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Les Sauveurs des galaxies - Tome I

De
162 pages

La fratrie – Tim, Lilas, Bastien et Sofia – découvre que leurs parents font partie comme eux d’une association secrète : la LAITSELEC. Pour commencer leur apprentissage, les enfants se rendent à la Base, sorte d’école pour former les futurs agents de cette organisation dont le but est de protéger les galaxies. Ils sont confrontés à plusieurs exercices et tests, avant d’être envoyés, avec d’autres jeunes, sur une autre planète où quatre missions à hauts risques les attendent. S’ils les réussissent, ils deviendront officiellement des agents et pourront accomplir leur prophétie. Mais en cas d’échec, certaines galaxies pourraient bien courir à leur perte...


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Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-00635-9
© Edilivre, 2017
Remerciements
La parution de ce livre n’aurait jamais été possible sans la confiance accordée par l’équipe d’Edilivre qui a accepté d’éditer mon ouvrage. Un grand merci à tous ceux qui ont participé à sa réalisation et à sa parution (à Solène, pour son dessin réalisé pour la première de couverture). Merci à Madame de Mathuisieulx pour les conseils qu’elle m’a donnés suite à la relecture de mon texte. Je tiens à remercier du fond du cœur mon professeur de français du collège, Madame Pfaff, pour sa confiance et son aide précieuse. Elle m’a encouragée dans ma démarche et je lui suis reconnaissante de son implication dans mon projet. Je n’oublie pas de remercier mes ami(e)s du collège La Providence et du lycée Notre-Dame de Strasbourg qui ont été une source d’inspiration inépuisable pour mon récit. Je termine par les acteurs les plus importants de ma vie, ma famille. Merci à mon père Jacques, à mon frère Corentin et à ma grand-mère Yolande, pour leur soutien sans faille depuis le début de mon projet. Leur présence à mes côtés m’a permise d’accomplir mon rêve et sans eux, je sais que rien n’aurait été possible…
Chapitre 1 Une famille pas comme les autres
– Tim ! Qu’est-ce que tu fais ? Tu vas être en retard au collège ! Le jeune garçon se réveilla en sursaut. Il se leva, s’habilla et fit un brin de toilette à la vitesse de l’éclair, puis descendit rejoindre les autres dans la salle à manger. Cette pièce avait été aménagée pour que toute la famille, aussi nombreuse soit-elle, puisse s’y réunir. Sur les murs, photos et tableaux se succédaient, jusqu’à arriver à un grand poster représentant toute la tribu Remblot en roller, leur sport favori à tous. Un imposant placard, un plan de travail, ainsi que tout le nécessaire d’une cuisine équipée, encerclaient une table moderne trônant au centre de la pièce, et entourée de six chaises. – Alors comme ça, tu veux faire la grâce matinée le jour de la rentrée ? le titilla son père en souriant. Allez, dépêche-toi de manger avant qu’il ne reste plus rien. Tim s’apprêtait à s’asseoir quand il remarqua la place vide en face de lui. – Je ne suis pas le dernier, lui fit-il remarquer, un sourire en coin. En effet, Bastien, son petit frère, n’était pas encore là. Il se levait pour aller le chercher quand celui-ci descendit les marches quatre à quatre, à bout de souffle. – Qu’est-ce qui t’arrive ? lui demanda Sofia, la benjamine de la fratrie, partagée entre l’inquiétude et l’amusement, on dirait que tu as couru un marathon ! – Oh, ne t’inquiète pas, je finissais juste de revoir mes cours de l’année dernière, expliqua-t-il, plié en deux. Tu imagines si j’avais tout oublié pendant les vacances !? Ce serait, ce serait… – Horrible ! s’exclamèrent en cœur ses sœurs et son frère, habitués au soin que portait leur frère à