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Les Paradis perdus

De
302 pages

« À l’heure où de nouvelles pensées posent des œillères sur les yeux des hommes et rendent les merveilles invisibles, enfant, je te donne la vue que tu transmettras à tes descendants. Jamais vos esprits ne seront ceints de frontières. Tu verras les prodiges que les autres ne verront pas. Et tu les conteras. Maintenant, va, joue ton rôle, parcours ce monde, cultive ton art et surtout, fais-en bon usage. »


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Couverture
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Cet ouvrage a été composér Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
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Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-334-07337-0
© Edilivre, 2016
Pour Lucie, Pour Kassandra, Pour Léa, qui avez connu les premiers moments de vie de ces petits personnages de papier, et qui avez été les premières à leur donner vie en les rencontrant.
En adressant mes remerciements à Dalila qui m’a aidée à prendre confiance en mon écriture durant ses ateliers, ainsi qu’à M.Ducom pour m’avoir encouragée à partager mes écrits avec les autres.
Enfin, pour tous ceux qui ont su m’inspirer ou me soutenir pour terminer ce projet.
Prologue
« Foutez-lui la paix ! Vous voyez pas que vous êtes en train de le tuer ? Foutez-lui la paix, je vous dis ! – Mais c’est qu’elle montrerait les dents, la petite ! Ingrate ! » Elle m’avait envoyé rouler par terre d’un revers de gifles. « Vous avez de la chance d’être là, vous deux ! Tu sais ce qu’ellesdeviennent,sinon, les créatures comme vous ? » Par la fenêtre, derrière elle, on voyait les cheminées, dehors. Je n’avais rien dit. Elle avait eu un sourire de triomphe. Un large sourire desaurien. Puis elle était sortie.
Daphnis était sous la lucarne. A côté de la pierre sculptée avec des monstres mythologiques. Il m’avait dit qu’avant, les créatures magiques marchaient, nageaient, volaient sur cette terre parmi nous. Un jour, elles furent menacées d’extinction. C’est pour cela qu’elles se changèrent en pierres. En dessins immuables pour graviter désormais dans les imaginations. Là où on ne pourraitplus jamaisles pourchasser.Plus jamais! Là où on sesouviendraitd’elles.
Il souffrait sous ses fards ! Il en pleurait. J’en suis sûre. Je l’ai serré dans mes bras. « Je les laisserais pas te détruire ! On va libérer les autres. On va partir. On sera plus jamais des bêtes curieuses.Plus jamais! – Partir où ? On n’a nulle part où aller… »
Il s’affaiblissait. Je le voyais. Et c’était invivable. « On part ! Je t’en supplie, Daphnis ! Renonce pas ! Souviens-toi de notreAtlantide, souviens toi de nosracines, de cetteterre de nos ancêtresdont tu me parlais quand c’était moi qui perdais espoir ! Bientôt, on sera libres,libres! » Déjà, il crachait du sang. Le début de la fin, comme ils disaient.
* * *
« Oh la sale gosse ! Elle est encore sortie sous la pluie ! Au dortoir ! Dépêche-toi ! Tu vas attraper la mort ! – Oh, mais je l’ai déjà attrapée, la mort, et plusieurs fois ! Tu sais bien qu’en course à pied, c’est toujours moi qui gagne ! D’ailleurs, je lui ai même donné un gage… »
En fait, je n’ai rien répondu.
