Les vacances de la famille Mulet

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"Dans ce premier roman Dan Cortès nous dévoile ses passions avec humour, un soupçon de psychologie, des notes musicales et un appétit gourmand pour la gastronomie à travers les merveilleux paysages de la Toscane. Il a vécu des situations plus rocambolesques les unes que les autres : des vacances qu’il partage aujourd’hui avec vous, des périodes de vie qui peut-être éveilleront pour chacun des souvenirs de vacances
plus personnels.
 Écrit dans un style accessible à tous les publics, ce roman plein de surprises n’est pas fait pour être mis aux oubliettes une fois lu. Le lecteur pourra toujours le conserver à portée de main afin de se concocter de délicieux mets. Le rire est et restera toujours une vibration intense de la vie. Pour Dan Cortès, rien de mieux qu’un morceau de son groupe préféré, un bon verre de vin et un livre qui le fait rire pour oublier une journée de travail et être détendu. Puisse son ouvrage aider le lecteur à atteindre lui aussi cette plénitude... "



Publié le : mardi 19 mars 2013
Lecture(s) : 20
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782362528002
Nombre de pages : 246
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Dan CORTÈS


Les vacances
de la famille Mulet

La Toscane,
du rêve rien que du rêve !

Éditions Mélibée

 

 

Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que « les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

Une famille en or !

La famille Mulet habite un joli petit village du Canton de Vaud, en Suisse. Elle est composée de quatre membres. Je pense qu’il est préférable que je vous présente tout de suite les personnages, comme ça je ne vous embêterai plus avec les préliminaires. Commençons par le dernier arrivé de la bande, Romarin, de sexe masculin et âgé aujourd’hui de cinq ans. Romarin est un enfant extraordinaire, surtout en paroles. Un vrai moulin à paroles et il ne parle pas que pendant la journée. Loin s’en faut, il parle même pendant qu’il dort. En quelque sorte, il parle tout le temps. Des jours il peut parler vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans se fatiguer le moins du monde.

Une sorte de radio. Souvent au comble du désespoir, je rêve d’une télécommande pour pouvoir presser le bouton off. Parfois quand toute la famille Mulet est en épuisement auditif profond, c’est-à-dire au bord de la crise de nerf. Je gonfle ma poitrine de plus en plus fortement, ma respiration s’accélère, ma peau se teinte d’une couleur rougeâtre, mes veines sortent de mon cou, je prends une grande inspiration, je bloque l’air et je le recrache d’un coup en tendant mes cordes vocales au maximum.

J’arrive ainsi à produire un son très puissant et caractéristique du primate Homo sapiens commençant par AHHHH et finissant par une sorte de GHHHH. Après dix secondes de cet extraordinaire son à l’effet prodigieux, Romarin s’arrête de parler net, il me regarde avec de grands yeux ronds et comme piqué par une guêpe, se lève d’un coup et disparaît comme un moustique. Ouf ! Quel calme après le hurlement, que c’est bon quand Romarin la met en veilleuse ; malheureusement cela ne dure jamais très longtemps.

Une autre grande particularité de Romarin, qui rend folle toute la famille, c’est le fait que chaque fois qu’on lui demande quelque chose, toutes ses phrases commencent et/ou finissent par : « pourquoi ? ».

Exemple : ma femme

– Romarin peux-tu s’il te plaît sortir la poubelle ?

Romarin :

– Pourquoi ?

– Je suis en train de faire la vaisselle et j’ai les mains pleines de savon, après je dois vite aller me maquiller et me coiffer. Et ensuite nous devons partir pour l’école, alors merci de me donner un coup de main.

Romarin :

– Pourquoi tu ne demandes pas à Papa ?

– Parce que ton père est en train de se raser. Mais, meeeeeerrrrrrde.

ça c’est le cri caractéristique de Femmo sapiens dont l’effet attire l’attention de toute la famille et chacun de hurler de son côté :

– Qu’est-ce qui se passe ?

Alors Romarin, sentant l’orage paternel arriver, prend la poubelle et, hop ! Il part en direction de la sortie. C’est là que ma femme commet une immense erreur, mais avec le temps on apprend très vite :

– Romarin n’oublie pas de prendre les clés du portail.

