Les Chroniques de la liberté

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Après un coma de huit ans, Jay se réveille enfin. Lorsqu'il quitte l’enceinte de l’hôpital, il découvre avec stupéfaction le spectacle de désolation qui s’étale devant lui. La fin d’un monde maintes fois prédite s’est manifestement accomplie. En tant que survivant, il décide de poser par écrit tous les événements qui vont jalonner le commencement du reste de sa vie...

Selon les dernières parutions de presse, il semble que tout aurait débuté par des crises et des catastrophes naturelles se succédant les unes aux autres. Tremblements de terre meurtriers, tsunamis dévastateurs, autant de châtiments divins infligés aux hommes...


Publié le : jeudi 1 octobre 2015
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EAN13 : 9782334012508
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ISBN numérique : 978-2-334-01248-5

 

© Edilivre, 2016

Remerciements

Les chemins de notre liberté passent par de nombreuses épreuves qui nous font parfois souffrir mais souvent grandir. Dans cette quête, nous sommes accompagnés par des rencontres riches en sentiments, en émotions et en aventures.

Je pense à vous ma famille de naissance et mes frères de cœur. Depuis l’âge des cartables et des sacs à dos, nous avons vu, vécu et parfois vaincu ensemble, de grandes joies mais aussi de petites peines. Vous êtes ancrés dans mon esprit comme autant de pierres à l’édifice de ma vie. Je vous remercie…

Georges A Biligui

Act 1

Terres d’Espérance

Armageddon

Mon nom est Jay. Je viens de me réveiller après un coma de huit ans. Lorsque j’ai quitté l’enceinte de l’hôpital, je fus stupéfait par le spectacle de désolation qui s’étalait devant moi. La fin d’un monde maintes fois prédite s’était accomplie. En tant que survivant, j’ai entrepris de poser par écrit tous les événements qui vont jalonner le commencement du reste de ma vie…

Je viens de découvrir les dernières parutions de presse. D’après ce que je découvre, tout aurait débuté par des crises et des catastrophes naturelles se succédant les unes aux autres. Tremblements de terre meurtriers, tsunamis dévastateurs, autant de châtiments divins infligés aux hommes…

Puis les tensions géopolitiques se sont mises à gangrener et l’escalade vers une guerre nucléaire se dessina peu à peu.

Elles sont arrivées sans crier gare. Tout le monde fut sous le choc.

Touchant simultanément le MONT DU TEMPLE à Jérusalem, La MECQUE et le sanctuaire du VATICAN, trois attaques dignes d’un châtiment divin, qui éradiquèrent les centres névralgiques de nos trois grandes religions, sans aucun signe avant-coureur.

S’ensuivit une pluie de feu incandescente durant des jours et des jours, comme si le ciel nous tombait sur la tête. En quelques semaines le bilan fut catastrophique.

La civilisation avait perdu pied et plus de 200 millions de femmes, d’hommes et d’enfants venaient de mourir.

Ce qui se passa ensuite fit comprendre à toute l’Humanité que nous n’étions pas seuls. Quand apparurent ces nuées à travers la brume recouvrant le ciel, le scénario d’une colonisation était évident, comme un premier contact brutal avec une forme de vie supérieure.

Qui étaient-ils ? D’où venaient-ils ? Les réponses à ces questions sont arrivées plus tard, quand par-delà les frontières et à travers toutes les langues de la Terre, ils nous transmirent leurs messages, nous expliquant être les Patriarches, représentants des DIEUX ANCIENS…

Part 1
Au lendemain du 8ème jour

Rencontre

Il fait froid ce matin. La nourriture se fait rare et la famine menace. Les Patriarches sont là depuis sept mois à peine et le monde n’est déjà plus qu’une terre stérile aux paysages lunaires. Pour ma part, je survis tant bien que mal. L’argent n’a pratiquement plus de valeur, seuls les objets s’échangent. Dans ce dédale de désolation, j’ai eu la chance de prendre possession d’un 4x4 hybride, vestige des industries disparues, que j’alimente comme je peux. Il est ma maison et mon seul bien.