ses études. Les enfants éclatèrent de rire, même Bastien se laissa aller. Le petit-déjeuner se finit sans encombre, dans la joie et la bonne humeur, devant un festin de roi que les jeunes gens engloutirent rapidement. Tous les matins, Tim et Lilas prenaient le bus pour se rendre au collège, leur père rejoignait son bureau en train, et leur mère déposait Sofia et Bastien à l’école primaire avec sa voiture pour rejoindre son travail. Tim et sa sœur, bien qu’ayant le même âge, se trouvaient dans des classes différentes, les années précédentes. Mais aujourd’hui, une nouvelle année allait commencer, marquant un nouveau départ… – Hé, Tim, tu ne me dis plus bonjour ? s’exclama un garçon blond, qui semblait avoir le même âge que lui et qui venait d’arriver. – Arthur ! Comment ça va, mec ? rétorqua joyeusement celui-ci, en « topant » dans la main que son camarade lui présentait. Les deux garçons se connaissaient depuis de nombreuses années et devinrent rapidement les meilleurs amis du monde. Ils partageaient tous deux beaucoup de points communs mais, ce qui les unissait par-dessus tout, c’était de faire partie d’une famille… quelque peu nombreuse ! En effet, Tim vivait avec sa sœur jumelle, Lilas, son petit frère, Bastien, ainsi que sa petite sœur, Sofia. Quant à Arthur, sa famille battait des records… Sa fratrie se composait d’un grand frère, Illias et de petits frères et sœurs ; Noémie, Max, et Zoé. – Votre attention, s’il vous plaît ! tonna le directeur dans un micro. Tous les élèves se turent pour, comme à chaque début d’année scolaire, écouter son discours, qui dura un bon quart d’heure. – Bien, poursuivit-il, à présent, je vais annoncer vos classes respectives et vous rejoindrez la salle de cours qui correspond. Dans le calme ! Le directeur ayant terminé d’énoncer la liste, les élèves se dirigèrent tranquillement vers la cage d’escalier du collège, peu pressés de reprendre les cours. Par chance, Arthur, Tim et Bob, un danseur de hip-hop proche ami des
garçons, se trouvaient dans la même classe. – Tiens, les trois débiles se retrouvent, grinça une voix derrière eux, ça va être votre fête cette année… Tim fit volte-face. Il se retrouva nez à nez avec David Dompa, un garçon de leur âge qui se croyait tout permis car il était le fils du directeur de la banque centrale de la ville. Il rackettait des gamins de huit ans et frappait quiconque le dérangeait, obligeant ainsi presque tous les autres élèves à le respecter. Presque, mais pas tous… Tim et Arthur faisait partie des quelques résistants au tyran David, et ils cherchaient par tous les moyens à ternir sa réputation de caïd. – Un problème, mon p’tit lapin ? lança le meilleur ami de Tim, assis sur sa table, un sourire en coin. David pivota vers lui et le saisit par les épaules. – Qu’est-c’ que t’as dit, minus ? gronda-t-il en serrant plus vigoureusement celui qui osait l’insulter, un rictus de colère sur le visage. – Tu peux pas parler un plus distinctement, on comprend pas bien quand tu parles, mon p’tit lapin, reprit-il sans se démonter face à l’agressivité de son adversaire. Le fils à papa leva son poing vers le visage du blondinet, mais Tim lui fit un croche-pied au dernier moment. La brute bascula en avant et se retrouva à quatre pattes devant les deux amis, hilares. A cet instant, on aurait pu entendre une mouche voler dans la classe car tous les regards s’étaient tournés vers l’adolescent en furie et les deux garçons qui osaient s’opposer à lui, chose rare – voire inédite. – Tu vas m’le payer, p’tit con ! explosa-t-il en marchant droit sur Tim, qui commençait à s’inquiéter pour les cinq prochaines minutes de sa vie. Il serra cependant les poings, prêt à défendre son ami et