid, et même plus longtemps,
s'ils ont été gelés.
Pendant les chaleurs, il faut examiner la
viande avec soin quand on l'apporte. Si une
mouche l'a touchée, il faut couper celle partie,
et bien laver le reste. Au plus fort de l'été, il
faut mettre tremper dans l'eau très froide pen-
dant une heure la viande que l'on veut saler
pour la conserver quelques jours on aura
auparavant retranché tout ce qui paraîtra avoir
été louché par une mouche essuyez-la ensuite
jusqu'à ce qu'elle soit bien sèche, saupoudrez-
la de.sel de parlou t. et couvrez-la ensuite d'une
poignée de sel. Tournez-la chaque jour,
marinez-la et elle sera prête dans deux ou trois
jours.
On préserve un morceau de viande de la
chaleur en la saupoudrant de son et la suspen-
dant à un courant d'air.
Ne jetez pas les herbages qui restent après le
dîner, on peut encore les utiliser. On peut faire
une sauce aux pommes de terre, et même les
carottes froides peuvent se manger en salade.
Dans beaucoup-de familles, il se perd beaucoup
d'argent par la viande qui se gâte. Celle qui
doit se manger sans avoir été salée sera mise
dans l'eau froide, puis bien essuyée et couverte
decharbon de bois. Ce' sont des précautions
1.K MÉNAGE.. 51
prendre par les personnes qui habitent la cam-
pagne et qui ne peuvent pas acheter la viande
tous les jours.
La viande que vous voulez faire bouillir doit
être mise à l'eau froide vous poussez le feu
jusqu'à ce qu'elle bouille, vous l'écumez bien,
et puis vous la laissez achever de cuire à petit
feu. Celle qu'on veut faire rôtir doit être d'abord
mise loin du feu, qu'on n'attiseque par degrés,
et on n'en rapproche le rôti que lorsque l'inté-
rieur commence à s'échauffer, ce qui empêche
qu'il ne soit surpris.
Il est bon d'envelopper de papier le veau et
l'agneau que l'on fait rôtir. Si les morceaux ne
sont pas bien gras, on peut les flamber avec du
lard ou du beurre. On peutaussi flamber lerôli
de boeuf,,de mouton et de volaille, mais jamais
le gibier.
La cuisinière doit être soigneuse de ne pas
embrocher le rôti travers les meilleurs mor-
ceaux. Elle doit aussi nettoyer la broche avec
soin pour qu'elle ne noircisse pas. Dans beau-
coup de morceaux, il est possible de faire pas-
ser la broche le long des os, de manière à ne pas
entamer le.meilleur du rôti. Il est essentiel de sa-
voir mettre la broche en équilibre, ce qu'on fait
avec des brochettes additionnelles.
L'attention d'une bonne cuisinière pour le
rôti doit se porter sur le temps, la distance,
̃Ttè I.K MliNAGI-
le flambage, iin feu clair d'une grandeur conve-
nable.
Si le rôti est à point avant le moment de le
servir, il faut le retirer de la broche, le placer
sur le plat où il doit être servi, au-dessus d'un
vase d'eau bouillante, et le couvrir.
Servez chaud est le grand axiome de la
cuisine.
Apprenez à votre cuinière à laver, à trier et 1t
éplucher. soigneusement tous les herbages, et à
les faire bouillir rapidement pour qu'ils con-
servent leur belle couleur verte. Il faut se hâter
de jeler l'eau des choux au dehors sans cela on
empeste la maison pour vingt-quatre heures.
Une cuillerée de sucre mise dans les pois
yerts quand ils cuisent, les améliore beaucoup.
Il faut tenir enfermes dans leurs boîtes les
couteaux de table qui ne servent pas journel-
lement.
'Veillez à la propreté de votre cuisine et de
tous les ustensiles; c'est un point extrêmement
essentiel. La malpropreté des objets où l'on fait
cuire gâte souvent les meilleursmets.
