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Les fossoyeurs

De
155 pages
Ian est celui qui est parti à la poursuite du majestueux cerf dans la forêt. Sa devise :
agir en premier, penser après. Kendra ne voulait pas être séparée des autres élèves de sixième, mais elle a tout de même suivi Ian, en dépit de ce que son esprit d’analyse lui dictait. PJ l’a suivi également. Bien qu’il fût effrayé, il s’est dit qu’il pourrait tourner
quelques séquences vidéo mémorables avec sa caméra. Ils espéraient tous revenir sur le sentier avant que quelqu’un remarque qu’ils étaient partis. Cependant, la montagne avait d’autres projets pour eux : des projets sombres et sinistres dont seuls les cauchemars sont faits. À présent, ils ne savent pas où il sont. Ils ne savent pas comment rentrer chez eux. Ils ne savent pas quelles horribles créatures se cachent dans l’obscurité. Mais quand ils comprennent que ces effroyables vampires sont en fait des zombies affamés, seront ils capables d’échapper à la montagne vivants? Ce premier livre de la série Les fossoyeurs est une course terrifiante et mystérieuse qui tiendra les lecteurs en haleine jusqu’à la toute dernière page.
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Copyright © 2012 HarperCollins Publishers Titre original anglais : Gravediggers : Mountain of Bones Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec HarperCollins Publishers, New York, NY Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Carole Finance et Sophie Beaume Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89733-821-3 ISBN PDF numérique 978-2-89733-822-0 ISBN ePub 978-2-89733-823-7 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Krovatin, Christopher [Gravediggers. Français] Les fossoyeurs Traduction de : Gravediggers.
Sommaire : 1. La montagne d’os -- 2. La crique de la terreur. Pour les jeunes de 10 ans et plus. ISBN 978-2-89733-821-3 (vol. 1) ISBN 978-2-89733-824-4 (vol. 2) I. Beaume, Sophie, 1968- . II. Krovatin, Christopher. Mountain of bones. Français. III. Krovatin, Christopher. Terror cove. Français. IV. Titre. V. Titre : La montagne d’os. VI. Titre : La crique de la terreur. VII. Titre : Gravediggers. Français. PZ23.K762Fo 2014 j813’.6 C2014-940569-3
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À la douce mémoire des danseurs de Pine City
REMERCIEMENTS
M erci à Claudia Gabel d’avoir pensé à moi, à chacun et chacune de HarperCollins pour leur aide, et à mes amis et ma famille pour leur amour et leur soutien. Des remerciements particuliers à Sam Raimi et à George Romero, dont la menace éternelle m’a toujours poussé à survivre.
Tiré du Manuel d’une gardienne de Lucille Fulci Chapitre 6 : Les fossoyeurs c. 6 — La loi du trio L e travail de gardienne est solitaire en raison de sa nature. Ce n’est qu’avec une grande concentration qu’une gardienne peut gérer suffisamment son temps et ses ressources pour accomplir la tâche de confinement. D’autant plus que la profession de gardienne lui demande de résider en zones contaminées, qui sont rarement hospitalières pour les maris, les familles ou les amis (cela ne fait que renforcer la superstition que les gardiennes sont intrinsèquement cruelles et antisociales). Les fossoyeurs, cependant, ne voyagent presque jamais seuls et sont spécialement connus pour aller par trois. Bien sûr, trois est un nombre important dans la sorcellerie. Les actes de violence karmique sont récompensés triplement pour ceux qui les ont commis, et Hécate, déesse des sorcières, aurait trois visages. Mais la raison pour laquelle la loi des trios semble s’appliquer à ces outils de destruction rarement utilisés est toujours un mystère. Une explication possible est qu’une équipe de fossoyeurs doit être flexible dans son comportement et ses pratiques pour s’adapter au danger auquel elle fait face, et un groupe de trois personnes crée un parfait équilibre. Il n’est pas suffisant d’avoir simplement la force d’un côté et la sagesse de l’autre ; le cœur, l’intermédiaire entre l’esprit et le corps, doit être représenté. Les gardiennes comme les fossoyeurs oublient souvent que le véritable ennemi du monde, celui contre lequel ils ont été formés pour lutter, repousse le karma. C’est une créature aussi monstrueuse spirituellement que physiquement. Le système des trois fossoyeurs permet de compléter leur rôle dans l’anéantissement du mal. Les trios ne sont pas nécessairement imposés aux fossoyeurs. Souvent, un plus grand nombre équivaut à un plus grand impact. Sans les onze membres de la famille Beane, la Grande Révolte du Caire aurait constitué un événement nettement plus horrible, et il y a toujours eu des rumeurs sur certains