Alors, Romarin qui n’attendait que cela.

– Pourquoi ?

Et c’est reparti…..

Romarin a aussi une autre grande particularité. Il trouve toujours le moyen de se disputer verbalement avec sa sœur et vice versa. Résultat des courses ma femme et moi passons la majeure partie de notre temps à essayer de les calmer, mais comme tous les deux ont pris le caractère de ma femme, chacun veut avoir le dernier mot. C’est donc un affrontement verbal sans fin. A la fin et pour ne pas faire d’impair nous les punissons tous les deux, chacun dans sa chambre ! Mais comme ils sont teigneux comme une tique, ils continuent leur dispute à travers les murs. J’ai même entendu Romarin pester sur sa sœur en dormant. Il tient encore ça de ma femme.

Passons ensuite à Lorette, nous lui avons donné ce prénom pour faire rime avec sa mère qui s’appelle Patounette, ce qui fait Patounette – Lorette, c’est moi qui ai eu l’idée, heu… presque. Ma fille est âgée de douze ans. Comme je l’ai déjà mentionné, elle a le caractère craché de sa mère, c’est-à-dire insupportable. Une des grandes caractéristiques de Lorette, c’est qu’elle est toujours fatiguée, surtout le matin et le soir. De ce fait, c’est la seule personne que je connaisse, qui dort plus que les draps. Si, si je vous l’assure.

Une autre grande particularité de Lorette, mais celle-là, elle est très commune à la gente féminine, c’est qu’elle est très susceptible. Dès qu’on lui dit un mot qui ne lui convienne pas, psssst, elle se lève et file dans sa chambre en maugréant un charabia assez incompréhensible. Paraît que c’est le début de l’adolescence. Si c’est vrai, alors moi, je dirai que ma femme est toujours dans l’adolescence, qu’est-ce qu’elle est susceptible, la Patounette ! De ma femme on en reparlera plus tard.

Lorette est une vraie intellectuelle, toujours de très bonnes notes à l’école. De ce fait, elle ne touche en rien aux tâches ménagères, ce n’est pas, mais alors pas du tout, une manuelle. C’est une vraie cérébrale. A mon avis, c’est même une lymphatique. Le fait de porter un petit sac de commissions, du garage à la maison, l’épuise énormément. Les rares fois où elle s’y est risquée, il lui a fallu pratiquement vingt-quatre heures pour s’en remettre.

Nos deux enfants ont un gène commun concernant la nourriture, ils n’aiment rien et, de plus, pas en même temps. Le résultat est qu’à l’heure des repas c’est toujours un casse-tête culinaire. La plupart du temps ma femme ou moi, voir les deux, en même temps, nous devons cuisiner trois repas différents pour quatre personnes. Un jour j’ai eu la bonne idée de mettre sur la table une carte avec trois entrées, trois plats principaux et trois desserts à choix, comme au restaurant. J’y ai également inscrit les prix de chaque menu. Avec un astérisque et une petite phrase au bas de la feuille, mais bien lisible : le menu peut être payé en faisant la vaisselle, en passant l’aspirateur et en sortant les poubelles tous les matins pendant un mois, etc. Ma carte n’a pas beaucoup plu, surtout aux enfants. Pas les menus, le fait de payer pour manger. A ces âges adolescents, on pense que tout est offert et gracieusement.

Comme mentionné plus haut et c’est également valable pour Lorette, elle trouve toujours le moyen de se disputer verbalement avec son frère et vice versa. Une chose est certaine, c’est qu’en tant que femme et, cela malgré son jeune âge, elle ne lâche jamais le morceau. Nous aurions dû la prénommer Pitbull. Même punie dans sa chambre ou en dormant, elle aussi, elle continue à pester contre son frère.

C’est dans ces moments que je me suis aperçu que les enfants, et tout particulièrement les miens, n’ont pas beaucoup le sens de l’humour. Ils ont plutôt mauvaise humeur quand l’humour les concerne.