Chaque soir votre cuisinière doit compter ses
couverts après les avoir lavés, les mettre dans
le panier et les porter dans votre chambre à
coucher.
Immédiatement après le repas du soir le prc-
I.K MKNAtiF.. ">
mier devoir de la cuisinière est de mettre les res-
tes dans des plats propres et de les enfermer.
Les plats et assiettes doivent être lavés avec
de la lessive chaude et rafraîchis à l'eau froide.
Il faut les bien sécher pour que la poussière
ne s'y fixe pas.
Il est bon de laver les verres dans un baquet
de bois, parce qu'ils ont moins de chance de s'y
hriser.
Buanderie. Lessive. fillnnehissage. -«̃
Empesage. Repassage*
Quoique l'usage de faire la lessive à domicile
semble graduellement disparaître, avec tout le
remue-rnénage et les embarras qu'elle entraîne,
le dîner mal fait, les enfants oubliés, la femme
agitée, le mari de mauvaise humeur, et par des-
sus tout les abus des lessiveuses; et quoique
l'expérience ait montré qu'il y a plus d'écono-
anie h donner son linge à laver, qu'à. 'faire
soi-même sa lessive, nous croyons pourtant
nôtre pas désagréable à bien des familles, en
leur indiquant comment il convient de laver
son linge à la maison.
Toute l'eau employée à faire la lessive doit être
bonne, c'est-à-dire doit bien dissoudre le savon.
Si le savon au lieu de se dissoudre, forme des
04 i.i: .MÉNAon.
grumeaux qui llottent à la surface de l'eau,
cela provient des matières minérales contenues
dans l'eau. Si l'on ne peut pas se procurer d'au-
tre eau, il faut l'améliorer au moyen d'une forte
lessive, dans la proportion d'un quart de lessive
sur trois quarts d'eau, et y faire fondre un,peu
de sonde mais avec beaucoup de ménagement,
parce que, s'il y en avait trop, le linge s'en irait
bientôt en pièces.
Dans les endroits où l'eau des pompes et des
puits est mauvaise, et l'eau courante salée, il est
d'usage de ramasser pour laver l'eau de pluie
dans des citernes, des barriques pu des jarres pla-
cées au-dessous des tuyaux de descente. Ces réci-
pients doivent toujours être couverts pour empê-
cher les impuretés de tomber dans l'eau. Les bar-
riques doivent être sur leur fond, avec robinet
pour tirer l'eau. Si vous ne l'avez pas en abon-
dance, vous n'aurez jamais du linge bien blanc
nne bonne laveuse ne doit donc pas la ménager
quand elle n'en manque pas. Il ne sert de rien
de rafraîchir le linge dans l'eau où on l'a
savonné.
Pour blanchir le linge écru, on le lave à froid
avec le savon, et on le laisse la nuit sur l'herbe
pour recevoir la rosée; on répète cela pendant
quinze jours, et l'on obtient un veau blanc.
Il faut que les poteaux qui soutiennent les
cordes à sécher le linge soient mobiles car si
on les laisse constamment dehors, ils se dété-
LE MENACE. 55
riorenl promptement ils sont loin d'ailleurs
d'être un ornement pour un jardin ou une cour.
On prépare maintenant l'empois de plusieurs
manières. Celui qu'on tire de la pomme de
terre est excellentpour la mousseline il estaus-
si.bon que celui qu'on tire du son et il est meil-
leur marché.
On met deux ou trois cuillerées d'empois dans
un bol, avec tout juste assez d'eau pour
en faire une pâte épaisse que l'on délaye avec la
cuiller en l'écrasant contre les parois du bol.