Aujourd’hui, j’ai fait une agréable rencontre. Son prénom est Masha, elle m’a indiqué venir d’au-delà des anciennes frontières de l’Est.

Son visage est marqué par la souffrance mais ses traits typiquement slaves et ses yeux bleu azur magnifiques me font fondre. Elle est d’une rare beauté. Je ressens chez elle une certaine nostalgie et une crainte du futur. Je ne peux que la comprendre… Je lui ai proposé de se joindre à moi, même si je n’ai pas de destination précise. Elle a accepté, j’en suis ravi. Il est vraiment agréable de voyager avec une telle perle par les temps qui courent.

Les jours passent et se ressemblent inexorablement, misère et dévastation sont nos seuls panoramas. Nous devons trouver rapidement des vivres car nos réserves s’épuisent. Nous roulons depuis des heures dans cette ville du littorale autrefois prospère et pleine de vie. Le peu de calme qui y règne ne nous incite pas à rester mais la faim nous tiraille.

Une émeute s’est déclenchée près du Vieux Port. Nous avons immédiatement pris l’axe périphérique afin de sortir de la cité. C’est là que nous avons croisé un convoi d’une dizaine de véhicules largement surchargés et dirigés par un certain Zach. Il me fait penser à un personnage de bande dessinée que j’ai bien aimé dans ma jeunesse. Ils nous ont indiqué se rendre à l’Ouest car ils auraient entendu dire qu’une partie du bord de mer aurait été épargné par les bombardements. Masha et moi avons accepté, trop heureux de ne plus être isolés.

Nous roulons depuis déjà trois jours. Comme les routes ne sont plus aussi sûres que par le passé, nous évitons les grands axes, souvent mal fréquentés. En ces temps troubles, les hommes ont perdu toute humanité et se livrent à des actes d’une grande barbarie…

Voilà le 4e jour qui se lève. J’ai conduit toute la nuit et je suis épuisé, alors que nous arrivons aux portes d’une nouvelle ville en ruine.

J’espère que notre séjour sera le plus court possible. J’ai un mauvais pressentiment.

Je savais que je ne pouvais pas lui faire confiance. Ce Zach était trop louche ! Depuis le début, il convoitait mon véhicule et surtout Masha. Dès que j’ai relâché ma garde, il est passé à l’action. Il avait tout prévu. Je devais partir avec trois de ses acolytes à la recherche de vivres, pendant que lui, Masha et les autres, gardaient le convoi. Heureusement que j’avais confié un communicateur courte fréquence à mon amie. Elle a ainsi pu m’envoyer un message dès qu’ils ont commencé à bouger. J’ai dû la jouer serré avec mon escorte, mais j’ai pu les maîtriser rapidement et calmer les prétentions de ces traîtres. Après avoir rejoint le convoi, Masha est montée avec moi et nous sommes repartis de notre côté. Nous revoilà sur la route, couple d’infortune espérant ne plus faire de mauvaise rencontre.

Nouvel espoir

Après deux semaines d’errance, nous avons trouvé refuge dans un petit hameau qui semble avoir été épargné par le courroux des Patriarches. Il y règne une certaine sérénité entretenue par la petite communauté qui a pris possession des lieux. Ils nous ont accueillis amicalement et nous partageons avec eux le fruit de leur labeur. Masha semble enfin épanouie. Nous avons donc décidé d’intégrer ce groupe de survivants, du moins pour le moment. Quel bonheur de retrouver un semblant de normalité !!

Quatre mois se sont écoulés et notre intégration est désormais totale. Nos sorties du village se limitaient au strict ravitaillement.

Le peu d’informations que nous recevons du monde extérieur ne nous rassure pas vraiment. Jusqu’à présent nous avons été préservés des ravages de l’anéantissement, mais pour combien de temps encore ?

C’est l’anniversaire de Masha aujourd’hui. Même si l’heure n’est pas à la fête, je m’efforce de garder un sourire de façade. La pression autour de nous se rapproche et nous commençons à ressentir les stigmates de l’invasion.

