LES AVENTURES D'ENZO ET DE CARACOL

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Ce conte s’inspire du décor de la ville rose, sans être à l’eau de rose. Car ici comme ailleurs, tout n’est pas rose, l’essentiel, c’est de voir la vie en rose ! Ce sont les vacances de Noël. Un petit garçon de sept ans, son compagnon et leur ange-gardien décident de défier les lois de la nature humaine dans un parcours plein de péripéties joyeuses, tendres et poétiques. Pour atteindre le but qu’il s’est fixé et déjouer les embûches de la réalité, notre trio puise sa force dans la solidarité, la volonté et l’imagination. Alors, tout serait-il possible ? De la réalité à l’imaginaire, de l’imaginaire à la réalité il n’y a qu’un pas ; ce sont aussi les enfants qui nous donnent les clefs des grands et des petits bonheurs de nos vies d’adultes. C’est bien l’amour, sous quelque forme que ce soit, qui est le principal moteur d’une vie. Ce conte moderne s’adresse aux lecteurs, à partir de neuf ans. Pour les plus jeunes, c’est papa ou maman qui nous lira « Les aventures d'Enzo et de Caracol », interrompant seulement la lecture, le temps d’un pourquoi. Enfin, il touchera tous ceux et celles qui ont gardé leur âme d’enfant. L’auteur n’a pas souhaité illustrer ce conte pour laisser à chacun, enfant et adulte, le plaisir d’une évasion intime dans son imaginaire et sa poésie. Dix pour cent sur les droits d’auteur de cette édition sont réservés à l’association « Action contre la Faim » qui, grâce aux donateurs, sauve un enfant toutes les trois minutes.


Publié le : vendredi 1 avril 2016
Lecture(s) : 5
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782334047524
Nombre de pages : 134
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175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-04750-0

 

© Edilivre, 2016

Dédicace

 

 

CE ROMAN D’AVENTURE IMAGINAIRE MODERNE EST DEDIE A :

– Mon petit fils

– Mes deux enfants, mon beau fils

– Pascale, ma première critique

– Philippe et Gilles : M.A.G.E.S

Préface

– Devant le syndrome bien connu de la page blanche,

L’esprit de l’auteur se laisse aller et se planche,

sur ses écrits libres qui coulent sans retenue comme une avalanche,

Afin d’entraîner son lecteur dans une aventure sans qu’il ne flanche.

– Se laisser glisser avec des phrases au fil des mots,

pour que chaque imaginaire tisse le décor le plus beau.

Chacun en fera le bon ou mauvais écho,

L’auteur partagera ses émotions, sans faux.

– Raconter, pour apporter une détente dans l’espérance d’une belle histoire,

À ceux qui fermeront les yeux sans être dans le noir.

Libérés du quotidien durant quelques instants d’« isoloir »,

Ils partageront des moments d’évasion et de rêve pour tenter d’y croire.

– Lire de belles ou tristes proses,

Permet à son cœur de grandir, et pour cause.

Comprendre un auteur est une chose,

Lire entre ses lignes est un exercice qui s’impose.

– Prendre le temps d’entendre ses bonnes attentions,

Peut ouvrir l’esprit à d’autres réflexions.

Facile à lire ou compliqué à la version,

Chacun se prendra ou pas la tête à la compréhension.

– Je ne crois qu’à la vie et à sa saveur,

Je me laisse porter par mes intuitions avec bonheur.

Si vous me lisez sans souci de la forme littéraire, mais avec votre cœur,

Vous comprendrez ma fibre émotionnelle et en retiendrez surtout ses douceurs.

– Ce livre s’adresse, sans tablette, à nos chers enfants,

Et aussi sous le contrôle de nos chers parents.

Celle qui nous conseille et nous déculpabilise avec humour, c’est notre maman.

Celui qui nous emmène à la « piscine » et nous lit des histoires, c’est notre papa si rassurant.

Même si parfois, par leur pudeur ils ne savent pas montrer qu’ils sont si aimants.

C’est facile d’être poète, il faut juste être un amoureux passionné de ce que la vie nous offre.

Il suffit autrement de savoir :

– Observer et non pas seulement voir.

– Humer et non pas seulement sentir.

– Écouter et non pas seulement entendre.

– Caresser et non pas seulement toucher.

– Déguster et non pas seulement goûter.

Positiver en fin de compte, c’est voir que le soleil « brille » même par son absence.

