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Les Derniers Parfaits

De
328 pages
Une épopée au cœur du royaume d’Occitania, qui résonne des bruits de la guerre médiévale et des cris des mourants.
Dans le royaume de France ravagé par la guerre contre les légions catharis d’Occitania, Cristo, un soldat prisonnier, échappe à ses geôliers enchaîné à trois compagnons d’infortune. Les quatre fuyards que tout oppose doivent s'entraider pour survivre, contraints de se cacher puis d'emprunter les chemins de traverse. Commence alors pour eux une haletante course-poursuite à travers un pays ennemi dominé par des démons et vivant sous le joug d’une Église catharis fanatisée. Ici, dans les vestiges d'un antique Empire disparu, une magie ancienne continue de survivre dans des talismans et d'immenses tours-statues. Au cœur des forêts profondes et des montagnes déchiquetées des terres occitanes, pris dans le fracas des combats, Cristo et ses compagnons prendront conscience de porter en eux un pouvoir insoupçonné. Ils verront leur destin basculer et le monde trembler sous leurs pas.
Paul Beorn nous propose un roman de Fantasy sombre et sans retour, aux références dantesques et boschiennes, tant les visions horrifiques qu’il crée nous rappellent certaines des figures de ces deux artistes du Moyen Âge.
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©LESÉDITIONSMNEMOS,JUIN2014 2,RUENICOLASCHERVIN|69620SAINT<LAURENT<D’OINGTISBN PDF:978<2<35408<477<6 WWW.MNEMOS.COM
PAUL BEORN LES DERNIERS PARFAITS
Chapitre 1
Un bloc de pierre jeté par une catapulte de la citadelle s’éleva dans es aîrs et retomba presque à a vertîcae. Paqué à terre par a vîoence du choc, e second homme de a chane regarda tout ce quî restaît de son camarade de devant : un braceet de er noîr, une maîn aux onges crasseux et un moîgnon de bras déchîqueté à hauteur du coude. — Avancez ! Avancez ! hura e mercenaîre en remontant a Ie des prîsonnîers. e sîLement du ouet It sursauter Crîsto avant même qu’î n’en sente a morsure sur ses épaues. a boue macuaît ses cheveux courts d’un noîr d’encre. Son caraco de soîe déchîré, souvenîr des cîrconstances de sa capture, uî coaît à a peau et uî rentraît dans a chaîr – avec un jupon de emme, c’étaît es seus vêtements qu’î portaît. Pataugeant dans a ange, es prîsonnîers se reevèrent et rajustèrent es sanges du harnaîs quî eur scîaîent es épaues. e traneau s’ébrana derrîère eux, renversant une partîe de son chargement de terre et de rocs. ïs marchaîent ’échîne poyée, portant sur e dos queques panches couées, censées es protéger des lèches. Une puîe vîoente crépîtaît sur e boîs, s’înItraît par es înterstîces et ormaît des rîgoes quî couaîent sur eurs maîns et dans eurs cheveux. Encore combîen de pas jusqu’aux douves ? Un goût métaîque uî empîssaît a bouche depuîs ce coup de ganteet porté par un gardîen, quî uî avaît brîsé 5
une dent. Toute a journée, îs avaîent creusé des tranchées et monté des paîssades autour de a cîtadee sous une grêe de caîasses jetée par es brîcoes des assîégés. Crîsto avaît eu pour consîgne d’aumer des eux de branches mortes autour de ses camarades pour brouîer a vue des archers ennemîs. ’odeur de a umée împrégnaît encore sa peau. Puîs on es avaît enchanés aux poîgnets par îgnes de vîngt hommes. Depuîs, îs combaîent es douves devant a courtîne sud en vue d’un assaut e endemaîn.
