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Les Crimes d'Avignon depuis les Cent-Jours

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64 pages

DEPUIS dix mois le sceptre impérial était brisé, depuis dix mois les factions, long-temps comprimées, se ranimaient sous un Gouvernement faible et s’agitaient en silence. Tout-à-coup l’orage éclate, Napoléon sort de son île, les Bourbons sont renversés.

Un Prince de cette famille voulut combattre la révolution. Il parcourut le Midi, trouva des sujets fidèles, et finit par succomber à l’ascendant d’un homme qui était pour les soldats un souvenir de gloire, et qui électrisait les citoyens en leur montrant le trône impérial appuyé sur l’arbre de la liberté.

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Victor Augier

Les Crimes d'Avignon depuis les Cent-Jours

MON AMI CHARLES DURAND,

Auteur de Marseille, Nîmes et ses environs, en 1815.

 

 

Tu as fait un ouvrage utile ; toute la France t’a applaudi, et LA MINERVE a vanté ta modération et ton courage.

Mais en déroulant l’affreuse peinture des crimes dont le Midi fut souillé au second retour des Bourbons, tu devais irriter les hommes qui ne voient dans ces crimes que de justes représailles 1, tu devais encourir la haine des nobles amis de Trestaillon et de Pointu. On a calomnié tes principes, dénié tes assertions, on t’a accusé d’avoir affaibli les causes, exagéré les résultats, on t’a reproché jusqu’au touchant intérêt que tu as su répandre sur un sujet aussi dégoûtant.

Je ne te justifierai point, je tâcherai de t’imiter. Je peindrai aussi les excès de ces monstres qui ont déshonoré notre belle Patrie. Avignon figure dignement à côté de Marseille et de Nîmes dans les fastes révolutionnaires, et si ma plume n’a pas l’énergie de la tienne, l’horreur y suppléera, faciet indignatio.

VICTOR AUGIER.

PRÉFACE

JE ne suis point l’auteur de cet ouvrage : il m’a été dicté en partie par un vieux, militaire. Mais des motifs particuliers l’empêchant d’y mettre son nom, j’assume sur moi toute la responsabilité.

Au commencement de juillet 1815, je fuyais, avec beaucoup de malheureux, un pays où s’aiguisaient déjà les poignards et s’allumaient les torches incendiaires. La Drôme m’offrit un asile. Je partageai la tranquillité de ce peuple sage et courageux qui n’a jamais souillé la liberté, ni courbé le front sous aucune tyrannie.

Un jour, appuyé sur le parapet de ce pont auquel on a donné une funeste célébrité pour un combat où quelques hommes ont été tués, je réfléchissais aux déplorables suites de nos guerres civiles. Je me sens tout-à-coup frapper sur l’épaule. Je me retourne, et je vois un officier mutilé qui me dit avec attendrissement : Bon Dauphinois !... Hélas ! lui répondis-je, je suis du Midi. — Fugitif ? — Depuis un an. — Nous sommes frères !... et il me presse dans ses bras.

Ce brave arrivait d’Avignon. Je ne puis supporter, me dit-il, le séjour de cette ville où les passions ne sont point encore calmées, où me poursuit le souvenir toujours présent des scènes d’horreur dont j’ai été le témoin et presque la victime. Je cherchais une nouvelle patrie : vous m’attachez à la Drôme. Ici, du moins, l’on respecte. l’infortune, et je n’aurai plus à rougir de mes cicatrices.

J’essuyai les larmes du vieux guerrier qui coulaient à ces derniers mots, je le conduisis chez moi ; et après une longue intimité qui me découvrit toute la noblesse de son ame, je lui demandai le récit exact des crimes qui avaient désolé notre patrie. Sa mémoire ne put les lui retracer tous, mais il m’a garanti, sur l’honneur, la vérité de ce qu’on va lire.

CRIMES D’AVIGNON

Interrègne. — Retour du Roi. — Départ des Fédérés

DEPUIS dix mois le sceptre impérial était brisé, depuis dix mois les factions, long-temps comprimées, se ranimaient sous un Gouvernement faible et s’agitaient en silence. Tout-à-coup l’orage éclate, Napoléon sort de son île, les Bourbons sont renversés.

Un Prince de cette famille voulut combattre la révolution. Il parcourut le Midi, trouva des sujets fidèles, et finit par succomber à l’ascendant d’un homme qui était pour les soldats un souvenir de gloire, et qui électrisait les citoyens en leur montrant le trône impérial appuyé sur l’arbre de la liberté.

Le drapeau tricolore fut arboré à Avignon’ le 5 avril, à sept heures du soir. Une faible partie de la population se réunit et promena solennellement, avec deux ou trois compagnies du 6.e régiment de ligne, les couleurs nationales dans toute la ville. Ce fut la retraite du Duc d’Angoulême qui décida ce mouvement.

Le lendemain, sur le bruit que l’armée royale s’approchait, les partisans de Bonaparte prirent les armes ; et tandis que le 6.e restait chargé de maintenir l’ordre dans là ville et d’en garder les avenues, ils se portèrent au Pontet, petit hameau à demi-lieue d’Avignon. Là se commirent des excès inexcusables sans doute, mais qu’ont suivis de bien terribles représailles. Les volontaires royaux arrivaient épars, harrassés de fatigue et tremblans à la vue d’une cocarde aux trois couleurs. On les désarma ; dans l’effervescence inséparable d’une réaction, on se permit d’arracher quelques épaulettes à des officiers qui n’étaient pas militaires, et des hommes indignes du nom de patriotes qu’ils avaient usurpé, se rendirent coupables de plusieurs vols que les chefs réprimèrent à l’instant. Il n’y eut point de sang répandu.