La dernière fois, c’est comme si j’avais été une bombe ; au moment précis où elle explose et souffle tout ce qui l’entoure… CommeD’un coup. Sans que personne ne s’y attende. Comme si j’avais été… Peu ça. importe ! Je m’en fiche de ce que j’ai pu être. Quand cette femme en blouse blanche est entrée dans ma chambre avec son plateau garni, comme tous les jours quand elle m’a dit : « Allez mange ! Regarde comme t’es maigre ! » Je me suis jetée sur elle. C’est le plateau qui a tout pris. Je me suis vengée sur les assiettes que j’ai fracassées l’une après l’autre sur le parquet soigneusement ciré. Fracassées avec délectation comme ces vessies qu’ils explosaient pour s’entraîner… Elles vomissaient pour moi leurs mixtures bourratives destinées à étouffer mes voix intérieures. Encore une fois, elles ont été les plus fortes. J’ai continué en piétinant les débris de mon carnage. Des morceaux de porcelaine me tailladaient les pieds ; les fruits éclataient sous mes talons, mes orteils giclaient dans les sauces. Ma chemise, mes mollets étaient maculés de cette charpie organique. Une peinture abstraite de ce que j’avais dans les tripes, peut-être. Cette femme ! Je la secouais ! Je la secouais jusqu’à ce que sa tête, son cou, ses bras
dessinent des courbes dangereuses. « C’est pas de bouffe dont j’ai besoin ! Tu penses qu’à nous engraisser comme des porcs ! Qu’à me bourrer pour ne pas voir que jemeurs! C’est comme les fleurs que tu noies dans l’eau.Alors que ce qu’elles ont besoin, c’est desoleil. C’est ça !De soleil! Moi c’est pareil. J’ai pas besoin de ça.Pas besoin de ça ! » J’ai fini par la lâcher. J’avais des fourmis dans les yeux, dans les mains… Pourtant, je continuais, je ne pouvais plus m’arrêter. « Ce dont j’ai besoin, c’est pas d’embourber mes maxillaires dans du cadavre ! Ce que je veux… C’est juste…Quelqu’un.Quelqu’un qui me réapprenne la confiance. Quelqu’un qui me prenne par la main et me dise “regarde” en me montrant la beauté des choses. Quelqu’un qui sculpte de la vie dans mon cœur vide ».
* * *
Je me suis enfuie. Une fois de plus. J’ai trouvé refuge dans mon coin, là dans tilleul de la maison abandonnée. Tournant et retournant ma petite chaîne entre mes mains.« La médaille magique qui transforme le mal en bien », comme il m’avait dit. Il me l’avait offerte le jour où on s’était rencontrés, il y a longtemps, lors d’une de mes fugues hors de cet horrible pensionnat. Quand il était sur scène et que, bien cachée, je l’épiais. Puis quand il venait méditer près des tombes. Je revois sa silhouette élancée. Son sourire. Sa chaleur. Ses blessures aussi. « N’aies pas peur ! Comment tu t’appelles ? – Cloé. (C’est pas vrai. Je m’appelais Cippora à l’époque) – Cloet qui ? – Cloépersonne. – Clo et personne… Si tu le veux, ce sera Clo et moi. Appelle-moi Daphnis,petite sœur. »
Ici, personne n’oserait me chercher des noises. Les gens racontaient tout ce que vous voulez comme abominations sur cet endroit. Ils l’appelaient lamaison du crimedisaient et qu’elle était hantée.Hantée! Ils ne savent pas ce que c’est qu’une véritable hantise ! Debout, contre le mur, jamais je ne me lassais de contempler la cabane de planches branlantes au fond du jardin, les cordes grisâtres de ce qui furent des balançoires, la fontaine à bec de cygne, le rideau de vigne vierge pendant d’une poutre… Ces ruines si familières… Le soleil se couchait. Ça fait combien de temps que je vis ma vie d’animal nocturne ?, Je me demandais comme je me demande encore des fois… Un bruit spongieux avait accompagné ma chute sur le sol détrempé. A chaque pas, mes orteils pataugeaient au bout de mes chaussures. Un volet avait claqué. Me précipitant sous la fenêtre responsable, je m’étais hissée sur le rebord et avais collé mon visage contre le verre. Tout ce qu’on peut voir dans l’ombre de carreaux crasseux ! Des esprits en tous genres. Des visages d’enfants du passé – à moins que ce ne fut la petite fille du reflet… Les palpitations fantomatiques des pierres crayeuses et poudreuses… Les plantes grimpantes s’abreuvant des rires d’hier et d’aujourd’hui pour les confondre en un instant de rencontre avec un inconnu arborant nos traits…
