Les mignonnettes : poésies pour des enfants de 10 à 14 ans / par Antonin Bourel

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Lemesle frères (Angers). 1864. 1 vol. (122 p.) ; in-12.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1864
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A LA MEMOIRE
DE
FANNY HENRY
Mou Épouse, ViMv-ttlmic
A toi sont dédiées ces « Mignonnelles J> que tu avais
illustrées de tes dessins. Si elles expriment quelques-uns
de tes nobles sentiments, elles feront du bien à ces jeunes
âmes auxquelles il t'était si doux de montrer le chemin du
ciel. A. B.
- 8 -
El si par mésaventure,
On vous fait mauvais accueil,
Vous montrant une figure
Bien sèche et rude d'orgueil,
Revenez, ô Mignonnettes,
Revenez auprès de moi ;
Vous aurez, loin des tempe tes,
Un refuge sous mon toit.
Là nous vivrons solitaires;
Nous parlerons du bon Dieu
Et de nos malheureux frères
Qui sont sans pain et sans lieu.
- 9 —
1
Petit papillon
Petit papillon jaune et rose,
En courant, à peine se pose
Sur les plus odorantes fleurs ;
De tous les parfums il se lasse,
Il les savoure et puis il passe,
Vain de ses brillantes couleurs.
Le soleil sur ses blanches ailes
Fait éclater mille étincelles,
Mille reflets de diamant.
Le passant, ébloui, l'admire
Et dit avec un doux sourire :
Que ce papillon est charmant!
1*
— 10 -
Semblant comprendre ce langage,
Il devient encor plus volage
Et s'aventure sur les flots.
Mais une rapide hirondelle
Le précipite d'un coup d'aile,.
Mourant, aux pieds des matelots.
N'imite pas son inconstance,
Enfant, et dans ton innocence
Conserve la simplicité..
Cénis Dieu des biens qu'il te donne,
Et souviens-toi que la couronne
De l'enfance est l'humilité.
Sous l'oeil de ton Père céleste,
Oh ! sois toujours sage et modeste;
Que rien n'enfle jamais ton coeur.
L'orgueil comme une fine lame
Donnerait la mort à ton âme;
Car Satan serait ton vaiqueur.
— \\ -
II
La petite Fille et le Ruisseau
Charmante enfant rose et blanche,
Tonte joyeuse se penche,
Pour se voir dans le ruisseau;
Et cette onde claire et pure
A son oreille murmure :
Oh ! que ton visage est beau !
La petite fille admire
Son délicieux sourire,
Ses cheveux longs et soyeux ;
A ea ravissante image,
Elle tient, un doux langage,
Le doux langage des yeux.
- \ï -
Mais de ce miroir liquide,
Un poisson s'élance, avide,
Pour saisir un vermisseau ;
L'image s'enfuit sous l'onde,
Lorsqu'à notre jeune blonde
Une voix lui dit de l'eau :
Hélas ! vaut-il bien la peine,
Comme vous d'être aussi vaine
D'une fragile beauté,
Qui plus rapidement passe
Que le corbeau dans l'espace,
L'éclair dans l'obscuritél 1 .
Soyez donc humble et modeste ;
Que votre père céleste
Illumine votre coeur;
Cherchez Dieu dans la prière,
Cherchez-le sur le Calvaire ;
C'est là qu'est le vrai bonheur.
- 13 —
III
Le bon Dieu qui donne
D'où vient ce grand soleil,
Dis-moi, petite mère,
Donl la douce lumière
M'éclaire à mon réveil?
— Du bon Dieu qui nous donne
Ses biens et nous pardonne.
Et les cieux étoiles,
Quand commence la brune ?
Par un beau clair de lune
Les insectes ailés ?
— u —
— Du bon Dieu qui nous donne
Ses biens et nous pardonne.
Et les fertiles champs
Pleins de fleurs parfumées ;
Les fauvettes aimées
Pour leurs aimables chants ?
— Du bon Dieu qui nous donne
Ses biens et nous pardonne.
El les immenses mers
El les hautes montagnes, •
Les stériles campagnes
Et les vastes déserts?
