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Les Farces du quartier

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311 pages

Le sapeur Beaupoil venait de prendre un mazagran avec un ami, du côté du Châtelet, et, selon une habitude invétérée chez lui, il avait fourré dans sa poche les morceaux de sucre restés dans la soucoupe.

Puisqu’on l’avait payé, n’est-ce pas ? c’était tout naturel.

Fût-ce cette circonstance ou tout simplement cette force inconnue, encore inexpliquée, qui pousse invinciblement vers les troupiers les bonnes d’enfants et les chiens errants, mais il n’en est pas moins vrai que le sapeur se vit, dès sa sortie du débit de vins, emboîter le pas par un caniche.

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Dache

Les Farces du quartier

Le Chien du Régiment

*
**

Le sapeur Beaupoil venait de prendre un mazagran avec un ami, du côté du Châtelet, et, selon une habitude invétérée chez lui, il avait fourré dans sa poche les morceaux de sucre restés dans la soucoupe.

Puisqu’on l’avait payé, n’est-ce pas ? c’était tout naturel.

Fût-ce cette circonstance ou tout simplement cette force inconnue, encore inexpliquée, qui pousse invinciblement vers les troupiers les bonnes d’enfants et les chiens errants, mais il n’en est pas moins vrai que le sapeur se vit, dès sa sortie du débit de vins, emboîter le pas par un caniche.

C’était un de ces cabots frisés qui sont noirs... noirs... noirs comme ce que vous devinez. Mais ce devait être aussi un indépendant, car, en dépit de la mode qui sévit aussi bien sur les chiens que sur les jolies femmes, ce caniche hirsute et crotté était poilu sur tout le corps comme un vieil Auvergnat.

Au lieu d’être tondu en lion, de porter des rayures de poils sur la croupe, des bracelets ménagés aux pattes ou des mous taches de grenadier, d’avoir la queue en pompon, en chou ou en anneaux, le caniche qui suivait le sapeur était tout simplement dans l’état hideux et primitif dont la nature l’avait gratifié en le jetant sur le pavé parisien.

Beaupoil, bonne nature, aime les bêtes et, quoique le chien fut fort laid, le brave sapeur s’arrêta sur le quai dès qu’il eut remarqué la persistance à le suivre que manifestait l’animal, et il le caressa de la main.

 — T’es pas beau, mon pauvre cabot ! — dit-il avec une compatissante indulgence. — C’est égal, t’as tout de même de bons veux de chien !... oui, des bons gros yeux !...

Le caniche agitait son petit bout de queue en témoignage d’une satisfaction évidemment furtive, et il se disposait même à donner de son amitié des démonstrations plus touchantes en sautant et en s’appuyant de ses pattes de devant sur le sympathique militaire.

Mais le sapeur, soigneux avant tout de sa tenue, coupe court à ces déclarations trop enthousiastes.

Non, non !... — fit-il. — Ça suffit !... à terre !... — Tu ne vois pas que tu vas me salir ma capote !... Si encore tu t’étais essuyé les pattes sur ce paillasson !...

Notre ami Beaupoil, tout d’abord extraordinairement flatté d’avoir éveillé chez ce caniche cette visible sympathie qu’il attribuait à ses mérites personnels, réfléchit bientôt que cette subite amitié pouvait avoir un motif moins pur et n’être pas tout à fait étrangère au sucre qu’il avait dans sa poche.

 — Ah ! je te vois, vieille canaille !... — fit-il avec un bon rire au fond de sa grosse barbe. — Ce n’est pas moi que tu aimes si fort que ça, hein ?... C’est le sucre que tu sens dans ma poche, vieux gourmand !

C’était bien, en effet, de ce côté que pointait le nez flaireux du chien.

Mais Beaupoil est la crême des bons garçons.

Il offrit donc un morceau de sucre à son nouveau camarade, qui le happa avec une joie exubérante que décélaient les mouvements précipités et frétillants de sa queue toute crottée.

Puis, l’un suivant l’autre, le sapeur et le caniche se remirent en marche.

En traversant le Pont-Neuf, le chien était toujours sur les talons de Beaupoil, lorsque tout à coup le sapeur s’entendit interpeller par un individu porteur d’une coiffure bizarre et qui avait en sautoir une espèce de petite caisse sur laquelle étaient peinte une énorme paire de ciseaux.

 — Dites donc, militaire, fit le tondeur en désignant le caniche, il n’est pas beau ce cabot-là ! il n’est pas à la mode !...

 — Ah ! répondit Beaupoil assez distraitement, vous trouvez ?... Ma foi, ça se peut bien. Je vous avouerai que je n’y connais pas grand’chose.

 — S’il était tondu, continua l’industriel qui « va-t-en ville, coupe les chats et les oreilles », — s’il était tondu, il serait magnifique.

