Les trois empereurs : hommage aux vainqueurs de Solférino / [signé Frédéric Degeorge]

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impr. de E. Fleury (Laon). 1859. 12 p. ; in-8.
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Publié le : samedi 1 janvier 1859
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LES
TROIS EMPEREURS
Hommage aux Vainqueurs de Solferino.
Libertas merilis est mihi racla tuis.
(ABLUS SABINUS.)
A tes bienfaits, César, je dois ma liberté.
1
Veni, vidi, vici.
(COMMENTAIRES DE CÉSAK )
Home, jadis, eut ses Césars ;
Et de ses aigles triomphantes.
On la vit couvrir les remparts
Des nations agonisantes
Et nous aussi, dans un antre âge,
Rravant la mort et les frimas,
Nouveaux Romains, par le courage,
Nous avons fait trembler l'Europe sous nos pas.
- 2 —
C'était alors pour nous, de brillants jours de fète ;
Minerve et les amours présidaient au festin.
Aujourd'hui le soleil et demain la tempête,
Les clameurs du bourdon ou les pleurs du tocsin.
La vieille Europe, un homme, un fils de Mars l'agite ;
Il marche écrasant tout sous son pied souverain,
Et le char des combats avec lui va si vite.
Qu'à chaque jour de gloire il faut un lendemain.
Homme par sa nature et Dieu par son génie,
Etre incompréhensible enfanté par le ciel,
Dans un jour de colère, il parut à la vie,
Pour présenter aux rois la coupe acre de fiel.
Son front pâle et brûlant, renfermait tout un monde :
Un monde de passé, de présent, d'avenir.
D'un seul bond, il franchit le ciel, la terre et l'onde ;
11 parle. et le destin est forcé d'obéir.
Pour apaiser sa fièvre, il lui fallait la guerre,
Le tumulte des camps et la voix du canon ;
Des soldats rappelant les vieux héros d'Homère
Et des chefs comme Hector, Achille, Agamemnon.
Enfant gâté, pour lui Dieu fit presque un prodige ;
A son char triomphant il attela Marceau,
— 3 —
Murât, Desaix, Kleber; et le divin quadrige
Serait au bout du monde, hélas! sans Waterloo.
Pendapt vingt ans, on vit ses troupes héroïques
Moissonner , en courant, des lauriers et des fleurs ;
Renverser, sous leurs coups, les trônes germaniques
Et dormir, sur la pourpre , auprès des empereurs.
1." ,
In jour vint., jour maudit!. un sinistre nuage
Descendit lentement de la cime des monts,
Et le Dieu disparut, emporté par l'orage,
Qui ne put de vingt rois effacer les affronts..
Un matin, il gagnales régions du pôle.
Malgré les vents du Nord , la neige et les frimas ,
Entraînant les débris des phalanges d'Arcole
Dans les champs dévastés des fils de Nicolas.
Le ciel était obscur. L'aurore boréale
Colorait l'horizon d'une teinte de sang ;
Et lui, lançant au loin son aigle impériale ,
Lui dit : Vole à Moscou, là le czar nous attend.
Et malgré l'ouragan, la famine et la neige
Qui décimaient leurs rangs, les vainqueurs d'Austerlitz.
S'élançaient en criant : l'Empereur nous protège ;
Le bivouac nous attend au palais des Strelitz.
4
— 4—
Mais hélas ! dans Moscou veillait la perfidie ,
Et ces soldats géants que le feu des canons
N'avait pu renverser, devant un incendie
Virent, avec effroi, céder leurs bataillons.
Ainsi veut le destin ! Lorsqu'atteint est le faîte,
Il faut bientôt descendre au gré des envieux.
Mais qu'importe à l'histoire une heure de défaite ,
Quand on a pour passé cent combats glorieux !
Oui, vos noms sont inscrits au temple de mémoire
Vainqueurs de Marengo, d'Austerlilz, d'Iéna ,
Et deux mille canons, tordus par la Victoire ,
Font oublier les morts de la Bérésina.
*
II.
i
Spoliatis arma supersun t.
(JUVENAL. Sat. VIII. )
Vous nous avax tout pris. Il nous reste des armes
Rien qu'une main, Français, je suis sauvé.
(BÉRANGER ).
France, réveille-toi ; grâce à la Providence ,
L'aigle a repris son vol, rapide , audacieux.
Voyez-le : dans les airs, plein de gloire , il s'élance ;
C'est l'astre de César, illuminant les cieux.

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