— Du bon Dieu qui nous donne
Ses biens et nous pardonne.
Et. les moulons paissant,
Répandus dans la plaine
- 15 —
Et dont la blanche laine
Eblouit le passant?
— Du bon Dieu qui nous donne
Ses biens et nous pardonne.
Ce pain délicieux,
Tous ces mets délectables
Qui garnissent nos tables,
Et ces habits soyeux?
— Du bon Dieu qui nous donne
Ses biens et nous pardonne.
C"est donc lui, toujours lui,
Qui donne en abondance,
Et dont la Providence
Est notre ferme appui?
— Oui, c'est lui qui nous donne
Ses biens et nous pardonne.
- 16 -
IV
Si j'étais l'Aigle rapide
Si j'étais l'aigle rapide,
L'aigle au vol audacieux,
Je monterais, intrépide,
Jusques au plus haut des cieux.
Si j'étais petit nuage,
Aux franges de pourpre et d'or,
Que chasse et poursuit l'orage,
Vers mon Dieu j'irais encor.
Si j'étais le vent sonore
Qui d'un bond franchit les mers,
— 17 -
J'irais, quand brille l'aurore,
Jusqu'au roi de l'univers.
Mais l'esprit, pure étincelle,
Souffle divin du Seigneur,
Peut atteindre, d'un coup d'aile,
Le trône du créateur.
0 Seigneur ! par la prière
Je m'élève jusqu'à loi,
j [PpiuNje contempler, ô Père,
Aans-fiesXélans de ma foi.
ir ... <\ <
— 18 —
Y
La petite Glaneuse
Allons, ma petite glaneuse,
Travaille-bien jusqu'à ce soir.
Oh ! j'aime tant, leste et joyeuse,
Au milieu de nos champs le voir!
Rapide comme une alouette;
Tu suis de loin les moissonneurs ;
Tu cueilles les épis, seulette,
Sans.craindre les grandes chaleurs.
El pour l'exciter à l'ouvrage,
Tu chantes d'aimables chansons,
- 19 -
Antiques refrains de village,
Pendant l'époque des moissons.
Puis, quand la nuit de son long voile
Vient interrompre les travaux,
Dans ton grand tablier de toile
Tu serres les épis nouveaux.
Un peu lasse, vers ta chaumière
Tu t'achemines lentement,
Heureuse de revoir ta mère
Qui l'enibrassevbien tendrement.
Et toutes deux vous rendez grâce,
Du fond de voire âme, au Seigneur,
Qui fait luire sur vous sa face
Et vous inonde de'bonheur. '
— 20 —
VI
La petite Orpheline
Je suis petite fille
Et n'ai plus ici bas,
Ni mère, ni famille
Qui dirige mes pas.
De la jeune orpheline
Dieu sera le soutien,
Et la bonté divine
Me donnera mon pain.
Ma douce et bonne mère
Me répétait souvent,
- 21 -
Que Jésus, notre frère,
Nous aimait ardemment.
Le malin, ma prière
S'élève jusqu'à lui,
En ouvrant ma paupière,
Dès que le jour a lui.
Je sais qu'il me regarde,
Qu'il veille sur mes jours.
Que son amour me garde
Et me guide toujours :
_ 22
VII
La Biaoonnesse et l'Enfant
LA DIACONNESS1Ï
Mon ami, depuis plus d'une heure
Je te vois répandre des pleurs;
J'ai pitié de l'enfant qui pleure.
Viens me raconter les douleurs.
L'ENFANT
Merci, merci, ma bonne Dame,
Oh! mille fois merci, ma Soeur.
Ètes-vous une sainte femme
Vouée au culte du Seigneur ?
— 23 --
LÀ DIAC.ONNESSE
Enfant, je suis Diaconnesse ;
Je sers Dieu dans les malheureux,
El je consacre ma jeunesse
A soigner les nécessiteux.
L'ENFANT
Vous êtes donc la Providence
Des malades, des indigents.
Et vous apportez l'abondance
Dans la maison des pauvres gens':'
LA DIACONNESSE
Ami, je suis pauvre moi même,
Mais le Seigneur, dans sa bonté,
Me donne, parce que je l'aime,
De répandre sa charité.