 — Il serait toujours plus propre, ac quiesça le sapeur, car il est assez dégoûtant comme ça.

Le tondeur eut l’air tout heureux de la réponse de Beaupoil car, vivement, il reprit :

 — Vous allez voir comme je vous tonds un chien en un temps et deux mouvements et sans lui faire seulement dire : Ouf !

 — Voyons ça, fit Beaupoil.

Alors l’homme appela le caniche :

 — Psitt ! psitt !... Viens ici, mon petit !... Psitt !

Mais on eût dit que l’animal avait de la méfiance, car ce ne fut qu’après quelques mouvements stratégiques bien compris que le tondeur finit par l’empoigner par la peau du dos.

Il le plaça alors entre ses jambes et commenca l’opération.

Cela intéressait le sapeur.

Il était si gentil, ce chien-là ; il se laissait faire comme un agneau !

Beaupoil bourra sa pipe et, s’étant commodément accoté au parapet, se disposa à ne pas perdre un détail de l’opération.

En un clin-d’œil, ou plutôt en quatre coups de ciseaux, le tondeur eut dégarni de poils tout l’arrière-train de la bête.

Et tout en manœuvrant ses ciseaux avec une dextérité qui émerveillait le brave militaire, il expliquait complaisamment les diverses phases de son travail :

 — Voyez-vous, disait-il, comme il commence déjà à devenir gentil ?

 — Oui, oui, faisait Beaupoil avec conviction, c’est vrai ! je le trouve bien mieux.

Il est juste de dire qu’en effet, la pauvre bête devenait plus jolie, tant il est vrai que pour les toutous comme pour les femmes, un peu de toilette ne nuit jamais.

 — Maintenant, dit le tondeur, quand il eut rasé le caniche jusqu’au milieu des reins, je vais lui faire deux belles paires de manchettes aux pattes, n’est-ce pas, militaire ?

 — Ah ! oui, répondit Beaupoil, ça lui donnera de l’élégance.

 — Tenez, voyez, fit l’industriel avec un regard de complaisance sur son œuvre, n’est-ce pas que ça lui va tout à fait bien ?

A présent, continua-t-il, nous allons lui faire des moustaches, ça donne aux chiens un air guerrier.

 — A mon avis, répartit le sapeur, c’est ce qui leur va le mieux.

Alors, l’artiste s’informa si l’on préférait la moustache en croc ou la moustache tombante ; mais Beaupoil n’avait jamais étudié la question du port de la moustache chez les cabots ; aussi répondit-il avec un peu d’embarras :

 — Ma foi, les moustaches en croc, c’est peut-être un peu trop cocardier... mais tout de même c’est plus crâne !...

Le tondeur prit ce simple avis pour un acquiescement et, rapidement, tailla au caniche de superbes moustaches en croc.

Enfin, ce fut le tour de la queue.

Là, par exemple, Beaupoil et le tondeur ne furent plus du tout d’accord.

Ce dernier soutenait que le bouquet était ce qu’il y avait de mieux porté, que c’était la toute dernière mode et que tous les toutous de ces dames, au faubourg St-Germain et au quartier Bréda, avaient tous le bouquet à la queue.

Beaupoil, sans trop savoir pourquoi, prétendait que le bouquet n’était pas ce qui lui paraissait convenir au genre de beauté du caniche.

 — Alors, fit le tondeur un peu vexé, je peux lui tondre la queue complètement ?

 — Hum ! ce serait peut-être un peu maigre, objecta le sapeur.

 — Eh bien ! si on lui laissait seulement deux ou trois anneaux.

Mais Beaupoil était décidément en veine de contradiction.

 — Ce serait prétentieux !... opina-t-il avec une légère moue.

 — Alors, vous voyez bien qu’il faut en revenir au bouquet ! s’écria le tondeur triomphant.

 — Ce n’est pas mon avis, fit le sapeur s’entêtant.

 — Alors, avez-vous une autre idée ?

 — Ma foi, non, répondit Beaupoil, qui, réellement, n’en avait pas.

 — Eh bien ! alors, reprit l’homme aux ciseaux, laissez-moi faire le bouquet : vous verrez comme il sera bien. Voulez-vous ?

 — Après tout, fit tout à coup le sapeur d’un air absolument détaché, faites-lui donc ce que vous voudrez, ça m’est bien égal !

 — Comment ? s’écria le tondeur un peu surpris.

 — Bédame ! conclut Beaupoil en quittant le parapet, si le chien était à moi, je ne dis pas.

 — Comment ! fit d’un air navré le pauvre tondeur, il n’est pas à vous le cabot ?

 — Jamais de la vie ! fit le sapeur.

 — Et vous me laissez m’escrimer dessus depuis trois quarts d’heure.