Ayez de l'eau bouillante toute prête et jetez-en
peu à peu sur la pâle que vous aurez mise dans
un pot à part vous niellez de l'eau en propor-
tion de la force que vous voudrez donuer à
à l'empesage, et vous délayerez bien. -Alors vous
ferez bouillir votre empois sur un feu doux
pendant une demi-heure. Lorsqu'il a bouilli
environ un quart-d'heure, remuéz-le par inter
valles, mais un instant chaque fois, avec un
bâton de spermaceti. Cela l'empêchera de deve-
nir gluant; mais prenez-garde de trop leremuer.
Si vous n'avez pas de spermaceti, jetez-y une
pincée de sel, dans le même bol. A la fin, re-
muez-le fortement. Coulez l'empois à travers un
linge blanc, et donnez-lui une légère, mais bien
légère teinte de bleu avec-une boule d'indigo.
Si vous vous servez de soude dans la lessive,
la meilleure méthode est de faire bouillir quatre
-3 LE .MENACE.
»Cents grammes de savon avec trente grammes
de soude dans quatre litres d'eau, jusqu ce
que la soude soit entièrement dissoute. Il faut
'son servir tout de suite.
.Quand vous repassez des dentelles, des ru-
bans, des étoû'es longues et étroites, prenez
:garde de les déformer; il faut pousser le fer
lentement, en droite ligne, et bien de niveau.
'Toute dentelle et toute, broderie doit être repas-
sée à l'envers. Les cols se repassent d'abord
daus le sens de la longueur et ensuite dans
iCelui de la largeur. Pour les bonnets de nuit, on
repasse d'abord le fond, ensuite le devant, et
:enfin -les attaches.
Si l'on repasse les draps et le linge de table,
il faut le faire avec un .fer double et en ap-
puyant fortement.
Les objets-de couleur doivent être repassés
avec le fer un peu plus froid que pour les objets
blancs, parce que la chaleur trop forte nuit à la
couleur. Toutes les fois que leur forme le per-
.mettra, repassez-les à l'envers.
Quand vous repassez une robe ou un man-
teau, et que ta tabie n'est pas assez grande,
approchez des chaises pour soutenir les man-
ches et les empêcher de traîner à terre. Com-
mencez par le corps, puis les manches, et enfin
les bords, tout en allant de haut en bas. Une
planche à repasser est très-utile on la garnit
t.E MÉ>AGF,. 57
2
dc mollcton d'abord et d'une toile pardessus. Il
est bon de la faire large au milieu et étroite aux
extrémités.
Si vous repassez une chemise, commencez
par \f fond, puis le col, puis les manches et en-
lin ledevant.
Dès que vous commencez un objet, repassez-
le aussi vite que vous le pourrez, tout en le
faisant avec soin, et évitez de lelaisserà. moitié
fait, car si vous le quitlez, il y a danger qu'il se
sèche trop pour êire bien repassé.
On doit toujours s'assurer de la chaleur du
fer, en l'essayant d'abord sur quelque vieux
linge inutile nrais si, par négligence, vous
roussissez, il faut faire disparaître immédiate-
ment cette couleur.
Les'objets à repasser doivent être d'abord
complètement secs avant d'être empésés.; alors
on les plonge dans l'empois chaud et on les fait
sécher parfaitement. Avant de les repasser, on
les passe à l'eau froide, on les étend sur un
essuie-main brosser, dans lequel on les roule
fortement cela empêche l'empois d'adhérer au-,
linge sur lequel on repasse.
Si le linge a été roussi, sans être brûle, ou
enlève la roussissure par la procédé suivant.:
Prenez deux oignons, helez-les 'et pressez-les
pour en avoir le suc. Tlélez avec le jus 50 gram-
mes de savon blanc et 00 grammes de lerre
î)8 LE MIXAGE.
foulon, ajoutez demi-litre de vinaigre. l'ailes
bien bouillir cette composition. Quand elle est
refroidie, répandez-la sur l'endroit roussi, lais-
scz sécher, et ensuite lavez.
IX.
Achats» Provisions.