fossoyeurs solitaires parcourant la campagne, détruisant le mal partout où ils le jugent nécessaire (voir Annie Oakely, p. 126). Mais il suffit de regarder les grandes équipes de fossoyeurs de l’histoire — Les Matanzas en 1698, les triplés Laumpreck en 1780, la Fugue en 1861 et de nouveau en 1888, et le clan Richmond en 1914 — pour constater qu’une formation de trois personnes est devenue une sorte de tradition parmi les chasseurs de malédictions. Ceci, entre autres choses, a participé à opposer la catégorie des fossoyeurs à celle des gardiennes. Les gardiennes sont solitaires et avisées, alors que les fossoyeurs sont sociables et réactionnaires. Les membres des deux camps pensent que travailler ensemble est essentiel. Alex Wuttinger de la Fugue a prononcé cette phrase célèbre : « Trois et une gardienne, voilà la méthode. » Mais souvent, un groupe rejette l’autre. En fait, beaucoup de gardiennes — tout comme cette auteure — pensent que ce guerrier est dépassé et cruel et sont actuellement en discussion pour que les fossoyeurs soient isolés. Les fossoyeurs, trop souvent guidés par l’ennui et la rage, attaquaient des populations totalement reléguées à la malédiction. Selon des découvertes technologiques et magiques récentes, avoir des commandos de trois personnes choisies au hasard semble inutile. Cependant, puisque leur présence était vitale pendant les jours les plus sombres de confinement, ils seront traités dans ce livre.
UN
Ian
B on, ça y est, laissez-moi sortir. Je suis en train d’agoniser, ici, les gars ! Les portes du bus s’ouvrent, et je suis la première personne de l’allée à me retrouver à l’extérieur. Une bouffée d’air chaud de la campagne souffle sur mon visage et, d’un coup, les deux heures ennuyeuses du trajet en bus s’évaporent. J’y suis enfin, dehors dans la nature, à faire partie du décor. Il y a l’autre bus qui évacue lentement les jeunes, il y a les immeubles au rouge écaillé de Homeroom Earth, mais je me dis que ce qui est fait est fait. Je vois les rangées d’arbres qui oscillent, les rochers au relief brun rougeâtre, les montagnes d’un mauve verdâtre sur le ciel bleu sans fin, lointaines mais très faciles à escalader. Tout le monde descend du bus, s’étirant, commençant à chercher son sac, mais tout ce que je veux faire à l’instant présent, c’est rester là et en profiter. La campagne du Montana au loin est au-delà de tout ce à quoi je suis habitué dans la périphérie du Wyoming, où les ratons laveurs sont la chose la plus effrayante qu’un jeune puisse rencontrer. Pourtant, ce lieu est fait pour moi, comme si chaque seconde passée dehors était constituée de tout cet endroit, comme si chaque fois que je respirais, je faisais pénétrer les arbres, les montagnes, les rochers, le ciel dans mes poumons, assimilant mon corps à une part d’eux-mêmes. Alors, je m’approprie tout, je ferme les yeux, serre les poings et respire, respire, respire. Je suis là ! Je suis prêt ! Allons-y ! — Salut Ian ! Sean Cunningham et Mitchell West, mes copains au basket, descendent du bus près de moi. Sean a de larges épaules et un visage aplati. Mitchell est mince et il a de longs membres et des cheveux noirs en épis. Ils sourient tous les deux, faisant craquer leurs doigts et leur cou, et je sais qu’ils ressentent eux aussi toute l’immensité d’être là dehors, toutes les occasions. — Mec, dit Sean en pointant les montagnes au loin, on va escalader ça ! Je crie : — Retenez-moi ! Je me précipite en avant, et ils s’empressent d’attraper mes bras pour m’empêcher de me lancer la tête la première dans la forêt. Je souris si fort que cela en est douloureux. Ces deux dernières années, j’ai pu m’amuser avec les autres garçons de mon équipe seulement à l’entraînement, principalement parce qu’ils habitent tous à l’autre bout de la ville et que maman veut que je traîne tout le temps avec PJ, mais à présent, enfin, mes coéquipiers et moi pouvons faire quelque chose de sympa ensemble, nous éclater ici en pleine nature. — On doit garder l’œil quand même, dit Mitch, pointant un doigt vers moi pendant que nous marchons péniblement vers notre classe et dégageons nos sacs. Souviens-toi : les danseurs de Pine City. Sean hoche catégoriquement la tête. — Quand sont-ils venus ici ? demande-t-il, paumé. J’ai toute l’histoire en tête depuis que Jeremy Morris de secondaire 1 nous l’a racontée à la cafétéria la semaine dernière, mais je joue le jeu pour entendre Mitch la raconter de nouveau. — Ils ont disparu l’année dernière, dit Mitch d’une voix profonde et basse. — Toute la troupe de danse de Pine City, au Montana, en camping, bang, simplement disparus. — Qu’est-ce que tu crois qui leur est arrivé ?
