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Les Sangliers dans l'arrondissement de Louviers et les vautraits - Forêts, louveterie, équipages, chasse

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148 pages

Au pays du duché de Normandie, qui est peuplé de forest, buissons et brosses, plus qu’aucunes autres parties de notre royaume.

(Ordonnance de Melun, 1372.)

LES départements de l’Eure et de la Seine-Inférieure conservent les débris de plusieurs des plus magnifiques forêts de la France. Nous sommes ici sur le territoire des Eburovices, des Lexoviens, des Vélocasses et des Calètes.

C’est au règne de Saint-Louis que se rapportent les principaux défrichements effectués dans les forêts de la Normandie, ce qui montre à quel point cette province avait été boisée dans le principe.

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Paul Petit

Les Sangliers dans l'arrondissement de Louviers et les vautraits

Forêts, louveterie, équipages, chasse

CHAPITRE PREMIER

LES FORÊTS

Au pays du duché de Normandie, qui est peuplé de forest, buissons et brosses, plus qu’aucunes autres parties de notre royaume.

 (Ordonnance de Melun, 1372.)

LES départements de l’Eure et de la Seine-Inférieure conservent les débris de plusieurs des plus magnifiques forêts de la France. Nous sommes ici sur le territoire des Eburovices, des Lexoviens, des Vélocasses et des Calètes.

C’est au règne de Saint-Louis que se rapportent les principaux défrichements effectués dans les forêts de la Normandie, ce qui montre à quel point cette province avait été boisée dans le principe.

§ Ier

LA FORÊT DU NEUBOURG

La forêt du Neubourg, noviburgi foresta, sise au nord de cette petite ville, dut s’étendre anciennement beaucoup plus dans le sens septentrional et comprendre Saint-Melin-du-Bosc et Saint-Nicolas-du-Bosc.

Elle a pu faire originairement corps avec la forêt de la Londe qui se trouve au nord d’Elbeuf, sur la rive gauche de la Seine ; car l’espace qui les sépare est semé d’une foule de localités accusant par leur nom l’existence antérieure de bois : elle représente avec la forêt de Beaumont-le-Roger, les quartiers nord-ouest et ouest de l’ancienne forêt des Eburovices.

En 1281, la forêt du Neubourg présentait déjà de vastes espaces cultivés ; les défrichements donnèrent naissance à un procès entre les moines du Bec et les chanoines d’Evreux : pour le terminer, on fixa les limites de la paroisse Sainte-Catherine, nouvellement fondée dans cette forêt.

Le grand nombre d’établissements monastiques établis sur le territoire normand, hâta singulièrement la transformation du sol : les forêts qui se trouvent avoir subi le plus de défrichements sont précisément celles où nous voyons de bonne heure se fonder des abbayes.

Au XIIe siècle, Henri de Neubourg institua lui-même dans la forêt le prieuré de Saint-Nicolas-du-Bosc. Le bosc, c’était le bois boscus.

Les droits d’usage concédés habituellement en compensation de certaines charges, amenèrent aussi des éclaircies au milieu desquelles des hameaux, des villages furent bâtis : les religieux usagers élevaient dans la forêt des granges qui devenaient le centre d’autres hameaux d’où partait une véritable déclaration de guerre à la forêt. Les servitudes accordées soit à des monastères, soit à des paroisses, soit à des seigneurs, étaient arrivées à être si nombreuses au XIVe siècle, qu’ont dut rédiger à cette époque, sous le nom de « Coutumier des forêts de Normandie » un code spécial qui en fixait la nature et l’étendue. Mais la multiplicité des servitudes qui grevaient les forêts était très onéreuse aux propriétaires ; de cette situation naquit le cantonnement. Le roi et les seigneurs rachetèrent les droits de certains usagers en leur cédant en toute propriété quelque coin de forêt.

En 1270, Marguerite de Neubourg transigea avec le prieur de Bourg-Achard, pour un droit d’usage dans la forêt du Neubourg.

Enfin, au commencement du XVIIe siècle, la baronnie du Neubourg fut érigée en marquisat. Le marquis du Neubourg, Alexandre de Vieuxpont, laissa de son mariage avec Renée de Tournemine, trois filles, Louise, Jeanne et Renée, cette dernière mariée à J.-B. Créqui ; les enfants mineurs de Renée obtinrent entre autres biens une partie de la forêt où s’éleva bientôt le château du Champ-de-Bataille.

Et de défrichement en défrichement, la forêt du Neubourg finit par disparaître.

