Les Révolutionnaires de 1792 et les révolutionnaires de 1820 (par le Vte F. de Conny de La Fay)

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J.-G. Dentu (Paris). 1820. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8° , 15 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1820
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LES
REVOLUTIONNAIRES DE 92
ET LES
RÉVOLUTIONNAIRES DE 1820.
PARIS,
J. G.DENTU, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
rue des Petits-Augustins, n° 5 ( ancien hôtel de Persun ) ;
et chez Petit, Libraire, au Palais-Royal.
1820.
(4)
Les furies se pressaient autour des écha-
fauds en saluant les victimes de tes cris san-
glans, et les ordonnateurs des massacres de
septembre suspendaient quelques instans le
carnage pour répéter à leurs complices : A
la mort les aristocrates !
Les meurtriers de Louis XVI et de la
Reine mêlaient ces cris à leurs imprécations
régicides, et Malesherbes, montant à l'é-
chafaud, entendait retentir ces chants bar-
bares.
Lorsque les Français de tous les rangs
se pressaient confondus sur ces marches
sanglantes, guerriers, magistrats, prêtres,
citoyens, grands de la terre, ou cultivateurs
nés sous le chaume, tous tombaient frap-
pés du coup mortel, au bruit de ces cris
funèbres : A la mort les aristocrates!
Si la France n'a point encore entendu se
renouveler ces appels aux massacres, les
révolutionnaires de 1820, comme ceux de
92, s'efforcent de soulever les passions des
peuples, en proférant ces odieuses impu-
tations, ces lâches calomnies qui seules
attesteraient leur alliance avec les vétérans
(5)
de l'anarchie et les ordonnateurs de tous
les crimes. S'ils n'osent point encore pro-
férer ces cris sanglans, leurs insultes, leurs
ou trages aux plus nobles adversités an-
noncent assez quels voeux secrets ils ont
formés.
Ainsi que les révolutionnaires de 92 ,
ceux de 1820, agités par toutes leurs pas-
sions, attaquent avec une fureur tous les
jours croissante, les supériorités politiques
qui appartiennent à toutes les hiérarchies so-
ciales, ces supériorités dont on retrouve les
élémens chez les nations les moins civilisées,
et jusque chez les peuplades à peine sorties
des forêts du nouveau monde. Ils tentent
d'arracher du coeur des Français ce respect
pour ces antiques illustrations, qui s'unis-
sant aux plus nobles souvenirs, sont pour
un peuple un patrimoine de gloire, dont le
dépôt est sous la sauve-garde de l'honneur
national.
Insultant par de lâches railleries à cette
religion qui a civilisé, éclairé et consolé la
terre, ces prédicateurs du crime allument
au coeur de la société ces passions effré-
nées qui, en brisant tous les liens, détrui-
( 6)
sent les fondemens de l'ordre social, et por-
tent de toutes parts l'anarchie et la mort.
Les insensés! ils sèment des vents, ils re-
cueilleront des tempêtes.
Instruits par de tels maîtres, leurs disci-
ples ne reconnaîtront plus que la loi athée.
Cessez de leur parler des antiques vertus de
la France, ils n'ont réservé que des railleries
pour couvrir des traits du ridicule les sou-
venirs des temps anciens.
Dans le langage de ces hommes, ce seront
des temps d'aristocratie et de préjugés,
ceux où les guerriers, couverts de nobles
cicatrices, sacrifiant au service de l'Etat le
patrimoine de leurs pères, ne léguaient à
leurs enfans qu'une honorable pauvreté et
le souvenir des services rendus à leur pays
et à leur Roi.
Ce seront des temps d'aristocratie féo-
dale, ceux où le magistrat, consacrant ses
veilles à d'honorables et pénibles travaux,
eût rougi d'augmenter le patrimoine de ses
pères, et faisait le sacrifice d'une partie de
sa fortune pour obtenir l'honneur de dé-
vouer sa vie toute entière au service de sou
Roi et de son pays.

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