J’ai essuyé la vitre avec ma manche. J’ai distingué un homme assis sur une chaise vide, la courbe d’une femme tricotant près de la cheminée… Le battant s’était ouvert. Je suis rentrée. Il n’y avait personne, si ce n’était l’odeur âcre, rance de cendres et de chair inerte où se mêlaient des fragrances sucrées de lavande, de patchouli, de menthe…
Soudain, j’avais entendu des notes dans le couloir. Quelqu’un jouait de la musique… Le cœur comme un fauve enragé derrière les barreaux de ma cage thoracique, j’ai suivi la mélodie. Un musicien avait installé son piano à la cave. Juste sous la croisée d’ogives. Au milieu, il jouait. Il jouait les compagnons, les gueux, les bâtisseurs, les croisades, les guerres et le droit d’asile. Il jouait les incendies et les fêtes de moissons, les croyances populaires, les sylphes et les pixies. L’avant. J’ai pas osé rentrer. J’avais peur. Non. C’est pas ça avoirpeur. En fait, je crois que je n’osais pas briser l’espace ; bousculer la danse des notes. Perturber leur histoire. Il m’aurait incendié, le musicien ; et ça aurait été légitime. Je ne voulais pas prendre de risque. Assise sur la dernière chaise comme si c’était la seule de libre. Car c’était la seule. La mienne. Au milieu des visiteurs venus de tous les mondes. Avec de grands gestes de magicien, il a fait frémir les touches. Alors l’instrument a pris vie. Un serpent rouge, épais comme un tronc d’arbre, a déroulé ses anneaux lentement en gémissant. Puis le vent a rugi. J’ai vu des oiseaux voler en spirale. Vite, vite ! De plus en plus vite. Une tornade d’oiseaux. Des oiseaux aux ailes tranchantes. Des oiseaux aux ailes d’acier. J’ai fermé les yeux. J’ai entendu les airs jazzys se transformer en halètements de machines de guerre. Des taches rouges dansaient sous mes yeux tellement je serrais les paupières. Des braises se rallumaient quelque part dans mon corps. Non ! C’était pas possible.Pas possible!
* * *
En fuite. Courant sur les rails de la Voie Qui Ne Mène Nulle Part. « Ton ami est mort »Mort! MORT ! Mon bras me faisait souffrir. Quatre vers bleus grouillaient dessous. On venait de me les tatouer. « Tu n’as pas été sage ! Tu as encore voulu t’évader ! On t’avait prévenue ! » Le drapeau du centre de commandement s’agitait sous les rafales maussades : un hideux arachnide estropié roulant dans une flaque sanguinolente. Debout dans une boîte noire. Marchant de long en large dans l’obscurité. Au pied d’un mur immense. Couleur rouille, comme les machines à tuer qui pourrissent dans les sous-sols des arsenaux. Entre les briques entassées à la hâte – comme si les constructeurs devaient rapidement en finir – quelques petites fleurs rouges. Petites pousses de mouron sur les murs du mouroir. J’avais quitté mes souterrains etj’avais vu. Oui, j’ai vu leurs visages. Je les ai vus me regarder. Suivre mes pas sur le bitume recouvert de poussière. Au début, j’avais attendu qu’ils bougent. Un hochement de tête ? Un clignement ? Non. Rien.Seuls leursyeux.Leursvisages. Leurs commissures crispées sur leur douleur. Ce qu’ils étaient. Fiers. Ombres, lumières. Carbonisés contre les murs de chaux. Leurs histoires. Ce qu’ils furent. J’ai entendu leur chant, leurs battements vasculaires, leurs pas, leurs courses. J’avais vu. J’avaisentendu. J’ai vu les yeux de l’homme dans la cage de bois. Et les échardes sur sa figure. J’ai senti leur sang se battre pour ne pas qu’on le chasse de leurs cœurs. Qu’ilsne le chassent de leurs cœurs. Ils.Ceux qu’on sent Eux. partout. Qu’on ne veut pas voir. L’invisible angoisse s’infiltrant
lâchement dans les entrailles. J’ai vu. J’ai entendu mon souffle.