lui-même. Quant à Arthur, il ne lâcha pas si facilement l’affaire. – Ça y est ! J’ai trouvé ! Je sais pourquoi je t’appelle mon p’tit lapin. Martin, tu peux me passer ton portable, deux secondes ? lança-t-il en s’adressant à un adolescent baraqué adossé à une table, qui lui lança un regard interrogateur. – T’inquiète, je veux juste montrer à nos camarades ici présents, une photo très avantageuse de notre cher petit David. Le garçon plongea la main dans la poche de son jean et en sortit son téléphone (sensé être rangé et éteint au fond de son sac, mais bon… Tant qu’il ne sonnait pas en plein cours, ça allait). Arthur lui lança un clin d’œil complice avant de faire défiler des images sur l’écran. – Donne-moi ça ! – Tu peux courir, murmura Arthur, soumis à la pression de la poigne de fer de la brute qui l’affrontait. Tim voulait venir en aide à son ami, mais deux garçons de la bande de DOMPA le maintenaient fermement. Il attendit que l’un deux tourne la tête pour agir. Il écrasa le pied du plus petit de toutes ses forces et se libéra de son emprise. L’autre lui envoya un coup de pied qui n’atteint pas sa cible. Tim se baissa au dernier moment et fit une clé de bras à son adversaire. Il n’avait pas la moindre idée de comment il avait réussi à vaincre deux attaquants en même temps. La crainte de voir Arthur se faire frapper lui avait probablement insufflé le courage et la force nécessaire à cet élan de force. – T’aurais jamais dû m’provoquer, menaça l’adversaire des deux quasi-frères, les yeux lançant des éclairs, n’ayant pas remarqué que Tim s’approchait de lui. Maintenant tu vas payer. Il arma son bras et l’abaissa. Le meilleur ami d’Arthur le saisit en plein vol, sous le regard médusé de ses camarades de classe. – Oh oh, souffla Tim, je suis mal. Face à David, il n’avait aucune chance, il en était conscient. Déterminé à gagner du temps, il recula d’un pas et chercha à tâtons une arme potentielle contre Le Caïd. Il croisait les regards des autres enfants, trop peureux pour ne serait-ce que lui donner un coup de main. Son attaquant grogna et s’élança vers lui tel un sanglier chargeant sa proie. (Remarquez, l’haleine correspondait au profil du tyran…) Sa trajectoire fut interrompue par Josh, un garçon mince et élancé aux cheveux en bataille, qui se planta au milieu de l’allée. Malheureusement,
il fut renversé comme une quille de bowling et projeté sur une table. Martin bondit alors devant son frère, les poings serrés, un sourire mauvais sur les lèvres. David pila net. S’il y avait une personne sur terre qu’il pouvait craindre, c’était bien ce gars là. Martin pratiquait le karaté depuis ses quatre ans, faisant de lui un concurrent redoutable. De plus, il le dominait d’une bonne tête, renforçant son aspect intimidant. – De quoi tu as peur ? Ça change quoi qu’on montre une photo, hein ? gronda-t-il en fixant le préadolescent dans les yeux. Je croyais que tu ne craignais rien. Allez, dégage ! Sur ce, il ceintura son frère et l’envoya valdinguer à l’autre bout de la pièce. – Tiens Arthur, montre leur comme mon frangin est photogénique, dit-il en rendant le portable au garçon, qui lui sourit, reconnaissant. Il ralluma l’écran et reprit sa recherche mystérieuse. – Ah ah ! s’écria-t-il triomphalement, nous y voilà ! Une image de David en pyjama lapin apparut à l’écran, à la vue de tous. Les élèves éclatèrent de rire devant ce cliché dévalorisant du soi-disant tyran. Le professeur entra alors, pas très surpris de constater que David avait encore provoqué une bagarre. – Du calme, messieurs, vous n’allez pas commencer à vous disputer le jour de la rentrée, hmm ? souligna-t-il en remarquant que le perturbateur de la classe saignait du