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Les filleules de Mme Lionne

De
114 pages
A Doubasso, la capitale, des milliers de jeunes filles sont soumises à la servitude, à toutes sortes d'exploitations et d'exactions dans les ménages ainsi que dans les rues, dans les maisons closes dans les bars et les gîtes des gangs. Madame Lionne, très choquée par les mauvais traitement que les citadins infligent au filles migrantes en ville, prend la ferme résolution de s'engager corps et âme dans le combat en vue de les endiguer. Non contents de ses actions, des bandits se concertent, l'enlèvent et la séquestrent.
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Adama FankéléTR AORÉ
Les filleules de Mme Lionne Récit
Les impliqués É d i t e u r
LES FILLEULES DE MME LIONNE
Les Impliqués Éditeur Structure éditoriale récente fondée par L’Harmattan, Les Impliqués Éditeur a pour ambition de proposer au public des ouvrages de tous horizons, essentiellement dans les domaines des sciences humaines et de la création littéraire. Déjà parus Gobert (Frédéric),Les aventures de Fanny Mandler. Des catacombes à l’Élysée, roman jeunesse, 2017. Malek (Nabil),La Reine de Beyrouth, roman, 2017. Jézèquel (Victorine),Les Victorines, contes, 2017 Soumaré (Zakaria),Un Breton chez les Soninké, récit, 2017. Sabourin (Pierre),Les Voyageurs de l’Outaouais, récit, 2017. Yacine (Jean-Luc),En Musulmanie, roman, 2017. Yapo (Yapi),Animer la commune ivoirienne, essai, 2017. Le Gall (Yves),Un rêveur engagé.récit d’une vie, 2017. Silveira (Vincent),La métamorphose d’un fasciste repenti, essai, 2017. Joseph (Claude),Le fou du labo 25, roman, 2017.
Ces dix derniers titres de ce secteur sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site : www.lesimpliques.fr
Adama Fankélé Traoré Les filleules de Mme Lionne récitLes impliqués Éditeur
Du même auteur
Kady. Une indigente chaste, L’Harmattan, 2016.
Le rôle des agents de base sur le développement en Afrique. Cas du mali, L’Harmattan, 2014.
Rôles et responsabilité des parents dans l’éducation en Afrique noire, L’Harmattan, 2013.
L’association des mères d’élèves de Dibougou, L’Harmattan, 2012.
© Les impliqués Éditeur, 2017 21 bis, rue des écoles, 75005 Paris www.lesimpliques.fr contact@lesimpliques.fr ISBN : 978-2-343-11289-3 EAN : 9782343112893
Avant-propos
La pratique de l’exode saisonnier par les adolescentes quittant le milieu rural pour venir travailler en ville en vue d’avoir de l’argent pour se doter de trousseau de mariage et satisfaire d’autres besoins, est une problématique sur laquelle, certes, beaucoup d’intellectuels : écrivains, hommes de théâtres ou autres artistes, ont eu à plancher, mais les attentions sont généralement focalisées sur un seul aspect du phénomène : l’utilisation des filles migrantes dans les travaux domestiques des familles citadines, ce qui leur a donné diverses appellations : domestiques, servantes, bonnes, « 52 », aide-familiales, aide-ménagères, etc. Il est évident que la migration de ces filles en ville pour s’adonner à cette activité a des effets négatifs qui ont été plusieurs fois mis en exergue. Ce qui n’est fréquemment pas évoqué, c’est qu’en dehors des familles, ces filles, une fois en villes, sont également, souvent utilisées dans d’autres domaines tels que la prostitution par les proxénètes, le braquage des motocyclistes par les bandits, la vente de drogues par les narcotrafiquants. Dans cet ouvrage l’auteur, à travers le récit fait non seulement un rappel sur les exactions auxquelles sont soumises les filles migrantes dans les ménages mais souligne aussi leur utilisation dans la prostitution, le banditisme et le trafic de drogues. Il invite à réfléchir sur la possibilité d’arrêter le phénomène : que ces filles ne quittent plus leurs villages pour venir travailler en ville. Les familles citadines peuvent-elles se passer de leur service ? Si elles ne sont pas là qui va prendre la relève ? Si elles ne viennent pas en ville pour les raisons plus loin citées comment vont-elles satisfaire leurs besoins ?
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L’auteur donne ses réponses à ces questions mais le débat reste ouvert.
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I. Les « bonnes » dans les ménages
— Niélé, Niélé ! — Oui, Bébé, répondit la servante. — Pourquoi es-tu si injuste à mon égard ? — Qu’est-ce que j’ai fait ? — Tu viens de faire les lits de tous les membres de la famille sauf le mien. — Excuse-moi, Bébé, c’est un oubli, je m’en vais tout de suite faire ton lit. En liant les gestes à la parole la bonne rentra à grandes enjambées dans la chambre de Bébé, elle secoua bien le drap de lit, l’étala convenablement et plaça l’oreiller au chevet du lit. Benjamine de la famille, Bébé avait bouclé ses seize ans, elle faisait ses études secondaires. Niélé était son aînée d’un ou de deux ans, qui avait quitté son village, comme la plupart des filles de son âge pour venir travailler en ville comme servante afin d’avoir de l’argent pour se procurer le trousseau de mariage. C’était elle qui devait tout faire dans la famille : des travaux ménagers aux petits services rendus à chaque membre de la famille, des plus grands aux plus petits, tels que le rangement des lits, le nettoyage des chaussures, l’achat de bonbons pour les enfants. Tant qu’il y avait une bonne à tout faire, aucun autre membre de la famille ne devait faire quoi que ce fût. La cuisine, le lavage de la vaisselle et du linge, n’étaient pas l’affaire de grandes filles comme Bébé, la « bonne à tout faire » devait se charger de tout car elle était payée pour cela. Les principes étaient ainsi établis dans la famille Fané. Bien sûr la bonne recevait un salaire à la fin du mois mais les membres de cette famille manquaient-ils de perspicacité pour comprendre que ce salaire était dérisoire par rapport au poids et le temps du travail assigné à la bonne ?
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