Passons à ma femme ; Patounette, quarante ans et blonde. Je pense avoir tout dit, non ? Je plaisante. Ma femme est une grande inquiète, elle est capable (non, que dis-je, elle le fait réellement) de me réveiller à trois heures du matin pour me dire… qu’est-ce que tu entendais par …..

Et moi :

– Hein quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? Il est quelle heure ?

– Qu’est-ce que tu voulais dire par ….

Quand vous êtes dans votre sommeil le plus profond. Quand vous êtes sur une île déserte, quelque part dans les Caraïbes, couché sur une plage de sable blanc avec Ariana Carantedeux (l’une des plus belles femmes du monde) et que tout d’un coup, une main ferme vous secoue comme un vulgaire cocotier. Le retour à la réalité est des plus difficiles. Je peux vous assurer que le dépaysement est total ; surtout que les vingt premières secondes sont les plus difficiles. Pendant ce laps de temps vous cherchez désespérément Ariana, mais très vite vous réalisez que ce n’était qu’un rêve et qu’en face de vous se tient votre femme, dans mon cas ; ma Patounette. Je ne la distingue pas très bien, ma vue est brouillée par mon demi-sommeil. Mais la main continue de me secouer et la voix de plus en plus imposante :

– Qu’est-ce que tu entendais par ….

– Mais je n’en sais rien, c’est moi qui ai dit ça ?

– Quoi ! Tu ne te souviens même plus de ce que tu m’as dit ? Tu es comme tous les hommes…

Je n’ai pas bien entendu la fin de la phrase.

Puis d’un coup elle se retourne et elle s’endort. Mais moi, maintenant, je suis réveillé et bien réveillé. J’ai récupéré tous mes esprits, je la vois bien, je n’ai plus la vue brouillée. Et effectivement elle dort comme un bébé. Sauf que moi, maintenant je n’arrive plus à me rendormir. Et dans ma tête la confusion est totale, mais pourquoi elle m’a réveillé ? J’ai une folle envie de commettre un meurtre, oui je vais l’étrangler. Et la réflexion reprend le dessus, c’est la mère de mes enfants et je l’aime.

Parfois par amour nous sommes capables de tout, même de ne pas commettre un meurtre tout à fait justifié. Le pouvoir de l’amour, je vous jure. Sinon elle est parfaite, c’est une parfaite mère, une gentille femme, elle est généreuse en amitié et bonne vivante. Quand elle invite, Patounette cuisine pour deux semaines. Ça, ce n’est que la pointe de l’iceberg de la générosité de Patounette, imaginez-vous que quand on part en vacances pour une semaine, elle charge les valises pour deux mois d’habits, comme si on devait se changer deux fois par jour. En nombre d’habits, elle compte pour une famille de huit personnes, alors que nous ne sommes que quatre. Je ne compte pas Merce qui a ses propres containers d’habits et de produits de beauté.

Quand nous partons en vacances, cela fait un nombre impressionnant de valises et pas seulement à cause des habits, non, il y a tout le reste. Comme par exemple ; les affaires de toilette, vingt-cinq brosses à dents… presque une brosse par dent. Les produits de maquillage, je ne les compte pas c’est plus simple de dire qu’elle déménage la parfumerie et que cela fait une bonne et belle grosse valise uniquement en produits de beauté. Les affaires de plage, olala ! Vaut mieux ne pas se risquer à les énumérer, non, sinon c’est une encyclopédie. Je résume, il y a en plein la voiture et pas n’importe laquelle, non le bon et gros monospace.

Patounette profite de chaque interstice, de chaque petit recoin de la voiture pour y mettre un quelconque objet qui pourrait éventuellement servir au cours de notre voyage. Pour ainsi dire nonante-neuf pour cent des objets qu’elle embarque ne font que prendre de la place inutilement. Cette manie tient carrément du psychologique voir du pathologique.

Ce genre de comportement doit rassurer certaines personnes. Un jour, un psychiatre devrait quand même se pencher sur le sujet. Je suis convaincu que cette pathologie doit être très répandue dans la population féminine. Voilà en quelques lignes les principaux traits de caractère de ma femme adorée. Quand aux meilleures, je les garde pour la suite de l’histoire.

