Lettre à MM. les étudiants de Paris. [Signé : A. Erhard.]

De
Publié par

tous les libraires (Paris). 1869. In-8° , 14 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : vendredi 1 janvier 1869
Lecture(s) : 9
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 12
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

LETTRE
A MM. LES ÉTUDIANTS DE PARIS
LETTRE
A MM. LES ETUDIANTS DE PARIS
N'attendez de moi ni flatterie, ni injure,
j'ai dit ce que j'ai pensé de bonne foi; je
suis très-jeune; j'ai pu pécher contre la
" politique des tyrans, blâmer les lois fameuses
« et des coutumes reçues; mais, parce que
« j'étais très-jeune, il m'a semblé que j'en
« étais plus près de la nature. »
SAINT-JUST.
Prix : 30 centimes.
PARIS
CHEZ TOUS LES LIBRAIRES.
1869
LETTRE
A MM. LES ÉTUDIANTS DE PARIS.
MESSIEURS,
La situation est grave, très-grave ; elle a de
quoi vous intéresser, elle y réussira. — Etudiant
comme vous, ce n'est donc pas à des étrangers
mais bien à des camarades que je m'adresse, et
j'entends user de cette confraternité pour ne rien
celer de ma pensée, dussé-je à certains endroits
vous faire pousser les hauts cris.
Assez longtemps vous êtes restés dans l'ombre,
assez longtemps vous vous êtes modestement ef-
facés devant des hommes qui ne vous valaient
point et ne vous vaudront jamais, vu leur inso-
lence qui fait leur seul mérite, vu votre honnêteté
qui est votre première vertu ; je crois le moment
favorable : osez seulement lever la tête, le Roi-
Soleil n'est plus, ainsi que ses rayons. — Vous
êtes la jeunesse du pays, et partant sa force; la
nation compte sur vous, si vous comptez sur elle,
qu'en adviendra-t-il? Vous vous montrez pleins
d'indolence et de scepticisme, vous vivez par vos
souvenirs et ne faites rien en deçà; vous admirez la
France de 1789, et méprisez la France de 1869
(on le dit du moins), eh bien ! c'est un tort, le dé-
dain touche de près à l'indifférence, et de l'indif-
férence au fatalisme il n'y a qu'un pas. Faites ce
pas et vous êtes perdus !—Vous vous dites hommes,
nous le voulons croire, et quand on vous demande
des preuves, vous n'en savez trouver ; mais il en
faut, fournissez-les. Vos plus belles années s'é-
coulent au quartier latin entre un pot de bière et
une fille de joie : à l'un vous demandez la gaieté, à
l'autre le bonheur; avouez que vous n'avez ren-

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.