Les chats de Louise Michel

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Paris, XVIIIe arrondissement. Autour du square Louise-Michel, une bande de solitaires parisiens amoureux des chats s'est constituée en association, le Chat Sans Abri, pour la protection des chats du quartier. Toutes les semaines, Christophe, le narrateur, la soixantaine bien tassée et un brin misanthrope, Simone, la 'grande gueule', Marinette et d'autres se réunissent autour d'un porto. Mais leur routine est interrompue lorsque l'un d'eux, Alain, est retrouvé mort entouré de ses sept chats. Une boîte de tranquilisants semble attester d'un suicide, mais les autres hommes du groupe reçoivent des menaces et Louisette est renversée par un Vélib' rue de Clignancourt. La série noire continue, le Chat Sans Abri se réduit comme peau de chagrin et Christophe est désormais au centre des suspicions...
Entre chantage, règlements de compte et harcèlement sentimental, on ne soupçonnait pas une telle noirceur dans le cœur des amoureux des chats...
Publié le : lundi 8 septembre 2014
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EAN13 : 9782072529153
Nombre de pages : 200
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EDITIONSJOELLELOSFELD Littérature française
Les chats de Louise Michel
COLLECTION DIRIGÉE PAR JOËLLE LOSFELD
Illustration de couverture : D’après photo © Martin Barraud / Gallery Stock.
© Éditions Gallimard, 2014.
ISBN : 978-2-07-252914-6
Christian Wacrenier
Les chats de Louise Michel Roman
ÉDITIONSJOËLLELOSFELD
À Louise Michel qui fut institutriceà Montmartre et qui revint de NouvelleCalédonie où elle avait été déportée avec quelques chats trop âgés pour survivre sans elle. Les Versaillais reprirent pour se moquer d’elle la vieille chanson « C’est la mère Michel qui a perdu son chat », alors qu’ils avaient perdu autre chose… leur âme !
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Rien, il n’y avait rien à ramasser, aucune boîte de plastique,aucun carton. Les chats attendaient au pied des buissons.Je n’avais rien à leur donner. Le samedi n’est pas mon jour. Le samedi c’est le jour de BlancheNeige. Jamais il n’oublie,BlancheNeige, c’est un type sérieux, un amoureux des chats. Quand il est dans l’impossibilité d’assurer son tour, il prévient Simone qui lui trouve un remplaçant. Bouboule se frotte contre les grilles. Elle tend sa petite tête vers moi. J’ai une faiblesse pour les tricolores. Bouboule est la seule tricolore du square. Quand j’apporte leur repas aux chats du bas du square, je pose son assiette sur le rebord de pierre, pendant que les autres reçoivent leur ration dans l’allée sableuse qui longe la grille. Ils mangent plus vite qu’elle. C’est à celui qui aura terminé le premier et ira chaparder chez son voisin. Bouboule est tranquille, rassurée par ma présence. Son repas est un moment de jouissance. Charlotte, mon adorable nièce, prétend que les hommes qui aiment les chats sont pédés. La première fois qu’elle a dit ça devant sa mère, je l’ai reprise, en bon prof qui n’oublie pas son métier. Elle avait quinze ans et je m’imaginais alors qu’elle aurait pu être une de mes élèves et que j’aurais pu modifier ses préjugés. Aujourd’hui je ne me
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fais plus d’illusion. Les jeunes, on aimerait les croire différents mais ils ne le sont pas. On aimerait s’imaginer qu’ils nous préparent une société meilleure avec des lendemains plus propres. Je sermonnais mes élèves quand ils se donnaient du fils de pute, du pédé ou du feuj. J’avais mon laïus tout prêt avec terminus à Auschwitz. Les élèves m’écoutaient parce que j’étais comme ils disaient un prof super cool, mais à peine sortis de cours ils reprenaient leurs habitudes. Quand j’ai quitté mon premier poste dans le 93, ils m’ont fait un cadeau. Un lecteur BlueRay qui n’était peutêtre pas tombé d’un camion. Il y avait une lettre jointe au paquet, signée par toute la classe. Momo avait écrit plus gros que les autres, au feutre noir :Monsieur, on vous aime bien et on vous regreterat même si vous défendé toujour lesfeujset les pédés.J’ai compris que mon enseignement avait échoué sur toute la ligne grammaticale. Mes élèves n’ont pas changé, pas plus que ma nièce qui a aujourd’hui une quarantaine bien sonnée. Un jour ma sœur m’a posé la question : « T’es pédé ou quoi ? J’t’ai jamais vu avec une nana depuis que Soraya t’a largué. J’ai des soupçons, mais je ne suis pas sûre. Dismoi la vérité. Dismoi que t’es pédé. » C’était un ordre. Comme quand j’étais gamin et qu’elle était la maîtresse. Elle me prenait par la main et me faisait asseoir sur un tabouret. Bien que n’ayant qu’une année de plus que moi, elle était la maîtresse et moi le cancre. Si je ne répondais pas à ses questions, elle me tirait les oreilles, de plus en plus fort, jusqu’à ce que je trouve la bonne réponse. Si je me trompais ou persévérais dans le silence, j’étais mis au coin, les mains sur la tête, la culotte baissée. Elle m’appelait Christou. Elle m’appelle toujours Christou. Moi je l’appelle Dada. C’est mieux que Dalida. Quand elle dit son nom, les gens s’étonnent, ça ne manque jamais. Ceux
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