Les dieux à la Courtille , pot-pourri de carnaval, par Paul-Émile Debraux

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chez les marchands de nouveautés (Paris). 1823. 32 p. ; in-12.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1823
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LES DIEUX
A LA COURTILLE,
POT - POURRI
DE CARNAVAL,
PAR P. ÉMILE DEBRAUX.
Prix, 75 centimes.
A PARIS,
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉs.
1823.
LES DIEUX
A LA COURTILLE.
A PARIS , DE L'IMPRIMERIE DE LEBEGUE ,
Rue des Rats, n° 14, près la place Maubert.
LES DIEUX
A LA COURTILLE,
POT - POURRI
DE CARNAVAL,
£ tui £ cfmiPo Débraux.
JL^ARIS,
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
1823.
LES DIEUX
A LA COURTILLE,
POT-POURRI.
Air ; De la Mère Picard.
Approchez tons, c'est Momus qui m'inspire;
C'est un gaillard qu'il fait bon d'écouter ;
Il m'a fait voir, dans le céleste Empire,
Ce que ma voix ici va raconter :
Au beau milieu du divin Empyrée
Le grand Jupin, s'ennuyant beaucoup fart,
Un beau matin sous la voûte azurée
Fit afficher ces mots en lettres d'or :
« C'est trop long-temps s'endormir en famille,
« De nos grandeurs nous sommes un peu las,
« Et nous allons descendre à la CourtilLe ,
« Chez Dénoyez , faire le Mardi-Gras.
(6)
AIR : Le Comlc Ory.
Ilola! Momus,
Pénus, Comus, Bacchus;
Hola ! Plutus,
Et tous mes frèr's en us;
Dieu des gens d'plume,
Mercur', toi qu'es si malin,
Pour not'costume,
Vas faire un tour chez BaLin.
bis.
«VIW'MA
AIR : De la lIuUÙz.
Ali mon Dieu ! quel charivari
La voix de Jupin a fait naître :
Apollon fil' par un' fenêtre ,
De Vénus entendant l'mari.
Zéphir, qui contait fleurette
A la jeune et douce Hélé,
En s'esrpivant en cachcUc ,
Sur son prussien est tombé.
(7)
Le vigoureux Dieu des jardins,
Qui ronflait auprès de Diane,
Eu se sauvant vers sa cabane,
S'épatte et se casse les reins.
Neptune en quittant l'Aurore
Qui lui fait doubler Tilon,
Dans une fosse inodore
S'enterre jusqu'au menton.
Bacchus près de la vieille Rhé
Enluminait gaîment sa trogne,
Il se trouble, et, pour du Bourgogne,
Avale un lavement camphré.
Comlls, qui, près d'Amphitrite,
Savourait un mets nouveau,
Prend pour une asperge frite
Le manclie de son couteau.
Enfin , Mars, qui, sur un fauteuil,
Donnait des leçons à Pomone,
Au milieu du jeu l'abandonne,
Et reçoit un pochon sur l'œil.
l
(8)
AIR : Des cinq fleurs.
Clopin, clopant, aussitôt chacun grimpe
Pour écouter l'ordre de Jupiter;
En rang d'oignon, sur la place d' l'Olympe,
Les v'ia postés , l'nez et la jambe en l'air;
Chacun braillait :,Dieu du ciel et d' la terre,
Dis-nous pourquoi ta voix nous appela :
Pour t'obéir, et surtout ne rien faire ,
— Nous voilà,
i Présens, nous voilà,
Nous voilà. (ter.)
AMVMWI
, AIR : J'veux être un chien,
J'vous ai d'mandés, leur dit s'tilà
A caus' de la raison que v'là ;
Et c'te raison-là z'est notoire :
J'm'embête, et comm'c'est L'mardt-Gras,
Je veux que nous l' fesions là. bas,
Parc' qu'enfin, voyez-vous, du nectar et
d'l'ambroisie, c'est toujours la même chose
que d'l'ambroisie et du nectar : Junon > ré,,;
(9)
nus, Flore, Pomone, etc. Tout ça est
bel et bon; mais c'est toujours la soupe et
l'bouilli, tandis qu'il y a là-bas', chez l'papa
Dénoyez, des brunettes et d'la piquette
qui nous ravigoteront; mais comme il y
a toujours du boucan dans l'endroit de
c' quartier-là, nous prendrons avec nous
cadet z Hercule pour maintenir l'ordre d'la
tranquillité; et ça fait, voyez-vous ,
Qu'si quelqu'un criait,
Hercule s'charg'rait
D' lui casser la gueule et la mâchoire.
rvwwswx
AIR : Des deux Edmon.
Voyez-vous d'ici c'te charette
Qu'est traîné' par un' si bell' bête.
C'est Mercur' qui va nous pourvoir ;
Vous allez voir. (bis.)
Ces costumes qu'il nous propose
Ont d' la noblesse et du grandiose,
Et su' l' dos quand vous les aurez,
Vous s'rez bien déguisés. (bis.)
( 10)
AIR : Mon galoubet.
Ah î comm' c'est beau ! ( bis. )
Se mit à crier un' déesse,
En voyant un costum' ponceau ;
Comm' ça m'irait sans qu'ça paraisse !
Et malgré ses trois tacli's de graisse.
Ah ! comm' c'est beau ! (4 fois. )
Ah ! comm' c'est beau ! (bis.)
C't' habit d'sultan' doublé d'hermine,
C'te toque en manier' de chapeau ;
Plus j' le r'garde , plus j' l'examine,
Et j' répèt' ., si n'y a pas d'vermine,
Ah ! comme c'est beau 1
""-"N'-"
AIR : Celui qui plie à 60 ans.
Je ne tiens pas aux habits qu'on apporte,
Dit Jupiter en se croisant les bras :
V iens çà, Momus, à toi je m'en rapporte,
Habille-moi, ma foi, comm' lu voudras.
(II)
Et le coquin , toujours plein d'artifice ,
Pour l'exposer à des brocards malins,
Trouva plaisant d'habiller en Jocrisse
Celui qui t'nait la foudre dans ses mains.
UUVhtlW
AIR : Ça va bon train.
Neptune en fesant la grimace
A ce discours pour lui nouveau,
Dit : Je m'plant' sur l'dos la besace
D'un descendant de Ramponneau.
C'qu'il a dit là , moi ça m'dégrise,
Dit Bacchus émpoignant un seau ,
En bien moi, ma foi je m'déguise
En porteur d'eau. (4 fois).
t/vtiwwv*
A partout.
Puisque j'suis aussi d'ia fête,
Dit Hercule en arrivant,
(12)
J'plante c'chapean sur ma tête,
Et j'empoigne c'bout d'bois blanc ;
Quand c'pantalon, c'te ceinture
Feront r'sortir mes cot'rets,
Du grand Saint-Martin, j'vous jure,
Les malins s'ront mes cadets.
Et si quelqu'un cancane ,
On me cherche chicane,
J'tap' partout, j'connais rien,
Je suis faubourien.
MIVMVVt
AIR : De la Parole.
L'épouse du grand Jupiter,
Qui grelottait comme un'pierreuse,
Dit alors, prenant un ton fier :
La nuit peut être nébuleuse :
C'costum'd'ours paraît chaud, vraiment;
Aussi c'est l' seul qui puiss' me plaire.
C'est ça, dit Jupin galamment,
Ça fait qu't'auras changé d'vêtement,
Sans changer pour ça (bis) d'caractère.

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