Passons à ma sœur Merce, bien qu’elle ne fasse pas partie directement de la famille Mulet, elle fait toutefois partie de la famille au sens large. Je n’ai pas compté Merce parmi les quatre membres de la famille Mulet, mais je vais vous la décrire tout de même, car elle va jouer un rôle important dans mon histoire. Bon ! Ce n’est pas de sa faute si elle s’appelle Merce déjà pour commencer, c’est celle de nos parents. Je vous rassure, elle ne leur a pas fait un procès. Ma sœur, ma sœur, ma sœur… par quoi vais-je commencer ?

Allons droit au but… Elle a trente-sept ans, célibataire endurcie, elle vit avec ses deux chats… dois-je aussi continuer ? Vous l’avez compris, elle a acquis au fil des ans quelques manies de vieille fille. Oui, ma sœur a ses habitudes et il ne faut surtout pas la bousculer dans son train- train quotidien.

Depuis que je la connais, c’est-à-dire depuis sa naissance (oui, je suis l’aîné), Merce va doucement le matin, surtout qu’elle n’est pas du tout du matin, et lentement le soir, surtout qu’elle n’est pas du tout du soir non plus. Et entre le matin et le soir elle va plus ou moins, si on ne la bouscule pas trop. Sinon Merce est une bonne vivante, elle aime son petit coup de rouge et surtout elle adore bien manger. C’est une vraie épicurienne.

Merce cuisine par ailleurs merveilleusement bien. Bon, il faut dire qu’elle a le temps de cuisiner Merce, pas d’homme à entretenir, c’est-à-dire pas de repas à lui préparer quand il rentre du travail, pas besoin de lui faire la lessive, pas besoin de lui repasser ses chemises, pas besoin de le soigner quand il a un petit bobo, pas besoin de lui apporter ses pantoufles quand il regarde la télévision, pas besoin de lui préparer son pastis quand il y a la coupe du monde de football, pas besoin de passer sans cesse derrière lui pour ranger son bordel, pas besoin de le réconforter quand il s’est fait engueuler par son patron, pas besoin de le soutenir moralement tous les lundis, pas besoin d’aller lui acheter ses habits… Non de ce côté-là Merce a la belle vie.

D’accord des fois, elle est en pleine déprime ou si vous préférez en manque d’affection masculine. Mais après lui avoir énuméré la liste des grands besoins d’un homme et de l’attention qu’il faut lui porter au quotidien, elle récupère très vite. Chez ma sœur tout est rangé au millimètre, pas un grain de poussière ou un poil qui dépasse, la perfection au féminin. A croire qu’elle fait le ménage avec une règle et une équerre.

Même les chats sont d’équerres ; je me demande si à force de vivre ensemble, ils adoptent tous le même caractère... je parle du caractère de Merce, bien entendu. Par conséquent, c’est évident que lorsque nous venons lui rendre visite avec les enfants, ça met quelque peu la pagaille dans son appartement.

Elle passe d’ailleurs plus de temps à ranger derrière les enfants, qu’à discuter avec nous et quand nous discutons, ses yeux ne cessent d’observer les enfants. Le plus embêtant avec ce va-et-vient oculaire, c’est qu’au bout d’un moment cela nous fait loucher, car on n’arrive jamais à la regarder droit dans les yeux. Et au moindre déplacement d’un objet, elle se précipite pour le remettre d’équerre. Parfois, je me demande si les enfants ne s’amusent pas un peu avec Merce. C’est malin un enfant vous savez. Oui, je pense que vous le savez déjà.

Merce a la même maladie que Patounette, elle est atteinte de bagagite surpondérale avec maniaco-rangite. Je vous donne un exemple, elle range sa brosse à dents dans un étui en plastique rigide, qui lui-même est rangé dans une housse en tissu, fermée par un ruban dont le nœud est d’une perfection absolue, les deux ficelles sont parfaitement symétriques, à croire qu’elle a mesuré les deux extrémités à la règle. Cette housse parfaite est elle-même rangée dans un attaché case et parfois, l’attaché case est rangé dans une valise. Et là, je ne vous parle que de la brosse à dents, je vous laisse imaginer le reste.

