Les Lumières du bayou

De
Publié par

Deuxième épisode des Yeux de tempête

Ioen a quitté un poste enviable de capitaine de navire pour suivre Guillaume dans le Nouveau Monde. Hélas, La Nouvelle-Orléans n’est pas le paradis escompté, mais un repaire de trafiquants et de magouilleurs. Désespérant de trouver un emploi honnête, Ioen accepte de guerre lasse de mener une cargaison secrète, de nuit, à travers le bayou.

Au contraire de son compagnon, Guillaume s’épanouit à La Nouvelle-Orléans. Cependant, depuis quelques jours, des rumeurs annoncent des troubles dans la ville... Entre la proposition de son ami indien de passer quelque temps au vert, et Ioen qui s’obstine à honorer son engagement, Guillaume doit faire un choix, et vite !

13 000 mots (nouvelle)

« J’ai bien aimé ce second épisode. La relation des deux hommes évolue et se précise, c’est intéressant à découvrir. » Amélie Voyard-Venant (auteure de Chimères, Gangsters et Informatique)


Publié le : jeudi 27 février 2014
Lecture(s) : 3
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782924395189
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Résumé
Ioen a quitté un poste enviable de capitaine de navire pour suivre Guillaume dans le Nouveau Monde. Hélas, La Nouvelle-Orléans n’est pas le paradis escompté, mais un repaire de trafiquants et de magouilleurs. Désespérant de trouver un emploi honnête, Ioen accepte de guerre lasse de mener une cargaison secrète, de nuit, à travers le bayou. Au contraire de son compagnon, Guillaume s’épanouit à La Nouvelle-Orléans. Cependant, depuis quelques jours, des rumeurs annoncent des troubles dans la ville… Entre la proposition de son ami indien de passer quelque temps au vert, et Ioen qui s’obstine à honorer son engagement, Guillaume doit faire un choix, et vite !
De la même auteure
aux Éditions Laska
Les Yeux de tempête
Les Yeux de tempête - épisode 3 : Les Îles du Diable
Les Yeux de tempête - épisode 4 : Les Parfums de Pondichéry
Bébé à bord
LES YEUX DE TEMPÊTE - ÉPISODE 2 :
LES LUMIÈRES DU BAYOU
Anne Rossi
Éditions Laska Montréal, Québec Courriel : info@romancefr.com
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnages, lieux et incidents sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
Tous droits réservés © Anne Rossi, 2014 Extrait deLes Îles du Diable© Anne Rossi 2014.
Aucune reproduction ou transmission, totale ou partielle, n’est autorisée sans le consentement écrit préalable de la détentrice des droits et de l’éditeur.
Le téléchargement de cet ebook sur d’autres sites que ceux autorisés par l'éditeur ainsi que son partage au-delà du cadre strictement familial et privé est interdit et puni par la loi. Les Éditions Laska s’engagent à ne pas apposer de DRM ni d’autre mesure visant à restreindre l’utilisation de cet ebook par les personnes l’ayant dûment acquis.
Design de la couverture : Claudia Lopez Photo de couverture 1 © Cla78 - Fotolia.com Photo de couverture 2 © Eric Isselée - Fotolia.com Photo de couverture 3 © quayside - Fotolia.com
ISBN : 978-2-924395-18-9
Résumé Autres publications de l’auteure Page titre Droits d’auteur Les Lumières du bayou Merci ! Les Îles du Diable (extrait) L’auteure
Table des matières
LesLumières du bayou
Ioen tourna le dos à la Place d’Armes[1] noire de monde. Un nouveau jour se couchait sans qu’il eût trouvé d’embauche. Rectification : d’embauche digne de ce nom. Les embrouilles, les combines boiteuses et les patrons véreux, il en pleuvait chaque jour plus que le fleuve Saint Louis[2] ne pouvait en absorber. Mais lui, Ioen Le Hir, ne mangeait pas de ce pain-là. Ce qui signifiait qu’il ne mangeait pas du tout, par les temps qui couraient. Il écrasa d’une claque rageuse le moustique qui venait de se poser sur sa joue. Deux mois qu’il avait débarqué à La Nouvelle-Orléans. Il n’avait jamais autant détesté une ville. Tout ici lui paraissait pourri, corrompu par la chaleur moite. La France avait oublié cette terre de l’autre bout du monde, peuplée de rebuts de la société. Condamnés de droit commun, esclaves marrons, matelots déserteurs, filles de joie et contrebandiers formaient une population colorée, sans règles établies, sans autre loi que celle du plus fort ou du plus malin. En principe, le seul commerce légal était celui à destination de la France et des Antilles. C’était sur l’un de ces navires que Ioen espérait décrocher une place, mais la corruption généralisée rendait la chose trop chère pour sa bourse. La majorité de la population vivait de divers trafics, notamment à destination des colonies espagnoles. Il se murmurait déjà que les Espagnols ne tarderaient pas à mettre la main sur la ville. Alors, en attendant, chacun voulait sa part du gâteau, fût-il moisi. Sauf Ioen, apparemment. Il rêvait de s’embarquer sur le premier navire venu et de mettre les voiles. Comme sa bien-aiméeSalicornelui manquait ! Le soleil se couchait sur les bâtiments décrépis. La ville étant régulièrement détruite par des tornades, les maisons étaient reconstruites à la hâte, planches de guingois, peinture sommaire. Du moins, dans le quartier où il logeait. Ses finances ne lui permettaient pas de s’offrir l’une des luxueuses demeures coloniales des marchands enrichis par la contrebande. Penchée à son balcon, une Créole à la