Jacques de Chauffour, lieutenant-général des eaux et forêts au baillage de Gisors, a fait imprimer à Rouen, en 1618, un Recueil des lieux où l’on a accoustumé mettre les relais pour faire la chasse au cerf. Nous y trouvons les indications suivantes « pour courre à la forêt du Neubourg » :

Un relais à l’entrée du Neufbourg ;

Un autre au Chêsne-Poussin ;

Un au moulin à vent de Neufville ;

Un à l’entrée du Parc-du-Bosc ;

Un à Creusemare. »

La vénerie royale de Robert de Salnove (1655) contient le dénombrement des forêts et grands buissons de France avec la situation des questes et relais. — Voici pour la forêt du Neubourg :

« Le logement des chiens et des veneurs au Neufbourg.

L’assemblée au même lieu.

 

QUESTES

 

Aux taillis de la Maison-Rouge, un homme ;

A la Creuse-Mare, depuis le Gros-Hestre jusqu’au taillis Hardy, un homme ;

Aux taillis Hardy, un homme ;

Aux taillis de Saint-Nicolas, deux hommes ;

Sur le fourneau jusqu’à la carrière de la Neufville-du-Bosc, un homme.

A la Basse-Forêt jusqu’au Buot, un homme ;

Depuis le Buot jusqu’à la cave de la Neufville à la Haye, deux hommes ;

Depuis ladite cave jusqu’au Moulin-à-Vent, un homme ;

Aux Jumeaux et Vieille-Bûche, un homme ;

Au Val-Esne, un homme ;

Au Mont-Maillé, un homme ;

Au Petit-Parc, deux hommes.

 

 

RELAIS

 

Relais à la Pérusette ;

Au Moulin-à-Vent ;

Au Beau-Quesne ;

Au Haut-Coudray.

 

 

AUTRE REFUITE

 

A l’entrée de Montfort-sur-Risle ;

Au parc du Becq.

 

 

AUTRE REFUITE

 

A l’entrée de la forêt de Beaumont ;

Au chemin de Bernay.

§ II

LES FORÊTS DE BORD ET DE LOUVIERS

La forêt de Bord, Bort, Boort, Borst, Borz ou Bourth, d’une étendue jadis considérable, répondait à la section la plus méridionale de la grande Sylva Ebuvoricum dont les forêts d’Evreux et de Conches occupent le centre. Il en est fréquemment question dans le Cartulaire de l’abbaye de Bon-Port : elle est citée avec celle de Breteuil dans les Comptes de Saint-Louis.

La forêt de Bord perdit peu à peu de son importance. Gautier, châtelain du Vaudreuil, avait abandonné à beaucoup de particuliers des parcelles de cette forêt sous condition de les défricher héréditairement, moyennant des rentes de 4, 5 ou 6 sous par an. Ces défrichements prirent assez d’extension pour l’obliger à indemniser les moines de l’abbaye de Bon-Port, auxquels Richard Cœur-de-Lion avait fait de larges concessions dans la forêt.

En 1246, Saint-Louis accorde aux moines de cette abbaye cent acres de terre dans la forêt, et en 1256 et 1280 ils obtenaient des droits d’usages étendus.

Mais ces concessions conduisirent parfois les moines à dépasser leurs droits, et ces usurpations ont dû ouvrir la porte à des dégâts qui amenèrent de nouveaux défrichements. Ainsi, nous voyons Charles VI faire remise à ces religieux d’une amende qu’ils avaient encourue pour bois indûment pris dans la forêt.

La châtellenie du Vaudreuil comprenait une partie de la forêt de Bord qui fut désignée au XIIIe siècle sous le nom de Forêt du Vaudreuil, et plus tard (1516), sous celui de Bois de la seigneurie du Vaudreuil.

En 1262, Raoul III, évêque d’Evreux, avait fondé la chapelle de la Conception dans l’église d’Évreux, avec le produit des dîmes de la forêt du Vaudreuil.

Le temporel du manoir, manerium de Louviers, comprenait aussi une portion de la forêt de Bord qu’on appelait à cause de son voisinage Forêt de Louviers ou simplement Bois de Louviers.

Au milieu des guerres continuelles qui désolèrent la Normandie et amenèrent sa réunion à la couronne de France (1204), le nom de Louviers ne paraît dans l’histoire qu’à l’occasion de quelques constestations particulières sur son église et sur la forêt qui environnait la ville. « Composuit johannes anno 1214, cum Roberto archiepiscopo Rothomagensi de his quæ ad se pertinebant in nemore de Locoveris. » On sait que les archevêques de Rouen étaient comtes et seigneurs de Louviers en vertu du contrat d’échange passé le 17 octobre 1197, entre Richard IV Cœur-de-Lion, roi d’Angleterre, quatorzième duc de Normandie, et Gaultier le Magnifique, cinquante-deuxième archevêque de Rouen.