Ma sœur aussi prend une valise par jour et non pas une valise pour le séjour. Plus le séjour est long, plus les valises s’accumulent. Parfois le sommet peut atteindre une hauteur vertigineuse, de quoi donner le vertige à ceux qui en souffre.

Et pour finir, j’ai gardé le meilleur pour la fin, moi, mon nom est Dan. J’ai quarante-deux ans. Je suis une personne intelligente, de nature joyeuse avec un caractère en or. Je ne m’énerve jamais, sauf quand nous partons en vacances, mais ça ne compte pas. Je suis plutôt bel homme, épicurien dans l’âme, très bon cuisinier, j’adore me faire servir et me laisser vivre, surtout pendant les vacances, ça par contre ça compte. Pour résumer, je suis un mec cool.

Ma maman disait toujours avant de découper un gigot d’agneau ou un poulet, « Qui coupe bien et répartit bien, se garde la meilleure partie ». ça doit être la même chose dans l’écriture, celui qui écrit et qui répartit bien les rôles, se garde le meilleur rôle pour lui. Et oui !

Comme dans toutes les familles, vous verrez que c’est moi qui prends les décisions importantes. C’est normal, je suis le mâle dominant de la famille, c’est donc moi qui porte la culotte à la maison. Quand je parle, toute la famille m’écoute. Si, si, je vous l’assure. Et si vous ne me croyez pas ? Nous en reparlerons à la fin de ce livre.

Grâce à mes décisions tout à fait logiques, je trouve toujours la solution, heureusement que je suis là. En fait, je suis l’homme de la situation. Vous en doutez ? Alors je vous donne rendez-vous à la fin de l’histoire.

J’allais oublier, je suis également un très bon bricoleur, je dois avoir le bricolage dans le sang. Ce n’est pas moi qui l’ai dit, c’est Patounette. A force de le répéter, je m’en suis convaincu. Vous êtes sceptique ? Nous en reparlerons également à la fin de cette histoire.

Tout compte fait et comme vous l’avez compris, nous sommes une famille tout à fait normale, comme il en existe des millions sur terre. Et moi, je suis l’homme idéal, ça c’est moi qui le dis, hé, hé. Oui, oui, je sais…. Nous en reparlerons…. pas de souci. Je vous attends à la fin de ce…. je sais.

 

Histoire de mériter les vacances !

Aujourd’hui, nous sommes le vendredi dix-sept juillet et c’est le grand jour du départ pour la Toscane. Je pars avec toute ma famille et ma sœur, pour deux semaines de vacances bien méritées. Comme je suis un bon délégateur, j’ai laissé le soin de planifier tout le voyage à Patounette et à Merce. Que c’est bon de se laisser vivre. Comme nous avons décidé de partir à trois heures du matin, d’une part, à cause de la chaleur nous préférons rouler un maximum de nuit et, d’autre part, si l’on veut éviter les bouchons au tunnel du Mont-Blanc, il vaut mieux arriver, à cet endroit, très tôt le matin.

Donc, j’ai décidé de finir mon travail à seize heures tapantes, cela signifie qu’à quinze heures et cinquante minutes précises, je ferme toutes les applications et j’éteins mon ordinateur, car il me faut bien dix bonnes minutes pour dire au revoir et souhaiter également de bonnes vacances à tous mes collègues de travail. Et voilà, à seize heures pile et pas une seconde de plus, je pars en courant prendre ma voiture et filer à la maison où m’attendent Patounette et les enfants. Etant l’Homme de la famille, je dois charger toutes les valises dans la voiture, prendre un petit dîner léger et faire un petit somme jusqu’à trois heures du matin, heure du départ. Je suis tellement heureux qu’en roulant je chante à tue-tête « la Traviata » ainsi que « Et viva La Toscane » (il n’est pas interdit de changer quelque peu les paroles d’une chanson).