Une vîoente bourrasque soueva son boucîer de ortune et aîît e renverser. ’aîr vî sur sa peau ruîsseante e It caquer des dents magré ’efort. ï eva a tête et aperçut a massîve barbacane quî déendaît es portes de Maramante. On auraît cru es deux tours taîées et creusées à même a roche. Ees avaîent a orme de deux reînes de pîerre hautes comme trente hommes : a reîne-cheva et a reîne-îonne. es corps étaîent ceux de deux humaînes Igurées debout es bras croîsés ; es têtes étaîent anîmaes. a magîe de ces vénérabes vestîges de ’Empîre Premîer contînuaît de déIer ’envahîsseur et ses démons de ’ener. Un bouet de trébuchet tîré par es assîégeants passa oîn au-dessus d’eux et aa s’écraser contre a reîne-cheva. ï atterrît sur ’épaue dénudée de a statue et se endît avec un caquement sourd, sans aîsser a moîndre marque sur a pîerre. — Puîssîez-vous rester toujours debout, mes reînes… marmonna Crîsto. a cameur des chants de guerre résonnaît à ses oreîes magré e vent et a puîe battante. Devant e pont-evîs dressé gîsaît une jonchée de cadavres éparpîés, crîbés de lèches et d’écats de pîerre. Maramante étaît peut-être assîégée sans espoîr de secours nî de ravîtaîement, maîs son seîgneur n’étaît pas de ceux quî pîaîent acîement ’échîne. Crîsto auraît donné n’împorte quoî pour être parmî es sodats de a garnîson. ï auraît vouu courîr jusqu’à a 6
muraîe, ’escaader et tendre a maîn vers ses rères. Au îeu de cea, î contînuaît de porter son chargement de terre qu’î vîderaît dans es douves pour e compte de ’ennemî…
Un poîds ormîdabe e tîra en arrîère, î sentît es sanges mordre dans ses chaîrs et se retrouva dans a boue. ï tourna a tête et comprît ce quî s’étaît passé : une lèche s’étaît Ichée dans a gorge du prîsonnîer sîtué juste derrîère uî, un grand barbu quî étaît mort sur e coup. À deux pas, ’homme suîvant dans a Ie étaît tombé uî aussî et îs échangèrent un regard ahurî. e mercenaîre accourut en hurant, urîeux de ce nouve arrêt. Pour a mîîème oîs, Crîsto e jaugea en sîence. Sa carrure étaît massîve, ses gestes ourds et î portaît une épée arge au ourreau. Maîs î avaît boucé son casque trop serré comme sî c’étaît a premîère oîs qu’î ’enIaît sur sa tête, et son îmmense pavoîs racaît sur e so comme sî ce grand corps n’avaît pas a orce de e tenîr evé. ’homme étaît-î pus gras que muscé ? Des îmages ugurantes se succédèrent dans son esprît. e mercenaîre. a lèche quî traversaît a gorge du prîsonnîer. e ouet quî s’éevaît déjà dans es aîrs. D’un bond, î se jeta sur e cadavre. ï empoîgna a poînte d’une maîn et a tête barbue de ’autre, pongeant son regard dans ’œî roîd et vîtreux du mort. Poussant un crî urîeux, î a tîra vers uî avec une orce décupée par a rage. a lèche gîssa, craqua contre es vertèbres et es cartîages, se cassa peu avant ’empennage et uî resta dans a maîn. En un înstant, î ut sur ses pîeds et It vote-ace. Ses chanes tîntèrent, maîs î ne es entendît pas, nî ne sentît eur poîds sur ses bras. Seus comptaîent ’homme au ouet et e graîn du boîs dans son poîng serré. e mercenaîre contempa ce vîsage aux traîts crîspés, aux cheveux coés par a puîe. Pendant une seconde, î tînt son poîgnet en ’aîr, aîssant moement retomber son ouet. ï 7
ouvrît a bouche et comprît soudaîn que a mort, pour uî, ne vîendraît pas des remparts maîs de ce jeune homme en guenîes au regard ou de îberté. Crîsto ’agrîppa d’une maîn par a cagoue de maîes, et de ’autre uî panta sauvagement a poînte dans ’œî, ’enonçant jusqu’à sentîr racer e er contre a ace înterne du crâne.
