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Les Nouveaux Mondes

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87 pages

Mon ami Paul Dyas est un charmant jeune homme
Uniformément gris et rimant de travers ;
Et, comme en résumé, tout chemin mène à Rome,
Il pond, — bon an mal an, — son volume de vers.

Vous l’avez rencontré cent fois sur le bitume ;
Mais ganté comme il l’est, et dûment cravaté,
Il a l’air d’un agent de change en grand costume
Et ne rappelle en rien le poëte crotté.

Notez qu’il a les yeux bien fendus en amande,
La moustache insolente et retroussée en l’air
Comme dans les portraits de l’école flamande,
Le front tenace — et l’œil ardent comme un éclair.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIXest éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Charles-Louis Bataille
Les Nouveaux Mondes
Poëmes périodiques - Le monde interlope
A AMÉDÉE ROLLAND
Ce livre est dédié par son vieil ami
CH.B.
L’Auteur de ce petit poëme eût pu devenir notaire, ce qui est une position bien considérée et bien lucrative ; il a répudié cet honneur pour se livrer à la culture du vers, denrée mal cotée, comme on sait, et dont le placeme nt devient de jour en jour plus impossible. Depuis la création desDocks de la vie à bon marchéle vertueux Delamarre, par depuis surtout l’invasion du Réalisme dans les lettres, l’art de se repaître intelligemment l’esprit et le corps tend à disparaître de chez nous. Il n’y a pas à le nier, les gourmets s’en vont ! Par cette disette de chalands, les restaurateurs co nvaincus, qui font profession d’honnêteté et de saines traditions gastronomiques, se sont vus dans la nécessité de grossir les prix de leurs cartes. Dura lex, sed lex ! Et voilà pourquoi cet opuscule se vend cinq francs.
Bords du Rhin, 1855.
CH.B.
I
Mon ami Paul Dyas est un charmant jeune homme Uniformément gris et rimant de travers ; Et, comme en résumé, tout chemin mène à Rome, Il pond, — bon an mal an, — son volume de vers. Vous l’avez rencontré cent fois sur le bitume ; Mais ganté comme il l’est, et dûment cravaté, Il a l’air d’un agent de change en grand costume Et ne rappelle en rien le poëte crotté. Notez qu’il a les yeux bien fendus en amande, La moustache insolente et retroussée en l’air Comme dans les portraits de l’école flamande, Le front tenace — et l’œil ardent comme un éclair.