Nous devons réagir vite. Olvy, qui dirige notre groupe, envisage d’organiser notre défense. J’essaye de le raisonner, nous ne sommes pas en capacité de lutter et des femmes et d’enfants nous accompagnent.

Enfin une lueur d’espoir bien qu’elle soit mince. Ce matin, en quittant le village, je me suis enfoncé dans une des forêts qui borde l’ancienne autoroute. C’est là que j’ai assisté à l’attaque d’un convoi militaire, vraisemblablement poursuivi par des aéronefs. Ils ont été totalement annihilés en un instant.

Après quelques minutes, caché en contrebas, je me suis approché d’un HUMV afin d’y chercher tout et n’importe quoi. Et c’est là, sous la banquette arrière, que j’ai trouvé une mallette dont j’ai forcé le code de sécurité et découvert des documents classés DEFCODE4, à l’intitulé suivant :

NOM DE CODE

« PROJET HOPESTATE »

SUR LES TRACES DE TAARKA

Quête amère

Pourquoi ? Je savais que j’aurais dû la prendre avec moi ! Je n’aurais jamais dû sortir du camp sans elle. Il n’y a plus personne. Le village n’est plus qu’un amas de cendre. Où sont-ils tous passés ? Je ne vois aucune trace.

Cela fait déjà trois jours que je cherche, il faut me faire une raison, je ne reverrai plus mes compagnons, me voilà à nouveau seul.

Je dois me reprendre en mains. Masha n’aurait pas voulu que je me laisse aller.

Nos gouvernements ? Ils savaient. Ils étaient au courant, ils auraient pu éviter cette catastrophe. Ils savaient tous ! Plus je consulte ces dossiers et plus je suis dépassé. Quoi qu’il en soit, d’après ce que je découvre, il reste un espoir de nous sortir de là. Je vais suivre les instructions de ces documents et on verra où cela va pouvoir me mener.

Quand je me retourne sur les mois qui viennent de s’écouler, j’ai du mal à délimiter l’ampleur de toutes ces épreuves.

En un an et demi, le monde a été anéanti par un ennemi invincible et les êtres humains sont revenus à l’état primaire. Moi, j’ai traversé cette période sans trop de dégâts mais avec beaucoup de blessures intérieures.

Je me sens perdu, pourtant une force mystique me pousse à continuer.

Me voilà arrivé dans ce qu’il reste du sud de la péninsule. Mon véhicule ne me servira plus car je dois franchir le détroit qui se dresse devant moi.

Après avoir parcouru tout ce chemin, je vais d’abord me reposer. Je passerais d’ici quelques jours ce court bras de mer.

Que ce fut laborieux ! J’ai dû avant tout troquer mon 4x4 contre un pathétique zodiac à peine utilisable puis passer de nuit afin d’éviter les patrouilles de part et d’autre du chenal. Une fois de l’autre côté, j’ai soudoyé un petit garagiste pour qu’il accepte de m’échanger ledit zodiac contre un quad qui végétait dans son arrière-cour et enfin me mettre en route vers ma destination finale.

Deux semaines se sont écoulées depuis mon passage. J’arrive enfin sur les chemins escarpés de l’ancienne Nubie. Je dois trouver le Temple perdu d’un pharaon obscur nommé « Taarka ? » qui devrait se situer dans une cité en ruines du nom de Méroé. Si j’en crois mes informations, c’est en revenant aux origines des civilisations que nous trouverons les clés de notre salut…

Veritas

Je commençais à croire qu’un ange gardien veillait sur moi depuis le début de ma quête. Force est de constater que je me suis lourdement trompé. Par excès de confiance, j’ai pris la route principale au sud de Guizèh, pensant qu’elle était sûre. Le réveil fut brutal. En fait, ils m’observaient depuis le début et c’est aux portes de Sakkarah qu’ils m’ont cueilli !

