Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 3,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - MOBI

sans DRM

Les Amours pastorales de Daphnis et de Chloé

De
309 pages

Il est permis à Vincent Sertenas Libraire, demeurant à Paris, faire imprimer vn petit traicté, intitulé Les amours de Daphnis & Chloé. Et sont faictes defenses de par le Roy à tous autres quelzconques d’imprimer ledict liure, ne vendre autres que ceulx que ledict Sertenas aura faict imprimer : & ce iusques au temps & terme de six ans, sur peine de confiscation de ce qui auroit esté par autres imprimé, & d’amende arbitraire : comme plus amplement est contenu en ses lettres de priuilege, Données à Paris le premier iour de Juillet, M.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


Voir plus Voir moins
À propos deCollection XIX
Collection XIXest éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Longus
Les Amours pastorales de Daphnis et de Chloé
120
35
exemplaires
Il a été tiré de cet ouvrage :
sur papier Whatman.
sur papier de Chine.
Tous ces exemplaires sont numérotés et paraphés par l’éditeur.
INTRODUCTION
LES amours pastorales de Daphnis et de Chloé,sont, sans contredit, un des meilleurs romans que nous aient laissés les écrivains grecs d u Bas-Empire. Longus, à qui on l’a attribué, est totalement inconnu, et son nom et son existence ont même été contestés. Fabricius, dans sagræca Bibliotheca (édit. de Harless, t. VIII, p. 133) suppose que cette attribution deDaphnis et Chloéà Longus vient d’une erreur de lecture sur le manuscrit du mont Cassin qui porte:λεσ฀ια฀฀νλ฀γοιδ.On a sans doute luλ฀γγουau lieu deλ฀γοι, et de là on a fait Longus. Quoi qu’il en soit de ce tte hypothèse, l’époque de la composition du roman n’est pas moins problématique que le nom de son auteur. On la e fixe généralement au IVsiècle de l’ère chrétienne, c’est-à-dire à l’époque où fleurirent Héliodore, l’auteur, du célèbre roman deet Chariclée, Théagène Achille Tatius et Xénophon d’Éphèse qui paraissent avoir été les maît res ou les émules de l’auteur de Daphnis et Chloé. Bien que cité avec. éloge par le grand écrivain Ange Politien, dans le chapitre Il de ses Miscellanea,t. Il obtint assez dece roman ne fut traduit qu’en 1559 par Jacques Amyo faveur auprès du public lettré pour que Laurent Gam bara le paraphrasàt en vers latins (1569) et que Louise Labé le traduisît de nouveau ( 1578). La traduction d’Amyot elle-même fut réimprimée en 1596, mais ce ne fut que deux ans après que le texte grec parut pour la première fois à Florence, par les soins de Raphaël Columban ; chez le grand typographe Philippe Junte. Jungermann, en 1605, don na une autre édition grecque-latine, et, en 1609, Antoine du Breuil mit au jour une seconde reproduction de l’œuvre de Jacques Amyot. En 1626, Pierre de Marcassus publia une nouvelle traduction de e Daphnis et Chloé.Il semble que la vogue de ce roman ait diminué notablement auXVII siècle ; cependant le savant Huet, dans sa jeunesse, en fut assez enthousiaste pour en commencer la traduction. Lui-même nous l’apprend da ns sonde l’origine des Traité romans(édit. de 1711, p. 123 et suiv.), où il parle de Longus en ces termes flatteurs: «concis, sans obscurité ; sesSon style d’ailleurs. est simple ; aisé, naturel et expressions sont pleines de vivacité et de feu ; il produit avec esprit ; il peint avec agrément, il dispose ses images avec adresse, les c haractères sont gardés exactement... » Mais Huet a soin de déclarer plus loin qu’il faut ê tre un peu cynique pour le lire sans e rougir. Telle ne fut pas l’opinion des lettrés du XVIIIsiècle. Daphnis et Chloéreprit faveur : en 