nez. Tu t’es fait mal, DOMPA. Tu veux aller à l’infirmerie ? Il allait protester pour ne pas se ridiculiser davantage, mais Martin le devança en proposant : – Oui monsieur, bonne idée ! Mon frère est très sensible au soleil, il saigne souvent du nez quand il fait trop chaud, vous savez. Il se leva et le poussa vers la sortie. Ce dernier résista, ce qui lui valut une brusque tape dans le dos. En passant la porte, Martin enfonça le clou : – Il a l’air d’un dur, comme ça, mais au fond, il est fragile, ce garçon ! dit-il en ébouriffant les cheveux de son grand frère de dix mois plus vieux. Le Caïd sortit, rouge de honte, sous les rires de ses camarades. – Ciao, Bugs Bunny ! ne put s’empêcher de rajouter Arthur en topant dans la main de ses sauveurs, qui s’en sortaient tous deux avec quelques bleus et écorchures pour Josh. La journée s’acheva sans problème et Tim, Arthur et Bob, ne voulant pas tomber sur leur camarade et sa bande de brutes, ne trainèrent pas et rejoignirent Illias à l’arrêt de bus. Ils attendirent un moment Lilas, qui arriva accompagnée de Jasmine et Lucille, ses meilleures amies et coéquipières de roller qui semblaient satisfaites de cette première journée de cours. Après avoir cherché Bastien, Sofia, Max et Noémie, toute la troupe rentra à Siloet, leur quartier d’habitation. La fratrie Remblot se rendait dans le salon pour se détendre, quand une voix les interpella depuis la cuisine : – Alors, les enfants, votre journée s’est bien passée ? demanda leur mère qui s’y affairait. – Oui, je suis bien content que les cours aient repris ! rétorqua Tim contre toute attente. Tous le regardèrent sans comprendre : lui qui s’était plaint de l’arrivée de la rentrée à plusieurs reprises, voilà qu’il s’enthousiasmait de ce même jour. Je veux dire, se reprit-il, que cette première journée finit bien. Si j’en crois l’odeur, on mange des crêpes ce soir… – Et bien, on peut dire que tu as vu juste, ou plutôt… senti juste ! s’exclama Lilas qui s’était approchée. – Alors à table ! résonna une voix dans leur dos. Leur père venait d’entrer. Les crêpes avaient toujours été le péché mignon du garçon, et tandis que son frère racontait sa découverte du jour en sa matière préférée, les mathématiques, il engloutissait un nombre de crêpes infini, devant la mine désapprobatrice de sa jumelle. Durant les semaines suivantes, Lilas et son équipe préparèrent leur prochain spectacle de roller qui consistait en une suite rythmique d’acrobaties. Quant à Tim et à Arthur, ils se battirent un soir avec David car ce dernier avait osé casser les lunettes de Bastien après l’avoir insulté et traité d’« intello ». Malgré l’humiliation qu’il avait subie en début d’année, le
caïd continuait à maltraiter les autres élèves, et en particulier Arthur, qu’il savait capable de le rabaisser rien qu’avec des mots. Par après, ils s’entraînèrent pour une compétition d’escalade qu’ils avaient décidé de pratiquer en duo. Tout se passait pour le mieux, mais pourtant, le jour de la veille des vacances de la Toussaint, Mr. Remblot reçut un appel apparemment désagréable. Il resta très silencieux pendant le petit-déjeuner, ce qui n’échappa pas aux enfants. Sur le chemin du collège, Tim parla à sa sœur : – Qui était-ce, à ton avis, au téléphone avec papa ? – J’ai un peu écouté et…, commença-t-elle, anxieuse de connaître la réaction de son frère. Il l’invita à poursuivre d’un hochement de tête. – J’ai cru comprendre que cela avait un rapport avec son travail. On lui demandait de faire un choix mais… je n’ai pas pu rester car il se rapprochait de moi. Tim acquiesça et assura à sa jumelle que cela ne devait pas être très grave. Malgré tout, il resta inquiet durant la journée. Durant