- u -
LENFANT
Venez donc visiter ma mère,
Ma bonne mère qui se meurt
De maladie et de misère ;
Oh ! oui venez chez nous, ma soeur.
La sainte Femme ! et sans se plaindre
Elle souflre en nous bénissant.
Elle nous conjure de craindre
Et d'aimer le Dieu tout puissant.
LA DIACONESSE
Viens, allons auprès de ta mère ;
Je veux lui prodiguer mes soins,
La consoler par la prière
Et pourvoir à tous vos besoins.
— 25 -
VIII
L'Enfant sage
Paul est un aimable enfant ;
Le matin, quand il se lève,
Vers le Seigneur il élève
Un regard reconnaissant.
Dans sa louchante prière,
Il demande au Dieu d'amour
De le bénir, en ce jour,
Avec sa famille entière.
Puis, il se rend tout joyeux,
Oui, joyeux à son école ;
2
- 26 —
Cela peut paraître drôle,
Mais il esl si sludieux! •
El son maîlrc le voit prendre,
Très appliqué la leçon;
Paul répèle avec raison,
Qu'il est bien heureux d'apprendre.
Charmant, enjoué, poli,
Ne froissant jamais personne ;
A qui l'offense il pardonne;
Pour l'injure il a l'oubli.
Parents, camarades, maître,
Certc, il est aimé de tous ;
Si quelqu'un en est jaloux,
II ne le fait point paraître.
Et quand arrive le soir,
11 récite sa prière,
Sur les genoux de sa mère,
Où toujours il vient s'asseoir.
— 27 —
IX
L'Enfant et le Papillon
L'ENFANT
Petit papillon, qu'as-tu?
Pourquoi fuis-tu ma présence?
Sur le sillon abattu,
Ressens-iu quelque souffrance?
LE PAPILLON
Ah ! vous êtes bien méchant
De m'avoir privé d'une aile.
Je n'attends plus, dans ce champ,
Qu'une fin prompte et cruelle.
- 28 —
L'ENFANT
Je l'emporterai chez moi,
Dans un grand el beau parterre ;
Même tout exprès pour toi
Je mettrai des fleurs à terre.
LE PAPILLON
Eh I que m'importent vos fleurs,
Après m'ayoir cassé l'aile?
Accablé par les douleurs,
Je sens que la mort m'appelle.
L'ENFANT
Hélas! je ne savais pas
Qu'un amusement frivole,
Pourrait causer le trépas
Du blanc papillon qui vole.
— 29 —
LE PAPILLON
Si l'on vous broyait un bras
Ou qu'on vous mit sur la braise,
Y prendricz-vous vos ébats ?
Scriez-vous bien à votre aise ?
L'ENFANT
Mon Dieu ! je n'y songeais pas.
Qui réfléchit à mon âge?
Mais ton horrible trépas
Désormais me rendra sage.
- 30 —
X
La 1ère et l'Enfant
L'ENFANT
Pourquoi gémis-tu, bonne mère?
Pourquoi répands-tu tant de pleurs?
N'avons-nous pas au ciel un père
Qui connaît nos grandes douleurs?
LA MÈRE
Enfant, l'existenee est amère ;
Avec toi je voudrais mourir;
Car au ciel, dans le sein du père,
Jamais nous n'aurions à souffrir.
— 31 —
L'ENFANT
Mère, le bon Dieu qui nous aime,
N'aura-l-il pas pitié de nous,
Quand notre misère est extrême,
Si nous le prions à genoux?
LA MERE
Seigneur qui me vois à toute heure
Gémissant sur tous mes malheurs,
Éloigne de notre demeure
Ce qui nous fait verser des pleurs.
L'ENFANT
Seigneur qui fournis la pâlure
Aux petits oiseaux dans les champs,
Oh ! donne-nous la nourriture,
A nous qui sommes indigents.
-"'32 —
XI
Prière
Dès que brille l'aurore,
Dans ses aimables chants,
Le rossignol t'adore
Au milieu de nos champs.