Cela fait déjà huit jours que je suis enfermé dans cette sinistre geôle, je me demande bien ce qu’ils attendent de moi. Le plus étrange est qu’ils n’ont même pas pris la peine de me fouiller.

C’était invraisemblable, de toute ma vie je n’avais jamais vécu une sensation aussi traumatisante… Au bout de trois semaines de détention, la porte s’est ouverte et un être, mi-homme, mi-aigle, s’est présenté devant moi. C’était la première fois que je me trouvais face à un Patriarche ! J’avais lu de nombreux récits descriptifs de leurs apparences, mais là, quel choc !

Définitivement, je vais de surprises en traumatismes. Je pensais rechercher un temple en ruines à la gloire d’un roi mort depuis plus de 3000 ans. Mais en lieu et place, je me trouvais face à Taarka lui-même !

Nous avons discuté un long moment sans que je cerne vraiment l’objet même de ma présence et surtout l’intérêt si important que semblait me porter ce « demi-dieu ». Toutefois, il m’a ouvert les yeux sur une dimension inconnue de ce monde ainsi que sur l’objet de leur intervention sur notre planète. D’après lui, ils n’ont pas débarqué sur Terre pour détruire l’Humanité mais pour la refaçonner car elle s’est égarée siècle après siècle. Au fur et à mesure des informations qui me sont données, je perçois que pour eux, nous nous sommes tant éloignés du droit chemin que cela en était devenu irréversible. Mais pourquoi me raconter tout ça ? Je ne suis qu’un pauvre type qui essaie de survivre après l’effondrement de notre civilisation !

Mystérieux maître Hiram

Que l’atmosphère me semble paisible alors que j’observe le Soleil se plonger dans le Nil éternel. Mon guide, le Maître Hiram, m’a dessiné dans les grandes lignes le plan des Patriarches à mon égard. Je n’ai pas revu Taarka depuis notre longue conversation. C’était il y a déjà trois mois, depuis j’ai commencé à percevoir réellement notre place en tant qu’homme au sein de cette dimension.

Chaque jour qui passe, Hiram m’enseigne le pouvoir de la sagesse, que l’Homme dans son ensemble a trop vite renié. Moi je ne cesse de l’interroger sur toutes ces vies qui ont été perdues depuis près de deux ans. Pour seule réponse, je n’ai eu droit qu’à cette citation laconique « cela était écrit dans les étoiles… »

Hiram est un personnage atypique, singulier, par son apparence longiligne et ses grands yeux emplis d’une lueur rougeâtre assez énigmatique. Le plus étonnant est son âge. Dernièrement, il m’a confié être déjà venu sur Terre dans une période reculée, pour conseiller un grand roi nommé Salomon. S’il s’agit de celui de la Bible, cela voudrait dire qu’il serait âgé de plus de 2900 ans.

Illuminati

Je suis auprès des Patriarches depuis six mois maintenant… Hiram m’estime prêt à embrasser les prémices de ma destinée.

Cette tâche s’annonce rude puisque j’appartiens désormais au Grand Conseil Terra Illuminati. Si on m’avait dit il y a à peine quelques années que je serais un jour destiné à diriger le renouveau de l’Humanité, je ne l’aurais jamais cru.

Bien que j’eusse déjà entendu parler des Illuminati, il m’était impossible de mesurer l’importance de leur rôle prédominant dans le monde, très loin de l’imaginaire collectif. Nous ne sommes pas une société secrète ou encore un groupuscule destiné à emmener les hommes sur un chantier obscur, mais les ambassadeurs désignés par les Dieux Anciens pour refonder l’Humanité lors de l’Archéa, au lendemain du 8ème jour.

Le Grand Conseil se compose de douze membres représentant les douze tribus originelles qui ont peuplé la Terre. Moi, je suis l’ambassadeur des Bantous de la région des Grands Lacs, située en Afrique sub-saharienne. Je n’ai pas encore fait la connaissance de tous les membres, mais il y a ce treizième personnage fort mystérieux qui nous cache son visage et qui semble être là, afin de nous encadrer.

