Lettre à Messieurs le général d'Aurelles de Paladine, Martenot, Méplain, contre-amiral de Montaignac, Patissier, de Montlaur et Riant / [signé : Ch. Mazeron]

De
Publié par

impr. de Crépin-Leblond (Montluçon). 1871. 8 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : dimanche 1 janvier 1871
Lecture(s) : 0
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 9
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

\\ À ■;' "7 A MESSIEURS
n/j^^àaéral d'AURELLES de PALADINE,
MARTENOT, MËPLAIN,
Contre-Amiral de MONTAIGNAG, PATISSIER,
de MONTLAUR et FIANT,
r
Députés de l'Allier à l'Assemblée nationale.
(Extrait du Mémorial de l'Allier.)
MONTLUÇON
TYPOGRAPHIE CRÉPIN-LEBLOND
- Çj EN FACE DE L'AVENUE DE LA. GARE
9 9 ta 1871
LETTRE
A MM. LE GÉNÉRAL D'AURELLËS DE PALADINE,
MARTENOT, MÉPLAIN,
CONTRE-AMIRAL DE MONTAIGNAC, PATISSIER,
DE MONTLAUR ET RLANT,
Députés de l'Allier à l'Assemblée nationale.
MESSIEURS ,
Lorsque, le huit février dernier, les popula-
tions de notre département vous choisissaient $
à une immense majorité, pour les représenter
ù l'Assemblée constituante, l'espérance était
dans tous les coeurs : on vous savait hommes
de bieiij on vous croyait hommes d'énergie.
Cette espérance, la France entière la parta-
geait, car partout où n'avait pas pesé le despo-
tisme révolutionnaire et l'odieuse tyrannie de
ses proconsuls, les députés qu'elle vous asso-
ciait ne nourrissaient comme vous qu'un seul
désir, la fin d'une guerre désastreuse, n'aspi-
raient comme vous qu'à un seul but, le triom-
phe de l'ordre sur l'anarchie républicaine,
inaugurée par les hommes du 4 septembre;
Ce que le pays vous savait, vous le serez
toujours; ce qu'il vous croyait, si vous l'êtes,
en effet, le moment est venu de le prouver
par vos actes^
On] chercherait vainement ù le contester.
Après le siège de Paris par l'armée de Ver-
sailles, après la défaite de la Commune, tout
était possible à l'Assemblée constituante ; il
lui • suffisait, pour nous sauver, d'envisager
d'un oeil calme et assuré l'état malheureux du
pays, de se rendre compte de ses aspirations
véritables, et d'agir sans se laisser arrêter par
la crainte des excitations passagères que s'ef-
forçait de faire naître partout une minorité
turbulente. Chaque minute était précieuse
alors ; la société est comme l'individu : clans
les maladies terribles qu'elle est, parfois, appe-
lée à supporter, elle a ses instants de crise et
ses heures d'apaisement.
Ces heures, nous les avons eues aux jours
de votre élection : leur importance n'a échappé
à personne ; mais vous vous êtes laissé trom-
per . Une foi trop absolue clans la sagesse
d'un homme que vingt-six départements
avaient choisi pour les représenter, vous a
fait clouter de l'à-propos des exigences de la
situation; il a parlé, et vous avez cru!
Pouvez-vous croire encore ? J'ose dire,
Messieurs, que vous ne le pouvez plus.
Il serait difficile assurément de trouver dans
nos annales parlementaires les traces d'une
assemblée aussi calme, aussi modérée, aussi
dévouée au bien public que la Chambre de
1871. M. Thiers, en vous rendant solennelle-
ment cet hommage, n'a pas craint d'attester
qu'il était moins libéral que vous. Cependant,
qu'avez-vous obtenu de lui ? Quel chef de
pouvoir exécutif s'est jamais montré plus
irritable clans ses discussions, plus âpre clans
sa conduite, plus équivoque clans sa politique?
Rappelez à votre mémoire ses discours de
Bordeaux et de Versailles, et dites s'il a fait

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.