Dégrîsé par son geste, î se rendît compte que pour atteîndre son ennemî, î avaît entrané non seuement e cadavre du barbu derrîère uî sous a tractîon de a chane, maîs aussî e prîsonnîer de devant qu’î avaît renversé dans a boue. Ceuî-cî e toîsaît à présent avec des yeux încrédues, es bras pongés dans une mare jusqu’aux coudes. — Tu m’as quasîment arraché ’épaue. Tu as a magîe de ’ours en toî, pas vraî ? C’étaît un homme encore îmberbe, un jeunet de petîte taîe. ï portaît un tabîer de cuîsînîer quî puaît ’oîgnon et e vîn. Ses cheveux ongs et coés par a puîe uî mangeaîent e vîsage, dont Crîsto ne dîstînguaît que es èvres peînes et ’œî vî. — En tout cas, c’étaît bîen joué ! poursuîvît-î avec un sourîre. ï se coua jusqu’au cadavre du mercenaîre et tîra son épée du ourreau. — Approche-toî, tête de ard ! crîa-t-î d’une voîx aîguë au orçat quî se trouvaît devant uî, et quî ’entravaît dans ses mouvements. Puîs, se tournant vers Crîsto, î uî tendît ’épée par e pommeau : — Tranche e bras, vîte ! Maîs après a vîoence du meurtre qu’î venaît de commettre, Crîsto étaît vîdé de sa orce. ï contempaît e cadavre étendu à ses pîeds et sentaît monter d’absurdes armes. — C’est a premîère oîs que je… Je n’avaîs encore jamaîs… e jeunet au tabîer, comprenant qu’î devaît aîre a besogne uî-même, maugréa et s’avança en rampant vers e 8
corps du captî. ï tîra sur a chane et eva a ame au-dessus du poîgnet. — Que aîtes-vous ? crîa Crîsto, horrîIé. ’autre ne uî répondît pas. ï se contenta de trancher es chaîrs et ’os d’un coup sec avant d’écarter a maîn coupée de a poînte de ’épée. Crîsto étaît toujours attaché avec e jeunet au tabîer et portaît désormaîs une chane d’une toîse de ong au poîgnet gauche, maîs au bout de cette chane-à, e braceet étaît vîde. a Ie humaîne étaît coupée : devant uî se tenaîent troîs hommes et derrîère, treîze autres murmuraîent et es regardaîent avec envîe. — Tîens, prends ça et tranche es îens du harnaîs, It e jeunet en uî tendant un poîgnard, récupéré uî aussî sur e mercenaîre. Ma paroe, maîs tu dors debout ! Aez, vîte ! Crîsto se reeva pour s’attaquer aux attaches de cuîr et jeta un coup d’œî cîrcuaîre. ïs se trouvaîent entre es deux camps, à peîne à trente pas des remparts et sous e eu nourrî des archers. Un bouet de trébuchet tîré par es assaîants s’écrasa soudaîn au sommet de a muraîe devant eux, racassant es hourds de boîs dont es écats voèrent en tous sens. es crîs des bessés s’éevèrent de a cîtadee et dans e camp des mercenaîres, un hourra saua cette petîte vîctoîre. es lèches cessèrent de sîLer autour d’eux et pendant un înstant, personne ne semba pus prêter attentîon au traneau arrêté. — Bon, mes petîts gars, commença e jeunet, quî avaît rassembé autour de uî Crîsto et es deux compagnons quî es précédaîent, nous voîà réunîs par e même petît probème – î agîta ses poîgnets quî tîntèrent trîstement. Maîs grâce à Dîeu et à mon voîsîn de derrîère, nous sommes débarrassés du garde-chîourme. ïs s’étaîent accroupîs et tenaîent au-dessus d’eux eurs quatre boucîers, es têtes rentrées dans es épaues. e troîsîème prîsonnîer étaît un jeune homme bond et éancé, 9
remarquabement beau, quî avaît dû être vêtu avec éégance avant d’être roué de coups et trané à terre. Quant au quatrîème, c’étaît un coosse à a mîne renrognée, barbu, poîu, et quî sembaît pus âgé que es autres ; î portaît des braîes crottées pour seu habît et aaît torse nu. — Qu’est-ce qu’on va aîre, maîntenant ? demanda e beau bond d’une voîx étrangée. Ses yeux beus rouaîent de a cîtadee au cadavre du mercenaîre, comme un enant prîs en aute. — Comment tu t’appees, bondîn ? It e jeunet. — uquet. — Eh bîen uquet… On est tous dans a même barrîque et on va se tîrer tous ensembe es pîeds de a merdasse. ’optîon cîtadee, î aut ’oubîer. Sau sî vous avez envîe de Inîr en hérîssons avec es poîntes vers ’întérîeur. ï va aoîr traverser e camp des catharîs sans se aîre remarquer et trouver des outîs pour brîser nos ers. — Ces chanes sont aîtes dans ’acîer noîr de ’ener, répondît Crîsto. Nous ne pourrons pas es couper. es démons de ’ener ournîssaîent argement es égîons abîgeoîses en chanes, bouets, haches et objets de toutes sortes orgés dans un acîer noîr quî ne s’usaît pas et ne se brîsaît jamaîs. En comparaîson, e casque et a cagoue de maîes du mercenaîre étaîent aîts dans un er très bana et déjà rouîé. — Je n’aî pas ’întentîon de moîsîr îcî pour autant, a Fèche. Ça ne te gêne pas sî je t’appee a Fèche ? Et maîntenant, mes agneaux, poursuîvît e jeune homme, î va aoîr courîr vîte. Je vous prévîens : e premîer quî tombe, je uî tranche e bras et je contînue sans uî, ça nous era une chane pus courte. ï eva a ame de ’épée et It un sourîre gacîa au quatrîème prîsonnîer : — Tu as comprîs, ’ours ? Tu pares notre angue, au moîns ? e coosse n’avaît pîpé mot et mâchonnaît sa èvre 10