Alors à chaque papa : lisez-nous cette nouvelle aventure,

Le soir, dans notre lit, pour nous endormir à notre allure.

En rêvant, afin d’imaginer ces personnages avec leurs figures.

Pour croire que ces sommeils sans futurs,

Nous projettent des séquences irréelles pleines de caricatures.

 

Introduction

La réponse de mon grand-père cet été, quand je lui demandai ce que le bonheur était pour lui :

« Je crois qu’avant tout, c’est de savoir se satisfaire de ce que l’on a déjà dans tous les domaines. Puis, le bonheur avec un grand “B” est fait de petites, de moyennes et de grandes choses qu’il faut savourer au moment présent. Si l’on souhaite partager d’autres choses avec ceux qu’on aime, il faut faire attention que ce ne soit pas au détriment de ses propres valeurs, de ses principes et de son intégrité. Quelqu’un a dit aussi :

“Un obstacle au bonheur, c’est d’aspirer à trop de bonheur”.

J’ajouterais : le prince charmant dans les contes en est un bon exemple.

– Alors pour toi, c’est quoi le plus grand bonheur d’un enfant ?

– Je pense que c’est de constater l’harmonie aimante de ses parents et de les savoir en bonne santé. Les enfants de parents divorcés le savent bien, comme les orphelins et ceux qui ont perdu un parent. Il est important qu’il reçoive plein d’amour de ses parents et d’autres personnes. Enfin, c’est mon point de vue.

Comme il avait raison, pensai-je en regardant les miens danser une valse ce soir. Souriant et bavardant, sur cette piste au-dessus de laquelle tournait une immense boule renvoyant ses étoiles sur leurs corps en mouvement dans la nuit. Ma mère portait une longue robe blanche près du corps, ressemblant un peu à celle de Julia Roberts dans la publicité de Lancôme « La Vie est belle ». Quant à mon père, il s’était mis sur son trente-et-un. Il avait choisi la couleur de son costume pour le coordonner avec ses beaux yeux bleu clair et arborait une cravate blanche brillante sur une chemise de même couleur. Ils étaient magnifiques, mes parents.

À genoux un instant sur ma chaise afin de mieux voir, pour la première fois toute cette ambiance de fête qui m’enchantait. Je quittai un moment la table, située au milieu de la salle joliment décorée, ayant été attiré par ses grandes baies vitrées. Depuis le dernier étage de la médiathèque, celles-ci dominaient toute la ville rose. Le nez collé sur l’une des vitres pour découvrir au plus près son spectacle, je tombai en extase et bayai aux corneilles en apercevant de si haut toutes les voitures qui circulaient sur six voies à double sens. Leurs phares brouillés par la pluie lançaient des lumières rouges et jaunes qui se mélangeaient les unes aux autres. Comme si toute cette immense avenue avait de multiples rails aux couleurs d’un arc-en-ciel qui s’avançaient et reculaient à la fois. Au-dessus d’eux, des voûtes de décors remplies d’étoiles blanches scintillaient dans mes yeux. C’était féerique de voir que pour la première fois, il y avait plus d’étoiles sur la terre que dans le ciel en train de s’animer ce soir-là.

Mon père m’appela pour rejoindre ma place. D’un seul coup, un sentiment de déception m’envahit une fois de plus et je ne pus m’empêcher de regretter d’avoir appris avec Arnaud récemment par nos meilleurs copains d’école, en premier le Normand David qui me fait toujours rire, qui a vendu la mèche puis confirmé par JéGé, Alex, Maxou et Nathan, que le père Noël n’existait pas. Pour la première fois, une partie de mon imaginaire s’envola avec son traîneau et ses rennes dans le ciel sans jamais le moindre espoir de retour. La cheminée, que je guettais une fois par an s’écroulait définitivement dans mon cœur, même si je savais que ma famille continuerait à fêter Noël et m’offrirait des cadeaux. Malgré cela, rien ne serait plus jamais comme avant. J’avais même eu le soupçon que la souris qui avait déposé une pièce sous mon oreiller en prenant ma dent perdue, n’était encore qu’une pure invention des adultes pour me faire rêver. Je ne vous parlerai pas non plus des cloches qui voyagent dans le ciel à Pâques pour planquer des œufs dans les jardins et balcons. Heureusement pour moi, j’ai remplacé rapidement le Père Noël dans mon imaginaire par mon ange gardien qui lui, existe bien. Je rêvais qu’il m’apporterait le cadeau que je désirais le plus au monde. Celui-là, je ne l’attendais plus dans mes souliers sous un sapin éphémère, mais dans mon cœur sous les houx remplis naturellement de petites boules rouges bien réelles.

