Les maladies vénériennes et les sociétés de secours mutuels / par le Dr Chiara,...

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impr. de Vingtrinier (Lyon). 1872. 8 p. ; in-8.
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Publié le : lundi 1 janvier 1872
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LES
MALADIES VÉNÉRIENNES
ET LES
A ÀfeOOTTÉS DE SECOURS MUTUELS
■ /
PAR LE D' CHIÀRA,
Président des médecins sanitaires de Lyon.
De toutes les épidémies qui ont affligé notre pauvre humanité,
nulle n'a été plus terrible que le mal vénérien. Que dis—je ? la
syphilis, qui ne forme pas la quatrième partie du groupe des ma-
ladies vénériennes, a fait plus de victimes a elle seule que toutes
les autres épidémies ensemble : la lèpre, la peste, la petite vérole,
le choléra, le typhus, etc.
Cette opinion est celle de tous les auteurs qui se sont spécia-
lement occupés de ce sujet, et quelque paradoxale, monstrueuse
même qu'elle puisse paraître, la proposition que je viens d'émet-
tre ressortira, je crois, clairement, de l'exposé que je vais en
faire.
En effet, la syphilis sévit en tous temps, en tous lieux, frappe
sans distinction les innocents et les coupables, les générations
présentes et jusqu'aux germes des générations futures. Véritable
protée, elle revêt toutes les formes, tous les aspects, et sème
ses ravages, non-seulement sur les pas du libertinage et de la
débauche, mais encore dans l'usine, dans l'atelier de l'honnête
ouvrier (syphilis des verriers). Le médecin lui-même, dans l'exer-
cice de sa profession, n'en est pas exempt, (Au dernier Congrès
médical de Lyon, quatre de nos confrères portaient encore les
stigmates récents de cette contagion contractée par le toucher
explorateur.)
Tantôt, empruntant le masque d'un virus salutaire, du virus
vaccin, palladium d'un fléau également redoutable, la petite vérole,
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elle pénètre de son influence meurtrière de pauvres et innocentes
victimes (syphilis vaccinale).
Tantôt, s'enveloppant dans les langes du nouveau-né, elle fran-
chit le parvis sacré et vient souiller le sanctuaire même du temple
(syphilis des circoncis).
D'autres fois, c'est le nourrisson, au sourire candide et gra-
cieux, qui répand la maladie et la mort dans le sein de celle qui
lui donne la santé et la vie. Puis la nourrice, tendre et confiante,
infecte a son tour, dans les épanchements de son coeur, par ses
caresses et ses baisers, les êtres qui lui sont le plus chers, son
mari et ses enfants. De la prenant son essor, cette peste immonde
et insatiable envahit les parents et les voisins, et, comme un
torrent dévastateur, porte bientôt ses ravages dans toute une
région. C'est ainsi que de nombreuses et terribles épidémies ont
pris naissance et se sont propagées.
Les moyens de transport et de diffusion de la syphilis sont
aussi variés qu'inattendus : la vaisselle (verres, fourchettes, as-
siettes, etc.), la literie (draps, serviettes, chemises), les épon-
ges, les pipes, le tube du chimiste, les instruments de musique,
voire même la trousse du chirurgien, tout lui sert de véhicule, de
moyen de transmission.
Elle pénètre dans l'économie par tous les pores, par toutes les
ouvertures naturelles ou artificielles ; et aussi bien par effraction
et violence que sous l'attrait du plaisir. Elle envahit le corps
humain tout entier, depuis la plante des pieds jusqu'à la racine
des cheveux ; aucune partie solide ou liquide, aucun organe, ap-
pareil ou système n'échappe à ses coups.
Et que dirons-nous de son influence héréditaire? Elle s'attache
à sa proie depuis la première jusqu'à la dernière heure de son
existence ; elle la frappera de mort au berceau, et jusque dans
le sein maternel, ou si elle lui permet de vivre, la malheureuse
restera marquée toute sa vie de son sceau fatal. Toutes les infir-
mités physiques et morales lui feront cortège, et, chose plus
triste encore, s'étendront jusqu'à sa descendance. C'est ainsi que
les générations s'abâtardissent et s'éteignent.
En un mot, personne n'est épargné, ni le mari fidèle, ni la
chaste épouse, ni le jeune homme vertueux, ni la candide jeune
fille.

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