Comme il n’y a pas beaucoup de circulation entre le lieu de mon travail et celui de ma maison, à seize heures et trente minutes, j’arrive à la maison avec un grand sourire de conquistador qui s’en va en vacances.

– Coucou la famille, c’est moi.

Mes deux enfants et ma femme sortent prestement de la maison pour m’accueillir et tous les trois me sautent dans les bras. Que c’est bon de se sentir ainsi aimé.

– On ne t’attendait pas si tôt, mais c’est tant mieux, tu pourras ainsi commencer à charger la voiture en attendant Merce. Elle vient juste de m’appeler. Elle part dans dix minutes du bureau et si tout va bien vers les dix-huit heures et demie, elle sera là.

– As-tu déjà quelques valises de prêtes ?

– Oui mon chéri, Il y a déjà quelques valises dans le hall d’entrée, si tu veux commencer à les charger dans la voiture, pendant ce temps, je vais finir de préparer la dernière valise, me dit Patounette en partant vers le jardin.

– Pas de problème, je vais commencer.

En me dirigeant vers la porte d’entrée j’ai comme un mauvais pressentiment, pourquoi fait-elle le tour de la maison pour rentrer dans le salon par le jardin ? J’ai vite compris en ouvrant la porte de la maison, le hall est rempli de valises. J’écarquille les yeux, mes pupilles se dilatent et ma mâchoire inférieure s’en va taquiner la théorie de la gravitation de Newton.

– Oups !

Petit calcul rapide, il n’y a pas moins de quinze valises dans le hall. Et comme elle en prépare encore une, d’après mes calculs, cela fait quatre valises par personne et je ne compte pas celles qui doivent encore arriver de Merce.

– Tu plaisantes chérie, on ne va pas prendre toutes ces valises ? Nous ne partons que deux semaines !

– Justement nous ne partons QUE deux semaines !

Ma femme veut toujours avoir le dernier mot, ce n’est quand même pas possible, nous n’avons pas autant d’habits. Elle a dû en emprunter aux voisins, pour remplir les seize valises.

De toute façon, c’est inutile de discuter. Je la connais bien, non seulement elle veut toujours avoir raison mais en plus, elle ne m’écoutera pas… C’est très féminin. Je suis tout de même très énervé, car je suis convaincu que les trois quarts des valises ne seront même pas ouvertes.

Je reste planté là à me demander comment faire rentrer un volume supérieur dans un espace inférieur. A quelques exceptions près, tout corps chauffé se dilate à partir d’une certaine température, peut-être qu’en chauffant la voiture, qui sait…. ? A contrario et également à quelques exceptions près, tout corps congelé à tendance à perdre du volume, alors si je congelais les valises et si je mettais la voiture dans un four, peut-être qu’avec un peu de chance, qui sait… Mais à la réflexion, je ne suis pas convaincu que l’une ou l’autre de ces deux idées soient bonnes.

Si un jour j’arrive à faire rentrer un contenu plus grand que son contenant à l’intérieur de ce dernier, il va falloir que j’énonce une nouvelle théorie de la physique.

Bon, il faut que je commence à m’atteler au travail, en mode bagagiste, si je veux finir avant que Merce arrive avec son container à elle. J’ai commencé à remplir les deux coffres que j’ai sur le toit de la voiture. Heureusement que j’en ai acheté deux d’ailleurs. Mais mettre une valise dans une plus grosse valise n’a pas beaucoup de sens et là j’ai une idée lumineuse, comme moi seul peux en avoir. Je vide le contenu de deux valises par coffre, hé hé et hop quatre valises de moins. J’ai quand même eu de la peine à fermer les deux coffres, j’ai dû forcer pour encliqueter les deux parties de chaque coffre, mais j’y suis arrivé et cela semble tenir.Bon, c’est en arrivant en Toscane que je vais être embêté, soit je démonte les deux coffres et je les monte dans la chambre, soit je me tape une dizaine de voyages entre la chambre et la voiture. Avec un peu de chance, Patounette n’y pensera plus et ses affaires resteront durant tout le séjour dans les coffres. On ne sait jamais, j’ai aussi le droit de gagner de temps en temps au loto, non ?

