Lettre à un journaliste à l'occasion du procès-verbal de la Faculté sur la vaccine

Publié par

impr. de Goetschy (Paris). 1825. Vaccine. 8 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : samedi 1 janvier 1825
Lecture(s) : 8
Source : BnF/Gallica
Nombre de pages : 9
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

I." LETTRE
SUR LA VACCINE.
Semper ego auditor tantum.
LETTRE à un Journaliste à l'occasion du procès-
verbal de la Faculté sur la Vaccine.
Ce îS octobre.
\^^/\«3*£/AV£KTISSEI\IENT DE L'ÉDITEUR.
LA lettre avait été adressée à un journaliste ; il en
a refusé l'insertion dans sa feuille, sous prétexte
<ju'il ne voulait pas se brouiller avec la Faculté.
À-t-il eu raison ? a-t-il eu tort? c'est de quoi le public
jugera. On est surpris, néanmoins, qu'un journaliste
se soit refusé à' donner de la publicité à une opinion
qui paraît au moins extraordinaire.
Tout faiseur de journal doit tribut au malin ; à
plus forte raison, doitril s'emparer de ce qui,peut
piquer la curiosité publique.
L'auteur de la lettre n'admet point la nécessité de
la vaccine ; il attaque une opinion généralement re-
çue, et il l'attaque à une époque où toutes les imagi-
nations sont frappées de terreur. Les jeunes per-
sonnes redoutent une maladie qui peut les priver
de l'occasion de se marier; c'est-à-dirê les priver des
charmes de la liberté et des agrémens de la vie; il
est inutile , après cela, pour un Français , de parler
des autres inconvéniens de la variole.
Les journaux sont pleins d'éloges ( dictés.3ans
doute par la Faculté ), des avantages de la vaccine.
Comment un journaliste a-t-il craint d'arborer les
couleurs de l'opposition et d;entrer en lice avec ses
confrères ? La vaccine est à l'ordre du jour, dira-t-on;
mais ce qui est encore plus à l'ordre du jour, c'est le
goût, c'est le besoin du siècle de soumettre tout à
un examen sévère.
La vacciné a ses avantages, mais elle peut avoiV
ses inconvéniens ; il faut donc discuter le pour et le
contre ; une expérience de 20 ans qu'il est bon de
réduire à 10, ne doit pas suffire quand il s'agit de
modifier , d'altérer peut-être la constitution humaine,
constitution qui s'est transmise<lepuis tant de siècles
à tous les individus, sans que l'espèce en définitive
s'en soit mal trouvée.
« Tout est bien en sorfant des mains de la nature ;
» tout est mal en sortant des mains de l'homme », a
dit Rousseau. Est-ce un paradoxe ou une prophétie ?
L'auteur de la lettre, sur le refus du journaliste »
avait l'intention de la faire imprimer lui-même ; il en
a été empêché par une circonstance importante. Son
fils, jeune homme de 23 ans , a été attaqué par la
petite vérole , et son fils, comme on doit bien s'y at-
tendre , n'avait pas été vacciné ; au lieu de s'aban-
donner à des idées philantropiques et de s'occuper
exclusivement du genre humain , le père a dû s'oc-
cuper de son fils ; il lui a donné tous ses soins ; on a
combiné ensemble les deux traitemens, et suivant les
phases de la maladie , on a employé les rafraîchissans
et les sudorifiques : le fils a été au bout de huit à dix
jours hors de tous dangers, même du côté de la fi-
gure. Le père a examiné de plus près cette maladie si
terrible, et il m'a déclaré à plusieurs l'éprises qu'il
était plus que jamais confirmé dans son opinion ;
c'est alors qu'il m'a parlé de sa lettre et du refus qu'il
avait éprouvé de la part d'un journaliste ; je l'ai lue
de suite, et je lui ai demandé la permission de la ren-
dre publique; il n'était que trop disposé à y consentir-
Ce n'est pas qu'il ait précisément discuté l'affaire de
la vaccine; on voit qu'il s'est réservé de traiter plus
tard cette grande question; sa lettre ne présente
guère que deux idées principales ; d'abord il redoute
l'amour-propre des vaccinateurs, et toutes les mé-

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.