1718, ce roman reparut chez Lancelot or né de figures dessinées par le Régent et gravées par Benoît Audran. Dès lors les éditions se succédèrent rapidement : celle de 1731, avec des notes de Lancelot, est encore estimée. La traduction d’Amyot fut le type généralement adopté, malgré les essais de L e Camus (1757), de l’abbé Mulot (1782), et de Debure de Saint-Fauxbin (1787). Enfin, en 1810, Courier, ayant découvert dans la bibliothèque de Florence un manuscrit jusqu ’alors inconnu des Pastorales, e compléta et corrigea l’œuvre de notre vieil écrivain duXVIsiècle, et donna une édition définitive deDaphnis et Chloé. Par l’union d’Amyot et de Courier ce roman est devenu un véritable classique français et il a été publié maintes fois dans le courant de ce siècle. Nos plus grands écrivains, Jean-Jacques Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre, des premiers, l’ont aimé et admiré, et Gœthe, dans un des entretiens que nous a conserv és Eckermann (trad. Charles, p. 296);le juge en ces termes : « Le poëme de Daphnis et Chloéest si beau, que l’étonnement s’empare toujours de nous à mesure que nous le relisons. Là règne le jour le plus brillant ; on croit voir partout
les figures d’Herculanum. Le souvenir de ces peintures réagit sur l’intelligence du livre, et vient en aide à notre imagination pendant la lecture. Une sobriété délicieuse préside à l’ensemble. A peine çà et là une allusion étrangère vient-elle nous attirer hors de ce cercle fortuné. Pan et les Nymphes y sont les seules divinités agissantes ; à peine si l’on en cite une autre. En effet, ces dieux suffisent aux bergers. Et néanmoins, malgré cette simplicité, un monde com plet se déploie dans ce livre :il nous offre des bergers de toute classe, des agriculteurs, des jardiniers, des vignerons, des marins, des brigands, des guerriers, des citadins importants, des grands seigneurs et des esclaves. Il nous montre également l’homme a ux différents degrés de son existence, depuis la première enfance, jusqu’à la v ieillesse, et dans la vie domestique avec les périodes variées que les saisons y amènent successivement. ...Il faut relire une fois par anDaphnis et Chloé :on y découvre toujours quelque chose de nouveau, d’émouvant et de supérieur. » Après avoir cité ce jugement de Gœthe nous devons exposer les raisons qui nous ont induit à donner cette nouvelle édition. Les voici en peu de mots. L’édition donnée par Jacques Amyot, en 1559, est la seule qui ait été publiée de son vivant. Il ne semble pas qu’Amyot ait pris le soin d’en corriger-les épreuves, car elle est semée de fautes typographiques et de contre-sens. Lorsque Antoine Du Breuil, en 1596, trois ans après la mort de notre auteur, réimprima ce volume, il améliora le texte, et les éditeurs postérieurs ont suivi cet exemple. Depuis que Courier a retrouvé le fragment perdu et a complété et rectifié la traduction d’Amy ot, sans en altérer le charme, toute hésitation cesse, et quiconque veut lireet Chloé Daphnis prend l’œuvre de Paul-Louis. Mais la vieille traduction d’Amyot n’en offre pas m oins un vif intérêt, car elle nous donne e dans toute sa pureté primitive cette langue si naïv ement belle du XVIsiècle. Ce n’est pointDaphnis et Chloéque nous y allons chercher, mais bien la prose pleine de charme de notre vieil Amyot. Or nous ne trouvons que dans l’édition unique de 1559 ce texte primitif si remanié depuis, et que nous reproduison s ici pour la première fois. Là seulement l’œuvre d’Amyot nous apparaît telle que l’ont connue et appréciée les lettrés e du XVIsiècle ; et nous croyons qu’elle offrira aux érudit s et aux linguistes un double intérêt