Pour le moment pallions au plus urgent, faire rentrer un plus grand volume dans un plus petit. Ne crions pas victoire trop vite, il me reste encore douze maudites valises et ma Patounette n’est pas au courant de mon coup de génie. Quand elle verra que j’ai déversé pelle-mêle, le contenu de quatre valises dans les coffres, pour sûr elle va piquer une crise de nerf dont elle seule en a le secret… C’est très féminin ça aussi, nous les hommes on ne s’arrête pas à ce genre de détail.

Quand je pense que toutes les affaires étaient bien pliées et bien rangées dans les valises, je me demande si je n’ai quand même pas fait une grosse bêtise ? J’ai tout de même quelques remords, surtout que je vais me faire sonner les cloches, comme une cathédrale. Il vaut mieux que je me la coince le plus longtemps possible.

Au bout d’une heure j’en suis à ma cinquième tentative pour faire rentrer les valises dans le coffre de la voiture. J’essaie de coucher les valises, mais ça, ce n’est pas une bonne idée. Alors je mets les valises dans le sens de la hauteur, mais là non plus ce n’est pas génial. Après trois autres tentatives toutes aussi infructueuses les unes que les autres, j’ai toujours les douze valises hors de la voiture, Caramba !

C’est toujours quand on croit que tout est perdu qu’une solution apparaît, j’ai encore une idée de génie, c’est tout masculin ça. Je fais appel à Patounette. L’idée de génie c’est de faire appel à ma femme. Les femmes contrairement aux hommes, elles ont toujours le sens pratique, elles ! Elle est venue, elle a regardé, et je dois humblement l’avouer, elle a vaincu !

– Mais pourquoi tu n’avances pas l’un des sièges arrière, Romarin n’a pas besoin de toute cette place pour mettre ses petites jambes et, de plus, tu peux caser une valise sous ses pieds. Pas bête la Patounette, je suis un génie… d’avoir fait appel à ma femme. Mine de rien ma Patounette a quand même réussi à défier une grande loi de la physique. Bon d’accord en raccourcissant quelque peu Romarin, il sera un peu plus court à l’arrivée, qu’il ne l’est au départ. Mais comme l’a dit un jour Albert Einstein, tout est relatif. Et il reste encore à mettre dans le trou de souris qui reste encore libre, le container de Merce. Je sens que ça va être pour ma pomme.

Mais au fait où est Merce ? Elle n’est pas encore arrivée, elle devrait pourtant être là depuis au moins une bonne demi-heure.

– Dis chérie, tu n’as pas de nouvelle de Merce ?

– Non, je vais l’appeler sur son mobile, elle devrait déjà être là.

Après plusieurs tentatives d’appels sur son téléphone, sans succès, et après une demi-heure d’attente, je commence sérieusement à avoir faim. Surtout que les enfants sont excités comme des puces et la dispute verbale commence à faire son apparition. N’ayant pas l’envie, ni le courage de me mêler à la rencontre, je fais une tentative de diversion :

– Chérie et si nous commencions à dîner, Merce va bien finir par arriver ou par nous donner signe de vie.

– Excellente idée mon chou, ça va calmer les enfants.

Je me dis, mais uniquement en pensée, c’est surtout pour me réconforter personnellement, « on a toujours besoin d’un homme créatif et plein d’idées ». Que c’est bon de me parler à moi-même, ça me fait du bien. On devrait se parler plus souvent, même si on n’est pas toujours d’accord avec soi-même. Ça ne reste après tout qu’une contradiction interne. C’est en quelque sorte une dispute entre le cerveau droit, l’irrationnel et le cerveau gauche, le rationnel (parce que je suis droitier) et quand les deux hémisphères ne sont pas d’accords, ils se font une bataille intellectuelle jusqu’à ce que le troisième cerveau (le reptilien) en ait marre et hurle :

– ça suffit ou je me mets en grève.

A ce moment là, il met tout le monde d’accord.

– Non pas ça, d’accord on arrête, s’écrient les deux cerveaux en choeur. J’ai bien dit « en choeur » et pas « avec le cœur », cela peut prêter à confusion.

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