 — Mais ce n’est pas moi qui vous l’ai demandé, riposta Beaupoil, ni lui non plus, la pauvre bête.

Et laissant l’industriel exhaler sa mauvaise humeur et toujours suivi de son inséparable ami, le sapeur rentra tout heureux au quartier.

Dès ce jour, le chien fut adopté et mis en substance à la cantine.

On l’a même appelé « capitaine », afin de faire enrager l’adjudant !

La Leçon de politesse

Ce jour-là, le commandant Gardavau avait organisé une partie de chasse avec quelques officiers du régiment et avait emmené pour servir de rabatteurs les sapeurs Beaupoil et Lebouc.

Les officiers marchaient en ligne et pan ! pan ! pan ! tiraient sur le gibier, qu’au fur et à mesure Beaupoil et son collègue empilaient dans des sacs.

Les deux hommes étaient émerveillés !

Il y en avait des lièvres, des lapins, des faisans, des perdreaux ! Il y en avait tant que selon l’avis de Beaupoil, s’il avait fallu mettre tout cela à la broche on eut dû enfiler tout ce gibier entre deux poteaux du télégraphe.

Après la chasse, les officiers se partagèrent les pièces et le commandant en mit quelques-unes de côté pour les offrir à ses amis.

Puis appelant Beaupoil, dont probablement la figure lui avait paru révéler une intelligence plus développée que celle de l’autre sapeur, il lui dit, en lui tendant un lapin superbe et un magnifique faisan :

 — Sapeur, vous allez me porter ce lapin, rue Bréda, 69, chez Mme du Troulala ; vous lui direz qui le lui envoie et que ce soir, je viendrai la voir.

 — Bien, mon c’mandant, fit Beaupoil.

 — Ensuite, continua le commandant, vous irez chez le colonel et vous lui offrirez ce faisan de ma part.

 — Bien, mon c’mandant.

Et voilà le sapeur parti avec les deux bêtes.

Or, Beaupoil n’avait pas été élevé sur les genoux des duchesses ; il en convenait volontiers lui-même.

La politesse était pour lui un fourbi trop compliqué pour qu’il put se loger dans la sorbonne toutes ces formules hiérarchiques, lui qui avait l’habitude de dire les choses tout simplement ; juste ce qu’il fallait pour se faire comprendre, quoi !

Mais cependant, le brave, sapeur savait bien qu’il y a des gens qui sont à cheval sur les principes et dame, à ceux-là il fallait bien faire voir qu’on était éduqué et qu’on savait tout de même comment leur z’y parler. Beaupoil arriva bientôt au 69 de la rue Bréda où il devait poser le lapin de son commandant.

A son coup de sonnette, une fringante petite bonne vint ouvrir.

 — Mazette, pensa le sapeur en arrondissant des yeux comme des boules de loto, pour une fille chouette, v’là une fille chouette ! Pour sûr qu’elle a de ça !

Et il remit son lapin avec son plus engageant sourire.

La bonne emporta l’animal en priant le sapeur d’attendre une instant et bientôt, Beaupoil, par la porte entr’ouverte, entendait une voix qui lui parut plus suave qu’un solo de hautbois :

 — Ah ! qu’il est gentil, mon petit commandant !... disait Mme du Troulala. Des lapins comme ça, à la bonne heure ! Donne cent sous au brave garçon qui l’a apporté.

 — Nom d’un pétard ! pensa Beaupoil, à ce prix-là, j’y en porterais bien tous les jours, des lapins, à la petite dame du colo, et même à chaque repas, encore !

Cependant, la bonne avait reparu et mettait dans la main du sapeur une belle pièce de cent sous.

Beaupoil jugea que cette circonstance exigeait qu’il fit voir que les sapeurs français n’étaient pas des mufles ; aussi, passant le revers de sa main sur l’éventail de sa barbe, il s’écria :

 — Vous remercierez bien pour moi, votre bourgeoise, mam’zelle, et si vous voulez permettre...

Là dessus il colla à la gentille soubrette, un bon bécot dans le cou, juste sur un petit grain de beauté tout folichon qu’il avait remarqué tout de suite.

Çà, c’était de la politesse, ou alors Beaupoil ne s’y connaissait pas.

Il ne restait plus au sapeur qu’à accomplir la seconde partie de sa mission et c’est d’un pas allgère qu’il arriva chez son colonel.

Beaupoil, que ses fonctions de planton amenaient souvent chez son chef, savait que celui-ci raffolait du faisan et il se faisait déjà une joie du plaisir qu’allait éprouver le colo.

Aussi, entra-t-il chez l’officier supérieur, comme un boulet de canon.

 — Tenez, mon col’nel, s’écrie-t-il, en v’là un riche fourbi que le c’mandant Gardavau vous envoie !