la semaine suivante, la bande d’amis constitué des Remblot, des Berinta & compagnie alla à la patinoire, au cinéma voir trois films différents selon les goûts de chacun et firent du camping dans le jardin de la famille (très) nombreuse. Ce ne fut qu’en voyant l’air grave de leur père lorsqu’il les fit s’asseoir dans le canapé, que les enfants Remblot comprirent que l’inquiétude qu’ils avaient ressentie il y avait une semaine, était justifiée. – Les enfants, sachez avant toute chose que je vous aime et que j’ai tout essayé pour empêcher cela mais… j’ai échoué, poursuivit-il avec des sanglots dans la voix. L’équilibre naturel est menacé, ce qui risque de provoquer de véritables catastrophes… Les enfants écoutaient avec attention son explication, qui dura jusqu’au moment où il leur parla d’une prophétie. Les sauveurs des galaxies, dont il ne révéla pas le contenu, mais juste que ces personnes détermineront notre avenir par leurs actes. Il se tut et ils restèrent là longtemps, à se questionner sur le sens de ces mots. Tim finit par briser le silence en demandant, perdu : – Mais je ne comprends pas, pourquoi est-ce que tu nous dis tout cela ? L’homme réfléchit avant de rétorquer : – Parce que, mon grand, cette prophétie… il marqua une pause avant d’ajouter, la voix tremblante d’inquiétude, c’est de vous qu’elle parle…
Chapitrea pr phtie
Quoi !? Mais… comment ça ?? C’est quoi ce délire ! Tu rigoles, j’espère ? s’épouvanta Tim. – Malheureusement non, rétorqua son père d’une voix blanche. Mais avant de savoir ce qui vous attend, je vais vous dévoiler cette prophétie. Il commença à s’activer. Le grincement de la porte d’entrée qui s’ouvre le stoppa net ; sa femme, Karine, venait d’entrer. En voyant l’air soucieux de son mari, elle comprit tout de suite ce qu’il venait de se produire. – Les enfants, murmura-t-elle, je sais que ce que votre père a dit peut vous paraître fou mais… écoutez-le jusqu’au bout. Après, nous discuterons. Au fur et à mesure qu’il parlait, les filles ouvraient des yeux de plus en plus grands, Tim serrait les accoudoirs du canapé à s’en blanchir les phalanges, et Karine prenait doucement la main de Bastien, immobile comme une statue. – J’ai dû remplir cette mission dans ma jeunesse, atteindre les autres univers et les protéger, pour notre propre survie et j’ai tenté de les convaincre de trouver d’autres recrues mais… – Impossible. Ce que tu expliques est tout simplement impossible, le coupa Bastien, jusque là pensif, aucun homme sur Terre n’a jamais réussi à atteindre ne serait-ce qu’une seule autre galaxie par voie aérienne ! – Qui t’as dit que c’était par « voie aérienne » ? L’équipe a mis en place un tout autre système qui se réalise par sous-terrain. Mais vous n’avez pas besoin d’en connaître les détails tout de suite. Nous resterons avec vous la première fois qu’ils viendront vous initier. – Ils ? Qui ça ils ? Et qu’est-ce que tu veux dire par « nous initier » ? On se croirait dans un film, je te jure ! avoua Lilas. – Du calme, tous les deux, leur intima leur mère, allez vous reposer. Nous en reparlerons demain. Tim fila prendre une douche, dégoulinant de sueur à cause de ces paroles insensées à ses yeux-et de son entraînement. Les filles montèrent en silence dans leur chambre. Bastien, quant à lui, décida de se détendre-en lisant un magazine de sciences – après avoir vainement tenté de soutirer des informations supplémentaires à ses parents. Tous dormirent d’un sommeil agité. Le lendemain, aux premières lueurs du jour, quelqu’un toqua à la porte des Remblot. Un homme grand, la cinquantaine et vêtu d’un smoking de marque entra, muni d’une valise noire. – Bonjour, salua-t-il en souriant, dévoilant des