Sion

Aujourd’hui, je quitte l’Égypte pour me rendre sur la Planète Originelle. Les rives du Nil vont me manquer.

Nous sommes arrivés sur Sion il y a peu de temps. C’est un monde où le ciel s’illumine de mille feux et revêt une teinte dorée, baignée par la chaleur de ses trois soleils. La végétation y est luxuriante et parfaitement intégrée aux différentes bâtisses qui composent l’ensemble urbanisé de cette planète capitale, aux dimensions tentaculaires. La population qui y évolue se découpe en quatre castes bien définies : il y a les Angélus, tel mon maître Hiram, les Enfants des Dieux comme Taarka mais également les Érudits qui sont semblables à des humains à ceci près qu’ils possèdent certains dons que je n’ai pas encore eu le temps d’identifier et pour finir, les Humains qui sont très peu présents dans l’ensemble.

Dès notre arrivée, nous avons été accueillis par un Angélus nommé Gabriel. Visiblement, il sera notre guide durant tout notre séjour. Pendant le transfert vers Sion, j’ai eu l’occasion de faire connaissance avec d’autres élus de la Terre mais je dois dire que j’ai surtout sympathisé avec Chan, l’ambassadeur de la terre des Trois Dragons. Il est aussi troublé que moi par cette expérience.

Je viens de prendre possession de mes appartements. On nous a conseillé de nous installer et de nous reposer car le premier rassemblement aura lieu dès le lever du soleil émeraude.

Notre lieu de résidence était déjà majestueux, sans aucune comparaison terrestre mais à l’approche du Temple de l’Archéa, je reste pétrifié. Il est évident que cette bâtisse est d’inspiration divine. Chaque colonne qui compose l’entrée doit mesurer près d’une centaine de mètres de haut. Le hall principal lui, est surplombé d’une voûte dont je ne peux distinguer l’extrémité, tant elle s’estompe au-delà de la vision humaine.

Nous sommes tous réunis à présent. Il y a là douze tables rondes. Autour de chacune d’elles, sont disposés les ambassadeurs des douze mondes, représentants désignés de l’Alliance Human Illuminati.

Ils sont dominés par une tribune qui regroupe les sièges des douze juges de l’Alliance. Ces derniers nous cachent leurs visages.

L’Archéa va bientôt commencer. Nous voilà prêts à prendre place dans l’optique de refonder la destinée de près de 64 milliards d’hommes et de femmes à travers notre univers connu.

Prémices du renouveau

Lors de la première séance, j’eus la bouche sèche, la gorge nouée, les mains tremblantes. Nous avons tous été plongés dans un coma artificiel afin de faciliter l’échange de nos pensées et de nos souvenirs. Les juges de l’Alliance ont extirpé de nos cœurs l’essence de nos vies, pour mieux comprendre l’évolution de nos peuples à travers les âges. Ce sont 12 000 années d’Histoire ancrées dans nos gênes depuis la dernière assemblée. Je n’étais plus maître de mon corps et du plus profond de mon esprit, c’était était vraiment étrange.

Les 144 ambassadeurs que nous sommes, vont permettre aux Patriarches de cerner l’Humain et ses travers à travers les mondes.

J’ai un peu de mal à me repérer dans le temps avec ces trois soleils. À l’échelle terrestre, je pense être sur Sion depuis déjà un mois. Chan et moi, nous sommes devenus de vrais amis. Nous sommes quasiment inséparables, tant d’éléments nous rapprochent dans cette aventure !