Mais à la profonde stupeur de Beaupoil, le colonel lui lance un regard capable de rôtir le faisan.

 — C’qui m’a f... ichu une spèce de gougat pareil !... hurle-t-il. S’que c’est comme ça qu’on s’présente devant son col’nel ?

La sapeur, tout interloqué, ne bronche pas, prend l’attitude militaire, rectifie la position, les talons sur la même ligne, les mains sur la couture du pantalon, la tête directe.

 — Quand donc sauras-tu te présenter et parler poliment ? continua le colonel.

 — Pardon !... mon col’nel... balbutie Beaupoil. — C’est la joie... le plaisir...

 — Bon ! bon ! dit l’officier un peu radouci, mais enfin, ça n’empêche pas de dire les choses comme il faut.

 — Faitement, mon col’nel ! hasarde le sapeur un peu rassuré.

 — Voyons, reprend le colonel en se le vant, il faut que je t’apprenne ça une bonne fois pour toutes. Assieds-toi là, dans mon fauteuil, comme j’étais moi-même tout à l’heure et je vais te montrer comment on se présente. Tâche de retenir la leçon.

 — Faitement, mon col’nel !

Et le brave sapeur, après quelque hésitation, s’installe dans le fauteuil qui lui était indiqué.

 — Ecoute bien, dit-il, et regarde bien surtout.

 — Faitement, mon col’nel.

L’officier sortit, frappa trois coups discrets à la porte, puis rentra.

 — Tu vois, dit-il, on frappe avant d’entrer, au lieu de se précipiter comme une trombe, ainsi que tu l’as fait.

Devant la condescendance de son chef, le sapeur s’était enhardi :

 — Alors, fit-il, moi j’réponds : entrez ! s’pas mon col’nel ?

Alors le colonel s’emparant du faisan :

 — C’est ça, répondit celui-ci ; c’est ça, je vois que tu comprends. Et il continua :

 — Alors j’entre et je dis : « Mon colonel, voilà un faisan que le commandant Gardavau vous prie de vouloir bien accepter. »

Beaupoil ne perdait pas un mouvement de l’officier.

 — Voilà comment on s’exprime. Tu as compris ?

 — Faitement, mon col’nel, répond Beaupoil qui venait d’avoir une idée. Alors moi je suis mon colonel censément, et je réplique : « Sacré bleu ! quelle belle bête !... Tiens, mon garçon, v’là cent sous pour ta course !

Le colonel eut un bon rire, il était tout à fait désarmé, et de bon cœur, il mit cent sous dans la main du sapeur.

Depuis cet aventure celui-ci est persuadé qu’il a donné au colonel une fière leçon de politesse.

Le Guignol des Zouaves

*
**

Au troisième zouaves, Dubec était, de mon temps, le boute-en-train de tout le régiment.

Nous étions cantonnés au camp de Djebel-Ouach, à deux portées de Lebel de la ville même de Constantine.

Vrai Dieu ! on rigolait dans ce temps-là chez les zouzous ! Nous y étions une bande de vrais lurons, aimant le plaisir, la joie, la France mère ; mais, par exemple, pas tire-au-flanc du tout : Pierre Lechacail, mon vieil ami, un riche copain pour la rigolade ; Barboucha, un vieux chacail à trois brisques, poilu comme un ours, fier comme l’Atlas, fort comme un de ses lions ; Barda, qui avait fait le Mexique, l’Italie, la Crimée et la Chine ; enfin, le plus chic de tous, le plus rupin, Dubec, un parigot, clairon à la première du trois, qui avait une tête brûlée comme celle d’un zéphyr, un bagout de gavroche et un cœur de Français.

Je me souviendrai toujours de la fête du régiment l’année dernière.

Pour cette réjouissance, Dubec avait voulu quelque chose de nouveau, inconnu du bataillon, comme il le disait tout seul, et quelque chose à se tordre, comme nous le disions tous.

Mon lascar s’était immédiatement mis en campagne. Le dimanche avant la fête, notre Parisien, qui avait obtenu la permission de la journée, en avait profité pour se rendre, dès le matin, à Constantine.

Auparavant, il nous avait communiqué les projets qu’il avait médités pour l’organisation de la petite réjouissance. Il ne savait pas encore très bien. Pour les détails, on s’arrangera toujours ! nous disait-il. — Mais, pour l’ensemble, voici ce qu’il avait décidé :

On jouerait une pièce de théâtre que, pour la circonstance, il avait composée lui-même, avec la collaboration d’Oscar Piston pour les couplets.

Ce qui l’embêtait par-dessus tout, c’était le manque d’acteurs à la coule.

La pièce était pleine d’allusions politiques, de celles qu’on se permet au régiment et qui font rigoler tout le monde, même les officiers, car ils assistaient à nos petites fêtes.

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