dents d’une parfaite blancheur. Je suis bien chez les Remblot ? demanda-t-il avec un léger accent anglais qui ne passait pourtant pas inaperçu. – Oui, c’est bien là. – Comment sont vos étoiles ? – De la couleur des galaxies, compléta Paul. Je vous en prie, entrez ! Les deux hommes venaient d’échanger la phrase code qui permettaient de vérifier qu’on avait bien en face de soi un membre de la LAITSELEC, et non un imposteur. – Installez-vous sans bruit, je vous prie, les enfants dorment encore, s’empressa d’ajouter son épouse en lui indiquant le chemin. L’homme obéit prestement, conscient du début d’inquiétude de la femme et s’assit à la table de la salle à manger. Comprenant qu’il était observé, Mike plaça sa valise au centre de la nappe et l’ouvrit à la vue de Paul et de Karine. Ils connaissaient ce « métier » – pour y avoir été formés – et ne s’attendaient pas à voir, à l’intérieur de la mallette une feuille. Une simple feuille de papier et rien d’autre. – Comme vous le savez, l’agence recrute chaque année des apprentis, afin qu’ils forment
la relève et soient prêts le moment venu. Ces jeunes, sont généralement issus de la même famille que des agents professionnels puis évalués au centre. Mais la semaine dernière, un message est arrivé au siège. Les adultes l’écoutaient, ainsi que deux jeunes espions, retenant leur souffle. Il s’agissait bien sûr des faux-jumeaux qui, alertés par les coups frappés à la porte de si bon matin, s’étaient réveillés et étaient maintenant tapis l’un contre l’autre dans l’escalier, dans l’ombre de la rampe. Les enfants suivirent toute la conversation jusqu’au départ de l’homme en costume trente minutes plus tard. Il laissa sur la table le mystérieux papier que les parents s’empressèrent de lire, pâlissant à chaque phrase. Ils le rangèrent soigneusement dans un tiroir qu’ils se dépêchèrent de fermer en entendant des éclats de voix provenant de l’étage. La femme prépara le petit-déjeuner en vitesse sans faire la moindre allusion à la visite surprise de l’étrange Anglais. – Bien, annonça Paul, il faut que j’y aille si je ne veux pas arriver en retard au bureau. Il embrassa sa femme et empoigna sa sacoche avant d’ajouter, d’une voix douce : – Profitez bien de cette journée et ne songez pas à cette histoire ; vous en saurez plus bientôt. On en reparlera ce soir, conclut-il en posant un regard protecteur sur chacun d’eux. Il quitta la maison, suivi de sa femme, qui paraissait soucieuse. Lilas l’ayant remarqué, donna un coup de coude à Bastien qui l’observa sans comprendre. Elle sourit à sa mère, immédiatement imitée par son jeune frère. En quelques secondes, la fratrie au grand complet montrait ses dents à la jeune femme, sachant plus ou moins pourquoi. Celle-ci leur sourit en retour, apaisée par ces regards. Lorsque la voiture fut partie, les aînés expliquèrent rapidement ce qu’ils avaient vu et entendu aux plus jeunes. – Et voilà quelque chose qui pourrait nous en dire plus ! Lilas sortit le fameux papier donné par l’inconnu à leurs parents et s’exclama en le brandissant triomphalement : – Voici ce que Mike a laissé en partant ! – Comment sais-tu où c’était rangé ? s’étonna son jumeau, j’étais avec toi lors de toute la conversation !? – Non, tu es allé réveiller Bastien et Sofia alors que je suis restée cachée. C’est à ce moment-là, qu’ils ont rangé le papier ici, expliqua-t-elle sous le regard à la fois surpris et impatient des autres. – Alors lisons-le vite ! s’écria Bastien en sautant sur ses pieds tellement vite qu’il en renversa sa chaise. Tous se regroupèrent autour de la jeune fille, de sorte à pouvoir suivre des yeux le texte. Elle déplia la feuille, assez cornée, preuve qu’elle avait été...