Dans toute la nature
Il n'est pas une voix,
Une voix douce et pure,
Qui n'exalte tes lois.
L'âme qui te vénère
T'implore au point du jour,
- 33 —
Quand le ciel à la terre
Parle de ton amour.
Et moi quand je me lève,
T'oublierai-je, ô Sauveur?
Ah ! jusqu'à toi j'élève
Mon regard et mon coeur.
Mon Dieu, bénis mon père,
Mes frères et mes soeurs,
Et répands sur ma mère
Tes plus grandes faveurs.
Donne-moi la sagesse,
L'aimable pureté ;
Que je croisse sans eesse,
Seigneur, en charité.
G}*
- 34 —
XII
Abija
1 Roi XIV, 12.
Ami, connais-tu l'histoire
Du fils de Jéroboam?
Elle est simple, et j'ose croire,
Que tu comprendras la gloire
De cet enfant d'Abraham.
Pourtant la Sainte Écriture,
Si sobre dans ses portraits,
De cette noble nature
Si gracieuse et si pure,
Donne à peine quelques traits.
— 35 -
Elle peint sa vie entière
Disant « qu'il avait du bon ».
Douce et sereine lumière !
Ah! sa trop courte carrière
Fut une grande leçon. .
Pelit flambeau dans le monde.
C'était la seule clarté
Au sein de la nuit profonde,
Comme un phare au bord de l'onde
Brillant dans l'obscurité.
Lui seul de toute sa race
N'adorait point les faux Dieux;
Pur comme un lys plein de grâce,
Il marchait devant la face
De Jéhova, roi des cienx.
Le Seigneur qui récompense
Les plus obscures vertus,
A ce monde de souffrance,
— 36 -
11 enleva son enfance
Pour le monde des Elus.
La mort déroba son âme
A d'innombrables malheurs;
Il ne vit point le grand drame
D'Israël, la cour infâme
Se roulant dans ses douleurs.
Il ne vit point sa famille
Au milieu des flots de sang;
Tous les siens sous la faucille,
Jusqu'à la dernière fille,
Dans le massacre expirai, t.
Enfant, suis ce beau modèle ;
Souviens-toi qu'il faut toujours
Au Seigneur rester fidèle,
Même quand il nous appelle
A passer de mauvais jours.
- 37 —
XIII
Le Maraudeur
Charles était un enfant,
Paresseux, gourmand, colère;'
A l'école turbulent,
Et chez lui baitant son frère.
Un jeudi notre écolier,
En parcourant la vallée,
Aperçoit un espalier
Au fond d'une sombre allée.
Oh! le magnifique fruit!
Ces poires sont ravissantes.
- 38 --
Charles les mange sans bruit
Et les trouve succulentes.
Comme il est content de lui !
Certe, il fait bonne maraude.
Mais un oeil ardent a lui ;
Près de là le maître rôde.
De même que l'aquilon
Se déchaîne en temps d'orage,
Il court avec son bâton
El, le frappant avec rage :
« Ah! misérable coquin,
« Dit-il, d'une voix tonnante,
n Tu ravages mon jardin
« Comme si vous étiez trente ! »
Et Charles meurtri, pleurant,
Un peu tard sur sa folie,
— 39 -
Echappe, clopin-clopant,
A la main qui le châlie.
Il a compris la leçon
Donnée à bien haute dose;
Sage, aciif, plein de raison ;
C'est une métamorphose.
- 10 -
XIV
Le Rossignol en cage
L ENFANT
Pourquoi n'entendous-nous plus,
Dès qu'au ciel brille l'aurore,
Retentir ta voix sonore
Parmi les arbres touffus?
Pourtant ta cage est bien belle,
0 mon rossignol chéri ;
Elle te donne un abri,
Quand il pleut ou quand il gèle.
Gâteaux, vers, sucre ou brins d'herbe,
Nous le donnons tout gaîment,
— 41 -
Car nous t'aimons tendrement
Avec ton air si superbe.
Aimable chantre des bois,
Chante donc sous le feuillage ;
Du sein de ce frais ombrage,
Fais-nous entendre ta voix.