Le jour allait se lever. Au loin, je voyais déjà le soleil rouge inonder le ciel. Toute sa sève couler dans les étoiles. Ma peau allait brûler, se couvrir de plaques. De plaques rouges et mordantes. Chaque rayon tel un coup de glaive. Et alors ? Après tout, qu’il me crame une bonne fois pour toutes, ce soleil ! Allez ! Comme ça je saurai jusqu’où, jusqu’à quand je peux tenir loin de mon obscurité ! J’ai mis la tête dans mes genoux. Mes cheveux blancs renversés en arrière. La nuque découverte, offerte au couperet. J’avais honte. Honte de vivre encore, moi. Honte de mon monde souterrain, de mes étoiles filantes. Honte d’être couleur blanc-peur. Pas blanc pur, non.Blanc-peur. Albinos de cœur ! Fuyant comme un lézard des cavernes. Les lézards blêmes aux yeux rougis. Ceux qui ne voient jamais le soleil. Ce foutu soleil ! C’est lui qui rend fous les hommes ! Il les nargue, caracole tout puissant dans son char, accroché là-haut, en sécurité. A regarder les hommes se battre pour l’égaler. Méprisant. Il n’oserait pas poser un seul orteil sur la terre, ce couard ! Il les dessèche, il les assoiffe, les crame, ou mieux : il les fait se cramer entre eux. Comme ça, il n’a qu’à regarder le spectacle, se repaître de sang et resplendir, gros et gras sur son trône. Tout puissant soleil…Pff ! C’est ridicule ! Il y en a des milliards, de soleils dans l’espace ! Et même des plus jeunes, des plus grands, des plus vaillants ! Peut-être même des meilleurs. Qui rendent heureux, gentils, qui font pousser les fleurs, les fruits. Qui sourient, font danser chanter. Qui ne brûlent pas la peau, mais la colorent…
Devant moi, les cheminées se dressaient vers le ciel gris. D’immenses trachées difformes. Ce qui reste des têtes arrachées d’une hydre monstrueuse. Cette hydre agonisait. Vomissait en spasmes de fumée noire les débris de sa dernière ripaille. Quelqu’un était étendu à terre. Un dernier bouillonnement de sang est sorti de sa blessure béante. Les yeux grands ouverts, j’ignorais alors que ce paysage de charpie se gravait dans mes prunelles. C’était terminé. Cette fois, j’en étais sûre. Je le savais. Je n’entendais plus rien. Rien que le bruissement de ma respiration légère… Légère…
* * *
Il m’avait dit, Daphnis, que jamais il ne se marierait. Qu’il ne m’abandonnerait jamais. Il me disait qu’on vivrait ici pour toujours, lui et moi, et les gens qui nous aimeraient. Qu’il ne me laisserait jamais toute seule. Jamais ! On prenait la pente crayeuse, accidentée, jusqu’en haut de la falaise, là où le roc s’est coupé d’un choc, comme si un géant avait croqué dedans du temps où ils existaient encore. Il paraît que la craie des falaises, c’est tout ce qui reste aujourd’hui des animaux disparus. Un résidu d’ossements durs, poudreux, friables et volatiles. Si Daphnis l’avait su ! Il se serait arrangé pour les faire revivre ! Il m’aurait appris une danse d’incantation, on aurait poussé des cris sauvages au rythme de nos pas ; La terre aurait grondé, les monstres, réveillés auraient jailli tels des geysers d’écailles, de calcium et de silicates en claquant leurs dents tranchantes… Et on aurait galopé, galopé, galopé… Galopé dans les rues de la ville… et… A l’époque, déjà, j’avais l’impression, en grimpant, quand les graminées sèches me piquaient les chevilles, de marcher sur le dos rond d’un immense animal sommeillant là depuis