Les représentants de l’une des Planètes de l’Alliance semblent être assez soucieux depuis quelques jours. Ils ont adressé une missive à Mongân, l’Angélus qui les encadre. Je l’ai vu s’entretenir avec Taarka. J’espère qu’il n’y a rien de grave…

Priam

Gabriel nous a réunis dans ses appartements ce matin et nous a confirmé ce que je pressentais de loin. Les Sidhéens, par la voix de leur leader Arzur, ont exigé de quitter Sion dans les plus brefs délais. Ils estiment ne pas avoir à supporter ces intrusions répétées dans leurs esprits surtout venant d’êtres cachant leurs identités derrière des voiles imperméables. Même si je peux les comprendre, je trouve qu’ils sont un peu étranges comme êtres, constamment à cran, sur la défensive et éternellement vêtus de rouge. J’espère tout de même qu’ils retrouveront la raison au plus vite. Mongân est un Angélus d’une grande sagesse et il lui en faut une sacrée dose.

Il est apparu après enquête que leur pseudo-rébellion cachait des dissensions internes entre Arzur et Cathaire, l’un de ses compatriotes.

Tout est rentré dans l’ordre.

J’ai parlé trop vite, c’était le calme avant la tempête. Il est arrivé un drame au cœur de Sion ! Arzur a été retrouvé mort la nuit passée. Son corps inerte était étendu au pied de la Fontaine de Lyre. Un concile exceptionnel a été convoqué afin de découvrir ce qu’il s’est passé. Cathaire est évidemment le suspect numéro un. Il a d’ailleurs été interrogé de longues heures mais il persiste dans la négation et refuse totalement que l’on procède au sondage de son esprit. Mongân a toutefois décidé de le confronter à Priam, le doyen des Angélus, dans l’espoir que la vérité soit révélée.

On dit de Priam qu’il fut le régent d’une galaxie éloignée mais son nom résonne dans mon esprit comme un lointain souvenir car il apparaît également dans la Grèce antique de la mythologie terrienne. Je ne suis pas surpris de trouver ici tous ces illustres noms, puisque au fil du temps, je découvre que nombre de Patriarches ont fait des séjours sur Terre, parfois pour nous observer, souvent pour nous guider. Quand je vois où nous en sommes aujourd’hui, je pense qu’ils auraient dû venir plus souvent. Au-delà du fait qu’il soit l’Angélus le plus illustre, Priam possède une certaine présence et un halo de lumière l’entoure en permanence, comme une manifestation divine.

L’esprit de Cathaire est resté indifférent aux tentatives de Priam pour le fissurer. Je me suis longuement entretenu avec Gabriel après le concile et nous sommes arrivés à la conclusion que Cathaire était innocent. Comment peut-il en être autrement, d’autant plus qu’il est impossible de mentir à Priam. Mais alors qui et surtout pourquoi cette mort ?

L’Agora que j’ai découvert ce matin, est sans doute la plus grande bibliothèque qu’il m’ait été donné de voir. On y retrouve des ouvrages des douze planètes qui composent l’Alliance. Les Juges nous ont vivement conseillé de nous y plonger afin de connaître l’histoire des autres mondes. Pendant ce temps, l’enquête se poursuit aux quatre coins de Sion.

De retour dans mes appartements, j’ai de nouveau consulté l’Encyclopédie de l’Alliance et j’en ai appris beaucoup plus sur Apadémaque le légendaire, Seigneur de la guerre nubien. J’ai également profité de la suspension de l’Archéa pour solliciter une entrevue avec Taarka.

Requête acceptée ! Le Demi-dieu m’a accordé audience ce matin. Nous avons évoqué mon parcours depuis Sakkarah. Il m’a indiqué être impressionné par mon évolution et affirme que je serais digne de devenir un Angélus si je continue dans cette direction.

Le Grand Conseil a été convoqué au lever du soleil turquoise. Que vont-ils nous expliquer ? Peut-être ont-ils du nouveau sur l’assassinat d’Arzur ?

Exceptionnellement, c’est Priam qui préside le concile. Taarka lui ayant cédé sa place, c’est peut-être un signe.

