Lettre à M. Léon Gambetta, député républicain au Corps législatif de l'empire, sur son dernier discours, par Nonce Rocca, l'un des 14.000 électeurs non représentés de la 6e circonscription de la Seine

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F. Salmon (Paris). 1870. In-8° , 8 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1870
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LETTRE
M. LEON GAMBETTA
DÉPUTÉ RÉPUBLICAIN AU COUPS LÉGISLATIF DE L'EMPIRE
SUR SON DERNIER DISCOURS
PAR
NONCE ROCCA
L'UN DES 14,000 ÉLECTEURS NON REPRÉSENTÉS DE LA 6e CIRCONSCRIPTION
DE LA SEINE
CINQUANTE CENTIMES:
PARIS
LIBRAIRIE DE F. SALMON
12, RUE CUJAS
1870
LETTRE
M. LÉON GAMBETTA
DEPUTE RÉPUBLICAIN AU CORPS LÉGISLATIF DE L'EMPIRE
SUR SON DERNIER DISCOURS
Monsieur,
Comme on doit la justice, surtout à ceux dont on ne par-
tage pas les idées, j'applaudis sans peine à la verve élo-
quente, à la chaleur généreuse, à certains égards même à
l'élévation de votre discours au banquet que vous a donné
la jeunesse; ou plutôt les jeunes gens qui, sans mandat, de
leur autorité privée, mais de bonne foi sans doute, ont pré-
tendu représenter la jeunesse française à Vaugirard.
En leur parlant, Monsieur, vous vous adressez, par delà
leur petit cercle, à vos « contemporains. » En ma qualité
de l'un de ces derniers, si obscur que je sois, si profondé-
ment inconnu que je doive rester pour vous, permettez-moi
de relever quelques assertions générales des plus applaudies
de votre discours. ,
Vous vous déclarez « en possession de la vérité. » Heu-
reux êtes-vous, Monsieur. Vos adversaires, il est vrai, disent
la même chose; et chacun ayant le droit d'affirmer qu'il a
raison, sauf à le prouver de son mieux, je viens en user
comme les autres. J'essaierai de discuter quelques-unes de.
vos preuves, ce qui constituera les miennes; du reste, sans
prétention, au courant de la plume, faute d'avoir l'honneur
de vous parler, et comme si je vous parlais.
Avant de fouler aux pieds, dans une sorte de mépris ly-
rique, la « légende napoléonienne, » vous rendez un écla-
tant hommage à la légende révolutionnaire. Vous avez donc
aussi, à priori, votre idole, Monsieur! Vous préconisez
« même les défaillances » de ses adorateurs, et, clans votre
« piété, filiale, » dans votre zèle dévorant, vous soutenez
intrépidement que « TOUT CE PASSÉ EST SACRÉ! » Vraiment,
c'est bien la peine de vouloir jeter bas la colonne Vendôme,
pour aller se mettre à genoux devant la baignoire de Marat et
la sacro-sainte guillotine ! Après tout, et soit dit en passant,
est-ce que les guerres du premier Empire n'auraient pas
été, en grande partie, la conséquence inéluctable de celles
de la République? Et les guerres républicaines étaient-
elles donc, toutes, si nécessaires pour sauver la France? Il
aurait été plus facile, plus prudent, plus patriotique, ce
semble, de ne pas la compromettre d'abord et la pousser
aux abîmes, par une sorte d'orgie démagogique et belli-
queuse, où les « IMMORTELS PRINCIPES » n'ont été qu'un mot
d'ordre. Croyez-vous, de bonne foi, Monsieur, qu'à partir
de l'Assemblée Constituante, tous les hommes au pouvoir
aient eu à coeur de réaliser les voeux de la nation, et qu'ils
aient pris souci de ces glorieux cahiers des Etats généraux
dont on a tenu si grand compte qu'ils ne sont pas même
publiés encore? Le peuple, ou plutôt la foule, ne manque
jamais d'entourer et de suivre, même à travers des larmes
et du sang, quiconque l'interpelle au nom de la liberté, de
l'égalité, de la fraternité : trois mots qui résument la loi
des sociétés humaines, et à l'impulsion magique desquels
nos pères ont cédé, sans se préoccuper jusqu'à quel point
ceux qui les faisaient sonner le plus haut croyaient vraiment
aux grandes et belles choses exprimées ainsi, et les vou-
laient pour tous... La plupart, affamés de domination, affo-

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