LE ROSSIGNOL
— Ami, cette belle cage
M'a ravi ma liberté,
Et je n'ai jamais chanté
Que libre dans le bocage.
Pour retrouver mes doux chants,
Il faut déployer mes ailes,
Et comme les hirondelles
Voler à travers les champs.
Car la liberté m'inspire
Des accords mélodieux ;
- 42 —
Sans elle, hélas ! je soupire
Après mes refrains joyeux.
L'ENFANT
— Eli ! bien, pars, gagne les plaines,
Perds-toi sous les arbres verts,
Bois l'eau pure des fontaines
Et fuis les rudes hivers.
— 43 -
XV
Pense au bon Dieu
0 mon enfant, pense au bon Dieu.
Dis, n'est-ce pas lui qui te donne
Tous les biens et qui te pardonne,
Quand tu l'implores au saint lieu?
Celui qui nourrit l'alouette
Et qui revêt les lys des champs,
Te comble aussi de ses présents
Et fait de ta vie une fête.
Qui te prodigue la santé?
Qui l'accorde la nourriture?
— 44 —
Un vêtement pour couverture ?
Le toit où tu t'es abrité?
N'as-tu pas un excellent père
Pour toi tout prêt à s'immoler?
Et toujours pour te consoler
N'as-tu pas une tendre mère ?
Témoigne au Seigneur ton amour;
Montre-lui ta reconnaissance
Par une sainte obéissance;
Il le bénira chaque jour.
— 45 —
XVI
Il est mort
11 est mort, mon meilleur ami,
Il est mort à la fleur de l'âge;
Des enfants de notre village
Nul n'avait un coeur plus souini.
Il élailbon et charitable.
Que de fois il donnait son pain
Aux indigents mourant de faim,
Qu'il faisait asseoir à sa table !
Le dimanche il allait souvent
Visiter de pauvres chaumières.
- 46 —
El, témoin de bien des misères,
1! leur donnait de son argent.
Et quand arrivait la froidure
De l'hiver sombre et rigoureux,
Il offrait aux plus malheureux
Des habits, de la nourriture.
Dans la mort comme dans la vie
Il a confessé son Sauveur;
En mourant, il disait : Seigneur,
Mon âme en toi seul se Confie.
XVil
Le premier jour de l'An
C'est aujourd'hui le premier jour de l'an,
Nos ciiers parents, nos parrains, nos marraines,
Vont, nous donner d'abondantes étrennes.
Oh! c'est un jour charmant
Que le premier de l'an !
Depuis le matin les familles,
Joyeuses, vont se visiter;
Les grands parents font inviter
Tous leurs fils et toutes leurs filles.
Dès que du ciel descend le soir,
Réunis à la même table
- 48 -
Avec un bonheur véritable,
Oh ! quel plaisir de nous asseoir 1
Des voeux ardents et des prières,
De nos coeurs montent jusqu'aux cieux ;
Enfants, nous prions pour nos pères
Et nos pères pour nos aïeux.
Un vieillard presque octogénaire
Dit : nous te bénissons, Seigneur,
De nous donner tant de bonheur
Pendant toute une année entière.
Tu connais nos iniquités ;
Pardonne-les et les efface.
Et fais luire sur nous la face,
En nous prodiguant les bontés.
Oh! viens habiter dans nos âmes,
El que nous sentions chaque jour,
— 49 -
De ton saint et constant amour,
Grandir les ineffables flammes.
C'est aujourd'hui le premier jour de l'an,
Nos chers parents,.nos parrains, nos marraines,
Vont nous donner d'abondantes étrennes.
Oh 1 c'est un jour charmant
Que le premier de l'an !
3
- 50 —
XVIII
Les Vendanges
CHANSON
Allons cueillir des raisins,
C'est la saison des vendanges;
Dieu nous comble de ses biens;
Amis, chantons ses louanges.
Voyez tous ces vendangeurs
Répandus dans nos campagnes,
Entendez mes jeunes soeurs
Riant avec leurs compagnes.
De ces sarments vigoureux
Détachons les grappes mûres,

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