littéraire et philologique, Telle a été du moins notre pensée : aussi à peine nous sommes-nous permis de corriger quelques fautes typographiques et de mettre quelques points et virgules nécessaires pour l’intelligence du texte. Nous faisons suivre l’œuvre véritable d’Amyot de la traduction revue par Courier, en nous servant de l’édition donnée par Merlin, en 182 5, dans sa collection des romans grecs, la dernière que l’auteur ait pu corriger lui-même. Enfin nous réimprimons également la lettre de Courier sur la découverte du manuscrit de Florence et l’histoire de la fameuse tache d’encre, lettre qui parut en 1810 et qui est restée un chef-d’œuvre de finesse et d’ironie. ÉTIENNE CHARAVAY.
LES AMOURS PASTORALES DE DAPHNIS ET DE Chloé, escriptes premierement en Grec par Longus, & puis traduicte en François
* * *
A PARIS
Pour Vincent Sertenas, demeurant en la rue neuue nostre Dame, à l’enseigne sainct lehan l’Euangeliste : Et en sa boutique au Palais, en la gallerie par ou on va à la Chancellerie.
1559.
Avec privilege.
EXTRAICT
du privilege
Il est permis à Vincent Sertenas Libraire, demeuran t à Paris, faire imprimer vn petit traicté, intituléLes amours de Daphnis&Chloé.Et sont faictes defenses de par le Roy à tous autres quelzconques d’imprimer ledict liure, n e vendre autres que ceulx que ledict Sertenas aura faict imprimer :& ce iusques au temps & terme de six ans, sur peine de confiscation de ce qui auroit esté par autres imprimé, & d’amende arbitraire : comme plus amplement est contenu en ses lettres de priuilege, Données à Paris le premier iour de Juillet, M.D. LIX. Signées par le Conseil, De Courlay.
LA PREFACE
ESTANTun iour à la chasse en l’isle de Metelin, dedans le Parcqui est sacré aux Nymfes, i’y vis vne des plus belles choses que ie sache iamais auoir veūes : C’estoit vne paincture d’vne histoire d’amour. Le parc de soy mesme estoit bien beau, aussi planté de force arbres, semé de fleurs, & arrosé d’vne fresche Fontaine qui nourrissoit & les arbres & les fleurs :Mais la peinture estoit encore plus plaisante que tout le reste, tant pour la nouueauté du subiect, dont l’aduenture estoit merue illeuse, que pour l’artifice & l’exellence de la peinture amoureuse :tellement que plusieurs passans qui en auoyent ouy parler alloient visiter le Parc, non moins pour voir celle peinture, que pour faire prieres aux Nymsfes. Il y auoit des femmes grosses qui acouchoient, & d’autres qui enueloppoient de langes leurs enfans, de petis poupards en maillot, exposez à la mercy de fortune des bestes qui les nourrissoient, des pa steurs qui les enleuoient, vne compagnie de ieunes gens qui s’alloient esbatre aux champs, des coursaires qui escumoient les costes de la Mer, des ennemis qui co uroient le pais : auec plusieurs autres choses, & toutes amoureuses : lesquelles ie regarday en si grand plaisir & les trouuay si belles qu’il me prit enuye de les coucher par escript. Si cherchay quelcun qui me les donnast à entendre par le menu :& ayant le tout particulierement entendu, en composay quatre liures, que maintenant ie dedie (co mme vne. offrande) à amour, aux Nymses, & Pan, esperant que le compte en sera plais ant & agreable à plusieurs manieres de gens :oler le dolent,pource qu’il pourra seruir à guerir le malade, cons remettra en memoire de ses amours celuy qui aura au trefois esté amoureux, & instruira celuy qui ne l’aura encores point esté:car il ne fut ny ne sera iamais homme qui du tout se puisse tenir d’aymer, tant qu’il y aura beauté a u monde, & que les yeux auront puissance de regarder :mais Dieu vueille qu’en descripuant les amours des autres ie n’en sois moy mesme trauallé.