— Personne ne sait, dit Mitch. — Un an plus tard, ils n’ont encore retrouvé aucun des corps. Sean et moi échangeons un regard : les corps. Dément. — Le camp a établi une histoire officielle nulle pour dire pourquoi ils ont dû annuler le Homeroom Earth l’année dernière et pourquoi il y avait des flics et des officiels de la santé grouillant un peu partout. — La peur d’un empoisonnement de la nourriture, c’est ça ? dit Sean. — Je crois que c’était une invasion d’insectes, lui dis-je. — Que des mensonges, dit Mitchell, l’air sournois. Ils sont là quelque part. Dans une grotte, leur chair pourrissant, probablement dévorés par des animaux sauvages… Sean met ses doigts sur sa bouche et gonfle ses joues, et nous faisons tous les trois des bruits de vomissements entrecoupés de rires. — Faisons un pari, dit Sean. Si je trouve le premier cadavre, vous, les gars, me devez un mois complet de desserts. — Mec, tu es un vrai petit gros, dit Mitch. D’accord. Si je trouve le premier corps, vous, les gars, devrez m’appeler « papa Mitch » pendant deux semaines. Nous acquiesçons. Ça paraît équitable. — Ian ? Oh bon sang, est-ce que j’ose ? Je l’ai eu sur le bout de la langue pendant toute la saison. C’est peut-être trop, mais hé, mes passes se sont améliorées au basket le mois dernier, alors pourquoi ne pas tenter ? — D’accord, si je trouve le premier corps, vous devrez raconter tous les deux à l’entraîneur Leider que je devrais commencer comme meneur de jeu à la place de Kyle. Sean et Mitchell se regardent et sifflent, mais ensuite Sean dit : — Entendu. Nous mettons tous nos poings au milieu, les heurtons en formant un triangle et lançons un unanime « BOUM ! ». Maintenant, c’est décidé : je dois trouver le premier cadavre. — Premier jour de Homeroom Earth : Ian Buckley, notre perpétuel protagoniste, prend part à un rituel entre hommes. « Oh, super. » Je regarde par-dessus mon épaule et voilà que je l’aperçois, celui qui fait tache avec son gros caméscope noir collé à son visage. Immédiatement, Sean et Mitch se mettent à maugréer. PJ Wilson se fond mal en pleine nature. Il est mince, petit, pâle, et a des cernes sous les yeux. Par-dessus le marché, il y a ce qu’il porte — un t-shirt vert avec un ours dessus, une minuscule paire de shorts cargo et de vieilles baskets — et ce qu’il sent — la crème solaire, l’insecticide, le savon, les médicaments — qui font de lui une cible ambulante. Oh, et la caméra, bien sûr. Impossible de l’oublier. Même si j’essayais. Je dois maîtriser cette situation. Je ne peux pas laisser mes coéquipiers dire trop de bêtises sur PJ. Il est mon plus vieil ami, nos parents se connaissent depuis toujours, et c’est un bon gars dans le fond, mais il ne me rend pas les choses faciles. Mettez une brochette de garçons dans la forêt, ils deviennent un peu dingues, et la première chose qu’ils vont faire c’est chasser l’intrus hors du groupe. — Peut-être que PJ peut venir avec nous, dis-je à Sean. Qu’est-ce que t’en dis, mec ? Tu veux avoir des films des cadavres ? Tu te souviens quand j’ai parlé des danseurs de Pine City… L’objectif de la caméra s’arrête sur mon visage. — Tu te moques de moi. Tu crois vraiment à cette histoire de fantômes de Jeremy Morris ? Allons, les gars, utilisez vos cerveaux ! Je regarde Sean et Mitch, qui sourient comme pour dire « est-ce que tu crois en ce type ? ». Mais j’interviens trop tard. Sean est en train de s’accroupir, ramassant quelque chose dans ses