Lettre à M. le professeur Chevallier sur le titrage de l'opium. (Signé : Berthé.)

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impr. de Dubuisson (Paris). 1859. In-8° , 8 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1859
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LETTRE
A M. IE PROFESSEUR CHEVALLIER
SUR LE
TITRAGE DE L'OPIUM
A monsieur CHEVALLIER, ■pharmacien-chimiste, membre de VAca-
démie impériale de médecine, du conseil de salubrité, professeur à
l'école de pharmacie.
Monsieur et très honoré maître,
En publiant, dans le numéro d'avril de votre excellent jour-
nal, la note que j'ai tout dernièrement adressée à l'Académie de
médecine contre le titrage de l'opium, vous l'avez fait suivre de
réflexions qui prouvent que les faits mis par moi sous les jeux
de la savante compagnie n'ont point porté une entière convic-
tion dans votre esprit.
Le premier, monsieur, vous avez proposé à l'Académie le ti-
trage de l'opium ; vous êtes en même temps l'un de ses membres
les plus aptes à juger cette intéressante question : à ce double
titre, vous comprendrez toute l'importance que j'attache à votre
opinion, et, avec votre amour de la libre discussion, vous me
permettrez, en examinant les raisons que vous opposez à celles
— 2 —
que j'ai fait connaître, de tenter de vous faire partager ma ma-
nière de voir.
Lorsque vous avez, en 1849 ou 1850, émis l'idée du titrage de
l'opium, vous vouliez surtout régulariser d'une manière absolue
l'emploi de cet énergique médicament. Comme tous les pra-
ticiens, vous aviez été maintes fois à même d'en apprécier les
constantes variations.
Malheureusement, vous ne faisiez point connaître en même
temps les moyens d'arriver à ce titrage absolu, de même que vous
n'indiquiez point à l'aide de quels procédés vous contraindriez
tous les pharmaciens à employer cet opium toujours également
dosé.
Or, permettez-moi de vous le dire, monsieur et honoré maître,
en négligeant d'aborder ce côté vraiment pratique de la question,
vous vous rendiez la tâche très facile, car c'est là justement que
réside toute la difficulté.
Examinons donc ensemble, si vous le voulez bien, les moyens
qui ont été à différentes reprises proposés pour atteindre ce ré-
sultat si justement et si ardemment désiré, et voyons si nous en
trouverons un capable de satisfaire complètement les désirs du
corps médical tout entier.
Persuadé que les variations considérables que l'on consiatait
dans la composition de l'opium étaient dues à la falsification, on
eut d'abord l'idée de substituer à l'opium oriental l'opium in-
digène.
Comme tout le monde, mieux que tout le monde même, vous
sa\ ez, monsieur, combien peu cette opinion était fondée, vous qui
avez trouvé dans des opiums types, à peu près recueillis par
vous-même, jusqu'à 16 p. 100 de morphine, alors que des opiums
récoltés dans la même localité, sur la même espèce de pavots, peu-
vent n'en contenir que 6 p. 100. Vous le savez mieux que tout
autre, vous, monsieur, qui, chargé avec MM. Grisolle et Bou-
chardat d'examiner en 1854 des opiums récoltés en Afrique par
MM. Malval, Germain, et à la pépinière de l'Algérie, dans les con-
ditions de pureté d'une expérimentation scientilique, à laquelle
échappera toujours obligatoirement la récolte faite sur une grande
échelle, avez constaté dans la richesse de ces opiums les variations
suivantes:

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