Les emprunts égyptiens : aperçu de la situation financière de l'Egypte (septembre 1865)

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impr. de Gaittet (Paris). 1865. 16 p. ; in-8.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1865
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LES
EMPRUNTS ÉGYPTIENS
LES
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APERÇU
DE LA
SITUATION FINANCIÈRE
DE L'ÉGYPTE
Septembre 1865)
PARIS
IMPRIMERIE DE GAITTET
7, RUE CTT-LF-COEUIR. 7
865
©
LES
EMPRUNTS ÉGYPTIENS
APERÇU
DE LA
SITUATION FINANCIÈRE
DE L'ÉGYPTE
Septembre 18615
Le journal YIndépendance belge, dans son numéro du
27 août dernier, contient les lignes suivantes :
« Nubar-Pacha, qui était aux eaux d'Ems, en Alle-
« magne, est maintenant à celles de Spa. On dit que le
« ministre du vice-roi s'est beaucoup occupé d'affaires
« financières pendant son séjour de l'autre côté du Rhin.
« Il aurait décidé plusieurs grandes maisons allemandes
« à fonder en Egypte de vastes établissements agri-
« coles. »
Nous n'entendons pas examiner, quant à présent, l'uti-
lité des établissements agricoles en Egypte. C'est là une
question grave, et que nous comptons un jour traiter à
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loisir. Ce qui éveille notre attention, c'est ce mot vague :
opérations financières. Nous savons quelle signification il
prend d'ordinaire lorsque la personnalité d'Ismaïl-Pacha
est en jeu. D'assez nombreux précédents existent pour
que nous soyons fondés à croire qu'il s'agit d'un nouvel
emprunt.
Et dans cette hypothèse, car nous n'affirmons rien,
- les vérités sont bonnes à entendre. Profite qui voudra
des quelques lignes qui vont suivre.
Des emprunts, toujours des emprunts ! De bon compte,
nous voici bien loin des sages économies qu'Ismaïl-Pacha
avait promises dans son discours d'avènement. Le vice-
roi actuel se plaignait hautement des embarras financiers
laissés par Mohammed-Saïd, et depuis deux ans, il a plus
grevé le Trésor égyptien, à lui seul, que tous ses prédé-
cesseurs ensemble.
Ces emprunts sont-ils nécessaires? Profitent-ils au pays?
Ce sont là des questions dont le cadre restreint de cette
étude purement financière ne permet pas tout le déve-
loppement. Constatons seulement qu'Ismaïl veut se pro-
curer de l'argent à tout prix, et qu'il va peut-être cette
fois s'adresser aux capitalistes allemands.
On ne saurait trop le louer de sa détermination. L'An-
gleterre ne veut pas des titres égyptiens; la France et
l'Italie en regorgent. Du reste, ces deux dernières nations
comptent assez de représentants en Egypte, pour que cha-
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cun puisse connaître aujourd'hui, s'il veut s'en donner la
peine, la véritable situation du pays, et en particulier le
mauvais vouloir du vice-roi pour l'élément franco-ita-
lien.
Il s'agirait donc de voir, cette fois, si les financiers
d'outre-Rhin n'ont point quelques capitaux au service du
pacha.
Que ce soit là–ou non,–le motif du voyage de M. Nu-
bar, et quoi qu'il advienne des négociations, il est bon,
puisqu'il s'agit d'opérations financières insuffisamment
définies, de faire connaître au public l'emploi réel qui sera
fait de ses fonds, et la somme de garanties que représen-
tent les gages à lui offerts en échange de ses écus.
Tout d'abord, il est incontestable que les sommes ver-
sees iront à destination, c'est-à-dire qu'elles s'empile-
ront, à côté d'innombrables sacs, dans les coffres de Son
- Altesse. D'honnêtes gens-ceux qui ne peuvent pas croire
qu'un souverain pille un pays pour s'emplir les poches,–
d'honnêtes gens et naïfs se vont figurer que le produit des
versements servira à quelque œuvre d'utilité publique,
dont l'Egypte manque absolument; qu'on finira le bar-
rage du Nil, par exemple ; ou bien qu'on creusera des ca-
naux d'irrigation, faute desquels une partie du pays reste
improductif; en un mot qu'on mettra à exécution tout ou
partie du programme de joyeux avènement. Et en cela,
nous sommes assez de l'avis des honnêtes gens : que
ces choses et nombre d'autres sont urgentes; mais nous
^aïtàgeons point leur crédulité. Une fois dans les cof-
^>> £ Fes:du4ice-roi, l'argent y restera, parce qu'il sera bien
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