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Les Excommuniés

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128 pages

A L.X. DE RICARD.

C’était au sombre temps des guerres sans merci.
Des cadavres hideux couvraient le sol durci
Par la neige, & souvent se balançaient aux branches
Quiconque en cet hiver, parmi les plaines blanches,
Se fùt aventuré la nuit, eût entendu
Maint arbre secouer dans l’ombre son pendu.

Dans un bourg entouré de marais insalubres,
Et bâti de maisons basses, noires, lugubres,
Que la faim & le froid couvraient de leur linceul,
Un étrange vieillard passait.

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Robert Luzarche

Les Excommuniés

Œuvre posthume

LIVRE PREMIER

I

SANCTA SIMPLICITAS

A L.X. DE RICARD.

 

 

 

C’était au sombre temps des guerres sans merci.
Des cadavres hideux couvraient le sol durci
Par la neige, & souvent se balançaient aux branches
Quiconque en cet hiver, parmi les plaines blanches,
Se fùt aventuré la nuit, eût entendu
Maint arbre secouer dans l’ombre son pendu.

 

Dans un bourg entouré de marais insalubres,
Et bâti de maisons basses, noires, lugubres,
Que la faim & le froid couvraient de leur linceul,
Un étrange vieillard passait. Il était seul.
Abandonné des siens, il allait à Genève.
Cet homme poursuivi, traqué sans nulle trêve,
Avait nom d’Aubigné ; le deuil avait écrit
Sur son front soucieux que c’était un proscrit.

 

Or la religion catholique & romaine
Était fort pratiquée en ce triste domaine,
Dont les habitants, pleins de ferveur & de foi,
Vénéraient le saint-père & Henry, leur bon roi,
Depuis qu’il n’était plus un parpaillot. Naguère,
Ayant été pillés par des hommes de guerre
Qui leur prirent gaîment leurs femmes & leur vin,
Ils avaient juré haine éternelle à Calvin,
Et, bien que les pillards fussent ligueurs & reîtres,
Aux huguenots couraient sus ainsi qu’à des traîtres.

 

Des manants accourus du seuil de leurs taudis,
Autour de l’étranger se pressaient ébahis,
Et chacun se signait ou touchait sa relique.
Ce voyageur avait l’air d’un franc hérétique,
D’un vassal de Satan, car il n’avait pas craint
De passer à côté d’une image de saint
Sans même soulever son chapeau, dont la forme
N’annonçait rien de bon & sentait la Réforme.
L’un d’eux, s’enhardissant, dit : « C’est un huguenot !
 — A mort ! » fit sourdement une voix. A ce mot
Le murmure grandit, & dans la foule accrue
Les femmes s’écriaient : « Tue ! Allons ! allons ! tue ! »

 

Mais d’Aubigné rêvait : il ne semblait pas voir
Que les cailloux allaient commencer à pleuvoir,
Et, laissant au fourreau sa fidèle rapière,
Il demeurait pensif & muet. Une pierre
Fut lancée avec force & l’atteignit au front.
Le proscrit tressaillit d’abord à cet affront ;
Puis, se rassérénant, & tourné vers les drôles,
Sourit sans amertume en haussant les épaules !

Novembre 1865.

II

LES CONFÉDÉRÉS

1476.

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