des millénaires. On allait saluer les étoiles. Les dernières de l’aube. Les premières du crépuscule. Les doigts solidement liés autour des poignets comme sur les cadres des fresques gréco-romaines. Il y avait des criquets. Il y avait les lucioles, l’écoulement de la cascade, les vocalises fluides du rossignol… Alors là, je lui demandais : « Daphnis, tu ne te marieras jamais ? Jamais, il me répondait. – Même si tu rencontres une belle femme ? – Je me fiche complètement des femmes. – Même si c’est la Sombre Passante ? – Androïde misanthrope, androgyne et misogyne ! Ha ha ! »
Il déclamait en tournoyant et se laissait dégringoler dans la pente. A chaque fois, il faisait semblant d’être mort. A chaque fois, je courrais le rejoindre. Je m’asseyais, je le regardais, étendu dans les herbes hautes. Des fois, il avait des égratignures. Les pierres acérées jonchant le chemin devaient lui rentrer dans la chair, mais il jouait le jeu. Pour moi. J’ébouriffais son opulente crinière couleur sépia et on remontait en courant jusqu’à la cassure. Je l’aimais, ce grand frangin fantasque ! Il me disait que je ressemblais à une fée sélénite. Et je m’endormais. Blottie contre lui, entre les racines du chêne au-dessus du ravin. Je ne retournerais plus au pensionnat ! Plus jamais ! Plus jamais on ne m’insulterait parce que je suis ce que je suis… Plus jamais on ne m’enfermerait dans la cave humide et sombre après m’avoir volé mes vêtements. Plus jamais je ne recevrai de douche froide. Plus jamais on ne pisserait sur mes draps avant l’extinction des feux. Plus jamais on ne me forcerait à ingurgiter des bouillies glaireuses et sanguinolentes de limaces et de vers de terre écrasés… Plus jamais ! Plus jamais ! Plus jamais !
Peut-être que la vieille iguane me ferait rechercher… Ils ne me retrouveraient jamais ! Daphnis et moi, on irait vivre dans une forêt profonde, assez sombre pour que je vive le jour, on vivrait dans les arbres, on aurait des vêtements tissés de feuilles. Tous les soirs, on grimperait jusqu’à la cime des séquoias millénaires pour regarder les étoiles s’allumer. Ou s’éteindre. Comme là, on les appellerait par leurs noms. Comme elles, un jour, on s’éteindrait ensemble. Il me l’avait juré. Il ne m’abandonnerait jamais.Jamais !
* * *
Pendant longtemps, je me suis dit que je devais venir d’un autre monde. Celui de l’air. Celui de Daphnis. C’est que j’aurais tant voulu qu’il m’y ramène un jour, pour fuir à jamais l’horreur et la barbarie de celui-là ! J’étais presque fière que le soleil me traque, pour revenir me blottir sous sa chevelure sombre et tout oublier. J’ai finalement compris pourquoi il fallait que je reste. Que mon rôle serait d’être là devant vous, à jouer des contes, ceux qu’il me racontait pour que je garde espoir. Pour que je trouve la force de continuer à vivre quand tout semblait perdu. Souvent, encore, je sens dans ma poitrine battre des ailes le sphinx sombre. Le papillon aux ailes de jais qui continue à me donner son énergie, au-delà des frontières de la mort,
comme il m’avait dit. Et ce moment, je les vois, ces énigmes, cachées dans le quotidien, qui attendent que quelqu’un les déchiffre. Toutes ces portes, ces mystères qui m’entourent, ces passages vers l’imaginaire où désormais, avec tous ceux qui sont morts, il continue à vivre.
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