Lcs achats à faire pour une maison sont de
trois sortes ils regardent la nourriture, la
toilette, et le mobilier. Nous avons déjà parlé
du mobilier, nous nous occuperons des provi-
sions de bouche dans ce chapitre, et plus tard
de la toilette.
Les achats pour la nourriture se font ou en
bloc ou en détail. On achète en bloc les provi-
suions qui peuvent se garder sans se détériorer,
comme le vin, le sucre, le café, les. pommes de
terre, le lard, etc., et en détail celles qu'il faut
renouveler journellement, comme la viande, le
pain, les légumes, etc.
Le principe essentiel qui doit guider une
maîtresse de maison dans les achats, c'est d'en
faire le plus possible par elle-même, et de n'en
laisser faire aux domestiques que le moins,
qu'elle peut, et pour les objets les moins impor..
tants. C'est- très-facile pour les grandes provi-
sions ce l'est moins pour les provisions jour-
nalières. Pour celles-ci, il faut qu'une maitresse
LEMÉNAGE. 03
de maison aille quelquefois au* marché avec sa
domestique, qu'elle voie les marchands où elle
se sert, que ceux-ci sachent que la dame s'occu-
pe de son ménage ils ne seront pas tentés des
s'entendre avec la domestique pour tromper, et
quand ils auront la confiance de la maitresse,
ils ne craindront pas que la domestique les quit-
te pour aller chercher ailleurs des marchands
plus complaisants pour elle. Des visites person-
nelles, faites de temps en temps, maintiendront
cette situation.
IL faut que la maîtresse de maison connaisse
la qualité et les prix des denrées, qu'elle sache
en quel temps il convient de les acheter. En gé-
néral, si l'on aime l'économie, il ne faut pas
acheter les primeurs les denrées ne sont
jamais si bonnes et et si bon marché que quand
elles sout abondantes.
Il faut payer comptant faire taille ou compte,
c'est s'exposer a des erreurs ou à des trom-
peries. Evitez d'aller aux boutiques nouvelles,
dans l'espoir d'acheter meilleur marché, les
marchands anciennement établis et qui font
bien leurs affaires, s'approvisionnent aux meil-
leures sources et ne vendent pas plus cher que
les autres.
Tenez-vousau courant des prix comparatifs
des denrées, pour acheter de préférence celles
qui sont momentanément a meilleur ^marché
40 LF. MÉNAGE.
mais gardez-vous de faim des provisions super-
flues, et que vous laisseriez peut-être gâter, par-
ce qu'elles sont à bas prix. La règle générale
est de n'acheter que pour ses besoins, et rien
de plus.
Une pièce de la maison doit être réservée
pour les provisions c'est indispensable. Elle
doit être aërée et tenue très-propre et parfaite-
ment en ordre. La maîtresse seule doit en avoir
laclef; c'est là qu'elle lient ce qui doit servir
à la consommation journalière. Chaque chose
doit être à sa place. Elle donne elle-même à la
servante la quantitéconvenable de chaque objet.
Les choses dont on a besoin journellement
doivent être toutes prêtes; le sucre coupé en
morceaux, les épices, le café, etc., renfermées
dans des boîtes contenant une quantité connue.
Il faut peser d'avance ce qui doit être consom-
me dans une semaine ou quinze jours, pour se
rendre bien compte de ce qui s'emploie. Des
balances, des. poids, et des mesures seront
donc dans la chambre des provisions. S'il y a
assez d'espace, on y aura aussi une table com-
mune et une échelle, pour atteindre les.étagères
où les ob,jets divers seront rangés avec ordre.
On mettra ces objets dans des urnes de terre ou
dans des boues de fer blanc, avec des étiquet-
tes indiquant le contenu.
Le meilleur sucre est celui rlui revient le
!̃ JtÉNAttR.. 41
moins cher, excepté pour quelques préparations
communes. Choisissez les pains à grains ser-
rés et luisants. La cassonade brune doit aussi
avoir des grains brillants. Le sucre concassé et
écrasé avec une bouteille qu'on.roule dessus,
éprouvemoins dedégàt<jue pilé dans un mor-
tier.