« L’esprit d’Arzur a été substitué… » Voilà comment Priam a commencé ses révélations sur l’enquête qui a mobilisé tout Sion. L’assemblée est restée circonspecte. Après la découverte de son corps, le cerveau d’Arzur a été sondé par un Enfant des Dieux, nommé Némésis. J’avoue que j’ai eu du mal à assimiler le procédé. Le fait qu’un être se compose d’un corps et d’un esprit passe encore mais qu’un résidu de l’esprit subsiste quelques jours après la mort, çà je n’y ai pas cru de suite. Pourtant c’est comme cela que Némésis a découvert que le résidu d’esprit à l’intérieur d’Arzur n’était pas semblable au sondage qui avait été effectué lors de l’ouverture de l’Archéa.

L’espoir de Ménécée

Les séances de travail deviennent de plus en plus éprouvantes depuis la reprise. Aujourd’hui, nous avons proposé des pistes afin d’établir de nouveaux systèmes de gouvernance dans chacun des mondes. Pour plus de neutralité, aucun conseil planétaire n’est décisionnaire pour son propre monde. C’est pourquoi je me retrouve à diriger un groupe de travail sur Ménécée, expérience enrichissante qui me permet ainsi de découvrir toute la diversité de ce monde. Ils n’ont pas connu de nombreux conflits comme sur Terre et se sont vite retrouvés en surpopulation. Lors du dernier recensement, leur population était estimée à 17 milliards d’individus. Pour une superficie similaire à mon monde, cela est logiquement devenu problématique. Les autorités ont dû alors employer les grands moyens afin de contrôler leur démographie en limitant le nombre d’enfant par famille mais également l’âge de vie de leurs aînés qui ne devait pas excéder 60 ans.

Un mal indispensable, d’après les ménécéens que j’ai rencontrés, mais concept difficilement acceptable pour moi.

Après quelques mois d’activité intensive, je suis arrivé au terme de ma projection pour la refonte de ce monde. Il me reste maintenant à faire ma présentation auprès du Grand Conseil mais avant tout je vais exposer ma vision à Priam. La mesure principale de mon projet est l’émigration d’une partie de la population sur une des lunes de la planète.

Quel bonheur, il a trouvé ma présentation pertinente ! Il va essayer de faire passer mon projet auprès des autres juges. Cependant je vais devoir peaufiner mes arguments sur le point principal, qui n’est pas à prendre à la légère, car pour faire émigrer une partie de la population, il va falloir modifier la structure même de la lune sélectionnée. Ce processus appelé Terra Formation est viable mais demande l’aval total du Grand Conseil afin de le mettre en place. Il s’agit tout de même de modifier le noyau d’un astre inerte afin de le rendre apte à accueillir la vie. J’ai découvert ce procédé en consultant un ouvrage sur mon Système solaire, le Grand Conseil ayant déjà effectué ce type de modification par le passé.

Chan est perturbé depuis quelques jours. J’ai essayé de lui parler mais il semble peu enclin à la conversation, son comportement m’inquiète au plus haut point, il faut que j’en réfère à Gabriel…

Non !! Pourquoi lui !? Chan a été retrouvé mort hier soir. Son corps livide et froid gisait aux portes de la Grande Bibliothèque. Némésis a procédé ce matin au sondage de l’esprit de mon ami. Le verdict est sans appel, il a subi le même sort qu’Arzur. Quelle force obscure est assez puissante pour agir sur Sion en toute impunité ? Que se passe-t-il ?

Après Arzur et Chan, ce fut un ambassadeur de Ménécée, puis chaque monde représenté dû subir la perte de l’un des siens. Nous étions 144 au départ, moins d’une année terrienne plus tard nous ne sommes plus que 132.

Taarka et Gabriel m’ont convoqué pour un concile privé tout à l’heure. En plus de mes guides, étaient présents Priam et un quatrième personnage vêtu de noir qui s’est présenté sous le nom du prince Apadémaque.

Peu après mon arrivée, il m’a dévoilé son visage. Ils semblaient tous m’attendre avec impatience. Dans un premier temps, ils m’ont expliqué en relief quel était ce phénomène qui se propageait sur Sion, tout en me rassurant sur le fait que cela était à présent terminé car ils avaient découvert d’où venait cette épidémie meurtrière. La graine obscure était là sous leurs yeux au sein même du...

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