Quand soudain j’aperçus avec joie la petite Peggy accompagnée de ses parents, que j’avais justement rencontrés au Jardin des Plantes quelques jours auparavant. Je lui fis un coucou de la main et discrètement, elle me renvoya un clin d’œil. C’était la plus belle de la soirée avec sa robe blanche courte et bouffante aux épaulettes. Elle portait des collants de même couleur et des ballerines noires vernies avec un nœud rouge dessus et tenait un petit sac à main doré. Ses longs cheveux bruns bouclés encadraient son beau visage d’ange. Je ressentis en moi pour la première fois un sentiment que je ne pus expliquer, sauf que je compris ce soir-là ce que c’était d’avoir “la classe”.

La voix dans le micro de l’animateur de la soirée, me ramena de suite au concours de danse qu’il avait organisé. Il nous invitait à finir notre repas pendant que les membres de l’orchestre (qui étaient aussi le jury) allaient délibérer. Pendant ce laps de temps, j’étais tout excité en repensant à mon extraordinaire histoire de joie et de tristesse pour revivre mes incroyables aventures de ces derniers temps. Pour vous faire comprendre cette excitation, REVENONS QUATRE MOIS EN ARRIERE lorsque je passais une semaine de vacances avec mes grands-parents… Mais auparavant, voici le petit poème que mon grand-père m’a dédié en souvenir de nos vacances, ainsi que ses remarques sur la créativité.

« LE MUSCLE DE LA CRÉATIVITÉ, C’EST L’IMAGINAIRE, QUI NE PEUT EXISTER

QUE PAR L’ENTRAÎNEMENT DE LA VISUALISATION »

Pour cela, il ne faut pas frustrer ses enfants sous prétexte qu’ils dessinent mal, chantent mal, écrivent mal, s’expriment mal, ou sont peu sportifs. Parce qu’ils visualisent leur imaginaire à travers leurs rêves. Au contraire, il est important de les encourager dans certains domaines où ils ont des lacunes, pour qu’ils s’améliorent. Le meilleur moyen de développer leur créativité est de ne pas la brider. Ils retrouveront confiance en eux grâce à différents modes d’expression et de communication. Cette diversité est indispensable à leur épanouissement, pour leur éviter des complexes. Afin de les rendre encore plus forts et d’envisager leur avenir sereinement.

 

« L’une de nos premières créations importantes,
seul ou avec d’autres, pour un grand moment de bonheur »

– De la poudre blanche ramassée, pour en faire une petite boule tassée.

Dans leurs mains pour leur joie de la voir grandir en la faisant rouler.

Jusqu’à l’épuisement du contentement de ne plus pouvoir la faire bouger.

Pour immortaliser quelques instants leur créativité.

– Un don gratuit de la matière naturelle la plus noble avec ses cristaux tombés du ciel.

Dont chacun partagera le bonheur de décorer ce bonhomme artificiel.

Il est offert presque à chaque enfant pour construire son premier personnage essentiel.

Qui s’embellit dans ses rêves et s’immortalise bien des matins quand il se réveille.

– Ils façonnent ce bonhomme en laissant faire leur créativité musclée de leur imaginaire.

En pensant peut-être qu’il prendra vie un jour dans leur univers.

Une fois fini, dans leur jardin ou ailleurs, ils se mettent à l’admirer pour en être fier.

Pour dire à leurs parents qu’ils sont capables de construire et de concrétiser leurs rêves primaires.

– Ils savent très bien qu’un matin, il fondra comme une glace.

Mais ne l’oublieront jamais, pour lui avoir donné une place,

dans leur cœur, que jamais rien ne remplace.

Le souvenir de purs moments d’un enfant à l’innocence où presque rien ne s’efface.

Chapitre 1

QUATRE MOIS AVANT :

Nous passions nos vacances dans un petit village de la Loire Atlantique chez des amis de mes grands-parents. J’étais heureux de découvrir la beauté sauvage de cette campagne en voyant tous ces animaux en forêt, sur un lac ou dans le ciel. Mon grand-père connaissait bien leurs cris et leurs noms. Il m’apprenait aussi à identifier les arbres en observant leurs écorces et leurs feuilles qui caractérisent bien leur espèce.

