Lettre d'une française à Garibaldi,... 7 décembre 1867 / [signé : Caroline Berton]

De
Publié par

impr. de Fiorelli (Florence). 1867. 8 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : mardi 1 janvier 1867
Lecture(s) : 22
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 8
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

LETTRE D'UNE FRANÇAISE
AGARIBALDI
Au général GARIBALDI !
7 décembre 1867.
Général,
Je sais que vous n'avez pas besoin de mon dévou-
ment; mais j'éprouve le besoin impérieux de vous le
témoigner hautement. On dit que vous +êtes accusé : tous
cenx qui ont partagé vos vues, qui ont souhaité le suc-
cès de vos desseins sont vos complices : c'est un grand
honneur pour eux et cet honneur je le réclame, il sera
beau de voir une française, sujette de Napoléon le petit,
accusée de complicité avec Garibaldi le Grand; quand
cela ne servirait qu'à faire voir que toutes les femmes
de France ne sont pas sous le joug du pape, cela serait
déjà quelque-chose : je fus reçue par vous à Castelletto,
général, et votre main loyale à touché la mienne. Voila
de quoi donner du courage à la plus poltronne, de l'or-
2
gueil à la plus modeste et, peut être, de l'esprit à la
plus sotte.
Si je me sers de votre nom, général, pour faire par-
venir dans mon pays des vérités, qu'on s'efforce de lui
cacher, c'est que tous les gens d'honneur comprendront
que la personne qui veut mentir ne met pas ses men-
songes sous la protection de Garibaldi ; je sais bien que
nos députés de la gauche vont parler et qu'ils parleront
haut et ferme, ils seront les avocats sublimes de ce
grand pays du juste contre l'injuste, du faux contre
le vrai, des idées chrétiennes contre les idées papistes;
pour moi, habitant l'Italie depuis cinq ans, mon rôle est celui
de témoin: je dirai ce qua j'ai vu, ce que j'ai entendu et en
le disant, je me compromets, je m'attire plus d'une
faiheuse affaire et je me ferme le chemin de la France :
peut être, mon témoigage aura-t-il quelque valeur, aux
yeu " de mes compatriotes.
Vous êtes donc accusé général, accusé d'aimer trop
l'Italie, comme vous l'avez dit au moment de votre
dernière arrestation; tous ceux qui ont été de fait ou
de coeur avec les garibaldiens, tous ceux qui les ont
aidé de mille francs ou d'un sou, d'une bonne parole
ou d'une prière doivent être accusés aussi, si vous êtes
criminel, ils sont plus ou moins complices, oh ! com-
bien j'en connais dans cette bonne ville de Florence qui
est peut être pourtant une de celles où il y en a eu
le moins ! combien à Milan, à Venise, à Naples, à Li-
vourne, à Pise, à Gênes, dans toutes le villes d'Italie où
vous êtes allé prêchant avec une ardeur infatigable que
les italiens devaient vouloir leur unité, qu'ils ne pou-
vaient avoir cette unité sans Rome ; tous ces gens qui
vous ont acclamé? Accusées, toutes ces villes qui ont

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.