Le savon et les chandelles s'améliorent en
vieillissant, et il vaut mieux en faire provision
pendant les temps froids.
Il faut couper le savon en morceaux cubiques
-quand on l'apporte, elle tenir à l'abri de l'air
:pendant deux ou trois semaines car s'il sèche
.trop vite, il se fend, et se brise dès qu'on le
jnouille. Mettez-le sur une étagère enltûssanlun
petit espace entre chaque morceau, pour qu'il
,se durcisse petit à petit. Par ce. moyen, on
épargnera un tiers de la consommation.
Les chandelles doivent être tenues dans un en-
droit frais et à l'abri des souris. Pour la cuisine,
il vaut mieux qu'il y en ait bcaucoup. au kilo-
gramme, douze parexemple, au, lieu de huit.
La bougie de stéarine convient mieux que la
chandelle pour l'usage de la famille quoique
plus chère elle est au moins aussi, économique.
Chaque article doit être mis à la place conve-
nable cela évite beaucoup de dégâts par
exemple les végétaux sur sol.dallé et non à l'air
la viand.e dans un endroit' fouis et sec le sucre
2 tE MÉNAGE.
et les confitures à l'abri de l'humidité, de même
que le sel les chandelles dans un lieu frais,
mais non humide, de même que le lard, le jam-
bon, etc. Leslégumes secs, le riz, gruau, etc. doi-
vent être conservés pour les garantir des insec-
tes mais il sera difficile de les en préserver, si
on les garde longtemps.
Les pommes et lés poires seront placées sur
de la paille propre et sèche, sur le sol d'un frui-
tier obscur ou sur des étagères; la lumière et
l'air leur sont également nuisibles. 11 ne faut
pas qu'elles se touchent il faut les surveiller et
les essuyer fréquemment. Quelquefois on met
les pommes dans des barils avec du sable bien
sec enir'elles, et on suspend les grosses poires
par la queue.
On'suspend isolément les citrons et autres
fruits de choix dans des filets. Les bottes d'oi-
gnons, d'échalolles, etc. sont suspendues, de
même que le thym, la sauge, et autres assaison-
nements. Les langues fourrées, les jambons, le
boeuf salé peuvent aussi être tenus dans cet
endroit; cousus dans des essuie-mains blancs.
11 faut mettre le plus grand soin à détruire
les rats, les souris, les blattes qui font tant do
ravages dans les chambres à provisions.
I.F. MÉNAGE. 'l5
Vêtement». Soin» pour leur conscrTbtlon.
Nous distinguerons les vêtements d'homme
de ceux do femme. Les hommes ont deux ma-
nières de se fournir de vêtements, ils les font
faire ou ils les achètent tout faits. Autrefois, on
allait chez le marchand drapier, on achetait le
drap à sa convenance, et on le portait chez le
tailleur, qui en faisait l'habit, la redingotte, le
pantalon, etc. qu'on lui commandait. Il y avait
bien quelques inconvénients dans cet usage
le tailleur pouvait être maladroit, et vous mal
couper votre vêlement, et plus d'un élégant
devait maudire l'inexpérience de son tailleur.
D'autres fois, on en rencontrait de peu scrupuleux
qui vous gardaient une partie de votre étoile,
et ces tromperies assez fréquentes leur avaient
fait une assez mauvaise réputation. Alors, pour
couper court aux réclamations, et peut-être
aussi pour gagner doublement, la plupart des
tailleurssefirent marchands drapiers; ils permi-
rent qu'on leur laissât l'habit mal réussi, et ils
mirent plus d'attention à ne le pas manquer.
Mais les profits considérables des tailleurs en
renom excitèrent la concurrence. Il se créa
des établissements pour faire confectionner et
vendre des vêtements tout prêts, et ils prirent
une grande extension.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.