Ce jour-là, à l’aube d’une journée de fin août qui s’annonçait belle, à en croire le ciel dégagé, j’étais assis à côté de mon grand-père que je surnommais “Papou”, devant cet immense lac du Grand Lieu. Nos cannes à la main, nous attendions ces sacrés poissons qui devaient constituer la nourriture du soir. Je voulais à tout prix que nous attrapions des carpes, afin de me donner raison de l’avoir décidé la veille de m’emmener avec lui à la pêche.

Il m’avait surnommé “Pitchoun” et m’avait expliqué que ce mot d’argot du sud voulait dire : petit enfant exprimant de la tendresse et qu’on cherche à protéger. J’étais tout blond aux yeux azur et tout le monde disait que je ressemblais étrangement au jeune comédien dans « Maman, j’ai raté l’avion ». J’avais déjà ressenti dans le passé au timbre de sa voix, toute son affection, même son amour qui ne me quitterait jamais.

J’étais bien avec lui, on pouvait jouer à tout et surtout parler de tout. Il avait toujours des réponses à mes questions, qui me rassuraient. Papou et Nanou, étaient essentiels à mon bien-être et à mon équilibre.

« Dis-moi Papou, c’est quoi qui a été le plus important dans toute ta vie ?

– Mes amours, mes enfants, ma famille, les autres enfants aussi, mes vrais amis, essayer d’être utile aux autres, les voyages, enfin de vouloir à tout prix être maître de mon destin.

– C’est qui tes amours Papou ?

– La première, ta grand-mère, Mamie Jo.

– Pourquoi tu as divorcé alors ?

– Tu verras, l’amour ne se commande pas. Heureusement d’ailleurs, cela reste l’un des seuls sentiments émotionnels avec notre façon de penser que personne ne peut nous prendre. Tu sais, nous sommes restés vingt-cinq ans ensemble et la vie a fait qu’au fil des années, sans s’en rendre compte, nous n’étions plus sur le même chemin, dans la même voiture. J’ai trouvé une autre copilote, dont les aires de repos m’apaisaient. Ce bien-être est sans valeur. Tu comprendras plus tard Pitchoun.

– C’est Nanou qui te guide et te repose maintenant ?

– Oui, en quelque sorte. On s’aide mutuellement pour faire notre route ensemble, en trouvant réciproquement nos aires de repos. Tu as presque compris ma métaphore.

– C’est quoi une métaphore Papou ?

– C’est une comparaison qui donne un sens aux propos, par l’image.

– C’est quoi que tu aimais et aimes chez elles ?

– Des qualités complètement différentes, mais elles ont un point commun, de “la classe”.

– C’est quoi avoir la classe ?

– Avoir de l’aisance, de l’élégance, de la légèreté avec du charme. Une certaine allure quoi. Enfin une distinction remarquée. Tu le constateras toi-même quand tu seras plus grand, question de ressenti, Pitchoun. À ne pas confondre avec la légèreté d’une conduite désinvolte ou d’un langage (avec un jeu de mots) un peu lourd.

– Et tes enfants alors ?

– Ah ! Dans ma relation avec mes enfants, mon côté féminin ressort, comme me disait une amie. Il m’est impossible de résumer leur importance dans ma vie. C’est comme si tu me demandais de définir l’amour en seulement quelques mots. Tout ne s’explique pas, tu sais. Par contre, je constate autour de moi que ce sont davantage les couples sans enfants qui se défont, que les couples avec. Même si cet amour-là est différent. Je pense que cet attachement est très profond et qu’il peut s’expliquer par le fait que les enfants sont justement le fruit de l’amour entre deux personnes.

– Mais Ricou ce n’est pas ton fils !

– Oui et non, il a un vrai père, moi je suis son père de cœur et pour moi mon fils de cœur. Enfin de compte nous avons eu de la chance dans notre famille recomposée. Nous nous sommes réciproquement adoptés tous les deux.

– Et pour ta famille ?

– La famille, quand elle demeure solidaire, est plus forte que tout, voire indestructible. Je me souviens à ton âge, j’écoutais la TSF avec ma sœur aînée Clothilde, qui avait alors plus de huit ans, les chanteurs des années soixante qui m’enchantaient. Je rêvais même d’une chanson de Claude François, tellement j’avais envie de la réaliser.

– C’était quoi ?