poitrine généreuse lui adressa un signe d’invite. Un sourire ironique échappa à Ioen. Si elle savait à quel point elle perdait son temps ! D’un pas lent, il s’engagea dans la rue qui menait à la pension. Une odeur de poisson frit imprégnait l’espace réduit entre les façades. Une soudaine vague de nostalgie le submergea. Que faisait-il là, dans cette ville étrangère, alors qu’il aurait dû se tenir à la barre de son bateau ? Il respira plus fort, pour chasser le doute. Cette question, il se l’était posée plusieurs fois avant de prendre la décision de tourner le dos à son ancienne vie. La réponse avait un nom : Guillaume. Il accéléra le pas. Dès qu’il verrait son amant, l’impression de mal-être se dissiperait, comme d’habitude. La pension se dressait au fond d’une impasse. Un véritable coupe-gorge mal éclairé, à l’odeur d’urine. Néanmoins, les rires et la lumière se déversaient à flots par les fenêtres du rez-de-chaussée, preuve que, ce soir encore, on y jouait aux cartes. La poitrine de Ioen se contracta par anticipation. Il détestait les jeux de hasard, dés, cartes et paris en tout genre. Les meilleurs des hommes y perdaient leur chemise, puis leur âme. Or, on trouvait plus souvent assis aux tables de piquet ou de whist des rufians que des honnêtes hommes. Ioen avait interdit les jeux d’argent à bord de laSalicorne. Ici, il n’était hélas plus le maître. Le rire le cueillit sur le seuil de la porte. Un rire qu’il aurait reconnu entre mille et qu’il aurait voulu réserver pour lui seul. Guillaume en était pourtant peu avare. Il se trouvait à La Nouvelle-Orléans comme un poisson dans l’océan, et parmi les joueurs, comme un loup au sein de la meute. Ioen serra les dents, déterminé à ne pas se laisser aveugler par sa nouvelle déception. Si la faim ne l’avait pas tenaillé, conséquence de n’avoir rien avalé depuis le matin, il aurait pris directement l’escalier qui montait aux étages. Hélas, son estomac lui indiquait avec insistance la direction des cuisines. Et, pour y arriver, il devait passer devant la porte grande ouverte du salon. Rentrant instinctivement le ventre, il s’avança du pas le plus léger qu’il put adopter. À l’instant fatidique, il ne put toutefois retenir un regard en direction des tables. Ce qu’il vit l’arrêta net dans son élan. Guillaume était assis de profil par rapport à lui. Mais toute son attention se concentrait sur
la propriétaire de la pension, une quarteronne d’âge mûr, quoique encore appétissante. Une main posée sur la cuisse de la femme, il lui parlait à mi-voix, provoquant des minauderies dignes d’une débutante. Les autres joueurs contemplaient le couple d’un air rigolard, sans lésiner sur les allusions paillardes. La respiration de Ioen se bloqua dans sa poitrine. Il savait que cela n’était qu’un jeu. Réagir de façon disproportionnée ne pourrait que le desservir, ce dont il n’avait certes pas besoin en ce moment. Mais il ne pouvait endiguer la vague de jalousie, de frustration et de colère qui déferlait sur lui à ce spectacle. L’appétit coupé, il pivota sur ses talons sans plus se soucier de discrétion. Les marches de l’escalier gémirent sous ses pas rageurs. Au moment d’atteindre le premier palier, il crut entendre crier son nom depuis le rez-de-chaussée. Il ne ralentit pas pour autant. Hors de question de provoquer une scène en public. Il monta quatre à quatre la dernière volée de marches puis se rua dans le couloir mal éclairé. Sa main tremblait quand il voulut introduire la clé dans la serrure. Il marmonna quelques jurons avant de parvenir à tourner enfin la poignée. La chambre de l’autre côté n’était guère plus grande que la cabine de son bateau, et pas plus meublée. Mais, au moins, il s’y trouvait à l’abri des regards curieux. Il verrouilla la porte derrière son dos, se laissa tomber sur le lit, qui grinça de façon inquiétante, et, les bras croisés sur son estomac vide, s’absorba dans la contemplation du plafond. * * * « Laisse-le, chéri, il est toujours grognon, ton copain. » Sur ce point, Guillaume ne pouvait que donner raison à son interlocutrice. Il repoussa néanmoins les mains baladeuses de sa logeuse. Celle-ci atteignait l’âge où une femme a besoin de sentir qu’elle peut encore plaire. Les menues attentions qu’il lui dispensait lui permettaient de payer un loyer plus conforme à l’état de sa bourse. Un détail qu’il avait tu à Ioen, trop conscient de la façon dont son amant ne manquerait pas de réagir. Comme s’il se prostituait ! Simple bluff, comme aux cartes. À la fin, la mise se retrouvait dans sa poche — et par extension, dans celle de Ioen. Qui semblait ne lui en savoir aucun gré. Depuis leur arrivée à La Nouvelle-Orléans, c’était pourtant lui qui rapportait l’essentiel de leurs revenus. Le jeu et le charme payaient mieux qu’un dur labeur, et alors ? Il n’allait pas s’en plaindre ! Il excellait dans les deux domaines. Ioen, en revanche… Il repoussa sa chaise avec un soupir, puis rafla les pièces posées devant lui sur la table. « C’est un coup monté pour t’éclipser au bon moment », grogna l’un des autres joueurs. Guillaume ne répondit pas...
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Les Trois Sangs

de editions-laska

À toi, à jamais

de editions-laska

La Promise du vicomte

de editions-laska

suivant