« Si j’avais un marteau, je cognerais le jour, je construirais une ferme et j’y mettrais mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs… Ça serait le bonheur ».

– Tu as réalisé ton rêve ?

– Non, c’était un rêve impossible. Ce qu’on appelle un rêve pieux.

– C’est quoi solidaire et indestructible ?

– Je vais te montrer. Donne-moi ta gaule et va me chercher autant de brindilles d’arbre que de membres de ta famille, sous le chêne là-bas.

– Ah oui, celui qui a des feuilles lobées !

Après dix minutes, je revins les bras chargés d’un tas de bouts de branches.

– Tout ça Pitchoun ! Pose-les entre nous deux.

– Eh oui, elle est grande ma famille et j’espère n’avoir oublié personne. Ah si ! Moi, je reviens de suite.

– Ça tombe bien, donne-moi la tienne pour l’exemple, on l’appellera Enzo. Maintenant, prends-la aux extrémités entre tes deux mains et tente de la casser.

Ce que je fis.

– Content d’avoir réussi et déçu de se voir en deux morceaux ? me demanda-t-il.

– Et alors ?

– Tu vas prendre maintenant toutes les autres qui rassemblent ta famille, bien serrées entre tes deux mains, qu’on appelle un petit fagot. Ça en fait combien ?

– Vingt-sept !

– Maintenant, essaye de les rompre.

Après trente secondes de vains efforts, je lâchai prise, vexé.

– Donne, je vais tenter de les rompre aussi. Tu vois, je n’y arrive pas non plus. En conclusion, quand la famille est solidaire, serrée comme ces brindilles, elle est indestructible, incassable, si tu préfères. Alors que quand on est seul, on est fragile comme la brindille d’Enzo tout à l’heure. On peut se briser. Tu as compris maintenant Pitchoun ?

– Oui, encore une métaphore et j’espère que notre famille va encore s’agrandir, pour être plus fort que Superman ! »

Moi aussi, me disait-il sa pipe en écume de mer à la bouche dans laquelle il ne mettait plus de tabac depuis des années. Sa lèvre inférieure était restée légèrement déformée par ce tube et lui permettait de garder cette habitude. Elle lui avait permis de s’arrêter de fumer. D’ailleurs, on l’appelait parfois Monsieur Hulot, quand il l’imitait en la mettant à l’envers en faisant du vélo, droit comme un manche à balai. J’aimais regarder avec lui des vieux films, de Charlot ou de Laurel et Hardy. On riait aux éclats et moi plus fort que lui, rien que de le voir se marrer autant.

« Et pourquoi les enfants Papou aussi ?

– Parce qu’ils sont vrais et ne trichent pas. Leur naïveté me réjouit, quand elle nous rappelle à l’ordre et nous met face à nos contradictions. Ils sont spontanés et très à l’écoute des adultes pour leur servir de modèles. Je préfère être entouré d’eux que de la plupart des adultes dont la vie et les expériences les ont détournés de toutes objectivités essentielles et existentielles, enfin des valeurs fondamentales. En grandissant, ils se déforment comme tout un chacun. En fin de compte, je suis resté un grand enfant dans l’âme. Ce qui m’a permis de rêver et d’entretenir mon imaginaire. Je n’aime pas les petits esprits qui ne regardent que leur nombril, qui ne sont motivés que par leur seul bien-être et leurs convictions pleines de certitudes. Je préfère les grands esprits qui pardonnent pour la liberté de leur âme, ce qui leur permet de se tourner vers les autres avec générosité. Enfin Pitchoun, je me suis laissé aller à divaguer, tu me comprendras peut-être quand tu seras plus grand !

– Et les amis ?

– Je les ai choisis pour ce qu’ils sont, avec leurs défauts et leurs qualités sans jamais les juger. Car je suis convaincu que c’est par nos différences que nous nous enrichissons en échangeant nos points de vue, pour débattre sans passion et sans excès sur tous types de sujets. Dans le seul but d’évoluer.

– Qui a été ton meilleur ami dans ta vie ?

– Je ne pense pas que tu vas comprendre ma réponse à ton âge.

– Dis toujours !

– Mon meilleur ami, c’est le silence, pour deux raisons fondamentales. Parce qu’il est riche de sagesse. Écouter les autres, sans s’écouter soi-même, en restant silencieux. Une maxime dit : « Le silence est d’or ».

– Et la deuxième raison Papou ?

– Parce qu’un ami qui sait...

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